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Le mort vivant par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Le mort vivant

Titre : Le mort vivant
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1889
Traduction :
Edition : Atramenta

Première page de Le mort vivant

« Combien le lecteur, – tandis que, commodément assis au coin de son feu, il s’amuse à feuilleter les pages d’un roman, – combien il se rend peu compte des fatigues et des angoisses de l’auteur ! Combien il néglige de se représenter les longues nuits de luttes contre des phrases rétives, les séances de recherches dans les bibliothèques, les correspondances avec d’érudits et illisibles professeurs allemands, en un mot tout l’énorme échafaudage que l’auteur a édifié et puis démoli, simplement pour lui procurer, à lui, lecteur, quelques instants de distraction au coin de son feu, ou encore pour lui tempérer l’ennui d’une heure en wagon !

C’est ainsi que je pourrais fort bien commencer ce récit par une biographie complète de l’Italien Tonti : lieu de naissance, origine et caractère des parents, génie naturel (probablement hérité de la mère), exemples remarquables de précocité, etc. Après quoi je pourrais également infliger au lecteur un traité en règle sur le système économique auquel le susdit Italien a laissé son nom. J’ai là, dans deux tiroirs de mon cartonnier, tous les matériaux dont j’aurais besoin pour ces deux paragraphes ; mais je dédaigne de faire étalage d’une science d’emprunt. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Le mort vivant. »

Janet la revenante par Robert-Louis Stevenson

Fiche de Janet la revenante

Titre : Janet la revenante
Auteur : Robert-Louis Stevenson
Date de parution : 1881
Traduction :
Edition : Atramenta

Sommaire de Janet la revenante

  • Janet la revenante
  • Markheim
  • Les gais compagnons
  • Un logement pour la nuit

Première page de Janet la revenante

« Le Révérend Murdoch Soulis fut longtemps ministre de la paroisse de Balweary, dans la marécageuse vallée de la Dule. Vieillard à la mine sévère et glaciale, effrayant à entendre, il habitait les dernières années de sa vie, sans parent ni serviteur ni aucune autre compagnie humaine, dans le petit presbytère isolé que dominait le rocher de la Femme-Pendue. Malgré la rigidité de fer de ses traits, il avait l’œil effrayé, égaré, hagard. Et lorsqu’il évoquait, dans une semonce privée, l’avenir des âmes impénitentes, on eût dit que son œil découvrait, au-delà des orages du temps, les terreurs de l’éternité. Bien des jeunes gens qui venaient se préparer à la Sainte Communion étaient affreusement bouleversés par ses propos. Il avait composé un prêche sur la première épître de saint Pierre, verset 8 : « Le démon est un lion dévorant » pour le dimanche qui suit le 7 août, et il se surpassait en commentant ce texte tant à cause de la nature horrifique du sujet que par le spectacle terrifiant qu’il offrait en chaire. »

Extrait de : R.-L. Stevenson. « Janet la revenante. »

Le secret de l’échafaud par A. de Villiers de L’Isle-Adam

Fiche de Le secret de l’échafaud

Titre : Le secret de l’échafaud
Auteur : Auguste de Villiers de L’Isle-Adam
Date de parution : 1883
Editeur : Atramenta

Sommaire de Le secret de l’échafaud

  • L’amour suprême
  • Sagacité d’Aspasie
  • Le secret de l’échafaud
  • L’instant de Dieu
  • Une profession nouvelle
  • L’agence du chandelier d’or
  • La légende de l’éléphant blanc
  • Catalina
  • Les expériences du Dr Crookes
  • Le droit du passé
  • Le Tzar et les grands ducs
  • L’aventure de Tsë-i-la
  • Akëdysseril

Première page de Le secret de l’échafaud

« A. M. Edmond de Goncourt.

Les exécutions récentes me remettent en mémoire l’extraordinaire histoire que voici :

— Ce soir-là, 5 juin 1864, sur les sept heures, le docteur Edmond-Désiré Couty de la Pommerais, récemment transféré de la Conciergerie à la Roquette, était assis, revêtu de la camisole de force, dans la cellule des condamnés à mort.

Taciturne, il s’accoudait au dossier de sa chaise, les yeux fixes. Sur la table, une chandelle éclairait la pâleur de sa face froide. A deux pas, un gardien, debout, adossé au mur, l’observait, bras croisés.

Presque toujours les détenus sont contraints à un labeur quotidien sur le salaire duquel l’administration prélève d’abord, en cas de décès, le prix de leur linceul, qu’elle ne fournit pas. — Seuls, les condamnés à mort n’ont aucune tâche à remplir.

Le prisonnier était de ceux qui ne jouent pas aux cartes : on ne lisait, dans son regard, ni peur ni espoir. »

Extrait de : A. de Villiers de L’Isle-Adam. « Le secret de l’échaufaud. »