Catégorie : Livres

 

Lettres de l’Atlantide par Robert Silverberg

Fiche de Lettres de l’Atlantide

Titre : Lettres de l’Atlantide
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1990
Traduction : F. Lasaygues
Editeur : J’ai lu

Première page de Lettres de l’Atlantide

« Le Prince dort maintenant. Sans doute est-il en train de rêver de l’île verte et dorée d’Athilan, de ses palais de marbre, de ses temples étincelants. C’est à son insu que j’ai emprunté son corps – son robuste bras droit – afin de pouvoir écrire cette lettre.
Voici :
D’un endroit que je suppose être la Bretagne ou la Normandie, en cette soirée que je crois être celle du Noël de l’an 18.862 avant J.-C., bien le bonjour ma chère Lora, et joyeuses Fêtes !
(Est-ce que ce mot arrivera jusqu’à toi, au cœur de cette froide terre orientale qui portera un jour le nom de Pologne ou de Russie ? Moins d’une chance sur deux, j’imagine, et cela bien que nous nous trouvions tous deux dans la même année préhistorique. Car tout un continent nous sépare. Avec les moyens de transport qu’on a ici, autant dire que nous sommes dans des mondes différents. Je ferai en sorte que le Prince glisse cette lettre dans la valise diplomatique qui part la semaine prochaine. »

Extrait de : R. Silverberg. « Lettres de l’Atlantide. »

Les royaumes du mur par Robert Silverberg

Fiche de Les royaumes du mur

Titre : Les royaumes du mur
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1992
Traduction : P. Berthon
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les royaumes du mur

« Voici le livre de Poilar Bancroche, qui a atteint le toit du Monde, au faîte du Mur, qui a vu les dieux étranges et déconcertants qui y ont établi leur demeure, qui les a affrontés et s’en est revenu, riche du savoir des mystères de la vie et de la mort. Voici le récit de ce que j’ai vécu, voici ce que j’ai appris et que je dois vous enseigner pour le bien de votre âme. Écoutez et souvenez-vous.
Si vous êtes de mon village, vous me connaissez. Mais je souhaite que l’histoire que je m’apprête à conter soit entendue et comprise bien au-delà des limites de notre village. Sachez donc que mon père s’appelait Gabrian, fils de Drok, que ma Maison est la Maison du Mur et que, dans cette Maison, mon clan est le clan du Mur. Je suis, comme vous le voyez, de noble ascendance.
Les souvenirs que j’ai gardés de mon père sont très lointains, car il est parti pour le Pèlerinage quand je n’étais encore qu’un petit garçon et n’en est jamais revenu. Les seules images qu’il m’a laissées »

Extrait de : R. Silverberg. « Les Royaumes du Mur. »

Les profondeurs de la terre par Robert Silverberg

Fiche de Les profondeurs de la terre

Titre : Les profondeurs de la terre
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1971
Traduction : J. Guiod
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les profondeurs de la terre

« Il était finalement sur la Terre de Holman. Il ne savait d’ailleurs pas trop pourquoi. Peut-être à cause d’une attirance irrésistible ; peut-être par sentimentalité ; ou peut-être même sur un coup de tête. Gundersen n’avait jamais envisagé de revenir sur cette planète. Et pourtant, il était là, debout devant l’écran panoramique, attendant l’atterrissage, contemplant la sphère qui était assez proche pour qu’il pût la prendre et l’écraser dans sa main. Un monde légèrement plus gros que la Terre, un monde qui lui avait pris les dix plus belles années de sa vie, un monde où il avait appris sur lui-même des choses qu’il aurait préféré ne pas connaître. Les lampes rouges du promenoir s’étaient mises à clignoter. Le vaisseau allait se poser. En dépit de tout, Gundersen était de retour.
Il vit les voiles de brume qui couvraient les zones tempérées, les immenses calottes polaires et la ceinture bleu-noir des tropiques embrasés. Il se souvint d’avoir traversé la Mer de Poussière aux lueurs du crépuscule ardent ; il se souvint d’avoir descendu, en un voyage sinistre et silencieux, une rivière que recouvrait une voûte de feuilles frissonnantes, effilées comme des poignards. »

Extrait de : R. Silverberg. « Les profondeurs de la terre. »

Les monades urbaines par Robert Silverberg

Fiche de Les monades urbaines

Titre : Les monades urbaines
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1971
Traduction : M. Rivelin
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les monades urbaines

« Une radieuse journée de 2381 commence. Le soleil matinal est déjà assez haut pour illuminer les cinquante derniers étages de Monade Urbaine 116. Bientôt, toute la façade orientale étincellera comme la surface de la mer au point du jour.
Activée par les photons des premiers rayons, la fenêtre de Charles Mattern se déopacifie. Il se tourne. Dieu soit loué, pense-t-il. Son épouse bâille et s’étire. Ses quatre enfants, qui sont réveillés depuis des heures, peuvent enfin commencer officiellement leur journée.
 
Dieu soit loué, dieu soit loué, dieu soit loué !
Dieu bénisse chacun de nous !
Dieu bénisse Papo, dieu bénisse Mamo,
[ dieu bénisse toi et moi !
Dieu nous bénisse tous, grands et petits,
Et nous donne la fer-til-i-té !
 »

Extrait de : R. Silverberg. « Les monades urbaines. »

Les masques du temps par Robert Silverberg

Fiche de Les masques du temps

Titre : Les masques du temps
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1969
Traduction : M. Rivelin
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les masques du temps

« JE pense qu’un mémoire de ce genre devrait débuter par une notice autobiographique expliquant comment l’auteur s’est trouvé mêlé à l’histoire relatée dans ce récit. Quelque chose comme : « C’était moi ; je me trouvais là ; c’est moi qui ai souffert. »
La vérité est que j’ai bel et bien vécu les événements invraisemblables survenus pendant ces douze derniers mois. J’ai connu l’homme du futur. J’ai suivi avec lui son orbite de cauchemar autour de notre planète. Jusqu’à la fin, je suis resté avec lui.
Pas au début. C’est pourquoi si je veux parler vraiment de lui je dois d’abord me raconter entièrement. Quand Vornan-19 arriva dans notre monde, j’étais tellement étranger aux problèmes de l’actualité que je n’appris son existence que quelques semaines plus tard. Par la suite, je fus entraîné dans le tourbillon qu’il avait créé… comme vous tous, comme chacun de nous… partout dans le monde. »

Extrait de : R. Silverberg. « Les masques du temps. »

Les guetteurs des étoiles par Robert Silverberg

Fiche de Les guetteurs des étoiles

Titre : Les guetteurs des étoiles
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1968
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : Pocket

Première page de Les guetteurs des étoiles

« L’explosion projeta un éclat d’une intensité difficilement soutenable sur le fond noir du ciel sans lune du Nouveau-Mexique. Ceux qui regardèrent en l’air à cet instant précis – et ils furent nombreux à le faire – eurent l’impression qu’une nouvelle étoile s’était momentanément épanouie en une incandescence bleu blanc.
Cet éclat brillant se déplaça selon un cours nord-est-sud-ouest. Il avait pris naissance au sein d’une gerbe crépitante dans les montagnes sacrées à l’est de Taos et crût en violence tandis qu’il taillait une route passant grosso modo à la verticale de la vallée du Rio Grande[1], survolant les petits pueblos[2] poussiéreux et la cité grouillante de Santa Fe. Juste au sud de Santa Fe, l’éclat devint insupportable et, quand la radiation subite frappa les rétines, les yeux se détournèrent. Mais, à présent, le sommet actinique était dépassé[3]. Le flamboiement furieux était-il épuisé – ou sa brillance simplement affaiblie par l’éclairage de l’énorme ville d’Albuquerque ? »

Extrait de : R. Silverberg. « Les guetteurs des étoiles. »

Les éléphants d’Hannibal par Robert Silverberg

Fiche de Les éléphants d’Hannibal

Titre : Les éléphants d’Hannibal
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1996
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël

Sommaire de Les éléphants d’Hannibal

  • Les éléphants d’Hannibal
  • Martel en tête
  • Hardware
  • Echanges touristiques
  • Longue nuit de veille au temple
  • Passagers
  • La route de Spectre City
  • Carnet d’Henry James – Récit de l’invasion martienne

Première page de Les éléphants d’Hannibal

« C’est naturellement le 5 mai 2003 que les extraterrestres ont atterri à New York. Ce jour fait partie des dates historiques que nul Américain ne saurait oublier, comme le 4 juillet 1776, le 12 octobre 1492 ou – dans un esprit plus voisin – le 7 décembre 1941. Au moment de l’invasion, je travaillais comme calibrateur de rayon pour M.G.M.-C.B.S., au département « tightware », j’étais marié à Elaine et j’habitais, dans la Trente-Sixième Rue Est, un des tout premiers appartements à géométrie variable : une pièce le jour, trois la nuit, le tout pour un loyer de trois mille sept cent cinquante dollars par mois, une véritable affaire. Notre associé par contrat dans ce partage espace/temps était un programmateur de spectacles appelé Bobby Christie qui travaillait de minuit à l’aube, ce qui convenait parfaitement à toutes les parties concernées. »

Extrait de : R. Silverberg. « Les éléphants d’Hannibal. »

Les déportés du Cambrien par Robert Silverberg

Fiche de Les déportés du Cambrien

Titre : Les déportés du Cambrien
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1968
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche

Première page de Les déportés du Cambrien

« Barrett était un roi sans couronne. Arrivé avant tous les autres, il avait plus souffert et possédait plus de ressources vitales que quiconque à Hawksbill Station. Avant son accident, il aurait pu se mesurer victorieusement à n’importe lequel de ses compagnons d’infortune ; et même à présent, quoique diminué physiquement, il conservait suffisamment de prestige pour que personne ne songeât à lui disputer le commandement. Lorsqu’un problème surgissait, il était immédiatement soumis à Barrett. C’était automatique. Il était leur roi.
Son royaume était considérable. La totalité de la terre, en fait, de pôle à pôle, de méridien en méridien. Le monde entier, pour ce qu’il valait. Et il ne valait pas grand-chose.
Voilà qu’il pleuvait encore. D’un rapide mouvement, désinvolte en apparence, mais qui lui coûtait en réalité d’innombrables souffrances, Barrett se leva et se dirigea en traînant le pied vers l’entrée de sa cabane.  »

Extrait de : R. Silverberg. « Les Déportés du Cambrien. »

Les conquérants de l’ombre par Robert Silverberg

Fiche de Les conquérants de l’ombre

Titre : Les conquérants de l’ombre
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1965
Traduction : F. et P. Reumaux
Editeur : Casterman

Première page de Les conquérants de l’ombre

« Les Seigneurs de la Mer

Le bateau des Seigneurs de la Mer était un peu plus qu’un point dansant, un petit serpent de couleur se détachant à l’horizon contre le vert roulis sans fin de la mer puissante. Encore quelques heures et les hommes de la mer entreraient dans le port de Vythain et débarqueraient dans la cité. Mais les habitants de la ville flottante frissonnaient déjà de terreur à l’idée que les arrogants Seigneurs des Flots allaient être parmi eux.
Un peu après midi, un murmure s’était répandu comme une traînée de poudre dans la ville :
— Les Seigneurs de la Mer arrivent ! Leur bateau a été repéré !
Et tout le monde à Vythain de se retourner vers son voisin et de dire : « C’est bien vrai ? Ils arrivent ?  »

Extrait de : R. Silverberg. « Les conquérants de l’ombre. »

Les chants de l’été par Robert Silverberg

Fiche de Les chants de l’été

Titre : Les chants de l’été
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1979
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu

Sommaire de Les chants de l’été

  • Les chants de l’été
  • L’éternité et après
  • Double défi
  • Le dernier poète
  • Comme un frère
  • A la croisée des chemins
  • La digue
  • La nuit du feu
  • L’épouse 91
  • Nous savons qui nous sommes
  • Sauve qui peut !
  • A Pelpel, tout est bon pour passer le temps

Première page de Les chants de l’été

« KENNON
 
Je me rendais à la Sérénade où je comptais bien rappeler à Corilann que le temps était venu pour elle de tenir sa promesse. Je traversais le grand pré quand l’homme surgit devant moi, le dénommé Chester Dugan. Pour ce que j’en vis, il me sembla qu’il tombait du ciel.
L’espace de quelques instants, il chancela dangereusement. Interdit, je l’observais. Naturellement, je me demandais d’où il sortait et ce qu’il était venu faire. Petit, la silhouette grasse et flasque, il avait le visage sillonné de rides et le menton hérissé. Je l’ai dit, j’étais impatient d’arriver à la Sérénade, aussi poursuivis-je ma route sans plus m’occuper de lui. À ce moment, il perdit l’équilibre pour de bon et se retrouva par terre. Il me héla aussitôt. Il s’exprimait dans une langue barbare et vulgaire très éloignée de la nôtre. »

Extrait de : R. Silverberg. « Les chants de l’été. »