Étiquette : Aeternia

 

L’envers du monde par Gabriel Katz

Fiche de L’envers du monde

Titre : L’envers du monde (tome 2 sur 2 – Aeternia)
Auteur : Gabriel Katz
Date de parution : 2015
Editeur : Scrineo

Première page de L’envers du monde

« Attendre. Laisser venir. Ne pas deviner, ne pas prévoir. Ne regarder que les yeux, le fond des yeux, le fond de l’âme. Attendre l’étincelle, le souffle imperceptible qui s’infiltre dans les épaules, dans les poignets, jusqu’au bout de la lame. Attendre l’attaque comme on attend une vague, au bruit, à l’instinct, à la sensation d’écume. Distinguer l’animal apeuré derrière le jeu des postures… Et frapper.

Un premier coup au creux du genou, à la jointure de l’armure, un autre pour écarter la lame, un troisième au flanc gauche. Et déjà le sang sur le sable… Dans les gradins éclatait un rugissement sauvage, grisant, qui faisait presque trembler les fondations de l’arène. L’armure, comme désarticulée, se tournait en tous sens, pour tenter de suivre la volée de coups qui s’abattait sur elle, mais dans sa carapace de fer, le gladiateur était trop lent. Alors la lame trancha à la nuque, une première fois dans le cuir, une deuxième fois dans la chair, une troisième fois dans l’os. Le sang jaillissait en étoile, les spectateurs hurlaient et la tête se détachait, rebondissant sur la cuirasse pour venir s’échouer dans le sable. Voilà. C’était aussi simple que cela. Toutes ces simagrées pour dix secondes de combat. »

Extrait de : G. Katz. « Aeternia – L’envers du monde. »

La marche du prophète par Gabriel Katz

Fiche de La marche du prophète

Titre : La marche du prophète (tome 1 sur 2 – Aeternia)
Auteur : Gabriel Katz
Date de parution : 2015
Editeur : Scrineo

Première page de La marche du prophète

« Respirer. Ne plus penser à rien. Sentir sous ses doigts le manche rugueux de la hache, planter son talon dans le sable de l’arène, fermer les yeux et attendre. Oublier le murmure de la foule, la chaleur qui montait du sol, le claquement des bannières au sommet des gradins. Se recueillir, comme pour une prière. Un rituel si familier qu’il en devenait presque apaisant, quelques secondes à peine avant le choc des armes. Mais, cette fois, Leth Marek ne put s’empêcher d’ouvrir les yeux, car c’était la dernière.

Sans se détourner de la herse qui se levait devant lui, il embrassa du regard cette arène qu’il connaissait si bien, la grande arène de Morgoth, avec ses murs hauts de six mètres, ses gradins noirs de monde et ses statues monumentales aux visages érodés par le temps. Des dieux oubliés, qui avaient vu tomber la pluie, la neige et les hommes, pendant des siècles… Cette arène était là depuis toujours, bien avant la ville, quand Morgoth n’était encore qu’un village, quand la mémoire des hommes ne se transmettait que par les récits des anciens. »

Extrait de : G. Katz. « Aeternia – La Marche du prophete. »