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Contes de Noël par Charles Dickens

Fiche de Contes de Noël
Titre : Contes de Noël
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1857
Traduction : M. Sibon, F. Ledoux
Editeur : Gallimard
Sommaire de Contes de Noël :
- Un chant de Noël
- Le carillon
- Le grillon du foyer
- La bataille de la vie
- L’homme hanté et le marché du fantôme
Première page de Un chant de Noël
« Il faut dire, avant tout, que Marley était mort. Là-dessus, pas de doute possible. Le registre mortuaire avait été signé par le pasteur, son clerc, l’entrepreneur des pompes funèbres et le principal deuilleur. Scrooge l’avait signé. Et le nom de Scrooge était une garantie en Bourse, quel que fût le papier qu’il lui plaisait d’endosser.
Le vieux Marley était aussi mort qu’un clou de porte.
Attention ! Je ne veux pas insinuer par là que je sache, d’après ma propre expérience, ce qu’il y a de particulièrement mort dans un clou de porte. J’aurais été tenté, quant à moi, de considérer un clou de cercueil comme le morceau de ferraille le plus mort qui soit sur le marché. Mais la sagesse de nos ancêtres réside en cette image et mes mains profanes n’iront pas l’y troubler, ou c’en est fait de ce pays. Permettez-moi donc de répéter, avec emphase, que Marley était aussi mort qu’un clou de porte. »
Extrait de : C. Dickens. « Contes de Noël (édition enrichie). »
Bleak House par Charles Dickens

Fiche de Bleak House
Titre : Bleak House
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1853
Traduction : S. Monod
Editeur : Gallimard
Première page de Bleak House
« Un juge en Chancellerie a eu la bonté de m’informer, un jour où j’étais membre d’une compagnie de quelque cent cinquante hommes et femmes qui n’étaient nullement suspects d’aliénation mentale, que la Cour de la Chancellerie, bien qu’elle ait été l’objet évident de maints préjugés populaires (et à cet instant j’eus l’impression que l’œil du juge louchait de mon côté), était presque immaculée. Il y avait eu, reconnut-il, une ou deux insignifiantes imperfections dans son rythme de travail, mais on les avait fort exagérées et elles avaient été dues entièrement à la « parcimonie du public » ; ce coupable public, nous apprit-il, s’était montré jusqu’à une date récente résolu de la façon la plus implacable à n’augmenter sous aucun prétexte le nombre des juges en Chancellerie fixé par… je crois que c’était par Richard II, mais tout autre roi fera aussi bien l’affaire.
Cette plaisanterie me parut trop admirable pour être insérée dans le cours de mon livre, sans quoi je l’eusse rendue à Kenge le Causeur ou à M. Vholes, car je crois que l’un ou l’autre de ces messieurs doit en être l’inventeur. Sur leurs lèvres j’aurais pu y associer une citation appropriée de l’un des sonnets de Shakespeare :
Soumise est ma nature
Au travail qu’elle accomplit, comme la main du teinturier :
Prenez-moi donc en pitié, et me souhaitez d’être renouvelé ! »
Extrait de : C Dickens. « Bleak House. »
Barnabé Rudge (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge
Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Barnabé Rudge
« Le lendemain matin, le serrurier resta en proie aux mêmes incertitudes, et le surlendemain, et plusieurs jours de suite encore. Souvent, après la chute du jour, il entrait dans la rue et tournait ses regards vers la maison qu’il connaissait si bien ; et il était sûr d’y voir la lumière solitaire briller encore à travers les fentes du volet de la fenêtre, quand tout paraissait au dedans muet, immobile, triste comme un tombeau. Comme il ne voulait pas risquer de perdre la faveur de M. Haredale en désobéissant à ses injonctions précises, il ne s’aventurait jamais à frapper à la porte ou à trahir sa présence ; mais, chaque fois que l’attrait d’un vif intérêt et d’une curiosité non satisfaite le poussait à venir voir de ce côté, et Dieu sait s’il y venait souvent, la lumière était toujours là.
Quand il aurait su ce qui se passait au dedans, il n’en aurait guère été plus avancé ; ce n’est pas là ce qui lui aurait donné la clef de ces veilles mystérieuses. A la brune, M. Haredale se renfermait chez lui, et au point du jour il sortait. Il ne manquait jamais une seule nuit le même manège. Il entrait et sortait toujours tout seul, sans varier le moins du monde ses habitudes. »
Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome II. »
Barnabé Rudge (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de Barnabé Rudge
Titre : Barnabé Rudge
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1841
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Barnabé Rudge
« De l’histoire ! Dieu vous bénisse ; je n’en ai aucune à dire, monsieur.
Voici de longues années… permettez-moi de ne pas en avouer le nombre… que m’arriva la bonne nouvelle de ma promotion comme enseigne dans le 4e d’infanterie de Sa Majesté. Mon nom, qui si longtemps avait figuré sur les états du Duc, avec ces mots en marge : « Question épineuse, » allait enfin se trouver inscrit sur le registre mensuel des promotions et des appointements. Depuis ce jour, j’ai traversé toutes les vicissitudes de la guerre et de la paix. Le camp et le bivouac, l’insouciante gaieté de la mess-table[1], la désolante solitude d’une prison française, les émotions violentes du service de campagne, l’existence monotone de garnison, m’ont également apporté leur part de plaisirs et d’épreuves. Une carrière de ce genre, quand la nature vous a donné un tempérament toujours prêt à vous mettre à l’unisson de ceux qui vous entourent, ne saurait manquer d’avoir sa bonne provision d’aventures. Telle a été la mienne ; et, sans prétendre à autre chose qu’à retracer quelques-unes des scènes dans lesquelles j’ai joué un rôle, et qu’à rappeler le souvenir de leurs autres acteurs… hélas ! dont quelques-uns ne sont plus aujourd’hui… j’ai livré ces pages aux hasards de la publicité. »
Extrait de : C. Dickens. « Barnabé Rudge – Tome I. »
Aventures de Monsieur Pickwick (partie 2) par Charles Dickens

Fiche de Aventures de Monsieur Pickwick
Titre : Aventures de Monsieur Pickwick
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1837
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Aventures de Monsieur Pickwick
« Eh bien ! Sam, il gèle toujours ? » dit M. Pickwick à son domestique favori, comme celui-ci entrait dans sa chambre le matin du jour de Noël, pour lui apprêter l’eau chaude nécessaire.
« L’eau du pot à eau n’est plus qu’un masque de glace, monsieur.
– Une rude saison, Sam !
– Beau temps pour ceux qui sont bien vêtus, monsieur, comme disait l’ours blanc en s’exerçant à patiner.
– Je descendrai dans un quart d’heure, Sam, reprit M. Pickwick, en dénouant son bonnet de nuit.
– Très-bien, monsieur, vous trouverez en bas une couple de carabins.
– Une couple de quoi ? s’écria M. Pickwick en s’asseyant sur son lit.
– Une couple de carabins, monsieur.
– Qu’est-ce que c’est qu’un carabin ? demanda M. Pickwick, incertain si c’était un animal vivant ou quelque comestible. »
Extrait de : C. Dickens. « Aventures de Monsieur Pickwick – Tome II. »
Aventures de Monsieur Pickwick (partie 1) par Charles Dickens

Fiche de Aventures de Monsieur Pickwick
Titre : Aventures de Monsieur Pickwick
Auteur : Charles Dickens
Date de parution : 1837
Traduction :
Editeur : Bibebook
Première page de Aventures de Monsieur Pickwick
« Le premier jet de lumière qui convertit en une clarté brillante les ténèbres dont paraissait enveloppée l’apparition de l’immortel Pickwick sur l’horizon du monde savant, la première mention officielle de cet homme prodigieux, se trouve dans les statuts insérés parmi les procès-verbaux du Pickwick-Club. L’éditeur du présent ouvrage est heureux de pouvoir les mettre sous les yeux de ses lecteurs, comme une preuve de l’attention scrupuleuse, de l’infatigable assiduité, de la sagacité investigatrice, avec lesquelles il a conduit ses recherches, au sein des nombreux documents confiés à ses soins.
« Séance du 12 mai 1831, présidée par Joseph Smiggers, Esq. V.P.P.M.P.C. a été arrêté ce qu’il suit à l’unanimité.
« L’ASSOCIATION a entendu lire avec un sentiment de satisfaction sans mélange et avec une approbation absolue, les papiers communiqués par Samuël Pickwick, Esq. P.P.M.P.C., et intitulés Recherches sur les sources des étangs de Hampstead, suivies de quelques observations sur la théorie des têtards. »
Extrait de : C. Dickens. « Aventures de Monsieur Pickwick – Tome I. »
Charles Dickens

Présentation de Charles Dickens :
Charles Dickens est né à Landport en 1812 et rappelé à Dieu en 1870.
S’il est de bon ton de célébrer avant tout en Charles Dickens le peintre réaliste des bas-fonds londoniens, le pourfendeur des asiles indigents et le créateur de figures inoubliables telles qu’Oliver Twist ou David Copperfield, il serait fort fâcheux de réduire son génie à la seule chronique sociale. Car le maître de l’époque victorienne nourrissait, en vérité, une passion dévorante pour le macabre, le surnaturel et les fantasmagories de l’esprit, s’imposant comme un authentique pionnier de la littérature de l’imaginaire.
Le sommet de cette veine fantastique est indubitablement atteint avec son célébrissime « Un chant de Noël » (A Christmas Carol), publié en 1843. Sous couvert d’une fable morale, Charles Dickens y convoque tout un arsenal merveilleux et spectral. L’usurier Ebenezer Scrooge y est tourmenté par le spectre chargé de chaînes de son ancien associé Jacob Marley, puis par les trois fantômes des Noëls passé, présent et à venir. Par ce récit, l’auteur a su redonner ses lettres de noblesse au conte de revenants, fusionnant avec une maestria étourdissante le merveilleux gothique et la parabole humaniste.
Mais l’exploration des lisières de l’au-delà ne s’arrête point à ce seul joyau. Charles Dickens, en tant que directeur d’illustres revues littéraires comme Household Words, n’eut de cesse d’y publier et d’y écrire des récits proprement terrifiants. Comment ne pas frissonner à la lecture de « L’Aiguilleur » (The Signal-Man, 1866) ? Dans cette nouvelle d’une noirceur insondable, l’écrivain met en scène un employé des chemins de fer hanté par des apparitions spectrales annonciatrices de tragédies sanglantes. C’est là un chef-d’œuvre absolu de l’épouvante psychologique, qui préfigure les frissons de la littérature d’angoisse moderne.
L’on retrouve par ailleurs cette inclination pour le macabre et le mystère jusque dans les interstices de ses grandes fresques. Dès son premier roman, « Les Aventures de Monsieur Pickwick », il insérait déjà de savoureux contes de gobelins. Plus tard, les brouillards spectraux de « La Maison d’Âpre-Vent » (Bleak House) ou l’atmosphère délicieusement oppressante et irrésolue de son roman inachevé, « Le Mystère d’Edwin Drood », témoignent d’une esthétique résolument tournée vers le fantastique et les ombres de l’inconscient.
En somme, Charles Dickens ne s’est pas contenté de dépeindre le monde matériel de la révolution industrielle ; il a également su, avec un talent sans pareil, ouvrir les portes de l’invisible et donner corps aux terreurs nocturnes de ses contemporains.
Livres de Charles Dickens :
Intégrales :
- Oeuvres (2012)
Aventures de Monsieur Pickwick 1 (1837)
Aventures de Monsieur Pickwick 2 (1837)
Barnabé Rudge 1 (1841)
Barnabé Rudge 2 (1841)
Bleak house (1853)
Contes de Noël (1857)
David Copperfield (1850)
Histoires de fantômes (2016)
L’abîme (1867)
L’ami commun 1 (1865)
L’ami commun 2 (1865)
L’embranchement de Mugby (1879)
La maison hantée (1892)
La terre de Tom Tiddler (1890)
Le grillon du foyer (1845)
Le magasin d’antiquités (1841)
Le signaleur (1886)
Les conteurs à la ronde (1854)
Les grandes espérances (1861)
Les temps difficiles (1854)
Oliver Twist (1878)
Paris et Londres en 1793 (1859)
Vie et aventures de Martin Chuzzlewit 1 (1844)
Vie et aventures de Martin Chuzzlewit 2 (1844)
Vie et aventures de Nicolas Nickleby (1838)
Pour en savoir plus sur Charles Dickens :
La page Wikipédia sur C. Dickens
La page Noosfere sur C. Dickens
La page isfdb de C. Dickens