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L’autre côté du rêve par Ursula Le Guin
Fiche de L’autre côté du rêve
Titre : L’autre côté du rêve
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1975
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’autre côté du rêve
« Confucius et toi, vous n’êtes que des rêves ; et moi qui dis que vous êtes des rêves, je suis moi-même un rêve. C’est un paradoxe. Un sage pourra l’expliquer demain, mais ce demain ne viendra pas avant dix mille générations.
Tchouang-Tseu, II.
Portée par les courants, poussée par les vagues, entraînée irrésistiblement par toute la force de l’océan, la méduse dérive dans les fonds marins. Là où parvient la lumière et où commencent les ténèbres. Portée, poussée, entraînée de nulle part vers nulle part – car, dans les profondeurs marines, il n’y a pas d’autres repères que « plus près » et « plus loin », « plus haut » et « plus bas » –, la méduse se balance, comme suspendue ; ses pulsations sont légères et rapides, perdues dans les »
Extrait de : U. Le Guin. « L’autre côté du rêve. »
Ceux qui partent d’Omelas par Ursula Le Guin

Fiche de Ceux qui partent d’Omelas
Titre : Ceux qui partent d’Omelas
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2018
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Bélial
Première page de Ceux qui partent d’Omelas
« Dans un fracas de cloches qui fit s’envoler les hirondelles, la Fête de l’Été entra dans l’éclatante cité d’Omelas, qui domine la mer de ses tours. Dans le port, les gréements des navires scintillaient de fanions. Dans les rues, entre les maisons aux toits rouges et aux murs peints, entre les vieux jardins moussus et dans les avenues bordées d’arbres, devant les grands parcs et les bâtiments publics, les processions s’avançaient. Certaines étaient solennelles : des vieillards vêtus de longues robes grises et mauves, des maîtres ouvriers au visage grave, des femmes souriantes mais calmes, qui portaient leurs enfants et bavardaient tout en marchant. Dans d’autres rues, le rythme de la musique était plus rapide, un vacarme de gongs et de tambourins ; et les gens dansaient, toute la procession n’était qu’une danse. Les enfants bondissaient de tous côtés et leurs cris aigus s’élevaient comme les vols d’hirondelles par-dessus la musique et les chants. »
Extrait de : U. Le Guin. « Ceux qui partent d’Omelas. »
Aux douze vents du monde par Ursula Le Guin
Fiche d’Aux douze vents du monde
Titre : Aux douze vents du monde
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 2018
Traduction : J. Bailhache, P.-P. Durastanti, A. Le Bussy, L. Murail, H.-L. Planchat, J. Polanis, J.-P. Pugi, C. Saunier, N. Zimmermann
Editeur : Bélial
Sommaire d’Aux douze vents du monde
- Le collier de Semlé
- Avril à Paris
- Les maîtres
- La boîte d’ombre
- Le mot de déliement
- La règle des noms
- Le roi de Nivôse
- Voyage
- Neuf existences
- Les choses
- La forêt de l’oubli
- Plus qu’un vaste empire
- Etoile des profondeurs
- Le champ de vision
- Le chêne et la mort
- Ceux qui partent d’Omelas
- A la veille de la révolution
Première page de La collier de Semlé
« Comment discerner la légende de la réalité sur des mondes dont tant d’années nous séparent ? – planètes sans nom que leurs habitants appellent le Monde, planètes sans histoire dont les mythes se nourrissent du passé, à telle enseigne qu’un explorateur revenant après quelques années d’absence s’aperçoit que ses actions antérieures sont devenues des postures divines. La déraison assombrit cette brèche creusée dans le temps et annihilée par nos vaisseaux aussi rapides que la lumière, et dans les ténèbres l’incertitude et la démesure poussent comme des herbes folles.
Raconter, avec quelques années de recul, l’histoire d’un homme, simple ethnologue de la Ligue découvrant un monde de cette sorte, anonyme et mal connu, équivaut à travailler tel l’archéologue qui, parmi les ruines millénaires, tantôt lutte contre un enchevêtrement touffu de feuilles, de fleurs, de branchages et de vigne sauvage pour tomber soudain, brillante trouvaille, sur quelque objet géométrique, roue ou pierre angulaire polie, tantôt franchit une porte ensoleillée que rien ne distingue des autres pour voir jaillir dans l’obscurité le scin- »
Extrait de : U. Le Guin. « Aux douze vents du monde. »
La cité des illusions par Ursula Le Guin
Fiche de La cité des illusions
Titre : La cité des illusions (Tome 3 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche
Première page de La cité des illusions
« Imaginez les ténèbres.
Dans ces ténèbres, celles d’espaces infinis que ne trouble pas le soleil, un esprit muet s’éveilla. Il était plongé dans le chaos, en un monde dont il ne pouvait rien déchiffrer. Il n’avait pas de langage, et il ne savait pas que les ténèbres étaient la nuit.
Lorsque la lumière se fit, une lumière dont il n’avait pas souvenance, son corps se mit en mouvement. Il rampait, courait à quatre pattes ou bien se redressait, mais sans aller nulle part. Il n’avait pas de chemin à suivre dans le monde où il se trouvait, car un chemin suppose un départ et une arrivée. Tout s’embrouillait autour de lui, et tout résistait. Dans la confusion de son être, il se sentait poussé à »
Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – La cité des illusions. »
Planète d’exil par Ursula Le Guin
Fiche de Planète d’exil
Titre : Planète d’exil (Tome 2 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche
Première page de Planète d’exil
« UNE POIGNÉE DE NUIT
AUX derniers jours de la dernière phase lunaire d’automne, le vent soufflait des terres du Nord dans les forêts mourantes d’Askatévar, un vent froid qui sentait la fumée et la neige. Frêle et vêtue de fourrures légères, tel un animal qui fuit dans l’ombre, la jeune Rolerie se glissait par les bois ; dans une tempête de feuilles mortes, elle s’éloignait des murs qui, pierre à pierre, s’élevaient sur le versant de la colline de Tévar et des champs où l’on s’affairait autour de la dernière moisson. Elle allait seule, et personne ne criait son nom derrière elle. Elle suivait une vague piste qui menait vers l’ouest, labourée de multiples »
Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – Planète d’exil. »
Le monde de Rocannon par Ursula Le Guin
Fiche de Le monde de Rocannon
Titre : Le monde de Rocannon (Tome 1 sur 3 – Ligue de tous les mondes)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1966
Traduction : J. Bailhache
Editeur : Le livre de poche
Première page de Le monde de Rocannon
« LE COLLIER
COMMENT discerner la légende de la réalité en des mondes dont tant d’années nous séparent ? – planètes sans nom que leurs habitants appellent le Monde, planètes sans histoire dont les mythes se nourrissent du passé, à telle enseigne qu’un explorateur revenant après quelques années d’absence s’aperçoit que ses actions antérieures sont devenues celles d’un dieu. La déraison assombrit cette brèche creusée dans le temps et annihilée par nos vaisseaux photiques, et dans les ténèbres l’incertitude et la démesure poussent comme des herbes folles. »
Extrait de : U. Le Guin. « Ligue de tous les mondes – Le monde de Rocannon. »
Au revoir les chats volants par Ursula Le Guin
Fiche d’Au revoir les chats volants
Titre : Au revoir les chats volants (Tome 4 sur 4 – Les chats volants)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1999
Traduction : B. Formentelli
Editeur : Gallimard
Première page d’Au revoir les chats volants
« Par une chaude après-midi d’été, les six chats de la ferme d’Overhill musardaient dans le cour de la grange, somnolant ou se racontant des histoires, bâillant après les papillons ou ronronnant au soleil.
Chaque jour, Alexandre Furby, qui vivait à la ferme, venait rendre visite aux cinq habitants de l’ancien pigeonnier de la grange : Thelma et Roger, Harriet et James, sans oublier leur petite sœur, Jane.
Ce fut elle qui se redressa la première.
– Thelma ! demanda-t-elle soudain. Pourquoi avons-nous des ailes ?
– Personne ne le sait, Jane, répondit sa sœur aînée. Notre mère n’en avait pas, Alexandre n’es a pas. La plupart des chats non plus. Il se trouve que nous en avons tous les cinq. Pourquoi ? Aucun idée !
– Moi, je sais pourquoi, déclara Jane. »
Extrait de : U. Le Guin. « Les chats volants – Au revoir les chats volants. »
Alexandre et les chats volants par Ursula Le Guin
Fiche d’Alexandre et les chats volants
Titre : Alexandre et les chats volants (Tome 3 sur 4 – Les chats volants)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1994
Traduction : B. Formentelli
Editeur : Gallimard
Première page d’Alexandre et les chats volants
« La famille Furby vivait dans le grand luxe. Ils disposaient d’une belle maison de campagne avec cheminée, lits de plume et même une chatière. La gardienne leur préparait de délicieux repas deux fois par jour et ne manquait jamais de leur jeter de petits morceaux de choix quand elle faisait la cuisine. Chaque week-end, le propriétaire arrivait dans sa petite voiture rouge et passait là une nuit ou deux. Il les câlinait, les régalait de sardines et leur apportait des souris en chiffon bourrées d’herbe-aux-chats pour s’amuser avec.
M. Furby dormait beaucoup, sans doute à cause de son embonpoint. Mme Furby, qui descendait par sa mère d’une noble lignée de chats persans, possédait une robe dorée d’une exceptionnelle beauté, aussi longue que soyeuse. Quant aux enfants Furby, »
Extrait de : U. Le Guin. « Les chats volants – Alexandre et les chats volants. »
Le retour des chats volants par Ursula Le Guin
Fiche de Le retour des chats volants
Titre : Le retour des chats volants (Tome 2 sur 4 – Les chats volants)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1989
Traduction : B. Formentelli
Editeur : Gallimard
Première page de Le retour des chats volants
« Un matin pluvieux, de très bonne heure, Henry et Susan, les enfants de la ferme d’Overhill, descendirent la colline et filèrent à la vieille grange. Tout en haut de cette grange, il y avait un ancien pigeonnier avec des trous par lesquels autrefois les pigeons entraient et sortaient. Les yeux levés sur ces trous, Susan appela :
– Mistigri-gris-gris, mistigris-jolis ! Mistigris-qui-volent-volent, mistigris-à-z’ailes-z’ailes ! Petit déjeuner !
À l’entrée d’un des trous pointa alors non pas un bec, mais un petit nez couleur cannelle, deux yeux jaunes tout ronds, et deux pattes de devant toutes blanches.
Une seconde plus tard, whooosh ! un premier chat s’envolait. Un chat avec des ailes. Un chat rayé avec des ailes rayées. »
Extrait de : U. Le Guin. « Les chats volants – Le Retour des chats volants. »
Les chats volants par Ursula Le Guin
Fiche de Les chats volants
Titre : Les chats volants (Tome 1 sur 4 – Les chats volants)
Auteur : Ursula Le Guin
Date de parution : 1988
Traduction : B. Formentelli
Editeur : Gallimard
Première page de Les chats volants
« Mme Jan Tabby était incapable d’expliquer pourquoi ses quatre enfants avaient des ailes.
– Leur père devait être un filou de haut vol, commenta un voisin avec un petit rire déplaisant tout en rôdant autour de la benne à ordures.
– Peut-être ont-ils des ailes parce qu’avant leur naissance, j’ai rêvé que je m’enfuyais loin d’ici, dit Mme Jane Tabby. Thelma, gronda-t-elle, tu as la figure toute sale ; va vite la laver ! Roger, cesse donc de frapper James. Harriet, quand tu ronronnes, tu devrais fermer les yeux à demi et me masser avec tes pattes de devant ; oui, comme ça ! Comment est le lait, ce matin, mes enfants ?
– Il est très bon, Mère, merci, répondirent-ils joyeusement.
C’étaient de beaux enfants, bien élevés. Mais Mme Tabby se faisait du souci à leur sujet. Ils »
Extrait de : U. Le Guin. « Les chats volants – Les Chats volants. »