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La trilogie Spin par Robert Charles Wilson

Fiche de La trilogie Spin

Titre : La trilogie Spin
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2005
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Sommaire de La trilogie Spin :

  • Spin
  • Axis
  • Vortex

La possédée de Shawonabe par Robert Charles Wilson

Fiche de La possédée de Shawonabe

Titre : La possédée de Shawonabe
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1980
Traduction : B. Matthieussent
Editeur : Domino

Première page de La possédée de Shawonabe

« La route poussiéreuse traçait un étroit sillon à travers la forêt. En ce milieu de matinée de juillet, le soleil n’atteignait pas encore ses ornières. Le sol était froid.

A chaque pas, le sable humide s’éparpillait en minuscules fragments. Laborieusement, l’homme clopinait sur le chemin, ses doigts boudinés serrés autour de la poignée de cuir tachée de sa mallette. Tout paraissait calme à ses oreilles inexpertes. Tandis qu’il progressait sur la route sablonneuse, une brise à peine perceptible transportait son odeur devant lui.

A quelques centaines de mètres, deux ours noirs se levèrent tout à coup sur leurs pattes arrière ; l’un était légèrement plus grand que l’autre. Leurs têtes bougèrent lentement de gauche à droite et leurs narines frémissantes humèrent l’air. L’odeur était reconnaissable entre toutes. Et elle devenait sans cesse plus forte. »

Extrait de : R.C Wilson. « La Possédée De Shawonabe. »

La cité du futur par Robert Charles Wilson

Fiche de La cité du futur

Titre : La cité du futur
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2016
Traduction : H.L Planchat
Editeur : Denoël

Première page de La cité du futur

« Deux événements marquèrent le premier septembre dans la mémoire de Jesse Cullum. D’abord, il perdit ses lunettes Oakley. Ensuite, il sauva la vie du président Ulysse Grant.
En vérité, le secours apporté à Grant était totalement hypothétique. Même sans l’intervention de Jesse, le pistolet aurait pu s’enrayer ou la balle manquer sa cible. Il se sentait gêné de se voir attribuer le mérite d’un acte d’héroïsme purement théorique. Mais la perte de ses Oakley, ça, c’était une véritable tragédie. Elles amélioraient si bien sa vision, les jours de grand soleil. Elles lui donnaient une telle allure !
 
 
La visite de Grant avait été soigneusement planifiée. Les dirigeants de la Cité travaillaient toujours de manière à éviter les surprises. Grant et sa femme étaient arrivés à bord d’une voiture Pullman spécialement aménagée, d’où ils avaient assisté à une cérémonie d’accueil en grande pompe, avec fanfares et discours du gouverneur de l’Illinois, avant de monter dans une luxueuse diligence pour parcourir les huit kilomètres de la rue pavée qui reliait la gare aux portes de Futurity. »

Extrait de : R.C Wilson. « La Cité du futur. »

La cabane de l’aiguilleur par Robert Charles Wilson

Fiche de La cabane de l’aiguilleur

Titre : La cabane de l’aiguilleur
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1986
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Première page de La cabane de l’aiguilleur

« Lorsque le train s’arracha des montagnes pour pénétrer dans la vallée gorgée de brouillard, seul L’Os ne dormait pas sur le wagon plat, et c’est lui qui vit le flic de la compagnie de chemin de fer.

Il eut à peine conscience du danger. En cette fin de printemps, il faisait encore nuit noire, à l’approche du matin. L’atmosphère était glaciale et humide. Par chance, L’Os avait volé la semaine précédente un épais caban de marin qu’il serrait actuellement d’une main sur sa poitrine, ne pouvant le boutonner sur son large thorax décharné. Il portait aussi une épaisse casquette en tricot, bien enfoncée sur ses cheveux très courts afin de lui tenir chaud aux oreilles. L’Os avait de la chance. Mais en cette heure glacée proche de l’aube, il n’avait conscience que de son extrême inconfort, des convulsions qui semblaient le parcourir comme un séisme, depuis la plante des pieds jusqu’au sommet du crâne. Ce n’était pas uniquement dû au froid, qui ne l’avait jamais beaucoup gêné, il y avait autre chose… une maladie. »

Extrait de : R.C Wilson. « La cabane de l’aiguilleur. »

Julian par Robert Charles Wilson

Fiche de Julian

Titre : Julian
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2009
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël

Première page de Julian

« J’entends coucher ici par écrit la vie et les aventures de Julian Comstock, plus connu sous le nom de Julian l’Agnostique ou (comme son oncle) de Julian le Conquérant.

Les lecteurs à qui ce nom est familier s’attendront bien entendu à du sang et des trahisons, notamment la guerre au Labrador et les démêlés de Julian avec l’Église du Dominion. J’ai assisté en personne à tous ces événements, sans doute même de trop près à mon goût, et les ai tous décrits dans les cinq « Actes » (comme je les appelle) qui suivent. En compagnie de Julian Comstock, je suis parti de l’Éden d’écorce de pin qui m’a vu naître pour voyager jusqu’à des endroits comme Mascouche, le lac Melville, Manhattan et d’autres plus étranges encore ; j’ai assisté à l’ascension et à la chute d’hommes comme de gouvernements et plus d’une fois, j’ai trouvé au réveil la mort en train de me regarder dans les yeux. Certains des souvenirs que j’entends relater ne sont ni agréables, ni flatteurs, et je tremble un peu à l’idée de les revivre, mais j’ai l’intention de n’épargner personne… nous étions ce que nous étions et nous sommes devenus ce que nous sommes devenus : les faits nous grandiront ou nous rabaisseront, suivant la manière dont le lecteur choisit de les considérer.

Mais je vais commencer cette histoire de la manière dont elle a commencé pour moi : dans une ville de l’Ouest boréal, durant la jeunesse de Julian et la mienne, alors que ni lui ni moi n’étions célèbres. »

Extrait de : R.C Wilson. « Julian. »

Darwinia par Robert Charles Wilson

Fiche de Darwinia

Titre : Darwinia
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1998
Traduction : M. Charrier
Editeur : Gallimard

Première page de Darwinia

« Guilford Law fêtait ses quatorze ans lorsque le monde se transforma.

Ce jour-là marqua le plus grand tournant de l’Histoire, séparant net ce qui suivit de ce qui avait précédé, mais avant de représenter cette rupture, avant tout, il fut simplement l’anniversaire de Guilford. Un froid samedi de mars, dominé par un ciel sans nuage aussi profond qu’un étang hivernal. Le garçon passa l’après-midi à jouer au cerceau avec son frère aîné, exhalant dans l’air âpre des rubans vaporeux.

Pour le dîner, sa mère avait préparé du porc aux haricots, son plat préféré. Le ragoût avait mijoté au four toute la journée, emplissant la cuisine de l’arôme délicieux du gingembre et de la mélasse. Les cadeaux n’avaient pas été oubliés : un livre relié aux pages blanches, idéales pour le dessin ; un pull bleu marine d’adulte.

Guilford, né en 1898, presque avec le siècle, était le cadet de trois enfants. Plus que son frère, plus que sa sœur, il appartenait à ce que ses parents appelaient toujours « le siècle nouveau ». Lequel n’avait pour lui rien de nouveau. »

Extrait de : R.C Wilson. « Darwinia. »

Blind lake par Robert Charles Wilson

Fiche de Blind lake

Titre : Blind lake
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 2003
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Première page de Blind lake

« Ça pourrait s’arrêter n’importe quand.

Se retournant dans ce lit où il dormait pour la première fois, Chris Carmody roula sur un endroit plus chaud. Une femme s’était tenue peu auparavant dans ce creux entre les draps de coton. Une femme dont le nom lui échappait, encore perdu dans des strates de sommeil. Mais la chaleur de cette présence récente et la créatrice de cette chaleur subsistante lui manquaient terriblement. Il se représenta un visage, bienveillant, des yeux qui louchaient un peu et un sourire. Il se demanda où elle était allée.

Personne ne lui avait offert de partager son lit depuis pas mal de temps. Il s’étonna d’apprécier autant que le reste cette chaleur qu’elle avait laissée derrière elle. Cet espace dans lequel il venait d’entrer en son absence.

Ça pourrait s’arrêter n’importe quand. Avait-il rêvé ces mots ? Non. Il les avait entrés dans son calepin trois semaines plus tôt, en notant la remarque d’un étudiant de troisième cycle rencontré à Crossbank, à un demi-continent de là. On fait un travail sensationnel, et avec une espèce de sentiment d’urgence, sachant que ça pourrait s’arrêter n’importe quand… »

Extrait de : R.C Wilson. « Blind Lake. »

BIOS par Robert Charles Wilson

Fiche de BIOS

Titre : BIOS
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1999
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Première page de BIOS

« Enfoui profondément dans le bras de la fille, le régulateur ressemblait à un œuf pâle dans un nid de capillaires.
Anna Chopra écarta les tissus à petits coups de scalpel hémostatique. Elle s’efforçait de réfréner le tremblement de ses mains menues et expertes.
Elle avait pleinement conscience d’accomplir un sabotage : elle effectuait une intervention chirurgicale non autorisée ; pire, elle touchait à un instrument des Trusts. Elle violait la loi, sinon son serment d’Hippocrate.
Se retrouver seule en présence de la fille inconsciente et sous sédatifs avait renforcé la tentation. Dans une salle d’opération terrestre, confrères et étudiants l’auraient entourée. Sur Terre, on était toujours entouré. Ici, en tout cas pour l’instant, elle n’avait autour d’elle que des machines silencieuses et des instruments chirurgicaux se balançant au bout de câbles en spirale dans l’environnement de quasi-apesanteur. »

Extrait de : R.C Wilson. « BIOS. »

Ange mémoire par Robert Charles Wilson

Fiche de Ange mémoire

Titre : Ange mémoire
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1987
Traduction : G. Goullet
Editeur : Gallimard

Première page de Ange mémoire

« Du fait des monofilaments installés au fond de son cortex cérébral, les souvenirs de Raymond Keller lui revenaient souvent sous forme olfactive. Il sentait l’odeur du béton et de la poussière quelques secondes avant de se remémorer la banlieue aqueduc rationnée en eau dans laquelle il avait passé son enfance. Le mot essence lui venait à l’esprit, et il se retrouvait en train de soulever au palan un antédiluvien moteur à combustion interne dans le garage graisseux de son père.

Ce soir-là, debout dans la cuisine de son appartement de Los Angeles, il sut, en sentant l’odeur de terre chaude et granuleuse d’un champ de manioc brésilien, que ce serait un mauvais souvenir.

Il reposa d’un geste délibéré le verre d’eau qu’il tenait à la main et s’approcha de la paroi extérieure du salon. De l’autre côté du mur translucide, sous le ciel sombre et sans étoiles, les lumières éparpillées des barrios flottants
scintillaient tout au long du grand port en arc de cercle.

Cette particularité de sa mémoire constituait un effet secondaire de son câblage d’Ange. Un effet parmi d’autres, pour la plupart mineurs. »

Extrait de : R.C Wilson. « Ange mémoire. »

A travers temps par Robert Charles Wilson

Fiche de A travers temps

Titre : A travers temps
Auteur : Robert Charles Wilson
Date de parution : 1991
Traduction : G. Goullet
Editeur : Denoël

Première page de A travers temps

« Le voyageur temporel ne tarderait pas à devoir affronter la nécessité de sa propre mort.
Il n’avait toutefois pas pris cette décision, ni même commencé à envisager sa nécessité, en cette fraîche matinée de printemps où Billy Gargullo, lourdement armé et revêtu de son armure dorée, déboula sur la pelouse par la porte de derrière.
Le voyageur temporel – qui s’appelait Ben Collier – avait entamé la lente et agréable conception d’un jardin au fond de la propriété. Il avait enfoncé des piquets et délimité l’emplacement avec de la ficelle d’emballage. Près de ce carré d’herbe et de gazon, il avait déposé une pelle, un râteau et un outil de labourage appelé « fouine de jardin », qu’il avait trouvé au Home Hardware, la grande surface de bricolage du centre commercial du port. Ben se lançait avec impatience dans cette aventure. Il n’avait jamais jardiné de sa vie. Il comprenait les principes fondamentaux, mais ne savait pas trop ce qui pourrait pousser dans ce lopin de terre humide et ensoleillée. Aussi avait-il choisi au hasard des semences sur le tourniquet du Home Hardware, dont du maïs, des radis, des tournesols et des aloès à floraison nocturne. »

Extrait de : R.C Wilson. « À travers temps. »