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Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 8-9)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo
Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 8 et 9)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le fils de Monte-Cristo
« Il y avait près de deux semaines que pour la dernière fois Noël Houdas s’était trouvé en face du comte Soïloff.
On se souvient des dispositions dans lesquelles ce dernier avait laissé le docteur.
Pour Noël Houdas, Soïloff ne savait rien, ne pouvait rien savoir de la vérité. Par conséquent, toute espérance lui était encore permise. Il connaissait l’énergie du comte : évidemment, la parole qu’il avait donnée n’était pas vaine, il tenterait tout pour rentrer en possession du testament.
Par une singulière disposition d’esprit, Houdas ne doutait pas un seul instant qu’il réussit. Aussi l’attendait-il avec une impatience fébrile.
Pendant les nuits de fièvre, l’idée fixe qui s’était emparée de lui s’était développée, agrandie, éclairée. Cette pensée de feu qui avait traversé un instant son cerveau avait pris corps, s’était affinée, et il avait fini, de déduction en déduction, par découvrir la vérité. »
Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 8-9). »
Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 5 à 8)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo
Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 5 à 8)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le fils de Monte-Cristo
« Il y avait maintenant cinquante ans de cela…
Un demi-siècle.
Une nuit, un homme abordait sur un roc solitaire…
Et là, loin de tout regard humain, il fouillait le roc à coups de pic…
Tout à coup il poussa un cri de triomphe…
Le secret lui était livré…
Des richesses immenses, incalculables s’offraient à ses regards…
Et cet homme se redressait, jetant ses regards aux quatre coins de l’horizon.
Et il s’écriait :
— Ô vous dont l’infamie m’a plongé pendant quatorze années dans un obscur cachot où ma pensée aurait dû s’éteindre, où mon cœur aurait pu se paralyser… Vous dont je ne connais pas encore le nom, prenez garde. Dantès est sorti de sa tombe ! et les morts qui ressuscitent châtient durement les vivants !
De qui donc parlait-il ?
Il ne le savait pas encore. Jeune, confiant, plein d’espérance en l’avenir, Edmond Dantès, aimé de la belle Catalane, Mercédès, revenait tout joyeux à Marseille sur le Pharaon, appartenant à l’armateur Morrel. »
Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 5-8). »
Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina (parties 3-4)

Fiche de Le fils de Monte-Cristo
Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 3 et 4)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Le fils de Monte-Cristo
« Vers le milieu du mois de décembre 1813, un homme suivait au trot de son cheval la route qui, traversant la Forêt-Noire, conduit de Vieux-Brisach à Fribourg.
Ce personnage semblait encore dans la force de l’âge : il était vêtu d’une longue redingote brune, relevée sur les genoux ; sa culotte, de même couleur, se serrait sur des guêtres de cuir fermées par de courtes courroies à boucles d’acier. Il portait la poudre, et ses cheveux, ramenés en arrière, pendaient sur le collet de son habit en queue courte fixée par un ruban noir.
Le soir venait, et l’obscurité grandissait rapidement, épaississant les ténèbres qui semblent peser éternellement sur le Schwartzwald.
À quelques lieues de Fribourg, un massif isolé de collines et de rochers se dresse tout à coup : on l’appelle Kaiserstuhl, le Trône de l’empereur. La pierre est noire, le basalte émerge du sol en masses énormes, le trachyte à la teinte vitreuse jette dans l’ombre des reflets grisâtres et revêt des formes étranges. »
Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties 3-4). »
Obsessions par Jules Lermina

Fiche de Obsessions
Titre : Obsessions
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1892
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Sommaire de Obsessions
- La magicienne
- Le secret des Zippélius
- Histoire d’une nuit
- Vie humaine
- La sacoche
Première page de La magicienne
« À MAÎTRE LEBARON, NOTAIRE.
Mon cher ami, c’est à votre vieille et sincère affection que je confie le récit de la plus merveilleuse aventure qui me soit arrivée pendant ma longue carrière de médecin. Je vous prie instamment de ne le communiquer à personne avant ma mort.
Pourquoi me refusé-je à le publier de mon vivant ?… Je suis trop vieux pour affronter les polémiques qu’il peut soulever. Je souffrirais trop des démentis outrageants qui me seraient adressés et de la compassion plus insultante encore de ceux qui plaindraient ma crédulité sénile. J’ai passé l’heure des luttes et des écœurements : seulement je ne me reconnais pas le droit de l’égoïste Fontenelle, et, tenant une vérité dans ma main, je la laisse tout au moins échapper de mes doigts de mourant. Aux nouveaux venants de la ramasser et de la féconder. »
Extrait de : J. Lermina. « Obsessions – La Magicienne. »
Le roi du mal par Jules Lermina

Fiche de Le roi du mal
Titre : Le roi du mal (Tome 3 sur 3 – Les loups de Paris)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1877
Editeur : Bibliothèque numérique romande
Première page de Le roi du mal
« Comment, par quel étrange enchaînement de circonstances, Jacques se trouvait-il tout à coup accusé, presque convaincu déjà du plus effroyable des crimes ?
Comment, à cette heure, était-il chez le duc de Belen ?
Comment Silvereal s’y trouvait-il lui-même ?
Enfin, Jacques était-il coupable ?
En tout cas, pourquoi ne se défendait-il pas ? Que signifiait cette attitude singulière, qui semblait donner corps aux accusations dont il était l’objet ?
C’est ce que nous allons expliquer le plus rapidement possible.
Dans la soirée précédente, nous avons laissé Jacques au moment où, éclairé tout à coup par la scène étrange qui venait de se passer entre de Belen, Silvereal et la duchesse de Torrès, il s’était enfui de cette maison de honte. »
Extrait de : J. Lermina. « Les Loups de Paris – Le roi du mal. »
To-Ho le tueur d’or par Jules Lermina

Fiche de To-Ho le tueur d’or
Titre : To-Ho le tueur d’or
Auteur : Jules Lermina
Date de parution :
Editeur : Bibebook
Première page de To-Ho le tueur d’or
« Dans le kraton de Kota-Rajia, se dressant comme un nid d’aigles au-dessus du fleuve Kroung-Daroub, à la pointe nord de l’île de Sumatra, les Orangs-Atchés se défendaient contre les conquérants hollandais avec un courage du désespoir.
Peuple aux mœurs violentes, aux instincts pillards, les Atchés semblaient indomptables ; leur sultan, Mahmoud Shah, enfermé dans l’altière et sauvage forteresse le kraton, juché sur une masse de rochers inaccessibles, repoussait tous les assauts, dirigeant avec une énergie sauvage ses troupes qui faisaient de leurs cadavres une barrière infranchissable.
Autour du maître, serviteur d’Allah, s’étaient groupés les chefs des tribus barbares et courageuses, fanatisées par le mépris de la mort, qui, oubliant dans cette crise suprême leurs querelles intestines, étaient accourues pour résister à l’envahisseur. »
Extrait de : J. Lermina. « To-Ho Le Tueur d’or. »
Reine par Jules Lermina

Fiche de Reine
Titre : Reine
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1891
Editeur : BnF
Première page de Reine
« Il deviendra bientôt plus facile de reconstituer l’antique cité des Pharaons ou les capitales des anciens Celtes que de donner aux Parisiens d’aujourd’hui une idée exacte de ce qu’était leur ville, telle que l’habitaient nos pères de 1815.
Le Paris du commencement du siècle était vieux comme la société que la Révolution avait balayée, vieux comme les préjugés ; il avait contracté toutes les maladies : engorgement des poumons, hypertrophie du cœur, cancer de l’estomac. Si le cerveau restait sain, la vie ne circulait plus qu’avec difficulté dans ses veines, où l’embolie était à l’état chronique ; grâce aux opérations miraculeuses de la chirurgie civilisatrice, aujourd’hui l’air et la lumière ont pénétré dans ce corps que menaçaient, non l’anémie, mais la pléthore, l’apoplexie.
Avenues, quais, places, squares, autant de soupapes ouvertes à cette activité, jusque-là comprimée, qui se heurtait, grondait, escaladait et retombait, vague vaincue, mais non domptée, sûre de la victoire finale.
Nos enfants, qui n’ont même pas connu le Paris de 1848, ne le peuvent imaginer différent, sauf quelques nuances, de ce qu’il est aujourd’hui. »
Extrait de : J. Lermina. « Reine. »
Mystère – ville par William Cobb

Fiche de Mystère – ville
Titre : Mystère – ville
Auteur : William Cobb
Date de parution : 1905
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Mystère – ville
« Je suis Français et même Parisien.
Mes parents, braves bourgeois, ayant mené l’existence étroite des gagne-petits dans une modeste boutique de tailleur, m’ont laissé orphelin vers ma vingtième année.
J’avais fait des études assez rudimentaires, sans tenir compte des avis qui m’étaient donnés par ma mère, très férue de l’instruction des autres.
Chose qui paraît d’abord singulière, mais qui est en vérité plus fréquente qu’on ne le croit, mon père, sédentaire par état, calme par disposition, enveloppé de gâteries par ma mère qui ne l’eût pas laissé s’aventurer hors de la banlieue de Paris, par crainte d’accident, ne rêvait que voyages, expéditions lointaines, explorations aux pays mystérieux.
Son unique vice – très combattu par ma mère, toujours inquiète – consistait en l’achat de cartes, de volumes et de journaux de voyages. Livingstone l’avait enthousiasmé, il avait rêvé de Binger, il frémissait au nom de Nordenskjöld, et s’enfiévrait en songeant à Nansen. Il avait loué une mansarde au 6e étage de la maison, sous prétexte d’y ranger des draps et étoffes dites de nouveautés, pour habits, redingotes ou vestons. »
Extrait de : J. Lermina. « Mystère-Ville. »
Les mariages maudits par Jules Lermina
Fiche de Les mariages maudits
Titre : Les mariages maudits
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1880
Editeur : BnF
Première page de Les mariages maudits
« La chambre à coucher de la vieille marquise de Lustin était plongée dans une demi-obscurité, que rendaient plus sombre des draperies de velours d’un rouge brun. Le lit se cachait dans une sorte d’alcôve sur laquelle retombaient les tentures lourdes.
Auprès de la fenêtre, une jeune fille était assise ; son teint pâle était encore blanchi par le reflet de la lune qui brillait au dehors.
Elle s’appuyait à un de ces petits meubles, bijoux de nos grands’mères et qu’on nommait Bonheur-du-Jour.
A droite de l’alcôve, une porte donnant sur l’escalier. A gauche, une portière cachant à demi la porte d’un oratoire.
La jeune fille, Caroline de Lustin, aux cheveux noirs, aux traits admirablement modelés, à la physionomie énergique, rêvait, le menton appuyé sur sa main.
Tout à coup, la portière de l’oratoire se souleva, et un personnage long, maigre, vêtu d’un long vêtement, ni redingote ni soutane, apparut, tendant avec précaution son visage en lame de couteau. »
Extrait de : J. Lermina. « Les Mariages maudits. »
Les hystériques de Paris par Jules Lermina

Fiche de Les hystériques de Paris
Titre : Les hystériques de Paris
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1885
Editeur : BnF
Première page de Les hystériques de Paris
« – Qui dois-je annoncer ? demanda le valet de pied à un jeune homme qui se présentait, vers onze heures du soir, à l’hôtel de Barnes.
Le jeune homme eut une hésitation.
– Ne me connaissez-vous pas ? murmura-t-il.
– Que monsieur me pardonne, mais je suis ici depuis plus de six mois, et je crois que monsieur ne s’est pas encore présenté à l’hôtel.
Certes, la raison donnée par le laquais était plausible.
Mais il en était une autre plus difficile à expliquer.
En ce moment, les salons de la belle comtesse de Barnes, l’idole du monde parisien, regorgeaient d’invités. On entendait à travers les tentures les accords vibrants d’une valse de Strauss, et on eût dit qu’à travers les murailles filtrât hue atmosphère surchauffée de plaisir et de luxe.
Or, pour l’œil exercé d’un laquais de Paris, la tenue du nouvel arrivant était loin de paraître irréprochable. »
Extrait de : J. Lermina. « Les Hystériques de Paris. »