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Thomas le proclamateur par Robert Silverberg
Fiche de Thomas le proclamateur
Titre : Thomas le proclamateur
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1985
Traduction : C. Fargeot
Editeur : Denoël
Sommaire de Thomas le proclamateur
- Danger : religion ! par Brian W. Aldiss
- Thomas le proclamateur par Robert Silverberg
Première page de Thomas le proclamateur
« Lune, étoiles, flambeaux
Combien de temps cette nuit durera-t-elle ? L’obscurité, bien que percée çà et là par la lueur de la lune, des étoiles, des flambeaux, règne, dense, opaque. Dans la vallée, ils chantent, psalmodient ; la fumée âcre de leurs torches monte jusqu’au sommet de la colline où se tient Thomas, flanqué de ses plus proches disciples. Des lambeaux de vieux hymnes flottent entre les arbres. « J’ai scindé le Rocher des Âges… Ô Dieu, du fond des Cieux, viens à notre secours… Jésus, Joie de mon âme, laisse-moi m’élever vers toi. »
Thomas est au centre de l’attention générale. Une sorte de halo invisible, d’intangibles vibrations électriques, émanent de sa silhouette massive ; Saul Kraft, petit et frêle à côté de lui, en paraît comme éclipsé. Saul, pour l’instant, reste dans l’ombre, mais il joue dans les événements de cette nuit un rôle considérable. « Plus près de toi, mon Dieu… » Thomas fredonne la mélodie, puis entonne les paroles. »
Extrait de : R. Silverberg. « Thomas le proclamateur. »
Thèbes aux cent portes par Robert Silverberg
Fiche de Thèbes aux cent portes
Titre : Thèbes aux cent portes
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1992
Traduction : F. Lasaygues
Editeur : J’ai lu
Première page de Thèbes aux cent portes
« L’impact sensoriel l’assaillit de toutes parts dès le premier moment de son arrivée : un bombardement furieux d’odeurs, de visions, de sons – autant de perceptions nouvelles, toutes aussi intenses les unes que les autres, et animées d’une étrange vie intérieure. Des visions lumineuses firent cercle autour de lui. Puis il erra pendant une période de temps indéterminée à travers des forêts de rêve aux feuillages chatoyants. L’air même avait une texture, contradictoire et déroutante, douce et âpre à la fois, pesante et légère jusqu’au vertige. L’Égypte courait au-dedans de lui tel un fleuve indomptable, effervescente, levant des tourbillons d’étincelles, son immensité et sa stupéfiante puissance vitale l’étourdissant follement.
Il inhalait de la magie. Il s’en étouffait. Le simple fait de respirer était une véritable lutte – il était tellement abasourdi qu’il devait se concentrer pour s’en rappeler les différentes phases. Mais le vrai problème était le manque d’orientation. »
Extrait de : R. Silverberg. « Thèbes aux cent portes. »
Starborne par Robert Silverberg
Fiche de Starborne
Titre : Starborne
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1995
Traduction : I. Tolila
Editeur : J’ai lu
Première page de Starborne
« Seize années-lumière de la Terre aujourd’hui, cinquième mois du voyage, et l’impalpable force d’accélération de l’hyperespace continue d’augmenter la vitesse du vaisseau spatial. Trois parties de Go sont en cours dans le salon du Wotan. Le capitaine élu pour l’année se tient sur le seuil de la pièce fortement éclairée, regardant distraitement les joueurs : Roy et Sylvia, Léon et Chang, Heinz et Elliot.
Voilà des semaines que le Go fait fureur à bord. Les joueurs – dix-huit à vingt membres de l’expédition ont attrapé le virus à ce jour, plus d’un tiers de l’équipage – restent assis pendant des heures, étudiant des stratégies, combinant des variantes, saisissant les pierres polies noires et blanches entre le pouce et l’index, les posant sur le plateau de bois avec le claquement sec d’usage. Le capitaine ne joue pas, bien que ce jeu l’ait à une époque captivé jusqu’à l’obsession, une époque lointaine, presque une autre vie ; ses responsabilités à bord exigent déjà de lui une bien trop grosse dépense d’énergie pour qu’il trouve le moindre plaisir à simuler une conquête territoriale. »
Extrait de : R. Silverberg. « Starborne. »
Signaux du silence par Robert Silverberg
Fiche de Signaux du silence
Titre : Signaux du silence
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1979
Traduction : A. Dorémieux
Editeur : Casterman
Sommaire de Signaux du silence
- Le chancelier de fer
- Issus d’une même couvée
- Il était une vieille femme
- Trip dans le réel
- Le vent et la pluie
- Nef ma soeur, étoile ma soeur
- Notes sur l’ère prédynastique
- Né avec les morts
Première page de Le chancelier de fer
« Les Carmichael étaient une famille du genre replet. Aucun de ses quatre membres n’arrivait à perdre un seul kilo. Et il se trouvait qu’une offre toute spéciale était faite sur les robots domestiques à l’un des magasins de vente de robots : 40 % de remise sur le modèle 2061, muni de régulateurs réglables de rations caloriques.
L’idée d’avoir ses repas préparés et servis par un robot qui garderait un œil de solénoïde en vrille sur le tour de taille de toute la maisonnée ne déplaisait pas à Sam Carmichael. Après avoir contemplé songeusement le modèle flambant neuf exposé, tout en pétrissant machinalement sa panse rebondie, il finit par demander : « Combien ? »
Le vendeur afficha un sourire aussi étincelant qu’artificiel. « Seulement 2 995 crédits, monsieur. Garantie totale de cinq ans. Avec 200 crédits comptant et le solde sur quarante mois. »
Carmichael fronça les sourcils, réfléchissant à son avoir bancaire. Puis il songea à la ligne de sa femme, aux lamentations de sa fille sur son besoin de se mettre au régime. En outre Jemima, leur vieux robot cuisinier (baptisé par eux d’un nom féminin), était usé et à moitié disloqué, et offrait un aspect déplorable quand ils avaient des invités à dîner[…] »
Extrait de : R. Silverberg. « Signaux du silence. »
Shadrak dans la fournaise par Robert Silverberg
Fiche de Shadrak dans la fournaise
Titre : Shadrak dans la fournaise
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1976
Traduction : R. Louit
Editeur : J’ai lu
Première page de Shadrak dans la fournaise
« Dans neuf minutes, le jour va se lever sur la grande cité d’Oulan-Bator, capitale du inonde reconstruit. Éveillé depuis quelque temps déjà, le Dr Shadrak Mordecai s’agite nerveusement dans son hamac. Il considère d’un œil sombre l’écran de son terminal, lumineux petit cercle vert encastré dans le mur. La date s’y inscrit en lettres rouges :
Lundi
14 mai
2012
Comme à l’ordinaire, le Dr Mordecai n’a pu dormir que quelques heures. Toute l’année, il a souffert d’insomnies. Cette incapacité à trouver le sommeil constitue sans doute un message de son cortex, mais il n’a su jusqu’ici le déchiffrer. »
Extrait de : R. Silverberg. « Shadrak dans la fournaise. »
Roma aeterna par Robert Silverberg
Fiche de Roma aeterna
Titre : Roma aeterna
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 2003
Traduction : J.-M. Chambon
Editeur : Le livre de poche
Première page de Roma aeterna
« 1203 A. U. C. : Prologue
L’historien Lentulus Aufidius, qui s’était donné pour tâche d’écrire la biographie définitive de l’empereur Titus Gallius, en était à sa troisième année de recherches dans les archives impériales de la bibliothèque du Palatin. Tous les matins, six jours par semaine, il quittait le logement qu’il occupait près du Forum pour faire l’ascension de la colline, présentait ses papiers au gardien des archives et se lançait dans son exploration quotidienne des vastes armoires contenant les rouleaux qui avaient trait au règne de Titus Gallius.
C’était un travail énorme. Titus Gallius qui était monté sur le trône à la mort de Caracalla, l’empereur fou, avait régné sur Rome de 970 à 994, assez de temps pour réorganiser un gouvernement que son prédécesseur avait laissé dans le plus complet désordre. »
Extrait de : R. Silverberg. « Roma Aeterna. »
Revivre encore par Robert Silverberg
Fiche de Revivre encore
Titre : Revivre encore
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1969
Traduction : A. Rosenblum
Editeur : Pocket
Première page de Revivre encore
« LA lamaserie se dressait à pic en haut de la falaise, au bout de la Porte d’Or[2] donnant vers Marin County. Pris d’une légère crampe dans le mollet gauche, John Roditis descendit de voiture près de l’aire du péage et, tout en s’étirant et se dégourdissant les jambes, il regarda de l’autre côté de l’eau le bâtiment d’un jaune lumineux, sans fenêtres, aux proportions élégantes, d’une ineffable sainteté comme une source de bon karma. La journée était extraordinairement torride. Une vague de chaleur inhabituelle s’était abattue sur San Francisco pendant les quatre jours de la visite de Roditis. Les périodes brûlantes au sens psychologique du terme ne le gênaient pas ; c’était le climat idéal pour lui, en fait. Par contre, quand la chaleur se présentait non comme un élément de métaphore mais comme un œil d’or ardent qui flamboyait du haut du ciel, il rêvait de pouvoir mettre en marche le conditionneur d’air. »
Extrait de : R. Silverberg. « Revivre encore. »
Retour de Robert Silverberg
Fiche de Retour
Titre : Retour
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1984
Traduction : C. Fargeot
Editeur : Denoël
Sommaire de Retour
- Retour par Robert Silverberg
- La génération finale par Clifford D. Simak
Première page de Retour
« McCulloch commençait à muer. La sensation, inéluctable et indiscutable, l’horrifia : il avait exactement l’impression que son corps allait se fendre en deux – ce qui était le cas – et pourtant la sensation était en même temps familière, attendue, bienvenue. Une souffrance aiguë, nauséeuse, le traversait par vagues. S’enfonçant profondément dans le lit sableux, il agita ses grandes pinces devant lui, battit de sa queue plate le fin sable blanc, gratta frénétiquement de ses huit pattes, avec des mouvements rapides et inquiets.
Il avait peur. Il était calme. Il n’avait aucune idée de ce qui allait lui arriver. Il avait déjà connu cela des centaines de fois auparavant.
Le prodrome de la mue, avec une force dévastatrice, chassa de son esprit toute question et, après un moment, toute peur. Un trait de chaleur incandescent courut le long de son dos – non, de sa carapace –, d’un point situé juste derrière sa tête jusqu’aux premiers segments, brûlants, de sa queue en éventail. Il imagina que toute la puissance du soleil, focalisée par quelque lentille géante »
Extrait de : R. Silverberg. « Retour. »
Résurrections par Robert Silverberg
Fiche de Résurrections
Titre : Résurrections
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1972
Traduction : G. Colson
Editeur : Marabout
Première page de Résurrections
« Ce matin-là, James Harker ne s’attendait à rien d’extraordinaire. Six mois s’étaient écoulés depuis les élections et ces six mois de sacrifices quotidiens lui avaient appris à ne rien attendre d’extraordinaire. Il en était revenu à son cabinet juridique qui le dissimulait sous un anonymat tel qu’il n’en avait plus connu depuis ses vingt ans ; le poste de gouverneur et tout l’appareil du pouvoir n’étaient plus maintenant que de beaux souvenirs qui s’estompaient de mois en mois.
Bien. Préparons-nous à la matinée d’un ex-gouverneur. Il y avait du pain sur la planche. L’audience pour l’affaire de la Fondation Bryant était fixée au jeudi suivant et Harker devait mettre son dossier en ordre. Une bien triste cause où les plaignants ne méritaient que le plus profond mépris : le pauvre »
Extrait de : R. Silverberg. « Résurrections. »
Pavane au fil du temps par Robert Silverberg
Fiche de Pavane au fil du temps
Titre : Pavane au fil du temps
Auteur : Robert Silverberg
Date de parution : 1989
Traduction : P. K. Rey
Editeur : J’ai lu
Sommaire de Pavane au fil du temps
- Le temple de gloire de la science-fiction
- Les habitués
- L’apogée de la courbe en cloche
- Idylle
- Pas notre frère
- Contre Babylone
- Dans les crocs de l’entropie
- Amanda et l’extraterrestre
- Multiples
- Une aiguille dans une meule de temps
- Pavane au fil du temps
Première page de Le temple de gloire de la science-fiction
« Lorsque je le vis surgir du Projectorium, j’aperçus dans le lointain regard de ses yeux gris le spectre de la terreur et du renoncement. Ses épaules s’affaissaient comme sous le poids d’un terrible fardeau ; je ne me souvenais pas l’avoir jamais vu auparavant trahir ainsi le moindre abandon au désespoir, mais pour l’heure le spectacle de sa totale capitulation me glaçait les sangs. D’une main tremblante, il me tendit un ruban de données de couleur jaune, sur lequel étaient tracés en rouge les mystérieux symboles de la mathématique cosmique.
— Ce n’est plus la peine, bredouilla-t-il. Ça ne sert vraiment plus à rien de nous acharner encore à nous battre !
— De quoi veux-tu… ?
— Cette nuit, dit-il d’une voix enrouée par l’émotion, l’univers va s’enfoncer irrémédiablement dans les limbes du point zéro ! »
Extrait de : R. Silverberg. « Pavane au fil du temps. »