Étiquette : Albin Michel

 

L’institut par S. King

Fiche de L’institut

Titre : L’institut
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2019
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de L’institut

« Une demi-heure après l’horaire prévu, l’avion de la compagnie Delta avec lequel Tim Jamieson devait quitter Tampa pour les lumières éclatantes et les tours de New York stationnait toujours sur le tarmac. Quand un agent de la compagnie et une femme blonde portant autour du cou un badge des services de sécurité montèrent à bord, des murmures inquiets et prémonitoires se firent entendre parmi les passagers entassés en classe économique.

« Votre attention, je vous prie ! s’écria le type de chez Delta.

– On va avoir combien de temps de retard ? lança quelqu’un. Dites-nous la vérité.

– Ça ne sera pas très long et le commandant tient à vous faire savoir que votre vol arrivera quasiment à l’heure. Mais un agent fédéral doit embarquer, cela signifie qu’un passager ou une passagère doit céder sa place.  »

Extrait de : S. King. « L’Institut. »

L’année du loup-garou par S. King

Fiche de L’année du loup-garou

Titre : L’année du loup-garou
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1983
Traduction : F. Lasquin
Editeur : Albin Michel

Première page de L’année du loup-garou

« Quelque part, tout là-haut, la lune brille, ronde et pleine. Mais de Tarker’s Mills on ne voit plus rien du ciel obstrué par la neige d’un blizzard de janvier. Des bourrasques furieuses s’engouffrent dans l’avenue centrale déserte ; il y a beau temps que les chasseneige oranges de la municipalité ont abandonné la partie.

Arnie Westrum, cheminot aux Chemins de fer du Maine, a été surpris par la tourmente à quinze kilomètres de la ville. La petite draisine à essence dont il use pour aller et venir le long des voies est restée coincée entre deux congères, et il s’est réfugié dans une baraque en planches où les ouvriers du rail entreposent outils et signaux. A présent, il attend une embellie en faisant patience sur patience avec un vieux paquet de cartes graisseuses. Dehors, le hurlement du vent monte soudain dans les aigus. Arnie lève la tête, alarmé, puis il abaisse à nouveau son regard sur les cartes étalées devant lui. Tout compte fait, ce n’était que le vent… »

Extrait de : S. King. « L’Année du loup-garou. »

Juste avant le crépuscule par S. King

Fiche de Juste avant le crépuscule

Titre : Juste avant le crépuscule
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2008
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Juste avant le crépuscule

  • Willa
  • La fille pain d’épice
  • Le rêve d’Harvey
  • Aire de repos
  • Vélo d’appart
  • Laissés pour compte
  • Fête de diplôme
  • N.
  • Un chat d’enfer
  • Le New York Times à un prix spécial
  • Muet
  • Ayana
  • Un très petit coin

Première page de Willa

« Un beau jour de 1972, rentrant à la maison après le travail, je trouvai ma femme assise à la table de la cuisine devant un sécateur. Elle souriait, ce qui me laissa supposer que les ennuis qui m’attendaient n’étaient pas trop graves ; par ailleurs, elle me demanda mon portefeuille. Ce qui me plaisait moins.

Je le lui tendis tout de même. Elle en sortit ma carte de crédit Texaco – à l’époque, les jeunes mariés en recevaient une sans même l’avoir demandée – et entreprit de la couper en trois morceaux. Comme je protestais, lui faisant remarquer que la carte était bien pratique, et que nous arrivions même à boucler nos fins de mois (avec des fois quelques sous en plus), elle secoua la tête et me déclara que les intérêts représentaient plus que ce que pouvait supporter notre budget dont l’équilibre était précaire. »

Extrait de : S. King. « Juste avant le crépuscule. »

Joyland par S. King

Fiche de Joyland

Titre : Joyland
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2013
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Joyland

« J’avais une voiture, mais au cours de cet automne 1973, je suis allé à Joyland à pied presque tous les jours depuis le petit gîte de bord de mer de Mrs. Shoplaw où je logeais à Heaven’s Bay. Ça me semblait la meilleure chose à faire. La seule, à vrai dire. Début septembre, la plage de Heaven’s Bay est quasiment déserte. Et ça m’allait. Car cet automne-là fut le plus beau de ma vie, même quarante ans plus tard je peux le dire. Et je n’ai jamais été aussi malheureux de ma vie, ça aussi je peux le dire. Les gens trouvent que les premières amours sont tendres. Et jamais plus tendres que lorsque ce premier lien se brise… Il y a bien un millier de chansons pop et country à l’appui : des histoires d’imbéciles qui ont eu le cœur brisé. Le fait est que ce premier cœur brisé est toujours le plus douloureux, le plus long à guérir, et celui qui laisse la cicatrice la plus visible. Tendre, vous croyez ? »

Extrait de : S. King. « Joyland. »

Histoire de Lisey par S. King

Fiche de Histoire de Lisey

Titre : Histoire de Lisey
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2006
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Histoire de Lisey

« Autant dire que les épouses des écrivains célèbres sont invisibles au regard public et nul ne le savait mieux que Lisey Landon. Son mari avait remporté le prix Pulitzer et le Prix National du Livre, mais Lisey n’avait donné qu’une seule interview dans sa vie, et ce pour le célèbre magazine féminin où paraît la rubrique « Oui, je suis mariée avec lui ! » Lisey passait en gros la moitié de ses cinq cents mots à expliquer que son diminutif rimait avec « See-See » (autrement dit, prononcez « Lissi »). Presque toute l’autre moitié concernait sa recette de cuisson lente du rôti de bœuf. Amanda, l’une des sœurs de Lisey, disait que la photo illustrant l’interview la faisait paraître grosse. »

Extrait de : S. King. « Histoire de Lisey. »

Duma Key par S. King

Fiche de Duma Key

Titre : Duma Key
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2008
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Duma Key

« Je m’appelle Edgar Freemantle. Mon entreprise comptait parmi les plus importantes dans le domaine des travaux publics. Au Minnesota, dans mon autre vie. C’est Wireman qui m’a appris ce truc de mon autre vie. Je vous parlerai de Wireman mais, pour l’instant, réglons la question du Minnesota.

N’ergotons pas : par ma réussite, j’étais l’incarnation du rêve américain. Après avoir grimpé tous les échelons de la boîte dans laquelle j’avais fait mes débuts, faute d’un barreau plus élevé, j’avais créé ma propre entreprise. Le patron que j’avais quitté s’était moqué de moi, me prédisant la faillite en moins d’un an. Je crois que c’est ce que disent tous les patrons quand un de leurs jeunes cadres dynamiques prend son indépendance et part comme une fusée. »

Extrait de : S. King. « Duma Key. »

Dome 2 par S. King

Fiche de Dome 2

Titre : Dome 2
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2009
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Dome 2

« Les deux femmes flics qui se tenaient à côté du Hummer de Big Jim parlaient toujours – Jackie tirant nerveusement sur une cigarette –, mais elles se turent lorsque Julia Shumway passa devant elles.

« Julia ? fit Linda d’une voix hésitante. Qu’est-ce que…»

Julia continua de marcher. La dernière chose dont elle avait envie, alors qu’elle bouillait encore de rage, était de parler avec deux représentants de la loi et de l’ordre, de la loi et de l’ordre tels qu’ils semblaient désormais exister à Chester’s Mill. Elle était à mi-chemin du local du Democrat lorsqu’elle se rendit compte que la colère n’était pas la seule chose qu’elle éprouvait. Qu’elle n’en était même pas l’essentiel. Elle s’arrêta sous la marquise de la librairie – Mill New & Used Books, FERMÉ JUSQU’À NOUVEL ORDRE, lisait-on dans la vitrine, sur une affichette rédigée à la main – en partie pour que les battements de son cœur puissent ralentir, en partie pour un petit examen intérieur. Il ne lui prit pas longtemps. »

Extrait de : S. King. « Dôme 2. »

Dome 1 par S. King

Fiche de Dome 1

Titre : Dome 1
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2009
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Dome 1

« À deux mille pieds d’altitude, Claudette Sanders prenait une leçon de pilotage. La petite ville de Chester’s Mill étincelait dans la lumière du matin, pimpante comme si elle venait juste d’être créée. Des voitures roulaient au pas dans Main Street, renvoyant les clins d’œil du soleil. Le clocher de la première église congrégationaliste paraissait assez effilé pour transpercer le ciel sans nuages. Le soleil courait à la surface de la Prestile, suivant la progression du Seneca V ; avion et cours d’eau coupaient la ville selon la même diagonale.

« Hé, Chuck, il y a deux garçons à côté du pont, on dirait ! En train de pêcher ! » Claudette en riait de ravissement. Les leçons de pilotage étaient un cadeau de son mari, premier conseiller de la ville.
Si Dieu avait voulu que l’homme volât, il lui aurait donné des ailes, estimait Andy, mais comme c’était un type facile à convaincre, Claudette avait fini par obtenir ce qu’elle voulait. Elle y avait pris plaisir dès le début. Aujourd’hui, cependant, ce n’était plus simplement du plaisir, mais de la jubilation. Pour la première fois, elle comprenait vraiment ce qu’il y avait de sensationnel à voler. Ce qui rendait l’expérience géniale. »

Extrait de : S. King. « Dôme 1. »

Dans les hautes herbes par S. King et J. Hill

Fiche de Dans les hautes herbes

Titre : Dans les hautes herbes
Auteur : Stephen King et Joe Hill
Date de parution : 2012
Traduction : H. Collon
Editeur : Albin Michel

Première page de Dans les hautes herbes

« Il avait voulu un peu de silence plutôt que la radio, on peut donc dire que c’était sa faute. Elle avait voulu un peu d’air frais plutôt que la clim, donc on peut aussi dire que c’était la sienne. Mais sans la combinaison des deux, ils n’auraient jamais entendu le gamin ; alors c’était leur faute à tous les deux. D’ailleurs, ça leur convenait : de toute leur vie, ils n’avaient jamais rien fait l’un sans l’autre. Cal et Becky DeMuth, dix-neuf mois d’écart. Les deux font la paire, comme disaient leurs parents.
— Quand Becky décroche le téléphone, c’est Cal qui dit « Allô ? », prétendait M. DeMuth.
— Quand Cal a envie d’organiser une soirée, Becky a déjà dressé la liste des invités, aimait à dire Mme DeMuth.
Jamais un mot plus haut que l’autre entre eux. Même le jour où, en première année de fac, Becky avait débarqué chez Cal (contrairement à elle, qui avait une chambre en résidence universitaire, il avait pris un appartement en ville) en annonçant qu’elle était enceinte. Cal l’avait bien pris. Leurs parents, moins. »

Extrait de : S. King et J. Hill. « Dans les hautes herbes. »

Conte de fées par S. King

Fiche de Conte de fées

Titre : Conte de fées
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2022
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de Conte de fées

« Je suis sûr de pouvoir raconter cette histoire. Et je suis sûr que personne n’y croira. Je m’en fiche. La raconter me suffit. Mon problème – je parie que beaucoup d’écrivains ont le même, il n’y a pas que les débutants comme moi –, c’est de savoir par où commencer.
Tout de suite, j’ai pensé au cabanon, parce que c’est là que mes aventures ont débuté réellement, mais ensuite, je me suis aperçu que je devrais parler de M. Bowditch d’abord, et de la manière dont on est devenus proches. Seulement, tout cela ne serait jamais arrivé sans le miracle qu’a vécu mon père. Un miracle très ordinaire, pourrait-on dire, un miracle que des milliers d’hommes et de femmes ont connu depuis 1935, mais aux yeux d’un gamin, c’était un miracle.
Seulement, ce n’est pas le bon choix non plus car je ne crois pas que mon père aurait eu besoin d’un miracle sans ce foutu pont. »

Extrait de : S. King. « Conte de fées. »