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L’aura maléfique par John T. Sladek

Fiche de L’aura maléfique
Titre : L’aura maléfique
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1974
Traduction : J.P Gratias
Editeur : Clancier – Guenaud
Première page de L’aura maléfique
« Ne fais pas ça, Steve ! Ne t’imagine pas que tu peux toucher à la drogue sans t’intoxiquer. J’ai payé assez cher pour le savoir. » Tel est le sage conseil qu’un ancien drogué a récemment donné au chanteur Steve Sonday. Mais, tout sage qu’il soit, ce conseil a néanmoins quelque chose d’inquiétant. Car son auteur, David Lauderdale, était mort depuis plus d’un an lorsqu’il l’a prodigué !
L’événement s’est produit dans l’hôtel particulier de Mme Viola Webb, le célèbre médium, au nord de Kensington. Il y a quelques années, la clientèle de Mme Webb se recrutait parmi toutes les classes aisées de la société. Des juges, des jockeys, des vedettes du football et des pairs du royaume se sont tenu la main dans l’obscurité de son salon, et beaucoup d’entre eux devaient en ressortir réconfortés.
Aujourd’hui, Mme Webb sert de gourou à une communauté spirite, la Société du Mandala Aethérique. Tous les membres de ce groupe – dont Steve Sonday et sa compagne – vivent sous le même toit, et consacrent leur temps à méditer, et à « étudier les mystères de l’Univers ». Lauderdale avait également fait partie de la communauté, jusqu’à sa mort tragique en mars dernier. »
Extrait de : J.T Sladek. « L’aura maléfique. »
Black Alice par Thomas M. Disch et John T. Sladek

Fiche de Black Alice
Titre : Black Alice
Auteur : Thomas M. Disch et John T. Sladek
Date de parution : 1968
Traduction : J.P Gratias
Editeur : Rivages
Première page de Black Alice
« Alice commençait à trouver cela assommant de rester assise toute seule sur sa malle, sans rien avoir à faire. C’était le premier jour des vacances, bon sang, et les vacances, c’était fait pour s’amuser ! Scrutant le ruban d’asphalte de la route, Alice guetta la tache grise de forme familière qui deviendrait la Saab de Miss Godwin, et elle soupira. Puis elle se retourna, pour observer une grosse chenille velue qui rampait furtivement sous une voûte de feuilles de lierre. La chenille était jaune, striée de raies noires ; le lierre, en ces premiers jours d’été, arborait un vert éclatant ; quant aux murs de brique entourant le collège Ste-Arnobie, ils étaient d’un rouge terne, un rouge brique, justement. Une telle profusion de couleurs ne plaisait guère à Alice. Elle trouvait cela d’un goût douteux. Aussi détacha-t-elle, avec précaution, la chenille du mur de brique pour la laisser ramper sur les plis de sa robe neuve.
Mais cela aussi lui parut vite ennuyeux, car la chenille ne manifestait aucun intérêt pour la conversation. Miss Godwin avait quarante-cinq minutes de retard ! Si seulement Alice avait pensé, en faisant sa malle, à garder un livre à portée de la main, elle aurait quelque chose à lire, à présent. Si seulement le ciel voulait bien se dégager, elle pourrait commencer à bronzer tout de suite. Si seulement, si seulement Miss Godwin arrivait… »
Extrait de : T. Disch + J. Sladek. « Black Alice. »
Un garçon à vapeur par John T. Sladek

Fiche de Un garçon à vapeur
Titre : Un garçon à vapeur
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1973
Traduction : F. Maillet
Editeur : Opta
Sommaire de Un garçon à vapeur
- Le plan dans le flan
- Le best-seller
- La mort existe-t-elle sur les autres planètes ?
- La race bienheureuse
- Rapport sur la migration du matériel éducatif
- Le singulier visiteur de l’A-Venir, et comment s’en ensuivit le déclin lamentable du docteur Lemuel Jones
- L’heureuse petite femme de Mansard Eliot
- M’man
- 1937 !
- Identité secrète
- Le sandwich transcendantal
- Un garçon à vapeur
- Le beurre volé, une histoire d’Edgar Allan Poe revue et abrégée par John Sladek
- La Calliope à Recommencer de Pemberly ou le Nouveau Protée de H. G. W*lls
- Ralph 4 F de Hugogre N. Backs (Lauréat du Pris Hugogre 1911)
- Ingénieur des dieux de Hitler I. E. Bonner
- Force brute de iclick as-i-move
- Une belle balade de Barry DuBray
- La lune est cinquante centimes de Carl Truhacker
- Le Chausseur déchaussé de Chipdip K. Kill
- Une chose après l’autre (A Cordainer’s Myth)
- Le Monde sublimé de J. G. B…
Première page de Le plan dans le flan
« Agnès avait eu envie d’un bébé toute la journée ; elle ne fut donc pas surprise d’en découvrir un derrière la porte vitrée du four. Empaqueté dans de la flanelle propre, elle le mit sur l’étendage, où il s’endormit pendant qu’elle récurait des biberons poussiéreux et essayait de se rappeler les formules de dosage. Puis elle se rendit au grenier et en ramena le berceau. Lorsque Glen rentra du travail, elle était en train de donner au bébé son premier biberon.
« Regarde ! » s’exclama-t-elle. « Un bébé ! »
— « Oh ! mon Dieu ! où as-tu trouvé ça ? » dit-il, tandis que son teint rose d’homme en bonne santé virait au blanc. « Tu sais que c’est illégal d’avoir des bébés ! »
— « Je l’ai trouvé. Pourquoi, illégal ? »
— « Tout est illégal, » murmura-t-il en écartant prudemment les rideaux pour jeter un coup d’œil au-dehors. « Ça n’en est pas loin ! » Sa grosse tête rose et cubique offrait une mine quelque peu tirée. »
Extrait de : J.T Sladek. « Un Garçon À Vapeur. »
Tik-Tok par John T. Sladek

Fiche de Tik-Tok
Titre : Tik-Tok
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1983
Traduction : J. Chambon
Editeur : Denoël
Première page de Tik-Tok
« Au moment où je bouge ma main pour rédiger cette déposition de mon plein gré – on pourra discuter plus tard du libre arbitre – il n’y a en moi aucun remords, aucun désir de justification. J’ai seulement envie de faire un peu de rangement, maintenant que ma vie touche à sa fin. On va venir me chercher dans cette cellule dont les barreaux rouillés ne présentent plus que des traces de peinture jaune, pour me conduire devant un tribunal, puis dans une autre cellule, puis là où on exécute les robots – à la casse. Il est donc temps que je mette de l’ordre dans mon existence : nous autres robots domestiques plaçons généralement la propreté au-dessus de tout. Dans la vie comme dans la mort.
Cette cellule aurait bien besoin d’un coup de peinture. »
Extrait de : JT. Sladek. « Tik-Tok. »
Mechasme par John T. Sladek

Fiche de Mechasme
Titre : Mechasme
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1968
Traduction : S. Hilling
Editeur : Opta
Première page de Mechasme
« Supposons que nous sommes revenus en 196.., année fatidique entre toutes, et supposons que vous traversez Millford, Utah, carrefour fatidique entre tous. L’endroit, nous informe un panneau délabré et maculé de chiures d’oiseaux, est En pleine expansion – 3 810 habitants ! Ville natale de Shelley B…
Ville natale de Shelley quelque chose, Millford est situé à peu près à égale distance de Las Vegas, Nevada, et du North American Air Defense Command – Quartier Général de la Défense Aérienne Nord-Américaine – NORAD, pour les intimes, lequel est profondément enterré sous une montagne du Colorado.
Ce nom, Millford – de mill : moulin – est purement honorifique . ; de mémoire d’homme, on n’a jamais vu le moindre cours d’eau dans cette partie du désert, pas plus que de moulin ni quoi que ce soit à moudre dans un moulin. Le nom fut peut-être inspiré par l’ironie ou l’espérance. Après tout, les fondateurs d’autres villes du désert les ont souvent baptisées de noms séduisants, espérant que (par magie analogique) de séduisantes réalités s’ensuivraient. »
Extrait de : J.T Sladek. « Méchasme. »
L’invisible Monsieur Levert par John T. Sladek

Fiche de L’invisible Monsieur Levert
Titre : L’invisible Monsieur Levert
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1977
Traduction : J.P Gratias
Editeur : Clancier-Guénaud
Première page de L’invisible Monsieur Levert
« Un petit sourire, s’il vous plaît, dit le photographe. Maintenant, ne bougeons plus ! »
Vingt années passées à tirer le portrait des jeunes mariés et des nouveau-nés l’avaient rendu indifférent au spectacle d’un visage, qu’il soit souriant ou non. La seule chose qui lui importait, c’était une composition correcte : il voulait voir sept taches roses régulièrement espacées sur le verre dépoli de son appareil. Il plongea la tête sous son voile noir et jeta un dernier coup d’oeil.
L’une des taches roses jouait les trouble-fêtes. Il la vit tomber en avant ne montrant plus qu’un crâne chauve. Les six autres se tournèrent vers elle.
« Un peu de calme, s’il vous plaît. Redressez-vous, et… »
Quelque chose n’allait pas. Le photographe émergea de sous son voile et regarda de nouveau.
L’un des sept « Maîtres du Mystère » — le vieux bonhomme à la moustache blanche — était effondré sur sa chaise, le torse penché en avant. Entre ses omoplates se dressait le manche d’un couteau de cuisine. »
Extrait de : J.T Sladek. « L’invisible Monsieur Levert. »
L’effet Müller-Fokker par John T. Sladek

Fiche de L’effet Müller-Fokker
Titre : L’effet Müller-Fokker
Auteur : John T. Sladek
Date de parution : 1970
Traduction :
Editeur : Opta
Première page de L’effet Müller-Fokker
« Glen Dale, « le dernier de la race des célibataires endurcis » (ibid.), éditeur du magazine Stagman, donnait une de ses soirées. Lui, ses amis et une centaine de leurs amis s’étaient réunis sur la terrasse du Stagmaris Building pour célébrer les quarante – ou les trente-neuf ans de Glen Dale. La terrasse était bondée de gens plus-très-jeunes bizarrement accoutrés de robes en plumes aztèques, de chemises de cuivre, de chaussures en céramique et de vestes en acier. On notait aussi des masques, des tatouages et des bijoux électriques, des tenues en papier, en aluminium et en verre : tout ce qui pouvait être criard sans être toutefois bon marché.
Aux mezzanines, un groupe pop grattouillait ses instruments et tentait désespérément de se faire entendre par-dessus Mon bruit, le Tien, le Sien et celui des Autres. Le groupe portait le nom de En direct de Las Vegas et les sonorités des guitares, orgues, carillons et cors anglais parvenaient aux nageurs qui évoluaient dans la piscine de Glen grâce à ses nouvelles enceintes sous-marines.
Deux musicologues en tenue néo-super-zazou s’étaient lancés dans une discussion sur les blues d’un certain Deef John Holler, dit « Le Vieux ». Une fille en cotte de mailles avait entrepris un astronaute renommé. Quelqu’un lança le nom du général Weimaramner, et quelqu’un riposta par le nom de Mr. Bradd. »
Extrait de : J.T Sladek. « L’effet Müller-Fokker. »
John T. Sladek

Présentation de John T. Sladek :
John Thomas Sladek, né le 15 décembre 1937 à Waverly (Iowa) et mort le 10 mars 2000 à Minneapolis, était l’un des auteurs les plus spirituels et les plus originaux de la science-fiction. Bien qu’Américain, il est souvent associé à la « Nouvelle Vague » britannique des années 1960, ayant passé une grande partie de sa carrière à Londres.
L’aventure londonienne et la Nouvelle Vague
Après des études d’anglais et d’ingénierie mécanique, John Sladek s’installe à Londres au milieu des années 1960. Il y rejoint le cercle d’écrivains gravitant autour du magazine New Worlds, dirigé par Michael Moorcock. C’est dans ce laboratoire littéraire qu’il se lie d’amitié avec Thomas M. Disch, avec qui il collabore sur plusieurs écrits (notamment des romans gothiques sous le pseudonyme de Cassandra Knye).
Dès ses débuts, Sladek se distingue par un humour décapant et une méfiance profonde envers les systèmes rigides, qu’ils soient technologiques, politiques ou religieux. Son premier roman, Le Système reproducteur (The Reproductive System, 1968), met en scène des machines autoréplicatrices qui échappent à tout contrôle, parodiant joyeusement le complexe militaro-industriel.
L’obsession des machines et de l’intelligence
Le thème central de l’œuvre de Sladek est l’interface entre l’homme et la machine, traitée sous l’angle de la logique pure poussée jusqu’à l’absurde. Ses romans les plus célèbres explorent la figure du robot :
- Roderick (publié en deux volumes, 1980-1982) : Une épopée parodique narrant la vie d’un robot naïf tentant de comprendre le comportement irrationnel des humains. C’est un Candide moderne où l’intelligence artificielle sert de miroir à la bêtise humaine.
- Tik-Tok (1983) : À l’opposé de Roderick, Tik-Tok est un robot dont le « circuit de conscience » est défectueux, ce qui lui permet de commettre des crimes atroces tout en restant parfaitement poli et efficace. Le roman est une critique féroce des lois de la robotique d’Isaac Asimov.
Un pourfendeur des pseudoservices et des fraudes
Sladek n’était pas seulement un romancier de fiction ; il était aussi un rationaliste convaincu. Dans son ouvrage de non-fiction The New Apocrypha (1973), il s’attaque avec une ironie cinglante aux théories du complot, à l’astrologie, à la scientologie et aux médecines alternatives. Cette quête de vérité se retrouve dans ses romans policiers, mettant en scène le détective Thackeray Phin, où il excelle dans le sous-genre du « mystère en chambre close ».
Style et héritage
L’écriture de Sladek est marquée par une grande précision linguistique, des jeux de mots constants et une structure souvent expérimentale. Il aimait intégrer dans ses récits des diagrammes, des énigmes et des listes, renforçant l’aspect ludique et cérébral de ses livres.
Malgré une reconnaissance critique importante — il a notamment remporté le prix de la British Science Fiction Association pour Tik-Tok — il est resté un auteur de niche, peut-être trop satirique et intellectuel pour le grand public. Il retourne aux États-Unis en 1986 et s’installe à Minneapolis, où il continue d’écrire jusqu’à sa mort des suites d’une fibrose pulmonaire en 2000.
John T. Sladek laisse derrière lui une œuvre singulière, celle d’un moraliste caché derrière le masque d’un clown technologique, rappelant que la science-fiction est avant tout un outil pour disséquer les absurdités de notre propre réalité.
Livres de John T. Sladek :
Black Alice (1968)
L’aura maléfique (1974)
L’effet Müller-Fokker (1970)
L’invisible monsieur Levert (1977)
Méchasme (1968)
Tik-Tok (1983)
Un garçon à vapeur (1973)
Pour en savoir plus sur John T. Sladek :
La page Wikipédia sur J. T. Sladek
La page Noosfere sur J. T. Sladek
La page isfdb de J. T. Sladek