Catégorie : Livres
L’héritage du mutant par Karen Haber
Fiche de L’héritage du mutant
Titre : L’héritage du mutant (Tome 4 sur 4 – Les mutants)
Auteur : Karen Haber
Date de parution : 1992
Traduction : I. Tolila
Editeur : J’ai lu
Première page de L’héritage du mutant
« Je sens encore l’odeur de la ville en flammes. Je sais qu’elle a été réduite en cendres et qu’elles ont été emportées par le vent il y a quarante ans. Mais cette odeur particulière, faite d’un mélange de plastique et de chair brûlés, s’élève des fantômes des ruines pour m’assaillir à de curieux moments.
Je m’appelle Julian Akimura et je suis le chef de ce que certains nomment l’Église du Monde Meilleur. Ce n’est pas une fonction que j’ai particulièrement voulue, mais je m’y suis habitué à peu près de la même façon qu’un pied, en développant des callosités, s’ajuste, avec le temps, à une chaussure serrée.
L’Église me comprime, comprime ma vie. Aussi, par réaction, je me suis forgé une solide carapace protectrice : calme et imperturbable Dr Julian que rien ne froisse. Mais sous la surface, je fulmine, je bous. S’il n’y avait mes devoirs et leurs agréments paralysants… mais je ne veux pas penser à cela, pas maintenant. Personne ne voit. Personne ne sait. Et le seul être capable de percer mes défenses est parti. »
Extrait de : K. Haber. « Les Mutants – L’héritage du mutant. »
L’étoile des mutants par Karen Haber
Fiche de L’étoile des mutants
Titre : L’étoile des mutants (Tome 3 sur 4 – Les mutants)
Auteur : Karen Haber
Date de parution : 1992
Traduction : P. K. Rey
Editeur : J’ai lu
Première page de L’étoile des mutants
« Je suis l’homme dans la lune.
Ethan Hawkins contemplait la face blanc argent tachetée de sombre du satellite naturel de la Terre. Son visage – teint basané, cheveux bruns et tempes grisonnantes – se reflétait dans la vitre de sécurité. Le disque séculaire formait un halo brillant autour de sa figure aux joues creuses et fermes.
Hawkins se renfrogna à mesure que la vision s’estompait pour céder la place à un épais rideau de ténèbres piqueté d’étoiles glacées. Puis il haussa les épaules. Avec la rotation constante de la structure circulaire abritant ses bureaux et ses appartements privés, il retrouvait la lune à intervalles réguliers. Patience, se dit-il. Il paraît que c’est une vertu, à ce qu’on dit.
Il se déplaça sur son siège, tressaillant sous les élancements qui se manifestaient là où les implants de son bras rencontraient sa vraie chair, juste en dessous de l’épaule droite. »
Extrait de : K. Haber. « Les Mutants – L’étoile des mutants. »
Super-mutant par Karen Haber
Fiche de Super-mutant
Titre : Super-mutant (Tome 2 sur 4 – Les mutants)
Auteur : Karen Haber
Date de parution : 1990
Traduction : I. Tolila
Editeur : J’ai lu
Première page de Super-mutant
« Le dôme était clair et cristallin dans la masse noire de l’espace. Seules les lueurs tranchantes des étoiles traversaient le vide. Puis les étoiles disparurent derrière un filet de fines lignes blanches : une mortelle toile d’araignée. Kelly McLeod la fixa avec horreur. L’impensable venait d’arriver : l’un des principaux dômes de la station lunaire avait craqué.
La mort devrait produire un son, se dit-elle. Même dans le vide du cosmos – une note musicale pour annoncer la fin.
À la place, une alarme stridente transperça l’air. Le claquement sec de la fermeture des portes de sécurité ajouta un sinistre contrepoint à son cri plaintif. Kelly rentra ses cheveux noirs sous le col de sa combinaison pressurisée orange, boucla son casque et s’engagea dans le corridor central.
Trop tard, songea-t-elle. J’arrive probablement trop tard.
Elle avançait aussi vite que l’encombrante combinaison le lui permettait. Ses cheveux trempés de sueur collaient à son front et à sa nuque. »
Extrait de : K. Haber. « Les Mutants – Super-mutant. »
La saison des mutants par Robert Silverberg et Karen Haber
Fiche de La saison des mutants
Titre : La saison des mutants (Tome 1 sur 4 – Les mutants)
Auteur : Robert Silverberg et Karen Haber
Date de parution : 1989
Traduction : P. K. Rey
Editeur : J’ai lu
Première page de La saison des mutants
« L’hiver est vraiment la saison des mutants. Telle était la réflexion que se faisait Michael Ryton en claquant derrière lui la porte du cabanon. C’était en effet au plus froid de l’année qu’ils effectuaient leur rassemblement. Curieusement, cette période semblait appropriée. Surtout cette année-là.
Le vent de décembre soulevait le sable qui cinglait le visage du jeune homme aux joues rougies par le froid, et dégageait de son front ses fines mèches blondes qui flottaient comme un pavillon clair dans le jour finissant. Derrière ses verres teintés, ses yeux larmoyaient.
— Mike, ah, tu es là !
La brune Mélanie, sa sœur, emmitouflée jusqu’aux yeux dans le cache-col violet que leur mère avait tricoté lors du rassemblement de l’année dernière, sortit du cabanon et faillit s’étaler par terre. Elle ne pouvait faire trois pas sans trébucher.
— Il est quatre heures, dit-elle. Tu es en retard pour la réunion. On n’attend que toi pour commencer la communion. »
Extrait de : R. Silverberg et K. Haber. « Les mutants – La saison des mutants. »
Jusqu’aux portes de la vie par Robert Silverberg
Fiche de Jusqu’aux portes de la vie
Titre : Jusqu’aux portes de la vie (Tome 2 sur 2 – Gilgamesh)
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1989
Traduction : N. Zimmermann
Editeur : Le livre de poche
Première page de Jusqu’aux portes de la vie
« Un éclair vert et déchiqueté dansa sur l’horizon tandis que le vent d’est fendait l’air comme une lame, arrachant à la terre plate des nuages de poussière d’un brun grisâtre. Gilgamesh eut un large sourire. Par Enlil, ça, c’était un coup de vent ! Un vent à tuer un lion, un vent qui asséchait l’air et le faisait crépiter. La chasse aux bêtes sauvages vous donnait tant de joie lorsque le vent soufflait ainsi, vif, rude et cruel.
Il plissa les yeux et fouilla le lointain, en quête de sa proie du jour. Son arc de divers bois précieux, cet arc que nul autre que lui n’était capable de bander – nul autre que lui, et Enkidou, son ami tant aimé et par trois fois perdu – pendait mollement au bout de son bras. Il tenait son corps prêt, tendu. Allons, bêtes, venez ! Venez vous faire tuer. C’est à Gilgamesh, roi d’Ourouk, que vous allez vous opposer en ce jour ! »
Extrait de : R. Silverberg. « Gilgamesh – Jusqu’aux portes de la vie. »
Gilgamesh, roi d’Ourouk par Robert Silverberg
Fiche de Gilgamesh, roi d’Ourouk
Titre : Gilgamesh, roi d’Ourouk (Tome 1 sur 2 – Gilgamesh)
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1984
Traduction : G. Ganache
Editeur : Gallimard
Première page de Gilgamesh, roi d’Ourouk
« Il est dans la cité d’Ourouk une vaste terrasse de briques dont les dieux avaient fait le lieu de leurs ébats, bien avant le Déluge, avant même que l’humanité fût créée : en ce temps-là, ils vivaient seuls au monde. Tous les sept ans, depuis dix mille années, nous enduisons les briques de gypse fin et la terrasse brille comme un gigantesque miroir sous le regard du soleil.
La Terrasse blanche est le domaine de la déesse Inanna et notre cité est la sienne. Nombreux sont les rois d’Ourouk qui ont fait ériger des temples à son intention ; et de tous ces mausolées élevés à sa gloire, nul ne surpasse celui que fit bâtir mon royal aïeul, le héros Enmerkar. Mille artisans s’y appliquèrent vingt années, et la cérémonie de sa consécration se prolongea onze jours, onze nuits, durant lesquels, chaque soir, la lune se drapa dans un lourd manteau de lumière bleue : la déesse témoignait ainsi son plaisir. Et le peuple chantait : « Nous sommes les enfants d’Inanna, Enmerkar est son frère, il régnera à jamais dans les siècles. »
Extrait de : R. Silverberg. « Gilgamesh – Gilgamesh, roi d’Ourouk. »
Les temps parallèles par Robert Silverberg
Fiche de Les temps parallèles
Titre : Les temps parallèles (Tome 2 sur 2 – Fugues dans le temps)
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1969
Traduction : H.-L. Planchet
Editeur : Le livre de poche
Première page de Les temps parallèles
« Sam le gourou était Noir, et ses ancêtres avaient été des esclaves – et avant cela, des rois. Je me demandais ce qu’avaient été les miens. Des générations de paysans couverts de sueur, et qui mouraient de fatigue ? Ou des conspirateurs, des rebelles, de grands séducteurs, des hommes d’armes, des voleurs, des traîtres, des souteneurs, des ducs, des érudits, des prêtres défroqués, des traducteurs du gète et du toske, des courtisans, des marchands d’ivoireries d’occasion, d’habiles cuisiniers, des maîtres d’hôtel, des agents de change, des burineurs ? Tous ces gens que je n’avais pas connus et que je ne connaîtrais jamais, dont je porte le sang, la lymphe et les gènes… je voulais les connaître. Je ne pouvais pas supporter l’idée d’être séparé de mon propre passé. Je désirais ardemment garder mon passé avec moi, comme une coquille portée sur mon dos, et dans laquelle je pourrais m’enfoncer quand viendraient les saisons sèches.
— Alors, tu n’as qu’à chevaucher le puissant souffle du temps, dit Sam le gourou.
J’ai suivi son conseil. C’est comme ça que j’en suis venu à travailler dans le Service Temporel. »
Extrait de : R. Silverberg. « Fugues dans le temps – Les temps parallèles. »
Les déserteurs temporels par Robert Silverberg
Fiche de Les déserteurs temporels
Titre : Les déserteurs temporels (Tome 1 sur 2 – Fugues dans le temps)
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1967
Traduction : B. Martin
Editeur : Casterman
Première page de Les déserteurs temporels
« Le monde surpeuplé avait sa beauté, disait-on. Les tours cristallines des villes groupées en rangs serrés, les rythmes organisés d’une foule montant la rampe d’un transport rapide, la danse du soleil sur le million de tuniques iridescentes se pressant sur une grand-place… en toutes ces choses, prétendaient les esthètes, résidait la beauté.
Quellen n’avait rien d’un esthète. Bureaucrate banal, humble fonctionnaire d’intelligence acceptable et de tendances normales, il considérait le monde qu’il avait devant lui en l’an 2490 comme infernal. Quellen était totalement incapable de considérer ce hideux surpeuplement comme l’expression moderne de la beauté. Il en avait horreur. Eût-il appartenu à la Première Classe ou même à la Deuxième, Quellen se fût trouvé mieux en mesure d’apprécier l’esthétique nouvelle, car il n’aurait pas été dans l’obligation de vivre en plein milieu. Mais Quellen était de Septième Classe. Le monde n’a pas tout à fait le même aspect pour un homme de la Septième Classe que pour un membre de la Deuxième. »
Extrait de : R. Silverberg. « Fugues dans le temps – Les déserteurs temporels. »
Vamps par Norman Spinrad
Fiche de Vamps
Titre : Vamps
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1994
Traduction : H. Collon
Editeur : Denoël
Sommaire de Vamps
- Le mal des vampires
- Les mordus de la mimétique
- Le vampire d’Hollywood
Première page de Le mal des vampires
« UN GENTILHOMME DE TRANSYLVANIE
Je suis arrivé à New York avec la Faim au ventre.
On a écrit beaucoup d’absurdités sur notre bien curieuse tribu, au fil des siècles, à commencer par le roman de Bram Stoker – qui d’ailleurs n’est pas le pire du lot, loin de là – et par ces innombrables séries B qu’il est préférable de taire ; mais personne n’a encore dit la vérité.
Je doute sincèrement qu’aucune de ces personnes ait un jour rencontré un authentique vampire. Ce qui est certain, c’est que moi, le vrai comte Dracula, je n’ai jamais accordé d’entrevue, encore que la tentation ait parfois été forte.
Car j’ai bien mauvaise presse, et cela depuis le fond des âges ! »
Extrait de : N. Spinrad. « Vamps. »
Rock machine par Norman Spinrad
Fiche de Rock machine
Titre : Rock machine
Auteur : Norman Spinrad
Date de parution : 1987
Traduction : I. Delord-Philippe
Editeur : Le livre de poche
Première page de Rock machine
« LA GRAND-MÈRE TERRIBLE DU ROCK & ROLL
Glorianna O’Toole avait connu des temps de vaches grasses et des temps de vaches maigres.
Aux sommets épisodiques de sa longue carrière, elle avait ouvert la voie à des artistes tels que Pearl le Jefferson Airplane et Bruce Springsteen, et elle avait même sorti deux albums solo de son cru, même si l’un et l’autre avaient été à une année-lumière de décrocher un disque d’or.
Dans les moments creux de son karma, elle en avait été réduite à vendre de l’acide à Haight Ashbury, était restée accrochée aux amphétamines pendant deux ans, et s’était résignée à chanter en voix off dans des publicités télévisées bas de gamme. »
Extrait de : N. Spinrad. « Rock Machine. »