Étiquette : Albin Michel

 

Charlie par S. King

Fiche de Charlie

Titre : Charlie
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1980
Traduction : F. M. Lennox
Editeur : Albin Michel

Première page de Charlie

«  Papa, je suis fatiguée, se plaignit la fillette en culotte rouge et chemisier vert. On s’arrête ?
— Pas encore, mon chou. »
C’était un grand type large d’épaules qui portait une veste de velours élimée et un pantalon de toile marron. La fillette lui donnait la main et, ensemble, ils remontaient la Troisième Avenue en marchant vite, presque en courant. Il jeta un coup d’œil derrière lui. La voiture verte était toujours là, elle longeait lentement le trottoir.
« Papa, s’il te plaît. Papa. »
Il la regarda et vit la pâleur de son visage. Des cernes sombres s’élargissaient sous ses yeux. »

Extrait de : S. King. « Charlie. »

Blaze par S. King (R. Bachman)

Fiche de Blaze

Titre : Blaze
Auteur : Stephen King (Richard Bachman)
Date de parution : 2007
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Blaze

« George était quelque part dans le noir. Blaze ne pouvait pas le voir, mais sa voix lui parvenait, forte et claire, rude et un peu enrouée. George donnait l’impression d’être toujours enrhumé. Il avait eu un accident, enfant. Quoi exactement, il ne l’avait jamais dit, mais sa pomme d’Adam présentait une cicatrice bien visible.
« Pas celle-là, crétin, elle a des autocollants partout. Trouve-toi une Chevy ou une Ford. Bleu foncé ou verte. De deux ans. Pas plus, pas moins. Personne ne s’en souvient. Et pas d’autocollants. »
Blaze dépassa la petite voiture avec ses autocollants et continua d’avancer. Le martèlement assourdi des basses lui parvenait, alors qu’il était à l’autre bout du parking du bar à bières. »

Extrait de : S. King. « Blaze. »

Billy Summers par S. King

Fiche de Billy Summers

Titre : Billy Summers
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2021
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de Billy Summers

« Assis dans le hall de l’hôtel, Billy Summers attend la voiture qui doit venir le chercher. On est vendredi midi. Bien qu’il soit en train de lire une bande dessinée intitulée Les Copains et les copines d’Archie, c’est à Émile Zola qu’il pense, et plus particulièrement à son troisième roman, celui qui l’a fait connaître : Thérèse Raquin. Il se dit que c’est en tout point le roman d’un jeune homme. Et que Zola commençait seulement à exploiter un filon qui allait se révéler aussi profond que fabuleux. Il se dit que Zola est la version cauchemardesque de Charles Dickens. Voilà qui ferait un sujet intéressant pour un essai. S’il devait en écrire un.
À midi douze, la porte de l’hôtel s’ouvre et deux hommes entrent dans le hall. L’un est grand, il a des cheveux noirs et arbore une banane de rocker des années cinquante. »

Extrait de : S. King. « Billy Summers. »

Bazaar par S. King

Fiche de Bazaar

Titre : Bazaar
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1991
Traduction : W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel

Première page de Bazaar

« Bien sûr. On vous y a déjà vu. Je n’oublie jamais un visage.

Venez un peu par ici, qu’on se serre la main ! Je vais vous dire quelque chose : je vous ai reconnu à votre démarche avant même d’avoir bien vu votre tête. Vous n’auriez pas pu choisir un meilleur jour pour revenir à Castle Rock. Est-ce que c’est pas chouette, ici ? L’ouverture de la chasse est pour bientôt ; tous les fous seront dans les bois à fusiller tout ce qui bouge et n’est pas habillé en orange fluo. Ensuite, ce sera la neige et le grésil, mais pas avant un bon moment. Pour l’instant, on est en octobre, et à Castle Rock, on laisse traîner octobre aussi longtemps qu’il veut.

A mon avis, c’est la meilleure époque de l’année. C’est pas que le printemps soit pas extra, ici, mais je préférerai toujours octobre à mai. Une fois l’été fini, le Maine occidental est comme qui dirait oublié, et tous ces gens avec leurs villas au bord du lac ou sur les hauteurs sont repartis pour New York ou le Massachusetts. »

Extrait de : S. King. « Bazaar. »

Après par S. King

Fiche de Après

Titre : Après
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2021
Traduction : M. Boraso
Editeur : Albin Michel

Première page de Après

« C’était la sortie de l’école, je rentrais à la maison avec ma mère. D’un côté, je lui tenais la main et de l’autre, je serrais bien fort ma dinde de Thanksgiving – celle qu’on faisait dessiner aux petits du CP la semaine d’avant la fête. J’en étais fier comme tout, et j’avoue que je me la pétais grave. Je vous explique la méthode, pour la dinde : on prend une grande feuille de papier cartonné, on pose la main dessus et on suit les contours avec un crayon de couleur. Voilà pour le corps et les plumes de la queue. Pour la tête, on se débrouille comme on peut.

Je l’ai montrée à maman, qui m’a répondu par un de ses « ouais ouais super, génial, ton truc », mais je doute qu’elle l’ait vue pour de bon. Sûrement qu’elle réfléchissait à un des bouquins qu’elle cherchait à vendre. Elle, elle appelait ça « fourguer la marchandise ». À cette époque, maman travaillait comme agent littéraire. »

Extrait de : S. King. « Après. »

22/11/63 par S. King

Fiche de 22/11/63

Titre : 22/11/63
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2011
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de 22/11/63

« J’ai jamais eu « la larme facile », comme on dit.

Si j’en crois mon ex-épouse, mon « gradient d’émotion inexistant » est la raison principale pour laquelle elle m’a quitté (comme si le mec qu’elle avait rencontré à ses réunions des Alcooliques anonymes n’y était pour rien). Christy supposait qu’elle pouvait me pardonner, disait-elle, de ne pas avoir versé de larmes à l’enterrement de son père : je ne le connaissais que depuis six ans et ne pouvais comprendre quel homme merveilleux et généreux c’était (une Mustang décapotable comme cadeau de fin d’études secondaires, par exemple).

Mais par la suite, quand je n’ai pas versé de larmes à l’enterrement de mes deux parents – ils sont morts à tout juste deux ans d’intervalle, mon père d’un cancer de l’estomac et ma mère d’une crise cardiaque foudroyante en marchant sur une plage de Floride – elle a commencé à comprendre cette histoire de gradient d’émotion inexistant. J’étais « incapable de ressentir mes sentiments », en jargon AA. »

Extrait de : S. King. « 22/11/63. »

Anatomie de l’horreur par S. King

Fiche de Anatomie de l’horreur

Titre : Anatomie de l’horreur – intégrale
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1981
Traduction : J.-D. Brèque
Editeur : Albin Michel

Première page de Anatomie de l’horreur

« Pour moi, la terreur – la véritable terreur, par opposition aux démons et aux croque-mitaines qui pouvaient vivre dans mon esprit – est née un bel après-midi d’octobre 1957. Je venais d’avoir dix ans. Et, circonstance des plus appropriées, je me trouvais dans une salle de cinéma : le Stratford Theater, situé dans le centre-ville de Stratford (Connecticut).
Le film qu’on montrait ce jour-là était et est encore un de mes préférés, et le fait que ce soit lui que j’aie choisi de voir – plutôt qu’un western avec Randolph Scott ou un film de guerre avec John Wayne – n’est pas moins approprié. Ce samedi où naquit la véritable terreur, je regardais Les soucoupes volantes attaquent, avec en vedette Hugh Marlowe, un acteur surtout connu à l’époque pour avoir interprété le fiancé xénophobe que Patricia Neal finissait par larguer dans Le jour où la Terre s’arrêta – un film de science-fiction un peu plus ancien et beaucoup plus rationnel. »

Extrait de : S. King. « Anatomie de l’horreur. »

Docteur Sleep par S. King

Fiche de Docteur Sleep

Titre : Docteur Sleep (Tome 2 sur 2 – Shining)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2013
Traduction : N. Gassie
Editeur : Albin Michel

Première page de Docteur Sleep

« Le deuxième jour du mois de décembre d’une année où un planteur de cacahuètes de Géorgie était aux affaires à la Maison-Blanche, l’un des plus grands hôtels de villégiature du Colorado brûla de fond en comble. L’Overlook fut déclaré perte totale. Après enquête, le chef du service des incendies du comté de Jicarilla attribua la cause de l’incendie au mauvais fonctionnement d’une chaudière. L’hôtel était fermé pour l’hiver lorsque l’accident se produisit et seules quatre personnes étaient présentes sur les lieux. Trois d’entre elles en réchappèrent. John Torrance, le gardien de l’hôtel, trouva la mort en tentant vainement (et héroïquement) de faire tomber la pression de la vapeur qui avait atteint un niveau anormalement élevé dans la chaudière en raison d’une soupape de sécurité défectueuse. »

Extrait de : S. King. « Docteur Sleep – Shining. »

Si ça saigne par S. King

Fiche de Si ça saigne

Titre : Si ça saigne (Tome 2 sur 2 – L’outsider)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2020
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Sommaire de Si ça saigne

  • Le téléphone de M. Harrigan
  • La vie de Chuck
  • Si ça saigne
  • Rat

Première page de Le téléphone de M. Harrigan

« Ma ville natale n’était qu’un village de six cents âmes environ (et c’est toujours le cas, bien que j’en sois parti), mais nous avions Internet, comme dans les grandes villes, si bien que mon père et moi recevions de moins en moins de courrier. La plupart du temps, M. Nedeau n’apportait que le Time chaque semaine, des prospectus, et les factures mensuelles. Mais à partir de 2004, lorsque, à neuf ans, je commençai à travailler pour M. Harrigan, qui habitait plus haut sur la colline, je fus certain de recevoir au moins quatre lettres par an, à mon nom, rédigées à la main. Une carte de Saint-Valentin en février, une carte d’anniversaire en septembre, une carte de Thanksgiving en novembre et une carte de Noël, juste avant ou juste après les fêtes. Chaque carte contenait un ticket à gratter de la loterie de l’État du Maine, d’une valeur d’un dollar, et la signature était toujours la même : Avec les salutations de M. Harrigan. Simple et conventionnel. »

Extrait de : S. King. « Si ça saigne – L’outsider. »

L’outsider par S. King

Fiche de L’outsider

Titre : L’outsider (Tome 1 sur 2 – L’outsider)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 2018
Traduction : J. Esch
Editeur : Albin Michel

Première page de L’outsider

« C’était une voiture banalisée, une berline américaine quelconque, plus très jeune, mais les pneus à flanc noir et les trois hommes à l’intérieur en trahissaient la nature. Les deux assis à l’avant portaient des uniformes bleus. Celui à l’arrière, en costume, était un colosse. Deux jeunes Noirs se tenaient sur le trottoir ; l’un, le pied posé sur un skate orange éraflé, l’autre avec le sien, couleur citron vert, sous le bras. Ils regardèrent la voiture pénétrer sur le parking du parc de loisirs Estelle-Barga, puis échangèrent un regard.
Le premier dit : « C’est les flics.
– Sans blague », répondit l’autre.
Ils s’en allèrent sans rien ajouter, sur leurs skates. La règle était simple : lorsque les flics débarquent, il faut filer. La vie d’un Noir compte autant que celle d’un Blanc, leur avaient appris leurs parents, mais pas forcément aux yeux de la police. »

Extrait de : S. King. « L’Outsider. »