Étiquette : Babel
Le violon du fou par Selma Lagerlöf

Fiche de Le violon du fou
Titre : Le violon du fou
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1899
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grumbach
Editeur : Babel
Première page de Le violon du fou
« C’était par une belle journée d’automne de la fin des années trente. À cette époque, se trouvait à Uppsala une grande maison jaune, à un étage, étrangement isolée au milieu d’un pré, loin du centre de la ville. La maison était d’aspect plutôt désagréable, voire lugubre, mais néanmoins embellie par une luxuriante vigne vierge, qui grimpait si haut sur le mur jaune ensoleillé, qu’elle encadrait complètement les trois fenêtres de l’étage.
Dans une chambre de l’autre côté d’une de ces fenêtres encadrées par la vigne, un étudiant buvait son café matinal. L’homme était grand et beau, de belle prestance. Ses cheveux frisaient légèrement et laissaient son front bien dégagé, à part une mèche qui avait régulièrement tendance à tomber sur ses yeux. Bien que vêtu d’un costume confortable et décontracté, il restait élégant.
Sa chambre était correctement tenue, meublée d’un bon canapé et de chaises rembourrées, d’un grand bureau et d’une bibliothèque de taille mais peu remplie de livres.
Il n’avait pas encore eu le temps de boire son café qu’un étudiant passait lui rendre visite. L’homme était d’un tout autre genre, petit aux larges épaules, trapu et costaud, laid, avec un visage aux traits épais et des cheveux fins. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Le violon du fou. »
Des trolls et des hommes par Selma Lagerlöf

Fiche de Des trolls et des hommes
Titre : Des trolls et des hommes
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1910
Traduction : M. de Gouvenain, L. Grunbach
Editeur : Babel
Première page de Des trolls et des hommes
« Un jour, une mère troll parcourait la forêt, portant son petit dans une hotte en écorce jetée sur son dos. Le marmot était gros et laid, avec des cheveux telles des soies de cochon, des dents aussi acérées que des poinçons et un petit doigt muni d’une griffe. Sa mère troll, pourtant, estimait bien sûr qu’on n’aurait su trouver de par le monde plus bel enfant.
Au bout d’un moment, elle arriva dans un endroit où la forêt s’éclaircissait. Un chemin passait là, criblé de trous et que les nombreuses racines rendaient glissant et, sur ce chemin, chacun sur son cheval, s’avançaient un fermier et sa femme.
À peine la mère troll les eut-elle aperçus qu’elle voulut s’esquiver au plus profond de la forêt pour ne pas être vue des humains, mais à l’instant même elle remarqua que la fermière portait un enfant sur le bras et, de ce fait, elle changea d’avis. « Il me faut vérifier si l’enfant d’homme égale en beauté mon petit », pensa-t-elle, et elle se blottit contre un noisetier qui poussait en bordure de chemin. »
Extrait de : S. Lagerlöf. « Des trolls et des hommes. »
La dame au linceul par B. Stoker
Fiche de La dame au linceul
Titre : La dame au linceul
Auteur : B. Stoker
Date de parution : 1909
Traduction : C. Doizelet
Editeur : Babel
Première page de La dame au linceul
« Je considère qu’il est utile – sinon nécessaire – de rapporter tout ce qui a trait au testament de feu mon grand-oncle Roger Melton.
C’est dans ce but que je me permettrai de revenir un instant sur les différents membres de sa famille. Mon père, Ernest Halbard Melton, était le fils unique d’Ernest Melton, fils aîné de Sir Geoffrey Halbard Melton de Humcroft dans le comté de Salop, juge de paix et sheriff(1). Mon arrière-grand-père, Sir Geoffrey, avait hérité d’un petit domaine de son père, Roger Melton. A la sortie de l’enfance, il devint tanneur à Torraby, dans le Suffolk. Il prospéra et amassa une immense fortune avec une partie de laquelle il acheta le domaine du Shropshire, qu’il rendit inaliénable, et dont je suis par conséquent l’héritier présomptif. »
Extrait de : B. Stoker. « La Dame Au Linceul. »