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Unlocking the air par Ursula Le Guin
Fiche d’Unlocking the air
Titre : Unlocking the air
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1996
Traduction : E. Devos, H. Hémon
Editeur : ActuSF
Sommaire d’Unlocking the air
- Quatre heures et demie
- Les maisons du professeur
- Ruby sur la 67
- Limberlost
- Créatures de mon esprit
- Tenir ses positions
- Les cuillères de la cave
- Dimanche d’été à Seatown
- Saison sèche
- Ether, ou
- La clef des airs
- Une épouse enfant
- Grimper jusqu’à la lune
- La grande fille à son papa
- Anciens
- La femme sage
- Le braconnier
Première page de Quatre heures et demie
« UNE NOUVELLE VIE
Stephen rougit. C’était un homme au teint clair, aux cheveux de plus en plus rares au sommet du crâne et qui arborait désormais des joues rose vif. Il enlaça Ann d’un bras tandis qu’elle lui embrassait la joue.
« Je suis heureux de te voir, ma chérie, dit-il en s’écartant, regardant derrière elle avec un sourire un peu désespéré. Ella est sortie il n’y a même pas dix minutes. Elle devait apporter des papiers chez Bill Hoby. Ne t’en va pas avant son retour, elle serait triste de ne pas t’avoir vue.
— Bien sûr, répondit Ann. Ma mère va bien, elle a eu la grippe, mais elle n’a pas été aussi durement touchée que d’autres. Et ici, ça va ?
— Oh, oui ! Tu veux du café ? Du cola ? Entre donc. »
Il s’écarta pour la laisser passer, puis la suivit au travers du salon rempli de meubles pâles jusqu’à la cuisine où des stores vénitiens en métal jaune décomposaient les rayons du soleil et les guidaient vers le comptoir. »
Extrait de : U. Le Guin. « Unlocking The Air. »
Les voltigeurs de Gy par Ursula Le Guin
Fiche de Les voltigeurs de Gy
Titre : Les voltigeurs de Gy
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2021
Traduction : P.-P. Durastanti, A.-J. Descombey, M. Demuth
Editeur : ActuSF
Sommaire de Les voltigeurs de Gy
- Les voltigeurs de Gy
- Première rencontre avec les Gorgonides
- Le sommeil de Newton
- L’ascension de la face nord
- La première pierre
- Le Kerastion
- La construction
Première page de Les voltigeurs de Gy
« Les gens de Gy ressemblent beaucoup à ceux de notre plan, à ceci près qu’ils ont des plumes au lieu de poils. Le duvet presque invisible des nourrissons devient la douce brosse beige tachetée des enfants ; puis, à l’adolescence, surgit la coiffe de plumes. Les hommes arborent en général une collerette sur la nuque, de plus petites plumes sur la tête, et de grandes crêtes érectiles. Leur ramage est brun ou noir, rayé et ponctué de bronze, de rouge, de vert ou de bleu. Les plumes des femmes tombent en cascade le long de leur dos, jusqu’à effleurer le sol en longues traînes diaphanes et bouclées, telles des queues d’autruche aux vives couleurs – pourpre, écarlate, coralline, turquoise et or. Les Gyr, mâles comme femelles, ont du duvet sur la région pubienne et les aisselles, ainsi souvent qu’un plumage court et fin sur tout le corps. Les plus chamarrés d’entre eux constituent un régal pour les yeux quand ils vont nus, mais font aussi le délice des poux et des lentes.
La mue est un processus continu, et non pas saisonnier. Peu à peu, les plumes tombées cessent de repousser avec l’âge, si bien que la pelade affecte beaucoup d’hommes et de femmes passé quarante »
Extrait de : U. Le Guin. « Les voltigeurs de Gy. »
Terremer – l’intégrale par Ursula Le Guin
Fiche de Terremer – l’intégrale
Titre : Terremer – l’intégrale
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2018
Traduction : J. Bailhache, I. Delord-Philippe, P.-P. Durastanti, P. Dusoulier, S. Guillot, P. R. Hupp, F. Maillet
Editeur : Le livre de poche
Sommaire de Terremer – l’intégrale
- Le sorcier de Terremer
- Les tombeaux d’Atuan
- L’ultime rivage
- Tehanu
- Contes de Terremer
- Le vent d’ailleurs
- Description de Terremer
- Le mot de déliement
- La règle des noms
- La fille d’Odren
- Au coin du feu
- Terremer revisité
Première page de Le sorcier de Terremer
« Les guerriers dans la brume
L’île de Gont, formée d’une seule montagne qui se dresse à cinq mille pieds au-dessus des flots tumultueux de la mer du Nord-Est, est une terre renommée pour ses magiciens. Bien des hommes de Gont ont quitté les bourgades de ses hautes vallées, et les ports de ses sombres baies encaissées, pour s’en aller servir les Seigneurs de l’Archipel dans leurs cités, comme sorciers ou comme mages ; d’autres, préférant l’aventure, sont partis voguer d’île en île, pratiquant leur magie d’un bout à l’autre de Terremer.
Certains disent que parmi eux, le plus grand, et sans nul doute le plus intrépide voyageur, fut celui qu’on appelait Épervier, et qui fut en son temps à la fois Seigneur des Dragons et Archimage. Sa vie est contée dans la Geste de Ged et dans bien des chansons, mais ceci est une histoire d’avant sa renommée, avant que les chansons n’aient été écrites. »
Extrait de : U. Le Guin. « Cycle de Terremer – Terremer – l’intégrale. »
Loin, très loin de tout par Ursula Le Guin
Fiche de Loin, très loin de tout
Titre : Loin, très loin de tout
Auteur : Ursula Le Guin
Date de publication : 1976
Traduction : M. Laroche
Editeur : BabelJ
Première page de Loin, très loin de tout
« Si vous attendez de moi que je vous raconte comment j’ai gagné mon insigne de basket-ball et acquis célébrité, amour et fortune, alors ne lisez pas cette histoire. J’ai acquis quelque chose, c’est sûr, au cours des six mois dont je vais vous parler. Mais quoi ? Je n’en sais rien. Je pense que je n’aurai peut-être pas assez de toute ma vie pour le découvrir.
Je n’ai jamais gagné le moindre insigne dans aucun domaine. Lorsque j’étais gamin, j’aimais vraiment jouer au foot, surtout à cause de la part de stratégie, mais comme j’étais petit pour mon âge, j’étais toujours un peu lent et pourtant j’avais une bonne tactique de repli. Plus tard, au lycée, le sport est devenu toute une organisation : tests de recrutement, formation des équipes, obligation de porter un uniforme et toutes ces sortes de règles. Et les gens en parlent à longueur de temps. Faire du sport, c’est formidable, mais en parler, c’est franchement monotone. De toute façon, le sport n’est pas le sujet essentiel de ce livre. »
Extrait de : U. Le Guin. « Loin, très loin de tout. »
Les quatre vents du désir par Ursula Le Guin
Fiche de Les quatre vents du désir
Titre : Les quatre vents du désir
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1967
Traduction : J. Bailhache, P. Roullé, M. Laroche
Editeur : Pocket
Première page de Les quatre vents du désir
« L’AUTEUR DES GRAINES D’ACACIA
Et quelques autres extraits du Journal de l’Association de Thérolinguistique
Manuscrit trouvé dans une fourmilière
Les messages que l’on a découverts ont été écrits avec du suc de glandes tactiles, sur des graines d’acacia dégermées, disposées en rangées au bout d’un tunnel étroit, irrégulier, qui partait de l’un des niveaux les plus profonds de la colonie. C’est la disposition régulière des graines qui a tout d’abord attiré l’attention du chercheur.
Les messages sont fragmentaires, et la traduction approximative et hautement interprétative ; mais le texte semble digne d’intérêt, ne fût-ce que pour son manque frappant de ressemblance avec tout autre texte Fourmi que nous connaissons.
Graines 1-13 »
Extrait de : U. Le Guin. « Les quatre vents du désir. »
Le livre d’or par Ursula Le Guin
Fiche de Le livre d’or
Titre : Le livre d’or de la science fiction
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1978
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Pocket
Sommaire de Le livre d’or
- Le collier de Semlé
- Avril à Paris
- La règle des noms
- Le roi de Nivôse
- Neuf vies
- Plus vaste qu’un empire
- Etoiles des profondeurs
- Champ de vision
- Le chêne et la mort
- A la veille de la révolution
- Ceux qui partent d’Omelas
Première page de Le collier de Semlé
« COMMENT discerner la légende de la réalité en des mondes dont tant d’années nous séparent ? – planètes sans nom que leurs habitants appellent le Monde, planètes sans histoire dont les mythes se nourrissent du passé, à telle enseigne qu’un explorateur revenant après quelques années d’absence s’aperçoit que ses actions antérieures sont devenues celles d’un dieu. La déraison assombrit cette brèche creusée dans le temps et annihilée par nos vaisseaux aussi rapides que la lumière, et dans les ténèbres l’incertitude et la démesure poussent comme des herbes folles.
Raconter, avec quelques années de recul, l’histoire d’un homme, d’un simple ethnologue de la Ligue découvrant un monde de cette sorte, anonyme et mal connu, c’est être comme un archéologue qui, parmi les ruines millénaires, tantôt lutte contre un enchevêtrement touffu de feuilles, de fleurs, de branchages et de vigne sauvage pour tomber sou- »
Extrait de : U. Le Guin. « Le livre d’or. »
Lavinia par Ursula Le Guin
Fiche de Lavinia
Titre : Lavinia
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2008
Traduction : M. Surgers
Editeur : L’Atalante
Première page de Lavinia
« JE SUIS ALLÉE aux salines près de l’embouchure du fleuve, au mois de mai de ma dix-neuvième année, afin de récolter du sel pour la farine sacrée. Tita et Maruna m’accompagnaient, et mon père nous avait adjoint, pour ramener le sel, un vieil esclave et un garçon qui menait un âne. Ce n’était qu’à quelques milia au nord, mais nous en avons fait une véritable excursion : le pauvre petit âne portait d’abondantes provisions, nous avons mis la journée entière à atteindre notre destination pour finir par installer notre campement sur une dune herbeuse qui dominait les plages du fleuve et de la mer. Tous les cinq, nous avons soupé autour du feu, raconté des histoires et chanté des chansons alors que le soleil se couchait dans les flots et que le bleu du crépuscule printanier s’assombrissait à vue d’œil. Puis nous avons dormi sous la brise marine.
Je me suis éveillée aux premières lueurs. Les autres dormaient profondément. Les oiseaux entamaient tout juste leur chœur d’aurore. Je me suis levée pour gagner la rive du fleuve. J’ai puisé un peu d’eau dans le creux de ma main et, avant de boire, l’ai laissée couler en offrande, prononçant le nom du fleuve, Tibre, père Tibre, et ses noms anciens, secrets, Albu, Rumon. Puis j’ai bu en savourant l’arrière-goût salé. Le ciel était assez clair pour offrir à mon regard les longues vagues raides de la barre où se rencontraient le courant et la marée montante. »
Extrait de : U. Le Guin. « Lavinia. »
La ligue de tous les mondes – l’intégrale par Ursula Le Guin
Fiche de La ligue de tous les mondes – l’intégrale
Titre : La ligue de tous les mondes – l’intégrale
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1972
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Opta
Sommaire de La ligue de tous les mondes
- Le monde de Rocannon
- Planète d’exil
- La cité des illusions
Première page de Le monde de Rocannon
« Le Collier
Comment discerner la légende de la réalité en des mondes dont tant d’années nous séparent ? – planètes sans nom que leurs habitants appellent le Monde, planètes sans histoire dont les mythes se nourrissent du passé, à telle enseigne qu’un explorateur revenant après quelques années d’absence s’aperçoit que ses actions antérieures sont devenues celles d’un dieu. La déraison assombrit cette brèche creusée dans le temps et annihilée par nos vaisseaux photiques, et dans les ténèbres l’incertitude et la démesure poussent comme des herbes folles.
Raconter, avec quelques années de recul, l’histoire d’un homme, d’un simple ethnologue de la Ligue découvrant un monde de cette sorte, anonyme et mal connu, c’est être comme un archéologue qui, parmi les ruines millénaires, tantôt lutte contre un »
Extrait de : U. Le Guin. « La Ligue de tous les mondes – l’intégrale. »
L’oeil du héron par Ursula Le Guin
Fiche de L’oeil du héron
Titre : L’oeil du héron
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1978
Traduction : I. Delord
Editeur : Presses de la cité
Première page de L’oeil du héron
« Le nez penché au-dessus de ses mains, Lev était assis jambes croisées en plein soleil, au centre d’un anneau d’arbres. Une minuscule créature se blottissait dans la coupe tiède de ses paumes. Il ne l’y retenait pas de force ; elle avait décidé ou accepté de rester là. On aurait dit un crapaud ailé miniature. Les élytres, repliés en pointe sur son dos, étaient marron clair avec des stries noires, tandis que le corps était plus foncé. Trois yeux d’or en forme de têtes d’épingle ornaient sa tête, un de chaque côté et le troisième au milieu du crâne. Cette prunelle centrale, dirigée vers le haut, épiait le moindre geste de Lev, qui finit par cligner des paupières. La créature changea aussitôt d’aspect. Des frondes roses, comme poudrées, se déroulèrent de dessous les ailes ramassées : en un instant apparut une boule de peluche, difficile à distinguer nettement, car les »
Extrait de : U. Le Guin. « L’œil du héron. »
L’effet Churten par Ursula Le Guin
Fiche de L’effet Churten
Titre : L’effet Churten
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2017
Traduction : A.-J. Descombey
Editeur : ActuSF
Sommaire de L’effet Churten
- L’histoire des Shobies
- La danse de Ganam
- Le pêcheur de la mer intérieure
Première page de L’histoire des Shobies
« Ils se rencontrèrent à Vé Port plus d’un mois avant leur premier voyage ensemble dans l’espace. Là-bas, ils prirent un nouveau nom, les Shobies, d’après celui de leur vaisseau, le Shoby. Leur première décision collective fut d’aller passer leur isyeye au bord de la mer, dans le village de Liden, sur Hain, où les ions négatifs n’auraient aucun effet.
Liden était un port de pêche de quatre cents habitants dont l’existence remontait à huit mille ans. Ses pêcheurs exploitaient les hauts-fonds poissonneux de la baie et acheminaient leurs prises vers les villes de l’intérieur, tout en dirigeant la station balnéaire qui accueillait les vacanciers, les touristes et les équipages spatiaux nouvellement constitués venus là pour leur isyeye. (Ce mot hainien signifie : « commencer quelque chose ensemble », ou « commencer à être ensemble » ou, techniquement, « l’intervalle »
Extrait de : U. Le Guin. « L’Effet Churten. »