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Lucie Delarue-Mardrus

Présentation de Lucie Delarue-Mardrus :

Lucie Delarue-Mardrus est née le 3 novembre 1874 à Honfleur et rappelée à Dieu le 26 avril 1945.
Figure incontournable de la Belle Époque, poétesse, romancière et sculptrice, elle s’est d’abord rendue célèbre tant par son talent poétique que par son mariage tapageur avec le docteur Joseph-Charles Mardrus, l’illustre traducteur des « Mille et Une Nuits ». Mais si les gazettes littéraires retiennent souvent d’elle ses écrits régionalistes ou ses amours sulfureuses, il convient de souligner sa contribution remarquable, quoique trop souvent ignorée, à la littérature de l’imaginaire et du fantastique.

En effet, Lucie Delarue-Mardrus s’est révélée être une authentique orfèvre du conte étrange et visionnaire. Entre 1906 et 1914, elle livra aux colonnes du quotidien Le Journal des centaines de contes de presse, parmi lesquels de véritables joyaux de l’onirisme et du surnaturel. Ces récits fantastiques ont été fort heureusement rassemblés bien plus tard dans d’imposants recueils tels que « L’Invitation à la mort et autres contes chimériques » ou encore « Le Fantôme dans la rose et autres contes visionnaires ».

Dans ces œuvres délicieusement fantasmagoriques, la romancière renoue avec la pure essence du merveilleux et de l’insolite. Loin de s’enfermer dans le strict naturalisme en vogue chez bon nombre de ses confrères de l’époque, elle laisse son imagination s’envoler vers des rivages ténébreux, poétiques et souvent macabres. Qu’elle dépeigne des spectres mélancoliques, des pactes funestes ou des enchantements mortifères, elle manie les ressorts du conte cruel et fantastique avec une dextérité qui la place dans la noble lignée d’un Villiers de L’Isle-Adam ou d’un Edgar Allan Poe.

Il sied également de mentionner la modernité troublante de son roman de 1930, « L’Ange et les Pervers ». Bien qu’il s’agisse davantage d’une fable sur l’identité que d’une œuvre de pure science-fiction, la figure de son protagoniste intersexe évoluant aux frontières du genre témoigne d’un goût prononcé pour l’altération du réel et la spéculation intime.

Ainsi, l’imaginaire chimérique fut, pour Lucie Delarue-Mardrus, bien plus qu’un simple divertissement littéraire ; il constitua le subtil prolongement de son âme rebelle et poétique, refusant les entraves d’un monde trop prosaïque.

Livres de Lucie Delarue-Mardrus :

Amanit

Pour en savoir plus sur Lucie Delarue-Mardrus :

La page Wikipédia sur L. Delarue-Mardrus
La page Noosfere sur L. Delarue-Mardrus
La page isfdb de L. Delarue-Mardrus