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La légende des sexes par Edmond Haraucourt

Fiche de La légende des sexes
Titre : La légende des sexes : poëmes hystériques
Auteur : Edmond Haraucourt
Date de parution : 1882
Editeur :
Première page de La légende des sexes
« L’HYMNE DES NOYÉS
La Seine se déploie en frémissements vagues
Où le reflet du gaz agite un rouge éclair,
Tandis qu’un courant fuit dans la fuite des vagues,
Plus opaque et pourtant plus clair;
Il glisse, lourd comme une lave,
Sur le flanc des piliers qu’il lave,
Et voici qu’un hymne humble et grave
Monte dans l’air.
«Nous sommes les noyés des grandes nuits lascives,
Les doux inachevés, les chauds et courts destins ;
Nous sommes le flot blanc des races convulsives
Qui jaillit des soirs aux matins :
Nous ruisselons comme des fleuves,
Fils de nonnes et fils de veuves,
Fils de vierges prudemment neuves,
Fils de catins. »
Extrait de : E. Haraucourt. « La Légende des sexes: Poëmes hystériques. »
Amis par Edmond Haraucourt

Fiche de Amis
Titre : Amis
Auteur : Edmond Haraucourt
Date de parution : 1887
Editeur : G. Charpentier & Cie
Première page de Amis
« Il y a des jours où un homme d’esprit discuterait pendant une heure sur la peine de mort.
Georges Desreynes était dans ses phases d’éloquence ; mais pas un sot à qui parler ! Ce messie arriva.
—Vous dérange ? Tant pis : j’entre. C’est pressé.
Le jeune Parisien, alors penché vers la table, se retourna ; puis, mettant sur sa face un sourire de
supériorité bienveillante, il tendit la main au visiteur.
—Eh ! qu’avez-vous donc, cher ami ?
—Bonjour ! Votre domestique m’a dit que monsieur achevait ses malles. Trahison ! M’abandonnez !
Le clubiste se jeta sur un fauteuil, croisa ses jambes et se mit à taper, du bout de la canne, la pointe aiguë de ses bottines vernies.
Desreynes était revenu vers la table; et, toujours debout, le dos tourné, il continuait à remuer des
lettres amoncelées autour du large encrier de bronze. »
Extrait de : E. Haraucourt. « Amis. »
Daâh le premier homme par Edmond Haraucourt

Fiche de Daâh le premier homme
Titre : Daâh le premier homme
Auteur : Edmond Haraucourt
Date de parution : 1914
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Daâh le premier homme
« Au sommet de la falaise crayeuse, les branches du hallier s’écartèrent : une face brutale et recuite se fit jour entre les feuilles, puis, la chair d’une épaule, d’un bras, d’un buste, et la femme qui rampait se redressa, nue et velue.
C’était une femelle trapue, petite, au torse massif, aux membres durs ; tout en elle était large et court, excepté le bassin : une hauteur d’adolescente et une ampleur de portefaix, des jambes brèves, des genoux bas, des pieds aplatis, des mains épaisses et des doigts en spatules : ses muscles noueux comme le chêne s’accrochaient à une ossature de roc, et son ventre proéminait ; sur le fond rougeâtre de sa peau, une toison flexueuse dessinait un décor symétrique, dont la pointe s’effilait sur le sternum et qui descendait en deux courbes depuis la gorge jusqu’aux plis de l’aine, tandis que, par derrière, deux autres volutes partaient des aisselles, pour rejoindre l’épine dorsale et glisser vers les reins, où elles s’éployaient en éventail. »
Extrait de : E. Haraucourt. « Daâh, le premier homme. »
Edmond Haraucourt

Présentation de Edmond Haraucourt :
Edmond Haraucourt (1856-1941) est un poète, romancier et dramaturge français connu pour son style romantique tardif et ses thèmes exotiques. Il est surtout célèbre pour son roman préhistorique, Daâh le premier homme (1914).
Jeunesse et débuts littéraires
Né à Bourmont en Haute-Marne, Edmond Haraucourt étudie au lycée Saint-Clement à Metz, puis à Paris. Il commence sa carrière littéraire par la poésie, publiant son premier recueil, La Légende des sexes, en 1882 sous le pseudonyme de « Le Sire de l’Amour ». L’œuvre, érotique et audacieuse, est censurée et condamnée pour outrage aux bonnes mœurs, ce qui contribue à sa notoriété. Il continue d’explorer des thèmes mythologiques et exotiques dans ses œuvres suivantes, comme L’âme nue (1885) et Seul (1891).
Œuvre principale : Daâh le premier homme
Haraucourt se diversifie en tant que romancier et dramaturge. Il écrit des pièces de théâtre, dont Shylock (1889) et des romans. Cependant, son œuvre la plus marquante est Daâh le premier homme, un roman d’anticipation et d’aventure qui imagine la vie d’un homme des cavernes. Le livre, publié initialement en 1914, est un succès et sera réédité à plusieurs reprises. Il est considéré comme un des premiers romans de fiction préhistorique.
Autres contributions et fin de vie
En plus de ses écrits, Haraucourt est conservateur du musée du Trocadéro (aujourd’hui le musée de l’Homme) de 1891 à 1928, une fonction qui nourrit son intérêt pour l’ethnographie et l’histoire. Il mène plusieurs missions archéologiques et participe à l’Exposition universelle de 1900. Il est élu membre de l’Académie Goncourt en 1895. Il passe les dernières années de sa vie dans sa maison de Saint-Cloud, surnommée « Le Manoir des Muses, » où il décède en 1941. Ses œuvres sont un pont entre le romantisme et les mouvements littéraires du XXe siècle, caractérisées par un lyrisme puissant et une fascination pour les origines de l’humanité et les cultures lointaines.
Livres de Edmond Haraucourt :
Amis (1887)
Daâh le premier homme (1914)
La légende des sexes (1882)
Pour en savoir plus sur Edmond Haraucourt :
La page Wikipédia sur E. Haraucourt
La page Noosfere sur E. Haraucourt
La page isfdb de E. Haraucourt