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Malepeste par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Malepeste

Titre : Malepeste (tome 2 sur 3 – Thaïr)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2021
Editeur : Editions Leha

Première page de Malepeste

« Une aube froide, encombrée de nuées cendreuses que la lueur rouille du jour naissant éclaboussait de reflets vineux, se levait à peine sur la lande quand ils parvinrent enfin, au terme d’une interminable marche, au castaliar de Brûlefeu.

Aucun nouvel incident n’était venu émailler la solitude glaciale de leur chemin, mais le trajet avait été, pour Jaan, une source intarissable d’étonnement.

Il ne se passait pas dix minutes sans qu’il demande à Faïria, juchée sur son dos, tel ou tel renseignement sur le paysage qui se déployait devant eux ou sur quelque créature dont ils croisaient la route.

Plus les mots s’amoncelaient – moussetrompe, brebuisson, cédroïa, kangouloup, voleduse, et mille autres encore –, plus s’imposait à lui la terrible réalité de sa condition : naufragé d’un monde assassiné.

Il essayait, sans succès, de ne pas trop y penser, se réfugiant tant bien que mal dans son rôle d’explorateur involontaire.

Et il était, somme toute, facile de s’oublier, tant fascinante était cette nouvelle Terre.

Peu de temps auparavant, dans le petit jour hésitant, ils avaient croisé un autre de ces troupeaux silencieux de plantes ambulantes, se déplaçant sur leurs racines grêles. »

Extrait de : JL Marcastel. « Malepeste – Thaïr. »

Renaissance par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Renaissance

Titre : Renaissance (tome 1 sur 3 – Thaïr)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2020
Editeur : Editions Leha

Première page de Renaissance

« Elle courait.
Des cris et des pleurs avortés dans la poitrine, lardant sa gorge comme autant de coups de couteau, elle courait…
La peur et le chaos la talonnaient, l’aiguillonnaient à grand renfort de hurlements, de grondements, de chuintements, de vociférations, de supplications et de râles douloureux, ceux d’une forteresse agonisante, d’un peuple qu’on assassinait…, le sien.
Et elle, au lieu de se battre, comme elle l’aurait voulu, comme elle l’aurait dû, de faire face et de mourir avec ceux de son sang, dévalait des marches vers le cœur même de leur demeure. Elle fuyait la mort qui s’abattait sur eux.
Dans le concert cliquetant de leurs armures de combat laquées de noir et rehaussées d’or, deux armiaïres d’élite la croisèrent, les oculaires de leur casque massif jetant d’inquiétants reflets. Malgré l’urgence, ils la saluèrent avec déférence, avant de continuer leur ascension vers le rez-de-chaussée…, vers leur mort prochaine. »

Extrait de : JL Marcastel. « Renaissance – Thaïr. »

Le secret des Haoms par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le secret des Haoms

Titre : Le secret des Haoms (tome 2 sur 2 – Praërie)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2015
Editeur : Scrineo

Première page de Le secret des Haoms

« – Partir ! Il faut partir !

Séfan le tirait par la manche, mais Vincent, comme hébété ne cessait de fixer l’épave de l’hélicoptère échoué sur la plage limoneuse parsemée d’énormes galets gros comme des maisons. L’hélicoptère planté. Guillaume, son pilote, probablement mort dans le crash, ou, s’il avait réussi, par quelque miracle, à s’en tirer, dévoré par une des horreurs à six ou huit pattes qui grouillaient dans cette jungle infernale. – Allez, viens, les grouillepinces, elles arrivent ! Séfan avait raison. Partout, autour d’eux, Vincent devinait les ombres véloces et sans repos des fourmis de la taille d’un humain qui tendaient leurs antennes vers eux, comme un chien aurait donné de la truffe… Il n’y en avait pas pour longtemps avant que certaines ne s’intéressent de très près à leurs personnes… Individuellement, elles n’étaient certes pas aussi impressionnantes que le scorpion qu’ils avaient affronté dans l’église du village, mais leurs mandibules avaient néanmoins la taille d’une lame de faux et, à ce qu’il en devinait, devaient couper aussi bien… Et il n’y en avait pas qu’une, mais cent, mille, ou plus… »

Extrait de : JL Marcastel. « Le secret des Haoms – Praërie. »

Le monde des Sinks par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le monde des Sinks

Titre : Le monde des Sinks (tome 1 sur 2 – Praërie)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2014
Editeur : Scrineo

Première page de Le monde des Sinks

« 5 août 2014
6 h 30


L’aube caressait à peine d’un rayon les sommets broussailleux des collines, quand le bruit vint déranger la quiétude matinale.

Dans le petit vallon encore assoupi d’un reste de fraîcheur nocturne, les mille et une vies des champs s’éveillaient. Stridulations de criquets, de grillons, de cigales rebondissaient d’un versant caillouteux à l’autre, avec une obstination que même la fournaise du jour à venir ne parviendrait pas à faire fléchir.

Sur des murets de pierres sèches, quelques lézards plus téméraires que les autres, à la recherche de proies, pointaient le bout d’une gueule triangulaire.

Alors que l’astre du jour dardait enfin un fragment de feu au-dessus d’un chêne vert excentrique, un rossignol poussa la chansonnette dans l’air aux parfums de thym et de menthe sauvage.

D’autres lui répondirent aussitôt.

L’eau claire d’un ruisseau presque à sec et d’une petite retenue miroita et se chargea de braise, parmi les joncs jaunissants. »

Extrait de : JL Marcastel. « Le monde des Sinks – Praërie. »

Le roi de coeur par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le roi de coeur

Titre : Le roi de coeur (tome 2 sur 2 – Malo Sinclair)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2021
Editeur : Flammarion

Première page de Le roi de coeur

« Paris, place Saint-Michel
Jeudi 4 avril 2019, 3 heures

Il faisait froid sur Paris, un de ces froids humides, poisseux, dont la capitale a le secret. Pas de pluie, ni de ce fin crachin désagréable qui colle à la peau malgré parapluie et imperméable. Ce n’était pas non plus un temps à dissuader les plus fêtards des citoyens de Paname de sortir de chez eux. Pour cela, il aurait fallu l’annonce d’un couvre-feu général ou d’une apocalypse en règle, et encore, il y avait fort à parier que certains, au contraire, en auraient profité pour faire une bringue d’enfer. Mais pas ici.
Ce soir-là, à cette heure avancée de la nuit, la place Saint-Michel était désespérément vide. Les terrasses des cafés, sièges rentrés et entassés tels des troupeaux frileux le long des vitrines.
Personne ne vit donc la jeune femme surgir en courant de la place Saint-André-des-Arts, traverser la rue et passer en trombe devant la fontaine Saint-Michel, si ce n’est, du haut de leur piédestal, la statue armée du saint, le diable à ses pieds et les deux griffons de bronze qui semblèrent la toiser d’un regard scrutateur. »

Extrait de : JL Marcastel. « Le Roi de cœur – Malo Sinclair. »

Un pape pour l’apocalypse par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Un pape pour l’apocalypse

Titre : Un pape pour l’apocalypse (tome 1 sur 2 – Malo Sinclair)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2017
Editeur : Flammarion

Première page de Un pape pour l’apocalypse

« Aurillac, dimanche 23 janvier 2005, 1 h 34

L’homme courait…

Le souffle oppressé, dérapant sur le pavé mouillé, il courait, comme quelqu’un à bout de forces, qui a déjà tout donné, mais puise dans ses dernières ressources, poussé à aller plus loin encore, par… Par quoi ?

Les cheveux poivre et sel, bien mis de sa personne, ses beaux habits trahissant un certain rang social – maintenant en désordre et froissés –, ce n’était pas le genre d’individu qu’on se serait attendu à voir tituber ainsi, tel un ivrogne, dans cette nuit glaciale.

Ici, à Aurillac, tranquille cité de la province profonde, on ne croisait, à cette heure, surtout une nuit de semaine et par ce temps-là, que les poivrots les plus invétérés ou de petits malfrats en recherche d’un mauvais coup et encore…

Mais ce malheureux qui trottait, d’une façade à l’autre, dans la clarté orangée des réverbères, seulement vêtu d’une veste, comme s’il avait oublié d’enfiler un pardessus ou n’avait pas eu le temps de se couvrir, n’appartenait à aucune de ces catégories. »

Extrait de : JL Marcastel. « Un pape pour l’apocalypse – Malo Sinclair. »

Le coeur de Tolosa par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le coeur de Tolosa

Titre : Le coeur de Tolosa (tome 5 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle

Première page de Le coeur de Tolosa

« C’est par un de ces matins dont la Garonne a le secret, encore froid d’un reste d’hiver, mais où le printemps glisse déjà ses promesses de douceur, que Louis et Matthieu découvrirent Tolosa, tel un joyau en son écrin.
Toute la nuit, en pelisse de loup, ils avaient avalé les lieues, tantôt sur deux pattes, tantôt sur quatre, traversé vallons, grimpé collines, filé à travers champs et forêts, sans jamais ralentir.
Pas une fois ils ne s’étaient arrêtés, ombres hirsutes, le pelage alourdi d’humidité, de ce brouillard doué à vous glacer le râble que sait si bien faire l’hiver en ce pays sans neige. »

Extrait de : JL Marcastel. « Le coeur de Tolosa – Louis Le Galoup. »

La cité de pierre par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La cité de pierre

Titre : La cité de pierre (tome 4 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2010
Editeur : Nouvel angle

Première page de La cité de pierre

« Ils n’étaient guère vaillants, les quatre voyageurs, dans la bise glaciale à en saisir ours sur pied, quand ils toquèrent à la porte de Maistre Raymond.

À leur décharge, il faut avouer que la nuit avait été longue, de celles qui valent des jours entiers, et pas les meilleurs, dont on ne garde aucun bon souvenir, même à en essorer chaque seconde.

Pas une halte, depuis leur départ, alors que l’incendie dévorait les Tours de Merle et leur maître dans un même holocauste.

Bois ou champs, neige dure ou neige molle, rien ne les avait ralentis, ni ne leur avait été épargné.

Toujours en tête, à le croire infatigable, forgé à même l’endurance, le galoup blanc les poussait de l’avant.

Qu’ils perdent le rythme, pour reprendre un peu ce souffle qui les fuyait, il les houspillait d’un bon coup de gueule ou d’un regard plus explicite que tous les discours. »

Extrait de : JL Marcastel. « La cite de pierre – Louis Le Galoup. »

Le maître des tours de Merle par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le maître des tours de Merle

Titre : Le maître des tours de Merle (tome 3 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle

Première page de Le maître des tours de Merle

«  Non ! Non ! Et non ! »
Ils avaient beau sortir d’un joli minois, ces mots-là, ils n’avaient rien de doux ou de rieurs.
C’étaient des batailleurs, des qui partaient en guerre. Des mots qui faisaient mal.
Celle qui les jetait ainsi, ces brassées de syllabes emportées, arpentait ce bout de clairière comme loup en cage. Autour de son visage, flambée de colère, ses cheveux rouquins crépitaient en mèches querelleuses.
Elle était jeunotte, la mignonne, mais dans ce petit matin encore tout abruti de froid nocturne, elle remuait bien assez de contrariété pour réveiller tout le sous-bois.
Autour d’elle, forcés de subir son humeur massacrante, se tenaient quatre autres personnages.
Les deux premiers, les plus âgés, trente hivers bien tassés, se tenaient assis dans l’herbe encore humide de nuit.
Un homme et une femme, mais de ceux qu’on ne pouvait confondre avec d’autres.
Lui, tout en force et en angles, la silhouette comme dégrossie à grands coups dans un tronc de chêne noueux, vous montrait un visage aussi franc qu’austère et pauvre de tignasse. »

Extrait de : JL Marcastel. « Le maitre des tours de Merle – Louis Le Galoup. »

Les nuits d’Aurillac par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Les nuits d’Aurillac

Titre : Les nuits d’Aurillac (tome 2 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle

Première page de Les nuits d’Aurillac

« Gras à neige, le ventre blanc traînant presque jusqu’à terre, les nuages rampaient aux sommets des collines quand Louis, Séverin et la Roussotte atteignirent enfin les murailles d’Aurillac.
Ils avaient piètre allure, les trois compagnons, sur la route détrempée.
Les pieds chaussés de boue collante, ventousés au sol à chaque pas, la tête basse, le cheveu empoissé de pluie, ils avançaient lentement. Toute la misère du monde aurait pu s’accrocher à leurs talons.
À les voir ainsi, le dos rond contre le froid, les bragues amidonnées d’eau leur faisant seconde peau, on les aurait crus chatons affamés sortant d’une mare.
Le regard, ils le gardaient rivé au chemin. L’averse qui leur battait le crâne y était pour quelque chose, mais elle n’était pas seule à leur appuyer ainsi sur la nuque. »

Extrait de : JL Marcastel. « Les nuits d’Aurillac – Louis Le Galoup. »