Joël Champetier

Présentation de Joël Champetier :
Né le 30 novembre 1957 dans les rudes et majestueuses contrées de l’Abitibi, au sein de la pittoresque bourgade de La Corne, Joël Champetier demeure l’une des figures tutélaires de la littérature d’évasion au sein de la Belle Province. Ayant tragiquement quitté ce monde le 30 mai 2015, cet homme de lettres québécois s’est imposé comme un véritable orfèvre du fantastique, de l’anticipation et du merveilleux, insufflant aux lettres nord-américaines de langue française une vitalité et une ambition formidables.
De l’alambic à la plume
Avant de se consacrer tout entier aux vertiges de la création littéraire, le jeune Joël Champetier emprunte d’abord les chemins austères des sciences, exerçant la profession de chimiste et se spécialisant dans les domaines de l’électrochimie. Mais l’esprit de ce rêveur mélancolique, hanté par les vastes étendues boréales de son enfance et nourri d’intenses lectures solitaires, aspire à d’autres horizons. C’est ainsi qu’à l’aube de notre présente décennie, il délaisse les cornues pour embrasser la vocation d’écrivain. En 1981, il confie sa toute première nouvelle, sobrement intitulée « Le Chemin des fleurs », aux bonnes grâces de la revue Solaris, marquant ainsi son entrée triomphale en littérature.
Une fresque ténébreuse et poétique
L’œuvre romanesque de Joël Champetier se distingue par une étonnante polyphonie, l’auteur naviguant avec une aisance tout à fait remarquable entre le conte d’apprentissage pour la jeunesse et les récits d’épouvante ou de pure science-fiction destinés aux adultes. En 1991, il livre au public La Taupe et le Dragon, un roman d’anticipation d’une grande rigueur intellectuelle qui connaîtra d’ailleurs l’honneur d’une traduction outre-frontière, sous les presses américaines, prouvant au monde anglo-saxon la redoutable valeur de l’imaginaire francophone.
Toutefois, c’est assurément dans le registre du fantastique que sa prose ensorcelante atteint ses plus hauts sommets. Par la publication de La Mémoire du lac (qui lui vaut le prestigieux Grand Prix de la science-fiction et du fantastique québécois) puis du troublant La Peau blanche — dont la noirceur fascinera le public jusqu’à connaître les honneurs du cinématographe —, l’écrivain tisse des toiles narratives redoutables, mâtinées d’une angoisse sourde et d’une psychologie d’une indéniable finesse.
Le paladin des lettres de l’imaginaire
L’on ne saurait décemment évoquer l’apport de Joël Champetier sans souligner son indéfectible dévouement à la communauté des auteurs de son pays. Conscient des affres du métier et soucieux de fédérer les talents de demain, il s’engage ardemment dans l’organisation du congrès Boréal, grand messe annuelle de la création chimérique au Québec. Mais c’est avant tout son labeur harassant au sein de la célèbre revue Solaris qui force l’admiration des esthètes. D’abord simple membre du comité de rédaction, il en devient bien vite le directeur littéraire puis le grand timonier, charge qu’il honorera jusqu’à son dernier souffle.
Tel un veilleur dans la nuit de l’édition, il a ainsi couvé des générations entières de jeunes nouvellistes, aiguisant leurs plumes et défendant, avec une ferveur inébranlable, la noblesse des littératures de l’étrange. Par la justesse de son verbe, l’acuité de ses visions et sa profonde humilité, Joël Champetier s’est érigé en maître incontesté du frisson, prouvant avec éclat que le Québec recelait, sous ses froids frimas, des conteurs d’une envergure véritablement universelle.
Livres de Joël Champetier :
Contremont :
- La requête de Barrad
- La prisonnière de Barrad
- Le voyage de la sylvanelle
- Le secret des Sylvaneaux
L’univers de Contremont :
- Les sources de la magie
- Le voleur des steppes
- Le mystère des Sylvaneaux
L’aile du papillon
La mémoire du lac
La mer au fond du monde
La peau blanche
La taupe et le dragon
Le jour-de-trop
Le prince Japier
Le voile de lumière
Tous mes univers
Pour en savoir plus sur Joël Champetier :
La page Wikipédia sur J. Champetier
La page Noosfere sur J. Champetier
La page isfdb de J. Champetier