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Les liens invisibles par Selma Lagerlöf

Fiche de Les liens invisibles

Titre : Les liens invisibles
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1894
Traduction : A. Bellessort
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Sommaire de Les liens invisibles

  • Légende et fantaisie
    • Astrid
    • Margareta, la princesse de la paix
    • La reine à l’îlot Ragnhild
    • Sigfrid la superbe
    • La saga de Reor
    • Les proscrits
    • La vieille Agneta
    • Le nid de Bergeronnettes
    • La vision de l’empereur
    • A Nazareth
    • Notre seigneur et Saint Pierre
  • Réalité
    • Le trésor de l’impératrice
    • Le roman d’une femme de pêcheur
    • Le duvet
    • L’épitaphe
    • L’hôte de Noël
    • Dans Vineta
    • Le portrait de la mère
    • Les deux frères
    • L’oncle Ruben
    • Le roi déchu

Première page d’Astrid

« Entre les basses dépendances des vieilles demeures royales d’Upsal s’élevait la Tour des Vierges. Elle était bâtie sur pilotis comme un colombier. On y accédait par un escalier qui ressemblait à une échelle, et on y entrait par une porte qui ressemblait à une trappe. Les murs couverts de runes parlaient d’amour et de langueur passionnée. Sur le rebord des étroites lucarnes l’usure du bois avait formé de petits creux ronds, car les suivantes s’y tenaient souvent et y appuyaient leurs coudes pour regarder dans la cour.

Depuis quelques jours, le vieux barde Hjalte était l’hôte de la ferme royale, et, chaque jour, montant à la tour des femmes, il venait chez la princesse Ingegerd lui parler du roi de Norvège, Olaf Haraldson. Et chaque fois qu’il y venait, Astrid, l’esclave d’Ingegerd, était assise et écoutait ses paroles avec autant de plaisir que la princesse. Tout le temps que Hjalte parlait, les deux jeunes filles l’écoutaient si avidement qu’elles laissaient tomber leur ouvrage sur leurs genoux et demeuraient les mains inertes. Qui les aurait alors regardées n’aurait jamais cru qu’on travaillât dans la tour des femmes. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « Les Liens Invisibles. »

La légende de Gösta Berling par Selma Lagerlöf

Fiche de La légende de Gösta Berling

Titre : La légende de Gösta Berling
Auteur : Selma Lagerlöf
Date de parution : 1905
Traduction : A. Bellessort
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de La légende de Gösta Berling

« Enfin, voilà le pasteur en chaire… Les paroissiens relevèrent la tête. Ah, ah, le voilà pourtant ! Il y aurait donc un service aujourd’hui : ce ne serait pas comme dimanche dernier, et comme tant d’autres dimanches !
Le pasteur était jeune, grand, élancé. Il avait les yeux profonds d’un poète, le menton décidé d’un homme de guerre. Tout en lui était d’une singulière beauté et comme embrasé de vie intérieure.
Le peuple se sentit étrangement subjugué. Les gens étaient plus accoutumés à le voir sortir du cabaret en titubant, entouré de gais camarades, tels que Bérencreutz, le colonel aux épaisses moustaches blanches, et le fort capitaine Christian Bergh. Il avait tant bu que, depuis des semaines, il n’avait pu remplir ses fonctions et que la paroisse s’était plainte, d’abord auprès de son curé, puis auprès de l’évêque et du chapitre. Et l’évêque était venu procéder à une enquête. Il était là, dans le chœur, la croix d’or sur la poitrine ; et les théologiens de Karlstad et les pasteurs des communes avoisinantes étaient assis autour de lui. »

Extrait de : S. Lagerlöf. « La Légende De Gösta Berling. »