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Le péril bleu de Maurice Renard

Fiche de Le péril bleu

Titre : Le péril bleu
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1912
Editeur : Microméga

Première page de Le péril bleu

« ENTRÉE EN MYSTÈRE

À quelle date faut-il placer la première manifestation du Péril bleu ? C’est un problème qui n’a jamais été bien résolu, mais dont il importe de dire quelques mots. Faisons d’abord justice d’une croyance singulièrement tenace dans le peuple et qu’on est en droit d’appeler la légende de l’Auvergnate. Non, la femme trouvée le 28 février, dans un champ, près de Riom, couchée sur le dos et le front ouvert, n’a aucun rapport avec le début de ce qui nous intéresse. Il est vraiment extraordinaire qu’on accrédite encore une fable pareille, quand l’assassin de cette femme, arrêté six mois plus tard, fit l’aveu de son crime et se vit condamner à vingt ans de travaux forcés par le jury du Puy-de- »

« Dôme – ainsi qu’il appert des pièces 1 et 2 du dossier Le Tellier (procès-verbal de la découverte du cadavre et extrait de jugement). Après cela, comment se trouve-t-il toujours des sots pour accuser les sarvants d’avoir commis ce meurtre ? L’épouvante régnait à l’époque des débats, il faut qu’elle en ait détourné l’attention publique ; je ne vois pas d’autre excuse à de telles aberrations. »

Extrait de : M. Renard. « Le péril bleu. »

Le papillon de la mort par Maurice Renard

Fiche de Le papillon de la mort

Titre : Le papillon de la mort
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1985
Editeur : NEO

Sommaire de Le papillon de la mort

  • L’écharpe gris souris
  • Cambriole
  • Elle
  • L’étrange souvenir de M. Liserot
  • A l’eau de rose
  • Le papillon de la mort
  • La rumeur dans la montagne
  • Le professeur Krantz
  • Le rendez-vous
  • Le lapidaire
  • La grenouille
  • La damnation de l’essen
  • L’affaire du miroir

Première page de L’écharpe gris souris

« Averti que Mme d’Ombrevannes possédait ce trésor adorable et singulier, je m’informai des moyens propres à m’ouvrir le vieil hôtel de la rue de Verneuil, et j’appris que la gouvernante de la princesse, une Mme Lefreu, avait fort bien connu ma tante de Torny.

Sur la foi de ce nom, Mme Lefreu m’accueillit le mieux du monde. J’en vins donc à lui faire part de l’ardent désir que j’avais de visiter la Galerie des Robes. Mais là-dessus, sa bonne figure aimable grimaça de la plus plaisante façon, comme si j’eusse sollicité de sa munificence l’accès même de la lune.

— La Galerie des Robes ! Oh ! Oh ! Mais savez-vous bien, monsieur, que depuis neuf ans personne n’y est entré ?…

Je pris un air d’ignorance et de désespoir. »

Extrait de : M. Renard. « Le papillon de la mort. »

Le maître de la lumière par Maurice Renard

Fiche de Le maître de la lumière

Titre : Le maître de la lumière
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1933
Editeur : BeQ

Première page de Le maître de la lumière

« Cette histoire extraordinaire commence très ordinairement.

A la fin du mois de septembre 1929, le jeune historien Charles Christiani résolut d’aller passer quelques jours à La Rochelle. Spécialisé dans l’étude de la Restauration et du règne de Louis-Philippe, il avait déjà publié, à cette époque, un petit livre très remarqué sur Les Quatre Sergents de La Rochelle ; il en préparait un autre sur le même sujet et estimait nécessaire de retourner sur place, pour y consulter certains documents.

Il nous a paru sans intérêt de rechercher pourquoi la famille Christiani était déjà rentrée à Paris, rue de Tournon, à une époque de l’année où les heureux de ce monde sont encore aux bains de mer, en voyage, à la campagne. L’automne se montrait morose, et ce fut, croyons-nous, la seule raison de ce retour un peu prématuré. Car Mme Christiani, sa fille et son fils ne manquaient pas des moyens de mener l’existence la plus large, et disposaient des gîtes champêtres où l’on goûte un repos plus ou moins mouvementé. Deux belles propriétés familiales, en effet, s’offraient à leur choix : le vieux château de Silaz en Savoie, qu’ils délaissaient complètement, et une agréable maison de campagne située près de Meaux ; c’est là qu’ils avaient passé tout l’été. »

Extrait de : M. Renard. « Le Maître de la lumière. »

Le docteur Lerne sous-dieu par Maurice Renard

Fiche de Le docteur Lerne sous-dieu

Titre : Le docteur Lerne sous-dieu
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1908
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le docteur Lerne sous-dieu

« Ceci arriva certain soir d’hiver, il y a plus d’un an. C’était après le dernier dîner que j’offris à mes camarades avenue Victor-Hugo, dans ce petit hôtel que j’avais loué tout meublé.
Rien d’autre que mon humeur vagabonde n’ayant motivé ce changement de domicile, on avait dépendu ma crémaillère nomade aussi joyeusement que nous l’avions accrochée naguère à ce même foyer, et, le temps des liqueurs étant venu avec celui des boutades, chacun de nous s’ingéniait à briller, surtout,
naturellement, ce grivois de Gilbert, Marlotte, — l’homme aux paradoxes, le Triboulet de la bande, — et Cardaillac, notre mystificateur attitré.
Je ne sais plus très bien comment il se fit qu’au bout d’une heure de fumoir, quelqu’un éteignit l’électricité, exprima l’urgence de faire tourner une table et nous groupa dans l’ombre autour d’un guéridon. Ce quelqu’un — remarquez-le — n’était pas Cardaillac. Mais peut-être Cardaillac l’avait-il pris pour compère, si toutefois Cardaillac fut coupable. »

Extrait de : M. Renard. « Le Docteur Lerne, sous-dieu. »

Le carnaval du mystère par Maurice Renard

Fiche de Le carnaval du mystère

Titre : Le carnaval du mystère
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1929
Editeur : Les éditions G. Crès

Sommaire de Le carnaval du mystère

  • La main morte
  • L’excellente farce de Bloomstetter
  • Le rail sanglant
  • La merveilleuse énigme
  • Le verre d’eau
  • Sonia Maniewska
  • L’écharpe gris souris
  • Le témoin
  • L’homme qui a été mort
  • La sonette
  • Un crime
  • La vision
  • Cambriole
  • Le fils
  • La découverte
  • Un masque
  • Le secret de Parcival
  • La visite crépusculaire
  • Elle
  • Tout un roman
  • Qui sait ?
  • Alcool
  • Le fantôme de Baslieu
  • L’étrange souvenir de M. Liserot
  • A l’eau de rose
  • L’épouvantail
  • Plus haut que jamais
  • Les inconnus
  • Le papillon de la mort
  • L’homme au couteau
  • La grimace
  • La vérité sur Faust

Première page de La main morte

« J’avais neuf ans lorsque ma mère mourut. Une pleurésie l’emporta.
Elle était jeune et très belle. Je l’aimais passionnément. Cet amour éperdu, inquiet, farouche, emplissait ma vie. La mort de ma mère faillit me tuer. Je restai plusieurs semaines en danger, brûlant de fièvre et délirant, coiffé de glace.
Un jour, pourtant, mes yeux cessèrent de plonger dans le monde des fantômes ; ils se rouvrirent à la réalité. J’aperçus, penché sur moi, le visage anxieux de mon père.
Nous vécûmes durant plusieurs mois dans une étroite intimité, serrés l’un contre l’autre. La mémoire de maman régnait sur nous comme un charme funèbre et bien-aimé. Mon père m’adorait. Il faisait des prodiges de tendresse pour tâcher de remplacer auprès de moi celle qui n’était plus. Je sais d’ailleurs qu’à cette époque ma santé lui donnait de cruelles inquiétudes. Les médecins avaient parlé d’une rechute possible, qu’il fallait éviter à tout prix. »

Extrait de : M. Renard. « Le Carnaval du mystère. »

La rumeur dans la montagne par Maurice Renard

Fiche de La rumeur dans la montagne

Titre : La rumeur dans la montagne
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1920
Editeur : BeQ

Première page de La rumeur dans la montagne

« Ce fut le deuxième jour que Florent Max entendit vraiment la rumeur, et qu’il l’écouta. La veille au matin, en passant, il l’avait perçue sans y faire attention ; elle s’était mêlée pour lui aux innombrables murmures de la montagne. La veille au soir, en repassant, il s’était rappelé confusément ; son oreille avait reconnu… Il y avait par là un essaim de mouches, ou quelque ruisseau souterrain.
Le deuxième jour, il s’arrêta.
Florent Max avait quitté sa maisonnette montagnarde avant l’aurore. La boîte de couleurs en sautoir, le chevalet pliant sous le bras, il gravissait les hauts sentiers vers le site repéré et la tâche à finir. Le paysagiste marchait lentement. L’aube répandait sa lueur progressive. Les splendeurs environnantes reparaissaient dans l’insensible crescendo de la clarté. Florent Max, courbé, regardait ses brodequins se poser parmi les pierres. »

Extrait de : M. Renard. « La rumeur dans la montagne. »

L’homme truqué par Maurice Renard

Fiche de L’homme truqué

Titre : L’homme truqué
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1921
Editeur : Bibebook

Première page de L’homme truqué

« Le corps fut trouvé par les gendarmes Mochon et Juliaz, des brigades de Belvoux. Ils rentraient, au petit jour, d’une tournée de surveillance, et, venant de Salamont, ils chevauchaient sur la route départementale, lorsque, à six kilomètres de Belvoux, dans le bois des Thiots, ils aperçurent la chose lugubre.

L’aube était grise. La pluie, qui tombait depuis plusieurs jours, n’avait cessé que la veille au soir. Un vent aigre fronçait l’eau des flaques et tourmentait les feuillages éclaircis. Retenu par une touffe de chardons, un mouchoir palpitait. On voyait de loin des objets par terre et, sur le bas-côté, la forme noir et blanc d’un homme étendu.

Les gendarmes, avec l’expérience de la guerre et du métier, savaient déjà que l’homme était mort. Ils mirent pied à terre à distance, les chevaux furent attachés à un poteau télégraphique, et les deux compagnons s’approchèrent du cadavre en prenant soin de marcher sur l’herbe, afin de ne brouiller aucune trace.

— Eh bien !… C’est le docteur Bare, dit Juliaz.

L’autre regardait en silence. »

Extrait de : M. Renard. « L’homme truqué. »

Fantômes et fatoches par Maurice Renard

Fiche de Fantômes et fatoches

Titre : Fantômes et fatoches
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1905
Editeur : Bibebook

Première page de Fantômes et fatoches

« Il y avait à Gênes, sous le dogat d’Uberto Lazario Catani, un lapidaire allemand fameux entre tous les marchands de pierreries.
C’était une époque favorable aux célébrités pacifiques.

La peste, dont la dernière épidémie avait fait des ravages très meurtriers, ne sévissait plus depuis deux ans.

Entre Venise et sa rivale, la haine séculaire mourait dans une lassitude et un affaiblissement militaire simultanés.

Enfin, Andrea Doria venait de délivrer sa patrie en chassant les Français, et dans Gênes indépendante il avait constitué un nouveau gouvernement républicain dont la force et l’harmonie promettaient une ère florissante de paix intérieure. Là était l’important ; car les Génois, prenant parti dans les querelles pontificales contre le pape ou contre l’empereur, entraînés dans les dissensions urbaines vers l’une ou l’autre des grandes familles ennemies, poussant au pouvoir telle classe de la population qu’il leur convenait, puis encore divisés sur le choix des prétendants, allumaient la guerre civile à propos de futilités, et jusqu’alors ce n’avait été que perpétuels combats entre Gibelins et Guelfes, Spinola et Grimaldi, noblesse et bourgeoisie, amis de Julio et partisans d’Alberto, discorde au sein des factions et bataille dans la bataille. »

Extrait de : M. Renard. « Fantômes et fatoches. »

Château hanté par Maurice Renard

Fiche de Château hanté

Titre : Château hanté
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1920
Editeur : Feedbooks

Première page de Château hanté

« Un jour – c’était avant la guerre-, on m’apprit que le duc de Castièvre venait d’acheter le fameux château de Sirvoise. Et, quelques semaines après, par une lettre scellée à ses armoiries, M. de Castièvre me conviait à le rejoindre dans sa nouvelle résidence.
« Ma femme s’est mis en tête que je me porte mal, écrivait le duc, et que vos soins me sont nécessaires. Il me semble pourtant que ma santé ne laisse rien à désirer. Mais vous me voyez trop heureux de pouvoir satisfaire, avec le désir de la duchesse, la grande envie que j’ai de vous recevoir ici. Venez. »
Mon amitié pour lui et la connaissance que j’avais acquise de son tempérament nerveux – pour ne pas dire plus – me firent un devoir de répondre à son appel. Je décidai de lui consacrer mes vacances.
Le château m’apparut au soleil, historique et grandiose, comme l’une des plus merveilleuses créatures de pierre que la Renaissance ait enfantées. »

Extrait de : M. Renard. « Château hanté. »

Celui qui n’a pas tué par Maurice Renard

Fiche de Celui qui n’a pas tué

Titre : Celui qui n’a pas tué
Auteur : Maurice Renard
Date de parution : 1927
Editeur : L’illustration

Première page de Celui qui n’a pas tué

« — Constant, pas de bruit, une seconde…
Le vieux valet de chambre, courbé sur le tiroir ouvert d’une commode, se redressa et attendit, au repos.
À travers les rideaux de fin velours uni, couleur lilas, le grondement de Paris s’étouffait.
On entendit se refermer la grille de l’hôtel, avec son cliquetis de pesanteur et de précision. Puis, successifs, les quatre chocs assourdis d’une « boîte de vitesses » indiquèrent qu’une automobile puissante démarrait sagement, dans l’ombre.
Un klaxon caqueta au tournant de l’avenue.
Jean Fortel souriait, couché dans un lit soyeux et brodé. Il ôta de sa bouche une cigarette bleu pâle à bout d’argent, qu’on eût dite avoir été roulée au clair de lune, et il aspira largement l’air de la chambre close.
Un grand parfum très merveilleux y demeurait, sillage enchanté. Le cartel anglais sonna neuf heures.
Jean Fortel remarqua :
— Elles vont manquer les premières mesures… »

Extrait de : M. Renard. « Celui qui n’a pas tué. »