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Le pays du fou rire par Jonathan Carroll

Fiche de Le pays du fou rire

Titre : Le pays du fou rire
Auteur : Jonathan Carroll
Date de parution : 1980
Traduction : I. Tate
Editeur : J’ai lu

Première page de Le pays du fou rire

« — Écoute, Thomas, je ne suis pas la première à te le demander, je m’en doute, mais c’est plus fort que moi… c’était comment, d’être le fils de…
— Le fils de Stephen Abbey ?
Ah, l’éternelle question. À ma mère, l’autre jour, je déclarai que mon nom véritable n’était pas Thomas Abbey, pas du tout ; plutôt Stephen Abbey Junior. Je poussai un soupir et reléguai vers la périphérie de mon assiette un reliquat de tartelette à la frangipane.
— Difficile à dire, murmurai-je. J’ai le souvenir d’un homme chaleureux, débordant d’affection. Cela venait peut-être de ce qu’il était défoncé, la plupart du temps.
Une petite lueur s’alluma dans son œil. Ça cliquetait sous les sinus, clic-clac, je pouvais presque entendre les rouages. »

Extrait de : J. Carroll. « Le pays du fou rire. »

Le bûcher des immortels par Jonathan Carroll

Fiche de Le bûcher des immortels

Titre : Le bûcher des immortels
Auteur : Jonathan Carroll
Date de parution : 1999
Traduction : H. Collon
Editeur : Flammarion

Première page de Le bûcher des immortels

« En fin de compte, on n’a jamais qu’une seule histoire à raconter. Pourtant, alors qu’on l’a vécue, cette histoire, on n’a ni le courage, ni l’art de la coucher par écrit.

Si j’ai vécu jusqu’ici, si je suis enfin à même d’évoquer ma vie, ce n’est pas pour en donner une version mensongère. À quoi bon, d’ailleurs ? Je n’ai plus personne à épater. Toutes les personnes qui m’ont aimée ou haïe ont disparu, ou bien il ne leur reste que la force de respirer. Sauf une.

Les souvenirs, c’est tout ce qui me reste. Je suis une vieille dame à la tête pleine de réminiscences fragiles comme des coquilles d’œuf. Ce qui ne les empêche pas de demeurer véhémentes, exigeantes. « Souviens-toi de moi ! » clament-elles. Quand ce n’est pas : « Rappelle-toi le chien qui parlait. » Et moi : « Je veux la vérité, souvenirs ! Vous êtes sûrs de ce que vous avancez ? Ou bien récrivez-vous l’histoire pour me réconforter ? »

Il est facile de présenter son meilleur profil au miroir de l’histoire. Seulement l’histoire, elle, elle s’en moque. Je l’ai appris à mes dépens. »

Extrait de : J. Carroll. « Le bûcher des Immortels. »

Le baiser aux abeilles par Jonathan Carroll

Fiche de Le baiser aux abeilles

Titre : Le baiser aux abeilles
Auteur : Jonathan Carroll
Date de parution : 1998
Traduction : N. Serval
Editeur : Flammarion

Première page de Le baiser aux abeilles

« Je déteste manger seul. C’est une des raisons qui m’ont poussé à devenir célèbre. Le spectacle d’une personne mangeant seule en public a quelque chose d’à la fois pathétique et déplaisant. Mieux vaut encore rester à la maison et dîner devant la télé d’une soupe en boîte et d’une poignée de crackers que d’attendre tout seul à table qu’on vous serve un repas solitaire et mélancolique.

Je déjeunais avec mon agent, Patricia Chase, quand j’ai fait cette réflexion. Patricia est une grande et belle femme avec des couilles en titane. Elle m’a regardé avec une expression qui m’est devenue familière depuis vingt ans que je la connais, un mélange tout à fait unique d’amusement, d’agacement et de réprobation.

« Où vas-tu chercher des idées pareilles, Sam ? Mais je ne connais rien de plus merveilleux que d’être seule à table ! »

Extrait de : J. Carroll. « Le baiser aux abeilles. »

L’aube du huitième jour par Jonathan Carroll

Fiche de L’aube du huitième jour

Titre : L’aube du huitième jour
Auteur : Jonathan Carroll
Date de parution : 2001
Traduction : N. Serval
Editeur : Flammarion

Première page de L’aube du huitième jour

« Ne jamais acheter de vêtements jaunes ni de cuir bon marché : tel est mon credo – un parmi d’autres. Vous savez ce qui me plaît le plus ? C’est de voir des gens se tuer. Ne vous méprenez pas ; je ne parle pas ici des pauvres cloches qui se jettent par la fenêtre ou fourrent leur tête d’abruti dans un sac plastique. Je ne parle pas non plus des tournois de « Mortal Kombat », où une bande de molosses enragés et coiffés en brosse n’arrêtent pas de se sauter à la gorge. Imaginez plutôt un type au visage plombé qui allumerait une Camel en pleine rue et vous recracherait ses poumons à la première bouffée… Bien fait pour toi, mon vieux ! Vive la nicotine, l’acharnement et l’auto-complaisance.

« Eh ! Jimmy, remets-nous ça », braille Sa Majesté Cholestérol, assis au bout du comptoir. Il a le nez rouge comme une pivoine et une tension assez élevée pour l’expédier chez Pluton avec toute sa lignée. Satisfaction, masse, texture… Une crise cardiaque le terrassera en quelques secondes. »

Extrait de : J. Carroll. « L’aube du huitième jour. »

Collection d’Automne par Jonathan Carroll

Fiche de Collection d’Automne

Titre : Collection d’Automne
Auteur : Jonathan Carroll
Date de parution : 1995
Traduction : H. Collon
Editeur : Pocket

Sommaire de Collection d’Automne

  • Ménage en grand
  • Collection d’automne
  • Copains comme chiens
  • La tristesse du détail
  • Signe de vie
  • Salle Jane Fonda
  • Mon Zoondel
  • Apprendre à s’en aller
  • La main-panique
  • La gueule de l’ours
  • L’examen de passage
  • L’ange las
  • L’amour des morts
  • Florian
  • La vie de mon crime
  • Une roue dans le désert, des balançoires au clair de lune
  • Coup de foudre

Première page de Ménage en grand

« Bon, présentons les choses ainsi : si elle s’était appelée Codruta, Glenyus ou Heulwen, tout aurait été plus facile. Avec un nom exotique venu droit des monts Oural ou des contrées druidiques, ces pays où
l’étrange est monnaie courante. Mais non, elle s’appelait Beenie. Beenie Rushforth.

Et ça, ça fait vraiment quinquagénaire de province qui golfe au country club du coin. En tout cas pour moi. Ça fait bonne femme qui parle trop fort, a le cuir trop tanné et se sert trop de bourbon dès onze heures du matin. Genre : Beenie Rushforth, Wellesley, promotion de 1965.

Rien que de très banal aussi dans la façon dont elle a débarqué un jour. Notre dernière femme de ménage avait décidé d’épouser son petit ami et de partir pour Chicago. »

Extrait de : J. Carroll. « Collection d’automne. »

Jonathan Carroll

Présentation de Jonathan Carroll :

Jonathan Carroll, né le 26 janvier 1949 à New York, est un écrivain américain de renom, célèbre pour ses romans de fiction fantastique, qui mêlent habilement le réel et l’imaginaire. Son écriture unique est caractérisée par une exploration audacieuse des mystères de l’existence humaine.

Carroll a obtenu un diplôme en littérature américaine à l’Université Rutgers avant de travailler dans le domaine de l’enseignement. Sa carrière d’écrivain a débuté dans les années 1980 avec la publication de son premier roman, « The Land of Laughs » (Le Pays des merveilles, 1980), qui a immédiatement attiré l’attention des amateurs de littérature fantastique.

Ses œuvres se démarquent par leur mélange de réalisme contemporain, de surnaturel et de philosophie. Il explore des thèmes tels que la mort, la destinée, l’amour et l’identité à travers des intrigues captivantes peuplées de personnages complexes.

Parmi ses romans les plus célèbres figurent « Bones of the Moon » (Les Os de la lune, 1987) et « The Wooden Sea » (La Mer de bois, 2001), qui ont été acclamés par la critique pour leur originalité et leur profondeur.

Jonathan Carroll est également reconnu pour sa maîtrise de la langue et sa capacité à créer des mondes oniriques qui défient les conventions du genre fantastique. Son héritage dans le monde de la littérature fantastique est indéniable, et ses œuvres continuent de fasciner les lecteurs en explorant les mystères de l’existence humaine d’une manière à la fois envoûtante et révélatrice.

Livres de Jonathan Carroll :

Collection d’automne (1995)
L’aube du huitième jour (2001)
Le baiser aux abeilles (1998)
Le bûcher des immortels (1999)
Le pays du fou rire (1980)
Ombres complices (1983)
Os de lune (1987)

Pour en savoir plus sur Jonathan Carroll :

La page Wikipédia de J. Carroll
La page Noosfere de J. Carroll
La page isfdb de J. Carroll