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Le village au bout du monde par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Le village au bout du monde

Titre : Le village au bout du monde (tome 1 sur 5 – Louis Le Galoup)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2009
Editeur : Nouvel angle

Première page de Le village au bout du monde

« IL Y AVAIT un village, là-haut dans les montagnes Oh ! Ce n’était pas un grand village, juste quelques maisons agrippées au pied des pentes. Quelques pustules de pierre poussées au milieu de champs rabougris à l’herbe rare et sèche.
La vie y était dure alors. La vallée, surtout à cette altitude, n’était pas tendre pour ceux qui s’y accrochaient.
C’est qu’elles étaient hautes, ces montagnes, et violentes aussi. À les regarder de loin, on croyait voir des dents énormes prêtes à croquer une bonne portion de ciel.
Quant aux hivers, mieux valait ne pas y penser. La neige tombait drue ici, et tôt. Fin septembre, déjà, les premières gelées faisaient virer les forêts du vert au brun, en une seule nuit.
Même les rochers qui tapissaient les pentes tondues ne résistaient pas au froid. Certaines nuits, on entendait la pierre éclater et se fendre comme un caillou sous le marteau du tailleur.
Ça, l’hiver, on connaissait par ici. Il commençait en octobre pour ne finir qu’en mai de l’année suivante, et encore de mauvaise grâce. »

Extrait de : JL Marcastel. « Le village au bout du monde – Louis Le Galoup. »

Imago par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Imago

Titre : Imago (tome 3 sur 3 – Les enfants d’Erebus)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2015
Editeur : J’ai lu

Première page de Imago

« La lourde porte rivetée, qui devait pourtant peser son poids de chêne et compter en siècles les usagers plus ou moins brutaux qui l’avaient ouverte et fermée à la volée, pivota sur ses gonds sous une poussée magistrale et vint heurter le mur avec un bruit sourd.
Les ombres de la grande salle, jusqu’à présent alanguies dans la chaleur feutrée à l’odeur de bois prodiguée par la flambée qui ronflait dans la grande cheminée, parurent se réfugier dans les angles des murs.
Et pour l’heure, elles avaient certainement raison d’ainsi battre en retraite.
On aurait pu s’attendre à voir surgir dans la pièce un colosse furieux, voire un rustre à la carrure d’ours, mais celle qui fit irruption, d’un pas qu’à défaut d’adjectif assez fort on qualifiera de « décidé », n’était ni l’un ni l’autre. »

Extrait de : JL Marcastel. « Imago – Les enfants d’Erebus. »

Nymphose par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Nymphose

Titre : Nymphose (tome 2 sur 3 – Les enfants d’Erebus)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2014
Editeur : J’ai lu

Première page de Nymphose

« — Tekeli-li !
Le sinistre cri flûté la poursuivait, plus fort de seconde en seconde, alors qu’elle montait ces escaliers interminables depuis les profondeurs de la terre…
Une marche, puis une autre, et une autre encore… plus en pierre maintenant, mais en béton… Elle avait pourtant commencé sa fuite dans les catacombes. Dans sa course éperdue, devant l’horreur qu’elle savait la talonner, elle n’avait pas dû remarquer le changement…
— Tekeli-li !
Plus fort, plus insistant, plus obsédant, l’abominable son spectral montait jusqu’à elle, la cinglait comme la lanière d’un fouet.
Depuis combien de temps fuyait-elle ? Elle ne s’en souvenait plus, pas plus que des circonstances qui l’avaient amenée ici. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle devait trouver une sortie avant qu’« Il » ne la rattrape, car le sort qui l’attendait alors… elle préférait ne pas y penser.
Une ouverture, sur sa gauche, une porte en fer… Elle se jeta contre le panneau, sans plus craindre d’abîmer ses beaux vêtements, qui, déchirés, en lambeaux, ne couvraient plus que bien partiellement son corps. »

Extrait de : JL Marcastel. « Nymphose – Les enfants d’Erebus. »

Les enfants d’Erebus par Jean-Luc Marcastel

Fiche de Les enfants d’Erebus

Titre : Les enfants d’Erebus (tome 1 sur 3 – Les enfants d’Erebus)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2014
Editeur : J’ai lu

Première page de Les enfants d’Erebus

« — Votre garde faiblit, mademoiselle.
La lame de la rapière siffla à quelques centimètres seulement de la tête de Jade qui battit en retraite en catastrophe non sans avoir abandonné derrière elle une boucle sombre et lustrée coupée à ras du chignon.
Celui dont le fer venait de la frôler reprit ses distances et se remit aussitôt en garde, la défiant du regard.
Grand, la quarantaine gaillarde, bâti en souplesse plus qu’en force, il possédait des traits nerveux et volontaires, taillés à la serpe, que n’affadissait nulle once de mollesse. Sa bouche, qu’ombrait une fine moustache, possédait, malgré son pli dur, une certaine sensualité.
— C’est donc tout ce que vous avez à m’opposer ? J’ai déjà partie gagnée, railla-t-il sa jeune adversaire.
Les quelques fils d’argent qui parsemaient ses cheveux drus et les cicatrices qui barraient ses deux joues, souvenir d’une sagaie qui lui avait autrefois transpercé la mâchoire et failli le tuer, ne l’en rendaient que plus impressionnant. »

Extrait de : JL Marcastel. « Les enfants d’Erebus. »

La Versailles céleste par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La Versailles céleste

Titre : La Versailles céleste (tome 3 sur 3 – Le Simulacre)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2016
Editeur : Editions du Matagot

Première page de La Versailles céleste

«  Ah foutrecul ! Ces diables de curetons ne lâcheront donc jamais prise ? »

À peine Porthos avait-il prononcé ces mots qu’il déchargeait son pistolet à lumière vers l’une des formes en armure et robe blanche frappée d’une croix noire, disparaissant déjà dans les nuées cotonneuses qu’ils traversaient.

Son tir s’égara, inoffensif, dans les entrailles du gigantesque cumulus où avait disparu le Templier jésuite.

Il rangea son arme d’un geste rageur et baissa précipitamment la tête quand un faisceau d’énergie crépita à moins d’un mètre de lui pour aller embraser une portion du pont de la frégate.

Planchet, le vieux valet de d’Artagnan, se précipita pour éteindre le départ d’incendie à coups de cape énergiques. »

Extrait de : JL Marcastel. « La Versailles celeste – Le Simulacre. »

L’ombre du cardinal par Jean-Luc Marcastel

Fiche de L’ombre du cardinal

Titre : L’ombre du cardinal (tome 2 sur 3 – Le Simulacre)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2015
Editeur : Editions du Matagot

Première page de L’ombre du cardinal

«  À droite à droite ! »

La décharge d’énergie passa en vrombissant à quelques centimètres à peine de son crâne. Il en sentit la chaleur jusque sur sa tempe.

Il vira de bord. La silhouette d’un des hommes volants qui les poursuivaient fila sur sa gauche, le visage dissimulé par un curieux masque de cuir agrémenté de deux lentilles de verre lui conférant l’apparence d’un sinistre oiseau de proie.

Un curieux appareillage d’acier saillait de son dos, d’où surgissaient quatre tubes coudés crachant une étrange lueur.

« Vous voulez nous faire tuer ? »

Celle qui venait de s’exprimer, assise à califourchon derrière lui, l’enserrant ferme de ses bras, son panache auburn formant une traîne de feu derrière son minois de fée, ajouta encore.

« Si je dis à droite c’est…

— Ça va, c’est moi qui ai failli me faire occire !

— Qu’est-ce que ça change ? S’ils vous descendent j’y passe aussi ! »

Elle avait raison, la jolie goupille. S’il mourrait, le « Cheval Jaune » l’engin volant à tête de Pégase sur lequel ils se tenaient tous deux, cesserait aussitôt de fonctionner pour plonger vers les toits de Paris… trois cent mètres plus bas. »

Extrait de : JL Marcastel. « L’ombre du cardinal – Le Simulacre. »

La seconde vie de d’Artagnan par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La seconde vie de d’Artagnan

Titre : La seconde vie de d’Artagnan (tome 1 sur 3 – Le Simulacre)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2014
Editeur : Editions du Matagot

Première page de La seconde vie de d’Artagnan

«  Si j’étais toi, mignonne, j’y réfléchirais à deux fois. »
Les doigts fins de la jeune fille s’immobilisèrent à quelques millimètres de la chaîne en or qu’ils s’apprêtaient à saisir, une chaîne à laquelle pendait une bague comme jamais elle n’en avait vue.
Un frisson la parcourut.
Car cette chaîne reposait sur une poitrine, et la poitrine en question, qu’on devinait large et noueuse, sous une casaque bleue ornée d’une croix d’argent, appartenait à un homme… celui qui levait vers elle un regard d’oiseau de proie, sombre et perspicace, sous le large bord d’un grand chapeau noir.
« Ça serait-y pas dommage d’envoyer un si joli brin de drôlesse moisir à la Bastille ? »
Le brin de drôlesse en question distinguait à présent beaucoup mieux les traits de celui qu’elle avait voulu détrousser, et mesurait l’ampleur de sa méprise. »

Extrait de : JL Marcastel. « La seconde vie de d’Artagnan – Le Simulacre. »

L’ombre de Montsalvy par Jean-Luc Marcastel

Fiche de L’ombre de Montsalvy

Titre : L’ombre de Montsalvy (tome 2 sur 2 – La geste d’Alban)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2013
Editeur : Nouvel angle

Première page de L’ombre de Montsalvy

« Au cœur des Terres d’Oc blessées par le cataclysme, il est un roc solitaire battu par les vents qui s’écartèlent ici plus souvent qu’ailleurs au bord de gorges insondables. Les Malebestes hantent encore de leurs ombres difformes cette région ensauvagée et traquent le voyageurs qui a l’inconscience d’y égarer ses pas… Pourtant, en ce lieu oublié de Dieu s’élèvent contre les ténèbres et leurs émissaires les remparts austères de Montsalvy et de son abbaye…

C’est là, à l’ombre de ses murs qu’Alban, en route pour rejoindre son mentor, Enguerrand de Trencavel, fait halte avec ses compagnons. Mais Montsalvy, le mont Sauveur, mérite-t-il encore son nom ? Depuis la fin des Maljours, l’abbaye n’abrite plus les pèlerins, mais retient, derrière ses murs, les enfants brècheux dont on veut se débarrasser… on dit qu’on les y éduque… qu’on s’occupe d’eux… Mais depuis quelques années, des cris atroces troublent les nuits des habitants de la petite cité de pierre grise, et en matière de brècheux, les seuls qu’on voit encore sont les terribles limiers aveugles de l’abbaye. »

Extrait de : JL Marcastel. « L’ombre de Montsalvy – La geste d’Alban. »

L’enfant monstre par Jean-Luc Marcastel

Fiche de L’enfant monstre

Titre : L’enfant monstre (tome 1 sur 2 – La geste d’Alban)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2011
Editeur : Nouvel angle

Première page de L’enfant monstre

« Accordez-moi quelques instants, il faut que je rassemble mes mots, que je me souvienne, une fois encore, comment les amadouer, les faire danser, que je me dérouille langue et gosier…

Là, je crois que ça me revient…

Tous autant que nous sommes, seigneur ou manant, beau ou laid, héros ou lâche, le temps passe et nous entraîne, bon gré mal gré, du berceau au tombeau…

Avez-vous remarqué ? La vie des gens heureux, qui traversent paisiblement l’existence, sans que jamais leur barque ne heurte récif ou n’essuie tempête, n’intéresse personne… On s’y ennuie autant à la dire qu’à l’entendre.

Non, ce qui fait briller les yeux, battre le cœur et courir des frissons dans le dos, ce sont les épreuves, les tourments, les périls, les désespoirs et les joies immenses d’un destin tourmenté… Celui-là même qui fait les héros. »

Extrait de : JL Marcastel. « L’enfant monstre – La geste d’Alban. »

La nuit des ponotes hématophages par Jean-Luc Marcastel

Fiche de La nuit des ponotes hématophages

Titre : La nuit des ponotes hématophages (tome 2 sur 2 – Chroniques de Pulpillac)
Auteur : Jean-Luc Marcastel
Date de parution : 2018
Editeur : Lynks

Première page de La nuit des ponotes hématophages

« La nuit, en ce mois d’octobre, était encore tiède. Un reste de douceur paressait dans l’air, malgré les feuilles jonchant le sol tout autour des arbres.

Au creux de la vallée, en contrebas, les lumières de Pulpillac animaient l’obscurité. La rivière miroitait sous la lune presque pleine.

Un bruit vint troubler le calme de ce petit coin de nature, celui d’un moteur qui avait connu des jours meilleurs… Quelques secondes plus tard, la lumière de phares qu’on aurait dits affublés de loucherie trouait l’ombre. Ce qu’il fallait bien se résoudre à appeler « une voiture » s’extirpait de la nuit pour venir se garer dans un chemin montant dans les bois.

Dire que le véhicule en question n’était pas flambant neuf n’était pas lui rendre justice. Pour s’en convaincre, il suffisait de regarder ses portières, dont pas une n’avait la même couleur, ou son pare-chocs avant qui paraissait tenir par le seul pouvoir adhésif du scotch qui l’entourait. »

Extrait de : JL Marcastel. « La nuit des ponotes hematophages – Chroniques de Pulpillac. »