Étiquette : Albin Michel

 

Le long détour par Arthur Bertram Chandler

Fiche de Le long détour

Titre : Le long détour
Auteur : Arthur Bertram Chandler
Date de parution : 1976
Traduction : F. M. Watkins
Editeur : Albin Michel

Première page de Le long détour

«  Trajectoire, commandant ? » demanda vivement Carnaby.
Le commodore Grimes considéra son navigateur avec fort peu d’enthousiasme. Le jeune homme maigre, la mine éveillée sous les cheveux blond presque blancs, ses longs doigts posés sur le clavier de l’ordinateur du poste de commande, avait son expression alerte et empressée qui irritait toujours l’officier. Grimes se détourna lentement et contempla par les viseurs la sphère opalescente qui était, qui ne pouvait être que la planète de Kinsolving et au-delà de ce monde le lointain ellipsoïde de luminosité pâle de la Lentille Galactique. Rien ne pressait, pensa-t-il, inutile de prendre une décision immédiate. Il avait de nouveau son vaisseau, ses propres hommes autour de lui et le reste n’avait guère d’importance.
« Nous devons aller quelque part, dit sèchement Sonya.
— Ou quelque quand », murmura Grimes, plus pour lui que pour elle bien qu’il la regardât en parlant. »

Extrait de : A. B. Chandler. « Le long détour. »

Le mort-vivant par Marc Donat

Fiche de Le mort-vivant

Titre : Le mort-vivant
Auteur : Marc Donat
Date de parution : 1910
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Le mort-vivant

  • Le mort-vivant
  • Ses cheveux
  • La femme au chien

Première page de Le mort vivant

« — Alors, mon cher maître ?… demanda anxieusement le docteur Doyn à l’illustre professeur Lancast.
— Alors, mon cher confrère, le cas de votre malheureux ami, Henderson Jeffrys, est extrêmement grave, je ne vous apprends rien en vous le disant.
— Désespéré ?
— Aucun organe essentiel n’est atteint, mais, dans ces atrophies musculaires progressives, quand la paralysie envahit les muscles du tronc jusqu’au diaphragme, le malade succombe asphyxié. Il se peut aussi que rien de tout cela ne se produise et que son état s’améliore. Enfin, je vous le répète, continuez de lui prodiguer vos bons soins et gardez de l’espoir.
— Le traitement ?
— Celui dont vous m’avez parlé : vésicatoires volants autour de l’épaule et du thorax, pointes de feu, cautérisation transcurrente, douches d’eau chaude… Ce M. Henderson Jeffrys est un savant, n’est-ce pas ? »

Extrait de : M. Donat. « Le mort vivant. »

La forêt muette par Pierre Pelot

Fiche de La forêt muette

Titre : La forêt muette
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1982
Editeur : Albin Michel

Première page de La forêt muette

« Il tenait son poing fermé et serrait de toute sa force. L’objet caché à l’intérieur de sa main meurtrissait le creux de sa paume et ses doigts. Mais il ne voulait pas y songer, ni croire à la réalité de cette horreur ; il ne voulait pas que de nouvelles images terrifiantes, abominables, lui chavirent une fois encore le cerveau. Il n’avait rien dans sa main : c’était ce qu’il fallait se dire. Absolument.

Et s’ils voulaient y regarder, ils seraient obligés de lui casser les doigts.

Le docteur avait assuré qu’ils ne lui feraient aucun mal, au contraire, « N’aie pas peur, Charlie. C’est fini, terminé. » D’accord, d’accord, docteur. Il était sincère, c’est sûr. Sincère et gentil, le docteur.

Lui et les autres étaient venus à son secours et l’avaient arraché aux tentacules gluants du cauchemar, en cet endroit maudit. »

Extrait de : P. Pelot. « La forêt muette. »

L’homme nu par D. Simmons

Fiche de L’homme nu

Titre : L’homme nu
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1992
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Albin Michel

Première page de L’homme nu

« Bremen quitta l’hôpital et sa femme mourante pour rouler vers l’est, vers la mer. Les routes étaient encombrées de Philadelphiens fuyant leur ville en ce week-end pascal exceptionnellement chaud, aussi dut-il se concentrer sur sa conduite, ne gardant qu’un contact fort ténu avec l’esprit de sa femme.

Gail dormait. Ses rêves induits par les médicaments étaient incohérents. Elle cherchait sa mère dans une suite interminable de pièces remplies de meubles victoriens. Les images oniriques se glissaient entre les ombres vespérales de la réalité pendant que Bremen traversait les Pine Barrens. Gail émergea du sommeil juste au moment où il quittait la route touristique et, durant ces quelques secondes où elle ne souffrait pas encore, Bremen put voir avec elle la lumière du soleil éclairant la couverture bleue, au pied de son lit ; puis il partagea également son bref vertige confusionnel lorsqu’elle crut – durant une seconde seulement – se réveiller à la ferme. »

Extrait de : D. Simmons. « L’Homme nu. »

L’amour, la mort par D. Simmons

Fiche de L’amour, la mort

Titre : L’amour, la mort
Auteur : Dan Simmons
Date de parution : 1993
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Albin Michel

Sommaire de L’amour, la mort

  • Le lit de l’entropie à minuit
  • Mourir à Bangkok
  • Coucher avec des femmes dentues
  • Flash-back
  • Le grand amant

Première page de Le lit de l’entropie à minuit

« Nous sortions tout juste de Denver et nous nous dirigions vers l’ouest à l’heure de pointe d’un vendredi soir, nous étions arrivés en haut de la première grande montée et Caroline venait de me demander à quoi servait la voie de détresse des camions lorsque j’aperçus le semi-remorque en difficulté, dans la file en sens inverse, au pied de la côte. Sur le moment, je pensai qu’il avait simplement roulé trop vite sur les six kilomètres de pente à cinq pour cent, mais le lendemain matin, à Breckenridge, je vis les photos de l’accident en première page du Denver Post et du Rocky Mountain News ; le camionneur avait survécu, mais les trois passagères de la Toyota Camry qu’il avait percutée et envoyée par-dessus le séparateur en béton étaient mortes. »

Extrait de : D. Simmons. « L’Amour, la Mort. »

Sleeping beauties par S. King et O. King

Fiche de Sleeping beauties

Titre : Sleeping beauties
Auteur : Stephen King et Owen King
Date de parution : 2017
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de Sleeping beauties

« Ree demanda à Jeanette si elle regardait parfois le carré de lumière de la fenêtre. Non, dit Jeanette. Ree occupait le lit du haut, Jeanette celui du bas. L’une et l’autre attendaient que les portes des cellules s’ouvrent, pour le petit déjeuner. Un matin comme les autres.
Apparemment, la compagne de cellule de Jeanette avait étudié le carré en question. Ree lui expliqua qu’il apparaissait sur le mur opposé à la fenêtre, et qu’ensuite il descendait, peu à peu, glissait sur le dessus du bureau, pour finir sur le sol. Où il se trouvait maintenant, au centre, comme Jeanette pouvait le constater, éclatant.
« Ree, dit Jeanette. Je n’en ai rien à foutre de ton carré de lumière.
– Tu ne peux pas ne rien avoir à foutre d’un carré de lumière ! »
Ree lâcha ce petit rire nasillard par lequel elle exprimait son amusement.
« OK. Comprenne qui pourra », dit Jeanette.
Sa compagne de cellule se remit à cacarder. »

Extrait de : S. King. « Sleeping beauties. »

Sale gosse par S. King

Fiche de Sale gosse

Titre : Sale gosse
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2014
Traduction : O. Bies, N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Sale gosse

« La prison était située à trente kilomètres de la petite ville la plus proche sur une étendue de prairie déserte où le vent soufflait pratiquement en continu. Dressé sur l’horizon, le bâtiment principal était une horreur en pierre perpétrée contre le paysage au début du vingtième siècle. Sur ses deux flancs, des cellules en béton avaient poussé l’une après l’autre au cours des quarante-cinq dernières années, principalement grâce au flot d’argent fédéral qui avait commencé à couler durant les années Nixon et ne s’était presque jamais tari depuis.

Un peu à l’écart du corps principal s’élevait un bâtiment plus petit. Les détenus appelaient cette annexe le Manoir de l’Aiguille. Délimité par une clôture grillagée, un corridor extérieur de quarante mètres de long sur six de large saillait sur l’un des côtés. Chacun des résidents du Manoir – actuellement au nombre de sept – avait droit à deux heures de Basse-Cour par jour. Certains marchaient. »

Extrait de : S. King. « Sale Gosse. »

Roadmaster par S. King

Fiche de Roadmaster

Titre : Roadmaster
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2002
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Albin Michel

Première page de Roadmaster

« Dans l’année qui a suivi la mort de son père, le fils de Curt Wilcox a beaucoup fréquenté nos locaux, beaucoup c’est même peu dire, mais on l’a jamais engueulé parce qu’il était tout le temps dans nos pattes, personne lui a jamais demandé ce qu’il fichait là.

Ce qu’il faisait, on le savait bien : il essayait de s’accrocher au souvenir de son père. En matière de psychologie du deuil, les flics en connaissent un rayon ; pour la plupart, on aimerait mieux en savoir moins.

Cette année-là, Ned Wilcox était en terminale au lycée de Statler. Au lieu de se mettre sur les rangs pour l’équipe de football, il avait jeté son dévolu sur la Compagnie D. On a du mal à s’imaginer qu’un gamin de son âge puisse préférer des corvées non rétribuées aux matches du vendredi et aux boums du samedi, mais il l’avait choisi librement. »

Extrait de : S. King. « Roadmaster. »

Revival par S. King

Fiche de Revival

Titre : Revival
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2014
Traduction : O. Bies, N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Revival

« Par un aspect au moins, nos vies ressemblent à des films. Les personnages principaux sont les membres de notre famille et nos amis. Les rôles secondaires sont tenus par nos voisins, nos collègues, des profs et des connaissances. Il y a aussi les petits rôles sans grande importance : la caissière du supermarché avec son joli sourire, le sympathique barman du troquet du coin, les types avec qui vous faites de la gym trois fois par semaine. Et bien sûr, des milliers de figurants – ces gens qui passent dans la vie de tout un chacun comme de l’eau à travers une passoire, croisés une fois et jamais revus. L’ado qui feuillette les bédés chez Barnes & Nobles et que vous devez frôler (en murmurant un « Excusez-moi ») pour pouvoir accéder aux magazines. La femme dans la file d’à côté qui profite du feu rouge pour se remaquiller. La mère qui essuie le visage barbouillé de glace de son bambin dans le restaurant routier où vous vous êtes arrêté pour manger un bout. Le marchand qui vous a vendu un paquet de cacahuètes au dernier match de base-ball. »

Extrait de : S. King. « Revival. »

Rêves et cauchemars par S. King

Fiche de Rêves et cauchemars

Titre : Rêves et cauchemars (l’intégrale)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1993
Traduction : J.-D. Brèque, H. Collon, W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Rêves et cauchemars

  • La cadillac de Dollan
  • Le grand bazar : finale
  • Laissez venir à moi les petits enfants
  • Le rapace nocturne
  • Popsy
  • Ça vous pousse dessus
  • Dentier claqueur
  • Dédicaces
  • Le doigt télescopique
  • Pompes de basket
  • Un groupe d’enfer
  • Accouchement à domicile
  • La saison des pluies
  • Mon joly poney
  • Désolé, bon numéro
  • La tribu des dix plombes
  • Crouch end
  • La maison de Maple Street
  • Le cinquième quart
  • Le docteur résout l’énigme
  • La dernière affaire d’Umney
  • Le mendiant et le diamant

Première page de La cadillac de Dollan

« Pendant sept années j’ai attendu, j’ai surveillé. Dolan, je l’ai vu venir. Je l’ai observé lorsqu’il entrait dans les restaurants chics, en smoking, avec à chaque fois une femme différente au bras, et en sandwich entre ses deux gardes du corps. J’ai vu ses cheveux poivre et sel acquérir d’élégants reflets argentés pendant que les miens se contentaient bêtement de tomber et de me laisser chauve comme un œuf. Je l’ai épié à chaque fois qu’il quittait Las Vegas, pour ses pèlerinages réguliers sur la côte Ouest ; j’ai épié à chaque fois son retour. Deux ou trois fois, je l’ai vu, depuis une route de service, tandis qu’il passait sur la US 71, en route pour Los Angeles, dans sa Cadillac DeVille du même gris argenté que ses cheveux. »

Extrait de : S. King. « Rêves et cauchemars. »