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Nouvelles antiques et exotiques par Théophile Gautier

Fiche de Nouvelles antiques et exotiques

Titre : Nouvelles antiques et exotiques
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1837-1840
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Sommaire de Nouvelles antiques et exotiques

  • La chaîne d’or
  • Le roi Candaule
  • La mille et deuxième nuit
  • Le pavillon sur l’eau
  • Une nuit de Cléopâtre

Première page de La chaîne d’or ou l’amant partagé

« Plangon la Milésienne fut en son temps une des femmes les plus à la mode d’Athènes. Il n’était bruit que d’elle dans la ville ; pontifes, archontes, généraux, satrapes, petits-maîtres, jeunes patriciens, fils de famille, tout le monde en raffolait. Sa beauté, semblable à celle d’Hélène aimée de Paris, excitait l’admiration et les désirs des vieillards moroses et regretteurs du temps passé. En effet, rien n’était plus beau que Plangon, et je ne sais pourquoi Vénus, qui fut jalouse de Psyché, ne l’a pas été de notre Milésienne. Peut-être les nombreuses couronnes de roses et de tilleul, les sacrifices de colombes et de moineaux, les libations de vin de Crète offerts par Plangon à la coquette déesse, ont-ils détourné son courroux et suspendu sa vengeance ; toujours est-il que personne n’eut de plus heureuses amours que Plangon la Milésienne, surnommée Pasiphile. »

Extrait de : T Gautier. « Nouvelles antiques et exotiques. »

Mystère – ville par Jules Lermina

Fiche de Mystère – ville

Titre : Mystère – ville
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1905
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Mystère – ville

« Je suis Français et même Parisien.

Mes parents, braves bourgeois, ayant mené l’existence étroite des gagne-petits dans une modeste boutique de tailleur, m’ont laissé orphelin vers ma vingtième année.

J’avais fait des études assez rudimentaires, sans tenir compte des avis qui m’étaient donnés par ma mère, très férue de l’instruction des autres.

Chose qui paraît d’abord singulière, mais qui est en vérité plus fréquente qu’on ne le croit, mon père, sédentaire par état, calme par disposition, enveloppé de gâteries par ma mère qui ne l’eût pas laissé s’aventurer hors de la banlieue de Paris, par crainte d’accident, ne rêvait que voyages, expéditions lointaines, explorations aux pays mystérieux.

Son unique vice – très combattu par ma mère, toujours inquiète – consistait en l’achat de cartes, de volumes et de journaux de voyages. Livingstone l’avait enthousiasmé, il avait rêvé de Binger, il frémissait au nom de Nordenskjöld, et s’enfiévrait en songeant à Nansen. Il avait loué une mansarde au 6e étage de la maison, sous prétexte d’y ranger des draps et étoffes dites de nouveautés, pour habits, redingotes ou vestons. »

Extrait de : J. Lermina. « Mystère-Ville. »

Le fils de Monte-Cristo par Jules Lermina

Fiche de Le fils de Monte-Cristo

Titre : Le fils de Monte-Cristo (parties 1 et 2)
Auteur : Jules Lermina
Date de parution : 1881
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le fils de Monte-Cristo

« Le 1er janvier 1839, c’est-à-dire environ trois mois après le départ du Comte de Monte-Cristo – l’affaire Benedetto fut inscrite de nouveau au rôle de la cour d’assises.

Mais alors – comme aujourd’hui – les choses allaient si vite à Paris, que nul n’y avait pris garde, et le beau Cavalcanti, qui avait eu son heure de triomphe, risquait fort d’être condamné devant un auditoire composé uniquement de gendarmes et d’avocats.

Il neigeait fort et il gelait dur.

Ce n’était à tous les carrefours que chevaux abattus, que charretiers jurant et cochers s’apostrophant – en raison de ce principe que lorsqu’un cocher a commis une sottise, c’est l’autre qui a tort. »

Extrait de : J. Lermina. « Le Fils de Monte-Cristo (parties1-2). »

Un duo par Arthur Conan Doyle

Fiche de Un duo

Titre : Un duo
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1912
Traduction : A. Savine
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Un duo

« Voici le début de quelques-unes des lettres qu’ils écrivirent à propos de la date à fixer.

Woking, 22 mai.

Ma très chère Maude,

Comme vous le savez, votre mère a été d’avis, et nous avons adopté son avis, que votre mariage ait lieu au commencement de septembre. Ne pensez-vous pas que nous pourrions le fixer au 3 août ? C’est un mercredi, jour convenable à tous les points de vue. Faites en sorte que la date soit changée, car celle-ci serait à bien des égards préférable à l’autre. J’ai hâte de recevoir de vous des nouvelles à ce sujet. Et maintenant, très chère Maude… (Le reste n’a pas d’intérêt pour aujourd’hui.) »

Extrait de : A.C Doyle. « Un Duo. »

Mémoires d’un médecin par Arthur Conan Doyle

Fiche de Mémoires d’un médecin

Titre : Mémoires d’un médecin
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1894
Traduction : F. de Gail
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Mémoires d’un médecin

« Les séances d’amphithéâtre d’hiver s’ouvraient ce jour-là, et un étudiant en médecine de troisième année se promenait avec un de ses amis de première année. Midi sonnait à l’église de Tron.
— Je parie, dit l’homme de troisième année, que vous n’avez jamais vu d’opération ?
— Non, jamais.
— Eh bien, venez avec moi. Voici le bar historique de Rutherford. Un verre de sherry, s’il vous plaît, pour ce monsieur. Vous avez le cœur plutôt sensible, je crois ?
— Je crains, en effet, que mes nerfs ne soient pas très solides.
— Hum ! Un autre verre de sherry pour ce monsieur. Nous allons assister à une opération qui en vaut la peine.
Le novice fit un mouvement d’épaules imperceptible, en essayant de sourire pour se donner un air dégagé. »

Extrait de : A.C Doyle. « Mémoires d’un médecin. »

Ma vie aventureuse par Arthur Conan Doyle

Fiche de Ma vie aventureuse

Titre : Ma vie aventureuse
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1932
Traduction : L. Labat
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Ma vie aventureuse

« Je suis né le 22 mai 1859, à Édimbourg, sur la place de Picardie, ainsi nommée d’après une colonie de huguenots français venus jadis s’y établir. Cette place, à leur époque, faisait partie d’un village situé hors des murs de la ville ; elle se trouve aujourd’hui à l’extrémité de Queen Street, qui donne sur la promenade de la Leith. Je lui trouvai, lors de ma dernière visite, un air de déchéance, mais de mon temps, les appartements y étaient recherchés.
Mon père était le plus jeune fils de John Doyle qui, passé de Dublin à Londres en 1815, y connut une grande réputation de dessinateur entre 1825 et 1850 : on peut dire de ses crayons, publiés sous les initiales fantaisistes H. B., qu’ils créèrent la caricature polie. Avant lui, en effet, la satire procédait brutalement, elle donnait à son objet des traits et des formes grotesques. Gilray et Rowlandson n’en eurent pas une autre conception. »

Extrait de : A.C Doyle. « Ma Vie aventureuse. »

Les exploits du Colonel Gérard – Tome 2 par Arthur Conan Doyle

Fiche de Les exploits du colonel Gérard – Tome 2

Titre : Les exploits du colonel Gérard – Tome 2
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1898
Traduction : G. Adam
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Les exploits du colonel Gérard – Tome 2

« Masséna était un petit homme maigre à l’air grognon, qui avait perdu un œil à la suite d’un accident de chasse ; mais, quand de l’œil qui lui restait il examinait un champ de bataille, il ne lui échappait pas grand’chose. Il pouvait se tenir sur le front d’un bataillon, le parcourir de cet œil unique et vous dire s’il manquait une boucle à un havresac ou un bouton à une guêtre. Il n’avait l’affection ni des officiers ni des hommes, car il était, comme vous le savez, d’une avarice excessive, et les soldats aiment que leurs chefs aient facilement la main ouverte. Toutefois, quand il s’agissait de se battre, ils avaient pour lui le plus grand respect et ils préféraient aller au feu avec lui qu’avec n’importe qui, si ce n’est l’Empereur lui-même et Lannes, quand il vivait. Après tout, s’il était vrai qu’il sût bien garder ses écus, il y eut un jour aussi, vous vous le rappelez, où il sut garder Zürich et Gênes. Il conservait ses positions tout comme son coffre-fort et bien habile qui les lui aurait fait lâcher. »

Extrait de : A.C Doyle. « Les Exploits du Colonel Gérard (tome 2). »

Les exploits du colonel Gérard – Tome 1 par Arthur Conan Doyle

Fiche de Les exploits du colonel Gérard – Tome 1

Titre : Les exploits du colonel Gérard – Tome 1
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1898
Traduction : G. Adam
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Les exploits du colonel Gérard – Tome 1

« Le duc de Tarente, ou Macdonald, comme préfèrent l’appeler ses vieux camarades, était ce jour-là d’une humeur exécrable. Sa figure renfrognée d’Écossais ressemblait à un de ces grotesques marteaux de porte que l’on peut voir dans le faubourg Saint-Germain. J’ai su, depuis, que l’Empereur avait dit un jour, en plaisantant, qu’il l’aurait bien envoyé contre Wellington dans le sud, mais qu’il n’avait pas voulu se hasarder à lui laisser entendre le son des pibrochs. Le major Charpentier et moi nous voyions clairement qu’il était en ce moment dans une grande colère.

— Colonel Gérard, des hussards, cria-t-il, du ton d’un caporal interpellant une recrue.

Je saluai.

— Major Charpentier, des grenadiers à cheval.

Mon camarade répondit de même à l’appel de son nom.

— L’Empereur a une mission à vous confier. »

Extrait de : A.C Doyle. « Les Exploits du Colonel Gérard (tome 1). »

Les aventures du brigadier Gérard par Arthur Conan Doyle

Fiche de Les aventures du brigadier Gérard

Titre : Les aventures du brigadier Gérard
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1903
Traduction : L. Labat
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Les aventures du brigadier Gérard

« C’est au café que le vieux brigadier contait ses histoires.

J’ai vu bien des cités, mes amis, je ne saurais vous dire toutes celles où j’entrai en vainqueur, suivi de mes huit cents petits bougres tintants et cliquetants. La cavalerie marchait en tête de la Grande Armée, les hussards de Conflans marchaient en tête de la cavalerie, je marchais en tête des hussards de Conflans. Des innombrables villes qui reçurent ma visite, Venise est la plus mal bâtie et la plus ridicule. Comment les gens de l’état-major imaginèrent-ils que la cavalerie y pourrait manœuvrer ? Murat ou Lasalle eux-mêmes eussent été bien empêchés d’y amener un escadron. Nous laissâmes donc à Padoue, qui est en terre ferme, la brigade lourde de Kellermann et ses hussards. Mais Suchet, avec l’infanterie, occupa Venise. Il m’avait choisi pour son aide de camp, étant fort satisfait de moi à propos de certaine affaire où j’avais heureusement soutenu contre un maître d’armes de Milan l’honneur de l’escrime française. »

Extrait de : A.C Doyle. « Les Aventures du Brigadier Gérard. »

Le ciel empoisonné par Arthur Conan Doyle

Fiche de Le ciel empoisonné

Titre : Le ciel empoisonné
Auteur : Arthur Conan Doyle
Date de parution : 1913
Traduction : L. Labat
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande

Première page de Le ciel empoisonné

« Il importe que je consigne tout de suite ces choses stupéfiantes, alors qu’elles gardent dans mon esprit leur netteté première et une exactitude de détails que le temps risquerait d’affaiblir.
Mais, d’abord, comment ne pas admirer qu’après avoir constitué le petit groupe du Monde Perdu, le professeur Challenger, le professeur Summerlee, lord John Roxton et moi, nous nous soyons aussi trouvés désignés pour une pareille fortune ?
Quand, il y a quelques années, je donnai à la Daily Gazette une chronique du voyage fameux que nous venions de faire en Sud-Amérique, je ne prévoyais pas qu’un jour il m’appartiendrait de rapporter une aventure encore plus étrange, une aventure proprement unique dans les annales de l’humanité, et telle que dorénavant elle dominera tous les souvenirs humains, comme un pic les humbles collines qui l’entourent. Si, par lui-même, l’événement doit laisser à jamais une impression de merveilleux, les circonstances qui nous réunirent tous les quatre à cette occasion se produisirent le plus naturellement du monde, et, pour ainsi dire, inévitablement. »

Extrait de : A.C Doyle. « Le Ciel empoisonné. »