Étiquette : Bibebook
La fille du juif-errant par Paul Féval
Fiche de La fille du juif-errant
Titre : La fille du juif-errant
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1879
Editeur : Bibebook
Sommaire de La fille du juif-errant
- La fille du juif-errant
- Le carnaval des enfants
Première page de La fille du juif-errant
« On n’avait pu emmener Paul au grand dîner de la préfecture, quoiqu’il fût vicomte et très-certainement le plus important personnage de la maison. Il n’était invité ni au grand dîner ni au grand bal qui devait suivre le grand dîner. Voilà la vérité : Paul n’appartenait pas encore à cette catégorie de vieux bambins qui dînent et qui dansent à la préfecture.
Il allait prendre ses onze ans, le vicomte Paul ; c’était un magnifique gamin, rieur et fier, qui vous regardait bien en face avec ses longs yeux d’un bleu profond pleins de tapages et de caresses. Il était grand pour son âge, élancé, gracieux, il montait supérieurement son cheval : Little-Grey, le plus joli poney de la Touraine. Son précepteur, l’abbé Romorantin, lui avait appris l’orthographe, mais pas beaucoup, et Joli-Cœur, le vieux hussard, lui montrait à tirer l’épée. Paul parlait déjà de tuer tous les Anglais de l’Angleterre ; cependant les Anglais ne lui avaient rien fait encore : il ne connaissait pas sir Arthur ! »
Extrait de : P. Féval. « La Fille du Juif-Errant. »
Jean Diable – Tome 2 par Paul Féval
Fiche de Jean Diable – Tome 2
Titre : Jean Diable – Tome 2
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook
Sommaire de Jean Diable – Tome 2
- Le procès criminel
Première page de Le procès criminel
« Juge Bamboche.
Il était assis sur son siége, le juge bamboche (puppet-Justice), l’homme le plus gai de Londres ; son siège était une barrique, dont le ventre largement ouvert et chantourné formait un fauteuil commode en même temps que majestueux. Devant lui était sa table : une vieille planche sur deux tréteaux, supportant un effrayant verre de gin. Pour simarre, il avait la jaquette goudronnée des porteurs de charbon ; pour perruque, il portait un paquet d’étoupes qui avait dû servir longtemps de faubert et laver le pont de bien des alléges. Auprès de lui reposaient sa pipe et sa poche à tabac, ainsi que son chapeau muni d’un appendice long et large comme cette queue du castor architecte qui attendrit tous les naturalistes. Cette queue ici n’est pas une truelle, c’est le bouclier qui protège la rude peau d’Hercule charbonnier contre les caresses de son panier trop lourd.
A sa droite, son greffier s’asseyait ; à sa gauche, dans une autre barrique, siégeait l’attorney du roi. Les avocats étaient à leurs bancs, l’accusé sur sa sellette, l’auditoire les pieds dans la boue. »
Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome II. »
Jean Diable – Tome 1 par Paul Féval
Fiche de Jean Diable – Tome 1
Titre : Jean Diable – Tome 1
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1861
Editeur : Bibebook
Sommaire de Jean Diable – Tome 1
- Une nuit à Londres
- Le chateau de Belcamp
Première page de Une nuit à Londres
« Le quatorzième jour de mars de l’année 1817, Gregory Temple, intendant supérieur au bureau central de Scotland-Yard s’asseyait devant sa longue table de chêne noir et tenait son front entre ses mains, plongé qu’il était sans doute tout au fond de ces savants calculs déductionnistes qui ont rendu son nom si célèbre dans les fastes de la police londonnienne, et qui font encore de lui à l’heure présente le miroir le plus parfait du détectif sans peur et sans reproche : La table, dont le bois disparaissait, d’ordinaire sous la multitude des papiers épars, était aujourd’hui presque nette, et il était aise de faire le compte des objets qu’elle supportait.
Il y avait devant Gregory Temple un dossier assez volumineux, dont l’enveloppe ou chemise portait ces mots : Assassinat de Constance Bartolozzi, 3 février 1817 ; à sa gauche était un mouchoir de toile fine, avec une lettre ouverte ; le mouchoir était taché de deux ou trois gouttes de sang et marqué R. T. ; la lettre était signée des mêmes initiales. A droite enfin, une demi-douzaine de feuilles-épreuves d’imprimerie, corrigées et chargées de renvois, s’étalaient. »
Extrait de : P. Féval. « Jean Diable – Tome I. »
La bande Cadet par Paul Féval

Fiche de La bande Cadet
Titre : La bande Cadet (Tome 8 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Sommaire de La bande Cadet
- Le salon aux quatre fenêtres
- Une évasion et un contrat
- Clément-le-Manchot
Première page de Le salon aux quatre fenêtres
« La rue Culture
Un soir d’hiver de l’année 1840, par un froid noir et mouillé, un pauvre homme entra au poste de la rue Culture-Sainte-Catherine. C’était une bonne figure naïve et un peu étonnée. Il portait un costume bourgeois très râpé, avec un tablier de garçon pharmacien, dont la grande poche bâillait sur son estomac. Dans cette poche, il y avait un paquet assez volumineux, ficelé dans du papier d’emballage.
Il demanda la permission de se chauffer au poêle ; ce qui lui fut volontiers accordé. Le jour s’en allait tombant au-dehors, et dans l’intérieur du corps de garde la nuit était tout à fait venue. On n’avait pas encore allumé le quinquet.
Quand le pauvre homme s’en alla, personne ne s’aperçut qu’il n’y avait plus de paquet dans la poche de son grand tablier.
À quelques pas du corps de garde s’élevait une maison d’assez grand aspect et fermée sur le devant par un mur. On l’appelait l’hôtel Fitz-Roy. Le dernier duc de Clare (celui qui portait le titre de prince de Souzay) l’avait habité un temps avec la princesse sa femme. On disait qu’ils étaient séparés maintenant. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
Les compagnons du trésor par Paul Féval

Fiche de Les compagnons du trésor
Titre : Les compagnons du trésor (Tome 7 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Sommaire de Les compagnons du trésor
- Etonnante aventure de Vincent Carpentier
- Histoire d’Irène
Première page d’Etonnante aventure de Vincent Carpentier
« La santé de Vincent
Vers le commencement du règne de Louis-Philippe, au milieu de Paris, agité par les conspirations républicaine et légitimiste, il y avait une maison, austère et calme comme un cloître.
Le bruit et le mouvement l’entouraient, car elle était située non loin du Palais-Royal, à quelques pas du passage Choiseul, où se réunissaient alors, dans le même local, une goguette de « joyeux » vaudevillistes et un des plus célèbres parmi les conciliabules politiques. Mais ni l’écho des harangues, ni le refrain des chansons n’arrivaient jusqu’à cet asile, respecté à l’égal d’un sanctuaire et que la solitude de la rue Thérèse semblait abriter contre tous les tapages de la comédie humaine : clameurs de colère ou cris de plaisir.
Ah ! qu’il était glorieux alors, le toupet du roi-citoyen ! Et son chapeau gris ! Et son parapluie ! Je ne crois pas qu’il y ait eu de souverain plus populaire que Louis-Philippe d’Orléans. Son portrait était à la fois dans tous les journaux à images et sur toutes les murailles, un portrait qui représentait magistralement une grosse poire, déguisée par une paire de favoris anglais et qui était d’une frappante ressemblance. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
L’avaleur de sabres par Paul Féval

Fiche de L’avaleur de sabres
Titre : L’avaleur de sabres (Tome 6 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Sommaire de L’avaleur de sabres
- Petite-Reine
- Mademoiselle Saphir
Première page de Petite-Reine
« La foire au pain d’épice
Il y avait quatre musiciens : une clarinette qui mesurait cinq pieds huit pouces et qui pouvait être au besoin « géant belge » quand elle mettait six jeux de cartes dans chacune de ses bottes, un trombone bossu, un triangle en bas âge et une grosse caisse du sexe féminin, large comme une tour.
Il y avait en outre un lancier polonais pour agiter la cloche, un paillasse habillé de toile à matelas pour crier dans le porte-voix, et une fillette rousse de cheveux, brune de teint, qui tapait à coups redoublés sur le tam-tam, roi des instruments destinés à produire la musique enragée.
Cela faisait un horrible fracas au-devant d’une baraque assez grande, mais abondamment délabrée, qui portait pour enseigne un tableau déchiré représentant la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, des serpents boas, une charge de cavalerie, un lion dévorant un missionnaire et le roi Louis-Philippe avec sa nombreuse famille, recevant les ambassadeurs de Tippoo-Saïb. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
Maman Léo par Paul Féval

Fiche de Maman Léo
Titre : Maman Léo (Tome 5 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Première page de Maman Léo
« Théâtre Universel et National
Paris avait son manteau d’hiver ; les toits blancs éclataient sous le ciel brumeux, tandis que, dans la rue, piétons et voitures écrasaient la neige grisâtre.
C’était un des premiers jours de novembre, en 1838, un mois après la catastrophe qui termine notre récit, intitulé L’Arme invisible.La mort étrange du juge d’instruction Remy d’Arx, avait jeté un étonnement dans la ville, mais à Paris les étonnements durent peu, et la ville pensait déjà à autre chose.
Ce temps est si près de nous qu’on hésite, en vérité, à dire qu’il ne ressemblait pas tout à fait au temps présent, et pourtant il est bien certain que les changements opérés dans Paris par ces trente dernières années valent pour le moins l’œuvre d’un siècle.
La publicité des journaux existait ; on la trouvait même énorme, presque scandaleuse : elle n’était rien absolument auprès de ce qu’elle est aujourd’hui.
On peut affirmer, sans crainte de se tromper, que nous avons, en 1869, cent carrés de papier imprimés quotidiennement contre dix publiés en 1838.
Ainsi en est-il pour le mouvement prodigieux des démolitions et des constructions. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
L’arme invisible par Paul Féval

Fiche de L’arme invisible
Titre : L’arme invisible (Tome 4 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Première page de L’arme invisible
« Les diamants de Mlle Bernetti
Un soir de vendredi, vers la fin de septembre, en 1838, à la tombée de la nuit, le garçon du marchand revendeur établi à l’angle des rues Dupuis et de Vendôme était en train de fermer la boutique lorsqu’un élégant coupé s’arrêta devant la porte. Les échoppes du quartier du Temple reçoivent souvent d’aussi belles visites que les magasins à la mode ; le faubourg Saint-Germain et la Chaussée-d’Antin ont appris dès longtemps le chemin de cette foire et y viennent en tapinois, soit pour acheter, soit pour vendre.
Le garçon remit à terre le volet qu’il avait déjà soulevé à demi et attendit, pensant que la portière du coupé allait s’ouvrir.
Mais la portière ne s’ouvrit point et le store rouge qui défendait l’intérieur de la voiture contre les regards curieux resta baissé. Le cocher, beau garçon au teint fleuri, planta son fouet dans la gaine comme s’il eût été arrivé au terme de sa course et tira de sa poche une pipe qu’il bourra paisiblement. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
La rue de Jérusalem par Paul Féval

Fiche de La rue de Jérusalem
Titre : La rue de Jérusalem (Tome 3 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Sommaire de La rue de Jérusalem
- Clampin dit Pistolet
- Les demoiselles de Champmas
Première page de Clampin dit Pistolet
« Meurtre d’un chat
C’était un palier d’aspect misérable, mais assez spacieux, éclairé d’en haut par un tout petit carreau dormant que la poussière rendait presque opaque. Trois portes délabrées donnaient sur ce palier où l’on arrivait par un escalier tournant, vissé à pic et dont l’arbre médial suait l’humidité. Les trois portes étaient disposées semi-circulairement.
À droite et à gauche de l’escalier étroit, il y avait en outre deux recoins, contenant quelques débris de bois de démolition, des mottes et des fagots.
Le jour allait baissant. On entendait aux étages inférieurs qui étaient au nombre de trois, y compris le rez-de-chaussée, des bruits confus, où dominaient les cliquetis de verres et d’assiettes. Une violente odeur de cabaret montait l’escalier en spirale et n’avait point d’issue.
Sur le carré de ce dernier étage tout était relativement silencieux. Par la porte de droite, sous laquelle il y avait une large fente, un murmure de discrète conversation sortait avec une bonne odeur de soupe fraîche. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »
Coeur d’acier par Paul Féval

Fiche de Coeur d’acier
Titre : Coeur d’acier (Tome 2 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook
Sommaire de Coeur d’acier
- Marguerite de Bourgogne
- Monsieur Coeur
- L’hôtel de Clare
Première page de Marguerite de Bourgogne
« Premier Buridan
— Ma chère bonne Madame, dit le docteur Samuel, il faut être juste : si les personnes qui ont le moyen ne veulent plus payer, nous n’avons qu’à fermer boutique ! Moi, je fais beaucoup de bien, Dieu merci. Je suis connu pour ne jamais rien demander aux pauvres. Mais il y a des bornes à tout, et si les personnes qui ont le moyen ne veulent plus payer…
— Vous avez déjà dit cela une fois, Monsieur le docteur, l’interrompit une voix profondément altérée, mais dont l’accent douloureux parlait de joies évanouies, lointaines peut-être, et d’impérissables fiertés.
La malade ajouta :
— Monsieur le docteur, vous serez payé, je vous en réponds.
Le docteur Samuel était un homme entre deux âges, blond, rond, rouge, vêtu de beau drap et portant jabot. En l’année 1832, où nous sommes, le jabot faisait sa rentrée dans le monde. Le linge tuyauté du docteur Samuel et son beau drap tout neuf n’avaient pas l’air propre. C’était un médecin affable et doux, mais je ne sais pourquoi, il n’inspirait pas confiance. Ses consultations gratuites envoyaient le malade chez un certain pharmacien qui seul exécutait bien ses ordonnances. Ce pharmacien et lui comptaient ; on disait cela. »
Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »