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Les habits noirs par Paul Féval

Fiche de Les habits noirs

Titre : Les habits noirs (Tome 1 sur 8 – Les habits noirs)
Auteur : Paul Féval père
Date de parution : 1863-1875
Editeur : Bibebook

Sommaire de Les habits noirs

  • Le brassard ciselé
  • Trois-pattes
  • La forêt de Paris

Première page de Le brassard ciselé

« Essai sur les Schwartz

Il y avait une fois, au petit pays de Guebwiller, en Alsace, une famille Schwartz, qui était bien honnête, et qui fournissait des Alsaciens à l’univers entier. Les Alsaciens sont généralement bien vus dans le monde, et la famille Schwartz, soit sur commandes, soit d’office, plaçait ses petits avec faveur. Faveurest un mot de terroir ; il se prononce vafeuret acquiert une très suave harmonie en passant par une bouche sachant bien bârler le vranzais.

La famille Schwartz florissait donc, croissant et multipliant avec une évangélique abondance, expédiant ses couvées à Paris, en province, à l’étranger, et, nonobstant ses exportations continuelles, gardant toujours en magasin un stock imposant de petits Schwartz et de petites Schwartzesses prêts et prêtes pour l’emballage.

Pour le commerce, les sociétés chorales, la bière et l’accent, nul pays ne peut rivaliser avec l’Alsace ! Un jeune Schwartz, conditionné avec soin et mûr pour la conquête, résume en lui seul toutes les vertus du Savoyard, du Provençal et de l’Auvergnat ; il possède la proverbiale économie du premier, l’aplomb vainqueur du second et la chevaleresque délicatesse du troisième. Aussi voyez : je vous mets au défi de trouver en Europe une cité de deux mille âmes qui ne possède au moins un Schwartz ! »

Extrait de : P. Féval. « Les Habits Noirs. »

Nouvelles Tome 3 par Théophile Gautier

Fiche de Nouvelles Tome 3

Titre : Nouvelles Tome 3
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Nouvelles Tome 3

  • Le pied de momie
  • Le club des hachichins
  • Arria Marcella
  • Le chevalier double
  • Deux acteurs pour un rôle

Première page Le pied de momie

« J’étais entré par désoeuvrement chez un de ces marchands de curiosités dits marchands de bric-à-brac dans l’argot parisien, si parfaitement inintelligible pour le reste de la France.
Vous avez sans doute jeté l’oeil, à travers le carreau, dans quelques-unes de ces boutiques devenues si nombreuses depuis qu’il est de mode d’acheter des meubles anciens, et que le moindre agent de change se croit obligé d’avoir sa chambre Moyen Âge.

C’est quelque chose qui tient à la fois de la boutique du ferrailleur, du magasin du tapissier, du laboratoire de l’alchimiste et de l’atelier du peintre ; dans ces antres mystérieux où les volets filtrent un prudent demi-jour, ce qu’il y a de plus notoirement ancien, c’est la poussière ; les toiles d’araignées y sont plus authentiques que les guipures, et le vieux poirier y est plus jeune que l’acajou arrivé hier d’Amérique. »

Extrait de : T. Gautier. « Nouvelles III. »

Nouvelles Tome 2 par Théophile Gautier

Fiche de Nouvelles Tome 2

Titre : Nouvelles Tome 2
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Nouvelles Tome 2

  • La pipe d’opium
  • Une nuit de Cléopâtre
  • La toison d’or

Première page de La pipe d’opium

« L’autre jour, je trouvai mon ami Alphonse Karr 1 assis sur son divan, avec une bougie allumée, quoiqu’il fit grand jour, et tenant à la main un tuyau de bois de cerisier muni d’un champignon de porcelaine sur lequel il faisait dégoutter une espèce de pâte brune assez semblable à la cire à cacheter ; cette pâte flambait et grésillait dans la cheminée du champignon, et il aspirait par une petite embouchure d’ambre jaune la fumée qui se répandait ensuite dans la chambre avec une vague odeur de parfum oriental.

Je pris, sans rien dire, l’appareil des mains de mon ami, et je m’ajustai à l’un des bouts ; après quelques gorgées, j’éprouvai un espèce d’étourdissement qui n’était pas sans charmes et ressemblait assez aux sensations de la première ivresse.

Étant de feuilleton ce jour-là, et n’ayant pas le loisir d’être gris, j’accrochai la pipe à un clou et nous descendîmes dans le jardin, dire bonjour aux dahlias et jouer un peu avec Schutz, heureux animal qui n’a d’autre fonction que d’être noir sur un tapis de vert gazon. »

Extrait de : T. Gautier. « Nouvelles II. »

Nouvelles Tome 1 par Théophile Gautier

Fiche de Nouvelles Tome 1

Titre : Nouvelles Tome 1
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Sommaire de Nouvelles Tome 1

  • La cafetière
  • Omphale ou la Tapisserie amoureuse
  • La morte amoureuse
  • L’âme de la maison
  • Une visite nocturne
  • Le petit chien de la marquise

Première page La cafetière

« L’année dernière, je fus invité, ainsi que deux de mes camarades d’atelier, Arrigo Cohic et Pedrino Borgnioli à passer quelques jours dans une terre au fond de la Normandie.

Le temps, qui, à notre départ, promettait d’être superbe, s’avisa de changer tout à coup, et il tomba tant de pluie, que les chemins creux où nous marchions étaient comme le lit d’un torrent.

Nous enfoncions dans la bourbe jusqu’aux genoux, une couche épaisse de terre grasse s’était attachée aux semelles de nos bottes, et par sa pesanteur ralentissait tellement nos pas que nous n’arrivâmes au lieu de notre destination qu’une heure après le coucher du soleil.

Nous étions harassés ; aussi, notre hôte, voyant les efforts que nous faisions pour comprimer nos bâillements et tenir les yeux ouverts, aussitôt que nous eûmes soupé, nous fit conduire chacun dans notre chambre.

La mienne était vaste ; je sentis, en y entrant, comme un frisson de fièvre, car il me sembla que j’entrais dans un monde nouveau. »

Extrait de : T. Gautier. « Nouvelles I. »

To-Ho le tueur d’or par Jules Lermina

Fiche de To-Ho le tueur d’or

Titre : To-Ho le tueur d’or
Auteur : Jules Lermina
Date de parution :
Editeur : Bibebook

Première page de To-Ho le tueur d’or

« Dans le kraton de Kota-Rajia, se dressant comme un nid d’aigles au-dessus du fleuve Kroung-Daroub, à la pointe nord de l’île de Sumatra, les Orangs-Atchés se défendaient contre les conquérants hollandais avec un courage du désespoir.

Peuple aux mœurs violentes, aux instincts pillards, les Atchés semblaient indomptables ; leur sultan, Mahmoud Shah, enfermé dans l’altière et sauvage forteresse le kraton, juché sur une masse de rochers inaccessibles, repoussait tous les assauts, dirigeant avec une énergie sauvage ses troupes qui faisaient de leurs cadavres une barrière infranchissable.

Autour du maître, serviteur d’Allah, s’étaient groupés les chefs des tribus barbares et courageuses, fanatisées par le mépris de la mort, qui, oubliant dans cette crise suprême leurs querelles intestines, étaient accourues pour résister à l’envahisseur. »

Extrait de : J. Lermina. « To-Ho Le Tueur d’or. »

L’énigme par Jules Lermina

Fiche de L’énigme

Titre : L’énigme
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1895
Editeur : Bibebook

Première page de L’énigme

« Après avoir brillamment servi la France pendant de longues années, M. de Morlaines, général de brigade, avait pris sa retraite. C’était un homme de soixante ans, encore vert, doué d’une exquise distinction, rappelant le type de ces anciens gentilshommes dont la parole était sacrée, dont la délicatesse n’admettait ni faux-fuyants ni compromis quand il s’agissait de tenir un engagement.

M. de Morlaines était veuf. C’était même la perte de sa femme Hortense, née des Chaslets, qui l’avait engagé à renoncer à l’état militaire. Sa douloureuse tristesse s’accommodait mal de la vie active : il avait renoncé à toute ambition et était venu s’installer auprès de Paris, à Vitry, dans une petite propriété où il avait trouvé le repos dont il avait besoin, s’adonnant à des travaux de jardinage et satisfaisant des goûts qu’il n’avait pas perdus pendant sa longue carrière de soldat.

Son fils, Georges de Morlaines, âgé de vingt-cinq ans, avait été promu depuis peu, au grade de lieutenant de vaisseau et à l’époque où s’ouvre ce court récit, était engagé dans un grand voyage d’exploration. »

Extrait de : J. Lermina. « L’énigme. »

Histoires incroyables par Jules Lermina

Fiche de Histoires incroyables

Titre : Histoires incroyables
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1885
Editeur : Bibebook

Sommaire de Histoires incroyables

  • Les fous
  • Le clou
  • Maison tranquille
  • La chambre d’hôtel
  • La peur
  • Le testament

Première page de Les fous

« Pourquoi six heures ? Non pas six heures moins cinq minutes ni six heures cinq, mais bien six heures juste. Cela me préoccupait plus que je ne voulais me l’avouer, et cependant je ne m’étais pas trompé. Tenez, hier encore, j’étais allé chez lui, pour mon procès.

Car il est temps que je vous dise de quoi je veux parler ou plutôt de qui.

Lui, c’est Me Golding, mon sollicitor, un homme de sens et de talent, plus rusé que tous les attorneys des États-Unis, et qui sait vous retourner un juge comme un gant de feutre, ou lui ouvrir l’esprit à point, comme le plus graissé des bowie-knives.

Je suis un homme comme vous, ami lecteur, mais peut-être ai-je en moi telle disposition qui chez vous n’existe qu’à l’état latent.

J’ai remarqué que chez tout individu appartenant à la race humaine, réside en un point spécial et sans qu’il s’en rende compte lui-même, une faculté, comme une sorte de sens, doué d’un superacuité remarquable. Chez les uns, j’ai vu que c’était le désir de l’or, ou plutôt le flair des affaires ; chez les autres, c’était la divination intuitive de la fragilité d’une femme. »

Extrait de : J. Lermina. « Histoires incroyables. »

Mémoires d’un collégien par André Laurie

Fiche de Mémoires d’un collégien

Titre : Mémoires d’un collégien
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1881
Editeur : Bibebook

Première page de Mémoires d’un collégien

« Le 4 octobre de cette année-là fut un grand jour pour moi. Quand je vivrais aussi vieux que le patriarche Mathusalem, cette date resterait à mes yeux plus mémorable que celle d’aucun fait historique.

N’avez-vous pas ainsi dans vos souvenirs, ami lecteur, des points de repère personnels auprès desquels pâliraient pour vous Austerlitz et Waterloo ?

C’est ce jour-là que je fis mon entrée solennelle dans la société française en qualité d’élève interne au lycée de Châtillon !

À la vérité, j’allais partager les honneurs de cette dignité avec deux cent trente de mes jeunes concitoyens. Environ trois cents externes avaient bien aussi quelques droits à se considérer comme appartenant à cet illustre établissement. Mais telle est la part léonine que tout être humain, petit ou grand, fait généreusement à son individu, qu’il me semblait, – et, ma foi, il me semble presque encore, – que le rôle principal était mon lot dans ce drame émouvant.

Quand je parle d’entrée solennelle, je me laisse d’ailleurs entraîner quelque peu par mon imagination, et je traduis plus exactement mon impression d’alors que celle des témoins de cet événement. En réalité, notre équipage, j’en ai bien peur, était plus ridicule qu’imposant. »

Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien. »

La fin d’Illa par José Moselli

Fiche de La fin d’Illa

Titre : La fin d’Illa
Auteur : José Moselli
Date de parution : 1925
Editeur : Bibebook

Première page de La fin d’Illa

« Il faut bien qu’il y ait un commencement à une histoire quelle qu’elle soit, comme il faut bien qu’il y ait un commencement à tout, quoiqu’il n’y ait de commencement à rien. Le commencement d’une histoire est simplement le moment à partir duquel on s’intéresse à ses héros. Du moins dans la plupart des cas, mais pas dans celui qui nous occupe…

On le verra.

Le 22 mars 1875, vers deux heures du matin, le brick américain Grampus, de Norfolk (Virginie), voguait allègrement, toutes ses voiles dessus, vers le sud-est.

Le point, calculé quelques heures auparavant par le capitaine Ellis, avait donné comme résultat 163∘ de longitude ouest et 18∘ 33’ de latitude nord, chiffres, d’ailleurs, sujets à caution, le capitaine Ellis s’entendant beaucoup plus à abattre un homme d’un coup de poing ou à lamper d’une haleine une pinte de whisky qu’à calculer correctement une droite de hauteur.

Peu importait. Le Grampus naviguait en plein Pacifique, loin de toute terre, et quelques milles d’erreur ne pouvaient nuire en rien. »

Extrait de : J. Moselli. « La fin d’Illa. »

La cité du gouffre par José Moselli

Fiche de La cité du gouffre

Titre : La cité du gouffre suivi par Le messager de la planète
Auteur : José Moselli
Date de parution : 1926
Editeur : Bibebook

Première page de La cité du gouffre

« Il existe de nombreux cas, contrôlés, d’hallucinations collectives. Mais tout fait croire que ce qui s’est passé à bord du cargo-boat Ariadne, de Bordeaux, est réel.
Le capitaine Mercier, commandant ce navire, est un homme calme, pondéré, connu pour son sang-froid. Le lieutenant Mauris a été reçu capitaine au long cours le premier de sa promotion. Le chef mécanicien de l’Ariadne, Gérard Fouque, est un quinquagénaire placide ; le second capitaine, Jacques Michel, est connu pour certains travaux astronomiques qui lui ont valu les honneurs d’une communication à l’Académie des sciences.

Tous sont d’accord ; ils ont vu. Ils ont entendu. Et, au reste, le livre de bord, le rapport de mer du capitaine Mercier, signé par deux hommes de l’équipage, attestent qu’il s’agit d’un fait réel, indiscutable – mais que personne ne croira.

Il était cinq heures du soir. L’Ariadne, un cargo chargé de six mille tonnes de riz embarquées à Saigon à destination de Nantes, naviguait dans le golfe d’Aden, lorsque, deux heures après avoir doublé le sinistre cap Guardafui, où tant de navires ont trouvé leur perte, le lieutenant Mauris, qui était de quart, fit prévenir le capitaine Mercier qu’il venait d’apercevoir une mine flottante ! »

Extrait de : J. Moselli. « La cité du gouffre. »