Étiquette : Albin Michel
La reine Cotillon par Paul Féval

Fiche de La reine Cotillon
Titre : La reine Cotillon (Tome 3 sur 3 – Les jumeaux de Nevers 2 – Le fils de Lagardère)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1895
Editeur : Albin Michel
Première page de La reine Cotillon
« Le Grand-Châtelet, où avaient été conduits le vicomte Romuald de Dizons et le marquis Henri de Lagardère-Nevers, faute de place à la Bastille et à Vincennes, comme nous l’avons appris par les explications fournies au duc et à la duchesse par M. de Posen, le Grand-Châtelet était une des plus anciennes prisons de Paris.
Quelques historiens font remonter son origine jusqu’à Jules César ; comme preuve ils invoquent une inscription latine gravée sur une arcade : Titutum Cæsaris, qu’on pouvait encore voir en 1540 ; d’autres lui donnent pour fondateur Julien l’Apostat ; d’autres encore prétendent que c’est seulement sous Philippe-Auguste qu’on commença la construction de cette forteresse pour servir de point d’appui et de chef-lieu général à l’enceinte de murailles dont avait été entourée la capitale.
Sans nous arrêter à cette différente version et sans discuter les preuves que chaque auteur s’est efforcé de rassembler à l’appui de ses hypothèses, nous dirons que le Grand-Châtelet était de construction romaine.
Le fait a été reconnu lorsque, au commencement de ce siècle, en 1802, on fit abattre ce formidable édifice. »
Extrait de : P. Féval. « La Reine Cotillon (Les Jumeaux de Nevers – Volume 2). »
Le parc aux cerfs par Paul Féval

Fiche de Le parc aux cerfs
Titre : Le parc aux cerfs (Tome 3 sur 3 – Les jumeaux de Nevers 1 – Le fils de Lagardère)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1895
Editeur : Albin Michel
Première page de Le parc aux cerfs
« François de Gondi, archevêque de Paris en 1641, ayant eu à déplorer la perte d’une nièce qu’il affectionnait beaucoup, fit le vœu de fonder de ses deniers, pour le repos de cette âme, un couvent de femmes dans la capitale.
Certes, l’utilité d’un asile de ce genre ne se faisait pas grandement sentir, les hôtes de ces sombres demeures, tant nonnes que moines, formant alors un bon dixième de la population parisienne ; mais en sa qualité d’archevêque, Gondi pensa que ce vœu serait plus méritoire que tout autre.
Il fonda donc, au hameau de Picpus, le couvent des chanoinesses de Notre-Dame de Lépante, dont l’ordre prit plus tard, quand Picpus fut enclavé dans Paris, le nom de chanoinesses de Saint-Augustin qu’il conserva désormais.
C’est sous ce dernier que nous le retrouvons dans la seconde moitié du dix-huitième siècle.
Construit en largeur, avec deux petites ailes en retour qui le faisaient assez ressembler à un T gigantesque, le bâtiment du monastère était de vastes dimensions et entouré d’un mur élevé qui l’isolait totalement du reste des rares habitations disséminées aux alentours. »
Extrait de : P. Féval. « Le Parc-aux-Cerfs (Les Jumeaux de Nevers – Volume 1). »
Le duc de Nevers par Paul Féval

Fiche de Le duc de Nevers
Titre : Le duc de Nevers (Tome 2 sur 3 – Le fils de Lagardère)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1893
Editeur : Albin Michel
Première page de Le duc de Nevers
« En sortant de l’hôtel du Roussin d’Arcadie – dans une chambre duquel il avait éprouvé une si violente colère et un si cuisant chagrin à écouter de la bouche de Marine, sa petite sœur, l’aveu du crime dont elle avait été victime de la part du chevalier de Zéno, – le sergent Philippe n’avait eu qu’une pensée, celle de rencontrer le misérable Vénitien afin de tirer sur-le-champ une vengeance éclatante de son infamie envers la jeune fille.
Ce n’est certes point la haute qualité du personnage qui l’arrêterait. Ambassadeur ou non, il n’en avait pas moins commis une félonie qui demandait un châtiment exemplaire. Et ce châtiment il le lui infligerait, quoi qu’il pût en arriver.
Mais où le trouver ?
— Parbleu ! se dit le jeune homme, – je vais aller à l’Ambassade de Venise et je pénétrerai jusqu’à lui d’une façon ou d’une autre. Au besoin j’emploierai la force. »
Extrait de : P. Féval. « Le duc de Nevers. »
Cocardasse et Passepoil par Paul Féval
Fiche de Cocardasse et Passepoil
Titre : Cocardasse et Passepoil (Tome 4 sur 5 – La famille Lagardère – Le Bossu)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1923
Editeur : Albin Michel
Première page de Cocardasse et Passepoil
« La Grange-Batelière avait commencé par s’appeler la Grange-Bataillière (Granchia-Batiliaca), en souvenir, dit le moine Abbon, du Champ-de-Mars qui, au IXe siècle, s’étendait dans tout l’espace compris entre Montmartre et Paris.
Vers l’an 1620, ce champ de joutes ayant disparu, la dénomination de Bataillière n’avait plus sa raison d’être, et peu à peu se transforma en Grange-aux-Bateaux ou Batelière. Le motif en est facile à trouver. La Grange était, en effet, située au milieu des terrains bas et marécageux où se réunissaient tous les petits ruisselets descendus des Prés-Saint-Gervais, mais surélevée elle-même, elle était entourée d’eau remplissant les anciens fossés et semblait bâtie dans une île.
La Grange-Batelière était alors le rendez-vous des Parisiens qui voulaient faire une partie de campagne. Pour y parvenir, on hélait la fille du fermier, – laquelle était fort jolie, suivant la chronique, – et celle-ci venait vous passer sur un bateau peint en vert. »
Extrait de : P. Féval. « Cocardasse et Passepoil. »
Mariquita par Paul Féval

Fiche de Mariquita
Titre : Mariquita (Tome 3 sur 5 – La famille Lagardère – Le Bossu)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1922
Editeur : Albin Michel
Première page de Mariquita
« Sur une des places de l’orgueilleuse Burgos, patrie du Cid, un cercle s’était formé autour de deux jeunes filles, des gitanitas.
L’une d’elles dansait à ravir le fandango et, pour l’admirer, il n’y avait pas que des muletiers, des aguadors et des duègnes : l’hôtel de la Capitainerie générale avait toutes ses fenêtres ouvertes, garnies de señoritas qui jetaient des piécettes blanches et cessaient de jouer de l’éventail pour applaudir.
Burgos aime la musique, le son des tambours, les clochettes qui tintinnabulent. La légende du Campéador a mis dans le cœur de chacun de ses habitants une poésie vague qui, ne trouvant pas toujours à rythmer le cliquetis des épées, tire prétexte de tout ce qui est symphonie, bruit de castagnettes, voix d’or, pour s’élever à hauteur des innombrables clochers qui tintent tout le jour. En aucune ville d’Espagne les cloches ne sonnent autant qu’à Burgos. »
Extrait de : P. Féval. « Mariquita. »
Le fils d’Artagnan par Paul Féval
Fiche de Le fils d’Artagnan
Titre : Le fils d’Artagnan (Tome 9 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Albin Michel
Première page de Le fils d’Artagnan
« L’échauffourée
A l’époque où commence notre récit, le ministre Louvois entretenait des relations suivies avec le gouvernement espagnol, lequel pressait le roi de France de signer la révocation de l’édit de Nantes.
Au grand désespoir de Sa Majesté catholique Charles II, Sa Majesté Très-Chrétienne tenait bon. Elle tint même jusqu’en 1685, car ce fut le 22 octobre de cette année mémorable que Louis XIV apposa sa royale signature au bas de l’acte qui réduisit à néant la volonté qu’avait exprimée son aïeul Henri IV.
Une nouvelle Saint-Barthélemy était à redouter. Il n’en fut rien, heureusement. Mais que de conflits parlementaires, que de crises populaires, durant les quelques années qui précédèrent la décision du Roi Soleil.
Chaque jour les malheureux protestants étaient soumis à de nouvelles rigueurs. On alla jusqu’à leur faire défense d’avoir dans leurs temples des bancs, voire même des escabeaux.
La populace les injuriait en plein jour, en pleine rue.
Las de s’adresser aux vivants, cette populace eut l’abominable idée de s’attaquer aux morts. »
Extrait de : P. Féval. « Le Fils De D’Artagnan. »
La vieillesse d’Athos par Paul Féval

Fiche de La vieillesse d’Athos
Titre : La vieillesse d’Athos (Tome 8 sur 12 – D’Artagnan contre Cyrano)
Auteur : Paul Féval fils
Date de parution : 1928
Editeur : Albin Michel
Première page de La vieillesse d’Athos
« Ce que l’on apprend au jeu de colin-maillard
Dès que Louis XIV eut passé sous la direction spirituelle de Mme de Maintenon, il s’observa sur sa personne ; chacun voulut paraître en faire autant, et la frivolité eut, dans ses caprices, quelque chose de compassé et d’austère.
Ce qui ne subit aucun changement, par exemple, ce fut la nourriture… la nourriture des grands, bien entendu, car les petits, voire même les bourgeois, en étaient réduits, en l’an de grâce 1694, à se serrer le ventre, comme on dirait de nos jours.
L’hiver de cette année-là fut si terrible et la misère si grande que des milliers de gens crièrent la faim, et cela durant les douze mois qui suivirent.
Mme de Maintenon, est-il besoin de le dire, fut la première à s’émouvoir de cette situation qui menaçait, en s’aggravant, de tourner à la révolte ; non pas que la noble dame eût pitié des faméliques qui se tordaient en agonisant, mais par crainte de voir s’écrouler l’édifice qu’elle avait élevé avec tant d’astuce et de persévérance.
La révolte, – elle le sentait, – tournerait contre elle avant même d’arriver jusqu’au roi. »
Extrait de : P. Féval. « La Viellesse D’Athos. »
Les dieux de Xuma par David John Lake

Fiche de Les dieux de Xuma
Titre : Les dieux de Xuma
Auteur : David John Lake
Date de parution : 1978
Traduction : I. Kassabov
Editeur : Albin Michel
Première page de Les dieux de Xuma
« 0-8-4/0-9/0-3. Ce soir, depuis l’Observatoire du Palais de la Reine, à Yelsai, moi, Kanyo de Xulpona, ai observé quelque chose de si inhabituel dans la région des Étoiles Tournoyantes que j’ai jugé nécessaire de le noter dans ce journal intime. J’ai déjà envoyé mon rapport aux Juges Suprêmes de Khadan (y compris une copie pour la Reine Telesin), mais je n’ai pu transcrire l’étrangeté de l’événement à travers la sécheresse de la phraséologie officielle. Cela sortait des limites imposées par les angles, magnitudes et chronométrages. Peut-être arriverai-je à mieux maîtriser mes émotions en me confiant à ce journal plus personnel.
Ma compagne et moi étions sur le toit de l’Observatoire, peu après le coucher du soleil. En cette saison d’été méridional, le soleil se couche au sud-ouest, sa lueur rouge indiquant la direction du Désert de la Mort et le canal qui mène à Dlusar. Les éclairages urbains de Yelsai sont doux et agréablement tamisés, c’est pourquoi il ne peut être question d’effets optiques déformants. »
Extrait de : D.J Lake : « Les Dieux de Xuma. »
