La sorcière de Prague par Francis Marion Crawford

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Fiche de La sorcière de Prague
Titre : La sorcière de Prague
Auteur : Francis Marion Crawford
Date de parution : 1891
Traduction : B. Derosne
Editeur : Néo
Première page de La sorcière de Prague
« Une foule immense emplissait l’église ; ici, s’entassant dans les vieux bancs noircis ; là, debout, se serrant dans la nef et les bas-côtés, pressée coude à coude, jusque dans les deux chapelles, à droite et à gauche de l’abside ; foule d’hommes et de femmes pâles, aux regards tristes, et sur les visages desquels était écrite l’histoire de leur nation. Les énormes fûts des colonnes et les pilastres de l’édifice gothique s’élevaient, comme les troncs d’arbres géants d’une forêt primitive émergent du milieu des sombres broussailles, étendant et réunissant leurs rameaux de pierre tout en haut dans l’ombre de la voûte. Des fenêtres en ogive de la nef, une lumière incertaine descendait, éclairant l’ombre à mi-hauteur, et semblait flotter sur l’obscurité d’en bas comme de l’huile sur l’eau d’un puits. Au-dessus de l’entrée occidentale, le grand orgue se dressait, fantastique, avec ses tuyaux géants et ses lourds ornements dorés ternis par la patine du temps, semblable à une colossale couronne royale depuis longtemps oubliée dans le garde-meuble de l’univers, sous la poussière des siècles. À l’Orient, devant la grille du chœur, des torches de cire, si grosses qu’un homme n’aurait pu en embrasser une de ses deux mains, étaient rangées à intervalles irréguliers, celles-ci hautes, celles-là plus basses, projetant vers le ciel de longues flammes d’or. Chacune d’elles était entourée de lourdes couronnes funéraires et portait, au-dessous de ces couronnes, une plaque où étaient inscrits, en idiome bohémien, les noms, titres et qualités de celui ou de celle en mémoire de qui on les avait allumées. Des lampes, et des cierges sans nombre, placés devant les autels latéraux et, au pied des piliers, sous les châsses bizarres surmontées d’un dais, luttaient vainement contre l’obscurité, ne répandant que de pâles rayons jaunâtres sur les visages blêmes les plus rapprochés de leur zone de vague clarté. »
Extrait de : F.M Crawford. « La Sorcière de Prague. »
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