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Les fanfarons du roi par Paul Féval
Fiche de Les fanfarons du roi
Titre : Les fanfarons du roi
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1843
Editeur : Bibebook
Première page de Les fanfarons du roi
« Vers la fin de mai de l’année 1662, à deux heures de relevée, un brillant cortège déboucha de la rue Neuve et envahit la place majeure de Ajuda qui était une des plus larges de la vieille ville de Lisbonne. C’étaient tous gens de guerre à cheval, splendidement empanachés, et faisant caracoler leurs montures au grand déplaisir des bourgeois qui se collaient à la muraille, en grommelant tout autre chose que des bénédictions.
Les gens du cortège ne s’inquiétaient guère de si peu. Ils avançaient toujours, et bientôt le dernier cavalier eut tourné l’encoignure de la rue Neuve. Alors, les trompettes sonnèrent à grand fracas, et le cortège se rangea en cercle autour d’un seigneur de mine arrogante, lequel toucha négligemment son feutre, et déroula un parchemin scellé aux armes de Bragance.
– Trompettes, sonnez ! dit-il d’une voix rude qui contrastait fort avec son élégante façon de chevaucher, n’avez-vous plus d’haleine ? »
Extrait de : P. Féval. « Les Fanfarons du Roi. »
Les contes de nos pères par Paul Féval
Fiche de Les contes de nos pères
Titre : Les contes de nos pères
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1845
Editeur : Bibebook
Sommaire de Les contes de nos pères
- Le petit gars
- Le val-aux-fées
- Force et faiblesse
- La mort de César
- Jouvente de la tour
- Le médecin bleu
Première page de Le petit gars
« L’HOSPITALITE.
La paroisse de Cournon se cache au fond d’une riante vallée qu’arrose le lent et tortueux courant de la rivière d’Oust. Son petit clocher dépasse à peine les toits de chaume de ses cabanes, lesquelles, au nombre de trente au plus, se groupent au hasard sur un microscopique mamelon. De loin, on les prendrait pour un troupeau de brebis qu’une panique aurait rassemblées en ce lieu ; on s’attend presque à les voir tout à coup redescendre la colline et bondir par les hautes herbes, le long des bords aplatis de la rivière.
Les vieilles gens de la paroisse de Cournon savent de belles histoires de revenants qu’ils content aux veillées d’été, dans la grange de M. le recteur, – aux veillées d’hiver, sous le vaste manteau de la cheminée d’une ferme, en faisant rôtir des châtaignes sous la cendre, pour les manger ensuite, arrosées de bon cidre. »
Extrait de : P. Féval. « Les Contes de nos pères. »
Le médecin bleu par Paul Féval

Fiche de Le médecin bleu
Titre : Le médecin bleu
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook
Première page de Le médecin bleu
« Le bourg de Saint-Yon est pittoresquement assis sur la croupe d’une colline, dont le sommet se couronne d’arbres séculaires. Au pied de cette colline s’étend un vaste marais, sorte de lac qui baigne à perte de vue la campagne de Redon et les extrêmes limites du département d’Ille-et-Vilaine. Le bourg est composé d’une seule rue, dont les maisons grises et couvertes en chaume s’étagent en amphithéâtre. À voir cette chaîne de maisons descendre tortueusement la montagne, on dirait, de loin, un serpent gigantesque endormi au soleil en buvant l’eau tranquille des marais.
En l’année 1794, M. de Vauduy était propriétaire du manoir de Rieux, antique résidence des seigneurs de ce nom, et situé à une demi-lieue au plus de Saint-Yon. M. de Vauduy était un homme d’une cinquantaine d’années, froid, sévère et taciturne. Les uns disaient qu’il était républicain fougueux, et en donnaient pour preuve l’empressement qu’il avait mis à se rendre possesseur du château de Rieux, au préjudice de la marquise douairière d’Ouëssant, dernière dame de Rieux, alors réfugiée en Angleterre. Les autres prétendaient, au contraire, qu’il était secrètement partisan des princes exilés, et que le château n’était, entre ses mains, qu’un « dépôt » dont il conservait précieusement la propriété à ses maîtres légitimes. »
Extrait de : P. Féval. « Le Médecin bleu. »
La reine des épées par Paul Féval
Fiche de La reine des épées
Titre : La reine des épées
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1852
Editeur : Bibebook
Sommaire de La reine des épées
- Les arquebuses
- Le chateau de Rosenthal
- La reine chérie
Première page Les arquebuses
« Le mot de passe.
Sur le flanc gauche du Graben, cette belle et large rue qui suit la ligne des anciens fossés de Stuttgard et qui fait l’orgueil légitime de tous les sujets du roi de Wurtemberg, se trouve un quartier noir et peuplé outre mesure, dont les maisons grimpent, le long de petites rues étroites et tortueuses, jusqu’à la cathédrale. Dans les dictionnaires, on lit, à l’article Stuttgard, que la seule partie de la ville qui soit digne d’être visitée par le voyageur intelligent se compose de deux faubourgs, dont les maisons sont fort bien alignées. Il faut respecter l’avis des dictionnaires ; néanmoins, il est certains esprits qui, à Stuttgard, tout en considérant avec intérêt les grandes rues neuves ornées de restaurants à prix fixe et de magasins de bonneterie, n’ont pas honte de visiter aussi ces quartiers pauvres et dépourvus d’alignement, où se rencontrent les chers vestiges de la vie d’autrefois, où le passé renaît pour le rêveur, où l’imagination reconstruit, à l’aide d’une façade chancelante, d’une tourelle oubliée, d’une girouette de fer épargnée par miracle au sommet d’un pignon, tout ce merveilleux et sombre ensemble des cités gothiques. »
Extrait de : P. Féval. « La Reine des Épées. »
La quittance de minuit – Tome II par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome II
Titre : La quittance de minuit – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome II
- La galerie du géant
Première page de La galerie du géant
« DEUX AMIES
Le boudoir de lady Georgiana, au château de Montrath, était quelque chose de charmant. Son tapissier l’avait précédée au manoir, et venait de jeter partout à profusion les merveilles toutes neuves du luxe parisien. Le tapissier de milady
demeurait rue de la Paix.
La pièce était, il faut le dire, admirablement disposée et formait par elle-même un délicieux réduit. Nous ne saurions point indiquer le style précis de son architecture intérieure, parce que les architectes anglais ont la bonne habitude de poser en ce genre d’inextricables énigmes : ils mêlent volontiers toutes les époques et trouvent encore moyen d’installer, au milieu de cet éclectisme, l’indispensable confort. Il y avait dans le boudoir de lady Montrath des réminiscences gothiques étonnées de s’allier à quelques intentions Pompadour ; comme transition, la manière du siècle d’Élisabeth jetait çà et là ses revêches essais. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome II. »
La quittance de minuit – Tome I par Paul Féval
Fiche de La quittance de minuit – Tome I
Titre : La quittance de minuit – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1846
Editeur : Bibebook
Sommaire de La quittance de minuit – Tome I
- Les Molly-Maguires
- L’héritière
Première page de Les Molly-Maguires
« REPAS IRLANDAIS
Le vieux Mac-Diarmid avait une ferme de sept acres sur les bords du lac Corrib, à quelques milles de Galway. Sa maison était assise à quatre ou cinq cents pieds au-dessus du niveau du lac, sur le versant du dernier mont de la chaîne des Mamturks, qui domine l’extrémité occidentale de la province de Connaught, en Irlande.
Les joyeux bouquets d’arbres qui l’entouraient d’une verte ceinture, sur le flanc de la montagne nue, lui donnaient un aspect d’aisance et de bonheur. Elle était plus grande que ne le sont d’ordinaire les habitations des fermiers irlandais, surtout dans cette pauvre province de Connaught, où l’homme vit et meurt dans des cabanes indignes de servir d’asile à des brutes.
La maison de Mac-Diarmid était composée d’une construction principale, qui avait sans doute formé dans l’origine une habitation complète, et de deux petits bâtiments ajoutés après coup. Pour fixer tout de suite les idées de nos lecteurs, nous dirons que les trois parties de ce rustique édifice n’égalaient pas ensemble en valeur l’étable d’une ferme anglaise. C’était, à l’ouest du Connaught, une demeure presque opulente : en tout autre lieu de la terre, c’eût été un misérable réduit. »
Extrait de : P. Féval. « La Quittance de minuit – Tome I. »
La province de Paris par Paul Féval
Fiche de La province de Paris
Titre : La province de Paris
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de La province de Paris
« Nous demeurions tous ensemble chez mon oncle, M.J.-B. Le Compaignon, conseiller-maître à la Cour des comptes. Cousine Marie avait seize ans, et je ne sais pourquoi je parle d’elle la première, car elle comptait alors pour bien peu. J’allais avoir vingt-deux ans. Cousine Hélène entrait dans sa dix-huitième année.
J’ai mis, en ce temps-là, beaucoup de trouble dans cette famille, fanatique de tranquillité.
Ce ne fut pas entièrement ma faute, et pourtant je ne puis esquiver le remords, quand je revois par la pensée M.J.-B. Le Compaignon sortant, à cause de moi, avec une barbe de vingt-quatre heures et sans avoir ramené ses mèches. Tante Minette faillit devenir folle, la pauvre excellente fille, et cousin Cramayet mouilla ses douze douzaines de chemises à devants de batiste.
Quant au notaire Choué de Grandlieu, quant à Parrain-Tronchin, commandant de gendarmerie, quant à l’abbé Heurtebise et aux autres comparses de cette tragédie parisienne, je ne sais pas si, même à l’heure où nous sommes, ils m’ont encore pardonné leurs tribulations. »
Extrait de : P. Féval. « La Province de Paris. »
La maison de Pilate par Paul Féval
Fiche de La maison de Pilate
Titre : La maison de Pilate
Auteur : Paul Féval père
Date de parution :
Editeur : Bibebook
Première page de La maison de Pilate
« LES FAVORIS DU ROI
Au-dessous du portrait de Charles-Quint, dans la chambre du roi, un joli perroquet vert et pourpre mordillait son perchoir de bois exotique, aiguisant son bec lourd, montrant à demi sa langue cylindrique, et radotant sa leçon éternelle :
– Philippe est grand ! il est grand, Philippe !
Deux autres perroquets vivants, de moindre taille, et sans doute moins avancés aussi dans la faveur royale, partageaient une cage voisine.
Enfin cinq perroquets, empaillés avec soin, étaient là placés sous verre.
Un tombeau ! Encore tous les favoris décédés n’ont-ils pas un local aussi décent que feu les perroquets du roi Philippe, ni une épitaphe si bien tournée. L’armoire funèbre où reposaient les restes de ces volatiles politiques était en bois précieux et sculptée splendidement. Chacun de ses rayons, au nombre de cinq, soutenait un mausolée d’architecture simple et noble, portant à son sommet un bâton sur lequel perchait la bête. »
Extrait de : P. Féval. « La Maison de Pilate. »
La louve – Tome II par Paul Féval
Fiche de La louve – Tome II
Titre : La louve – Tome II
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1855
Editeur : Bibebook
Sommaire de La louve – Tome II
- La petite Cendrillon
- La comtesse Isaure
- Rohan
Première page de La petite Cendrillon
« LE BOUDOIR
Les pierres racontent, dit-on, l’histoire des catastrophes dont elles furent les témoins. L’antique manoir de Rohan-Polduc avait été témoin des deux tragédies qui furent comme le prologue de notre présent drame : l’expulsion de César de Rohan avec sa jeune femme et son fils, la malédiction de Valentine de Rohan, portant sa fille dans ses bras.
César de Rohan était mort de cela, et Valentine de Rohan aussi peut-être. Guy, comte de Rohan, leur père, jeté lui-même hors de sa demeure, par la trahison d’Alain Polduc, était parti seul, sans tourner la tête, laissant derrière lui ce double et terrible châtiment.
Depuis lors, les gens de la contrée ignoraient ce qu’était devenu le comte Guy, cet implacable vieillard, dur comme les héros de la légende celtique. César, sa femme et son fils passaient pour morts ; nul ne savait le sort de Valentine ni de sa fille. »
Extrait de : P. Féval. « La Louve – Tome II. »
La louve – Tome I par Paul Féval
Fiche de La louve – Tome I
Titre : La louve – Tome I
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1855
Editeur : Bibebook
Sommaire de La louve – Tome I
- La Saint-Jean
- La sorcière
Première page de La Saint-Jean
« L’APPARITION
Le soleil égayait déjà les bouquets de verdure étagés au versant de la colline : vieux charmes au troncs difformes et noueux ; grands bouleaux élancés hardiment et portant avec fierté leur tremblante couronne de feuillage, chênes robustes, châtaigniers arrondissant en voûte leurs branches touffues. Cà et là, au-dessus du couvert épais et solide comme un dôme, montaient des colonnettes de fumée qui se tordaient en spirales légères, bleuies par les rayons du levant.
Ce n’était pas la vapeur opaque et lourde que respirent à présent les cheminées de nos usines ; c’était le souffle timide de l’industrie en bas âge : chaque colonnette de fumée marquait la place d’une loge couverte en chaume, humble fabrique de ces sabots roses, recourbés à la chinoise, ventrus comme des vaisseaux de haut bord, qui sont la gloire de la forêt de Rennes. »
Extrait de : P. Féval. « La Louve – Tome I. »