Étiquette : Bibliothèque Numérique Romande

 

Kathi la grand’mère (première partie) par Jeremias Gotthelf

Fiche de Kathi la grand’mère

Titre : Kathi la grand’mère (Tome 1 sur 2)
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : J. Sandoz
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Kathi la grand’mère

« Si quelqu’un eût pu assister à l’enfantement des montagnes, quand ces gigantesques enfants de la terre surgirent de son sein, et, frais éclos de ses entrailles brûlantes, se raidirent au contact de l’atmosphère glacée qui l’entourait ; si quelqu’un eût été là, quand arrivèrent des brises déjà tièdes et que s’épanouirent ces enfants aux chauds rayons du soleil, quand leurs vêtements de glace se fondirent en eau, que les torrents percèrent la croûte des montagnes, s’ouvrirent des issues, creusèrent des bas-fonds, créèrent des vallées, firent de la Suisse une immense cataracte, il fût demeuré muet devant ce spectacle imposant, il eût été tellement saisi, que son âme entière fût restée dans une perpétuelle adoration. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Kathi la grand’mère. »

Dursli le buveur d’eau-de-vie par Jeremias Gotthelf

Fiche de Dursli le buveur d’eau-de-vie

Titre : Dursli le buveur d’eau-de-vie
Auteur : Jeremias Gotthelf
Date de parution : 1901
Traduction : J. Sandoz
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Dursli le buveur d’eau-de-vie

« Dans une vallée à la fraîche verdure il y avait une cabane vieille et caduque, et dans cette cabane un mari et une femme fort perplexes.
Le citoyen Hans Joggi avait été convoqué à une assemblée de journaliers à l’époque où, pareils à deux oiseaux inconnus, les mots de liberté et d’égalité avaient passé de France en Suisse par dessus le Jura. Or beaucoup de gens entendaient ces mots d’une façon tout à fait pratique, comme si la liberté était le droit de n’agir qu’à sa fantaisie, et l’égalité celui de prendre, à sa fantaisie aussi, ce que tout autre possédait jusqu’à ce qu’il n’eût plus rien. Il y avait de gros messieurs qui comprenaient la chose ainsi, en particulier les généraux français qui pillaient la Suisse sans vergogne comme de grands seigneurs. »

Extrait de : J. Gotthelf. « Dursli, le buveur d’eau de vie. »

Le maître du jour et du bruit par Georges Delhoste

Fiche de Le maître du jour et du bruit

Titre : Le maître du jour et du bruit
Auteur : Georges Delhoste
Date de parution : 1933
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le maître du jour et du bruit

« Ce matin-là, Mme Delachaînaie s’était réveillée fort triste. Ayant très mal dormi, d’un sommeil haché de cauchemars, elle se sentait dominée par un malaise indéfinissable contre lequel, de toutes ses forces et de toute sa volonté, elle se contraignait à lutter. Son intelligence, très vive, lui faisait honte de céder à ce qui, tout pesé, n’était que vagues pressentiments. Appuyée sur la base solide de sa raison, elle se gourmandait.

Ce jour-là, plus que d’autres, en effet, n’avait-elle pas que des motifs d’être heureuse, aussi complètement heureuse que peut l’être une mère ? Et, mère, elle l’était, dans toute l’acception du terme, avec tout ce qu’il impose d’admiration et de respect. N’était-ce pas précisément, ce 21 juin, un bien beau jour, qui, par une heureuse coïncidence, amenait avec lui à la fois le vingtième anniversaire de sa grande et si belle Suzanne, sa fille unique, et les fiançailles de son enfant profondément chérie ? »

Extrait de : G. Delhoste. « Le Maître du jour et du bruit. »

Le secteur fatal par Gabriel Bernard

Fiche de Le secteur fatal

Titre : Le secteur fatal
Auteur : Gabriel Bernard
Date de parution : 1923
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Le secteur fatal

« AU grand dîner que donnait ce soir-là, à l’occasion de son retour à Paris, le richissime Américain Norbert Partridge, il n’était question que de l’épouvantable série de naufrages qui, depuis quelque temps, décimait les paquebots, de toute nationalité, naviguant dans les mers australes.

Après la guerre, le trafic maritime les États-Unis et l’Australie avait pris un essor formidable.

De San Francisco pour Melbourne et de Melbourne pour San Francisco, les départs de navires, naguère très espacés, étaient devenus quotidiens. Le temps n’était pas éloigné où l’activité de cette ligne serait comparable aux relations transatlantiques entre New-York, la France et l’Angleterre.

Or, depuis quelques mois, les sinistres maritimes s’étaient multipliés dans des proportions qui rappelaient les pires périodes des torpillages boches. »

Extrait de : G. Bernard. « Le Secteur fatal. »

La volonté de M. John-Harry Will par Gabriel Bernard

Fiche de La volonté de M. John-Harry Will

Titre : La volonté de M. John-Harry Will
Auteur : Gabriel Bernard
Date de parution : 1921
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La volonté de M. John-Harry Will

« EN SORTANT ce matin-là du cabinet directorial, l’ingénieur principal et le chef des services commerciaux de la Great Continental Company, la plus grosse firme américaine pour la fabrication des générateurs électriques se regardèrent avec une expression d’effarement.

— Nous avons la même pensée, dit le premier, un homme d’une trentaine d’années au visage intelligent et réfléchi, qui se nommait Hoggerton, mais le lieu serait mal choisi pour échanger nos impressions. Voulez-vous venir dans mon bureau ?

Les deux personnages se trouvaient alors dans le clair hall en forme de rotonde qui servait d’antichambre au cabinet de John-Harry Will, le directeur général de la Great Continental, l’un des premiers potentats de l’industrie américaine, vrai dictateur économique de la volonté de qui dépendaient, directement ou indirectement, des milliers d’entreprises. »

Extrait de : G. Bernard. « La Volonté de M. John-Harry Will. »

Les buveurs d’espace par Pierre Adam

Fiche de Les buveurs d’espace

Titre : Les buveurs d’espace
Auteur : Pierre Adam
Date de parution : 1922
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Les buveurs d’espace

« — Je ne suis pas un voleur monsieur !

— Et moi, monsieur, je suis honnête !

— C’est possible, monsieur !

— C’est certain, monsieur !

Les deux voyageurs se dévisageaient avec colère. Derrière eux, d’autres voyageurs qui faisaient la queue depuis cinq minutes sans avancer d’un pas, protestèrent :

— Assez ! Ça va ! Pas de discours !

L’employé commis à la distribution des bagages leva les bras vers le haut plafond du hall d’arrivée de la gare d’Austerlitz, comme pour dire : « Est-ce que j’y puis quelque chose, moi ? Vous voyez bien que ces deux messieurs me mettent dans un rude embarras ! » Le chœur des protestataires s’enfla en tempête :

— À la suite ! À la suite ! Nos colis ! nos colis ! »

Extrait de : P. Adam. « Les Buveurs d’Espace. »

Alice aux pays des merveilles par Lewis Carroll

Fiche de Alice aux pays des merveilles

Titre : Alice aux pays des merveilles
Auteur : Lewis Carroll
Date de parution : 1869
Traduction : H. Bué
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de Alice aux pays des merveilles

« ALICE, assise auprès de sa sœur sur le gazon, commençait à s’ennuyer de rester là à ne rien faire ; une ou deux fois elle avait jeté les yeux sur le livre que lisait sa sœur ; mais quoi ! pas d’images, pas de dialogues ! « La belle avance, » pensait Alice, « qu’un livre sans images, sans causeries ! »

Elle s’était mise à réfléchir, (tant bien que mal, car la chaleur du jour l’endormait et la rendait lourde,) se demandant si le plaisir de faire une couronne de marguerites valait bien la peine de se lever et de cueillir les fleurs, quand tout à coup un lapin blanc aux yeux roses passa près d’elle. »

Extrait de : Lewis Carroll. « Alice au pays des merveilles. »

La guerre des mondes T.2 (avec illustrations) par H. G. Wells

Fiche de La guerre des mondes (avec illustrations)

Titre : La guerre des mondes (Tome 2 sur 2)
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1898
Traduction : H. D. Davray
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La guerre des mondes (avec illustrations)

« Après avoir raconté ce qui était arrivé à mon frère, je vais reprendre le récit de mes propres aventures où je l’ai laissé, au moment où le vicaire et moi étions entrés nous cacher dans une maison d’Halliford, dans l’espoir d’échapper à la Fumée Noire. Nous y demeurâmes toute la nuit du dimanche et le jour suivant – le jour de la panique – comme dans une petite île d’air pur, séparés du reste du monde par un cercle de vapeur suffocante. Nous n’avions qu’à attendre dans une oisiveté angoissante, et c’est ce que nous fîmes pendant ces deux interminables jours. »

Extrait de : H. G. Wells. « La Guerre des Mondes (Livre Second). »

La guerre des mondes T.1 (avec illustrations) par H. G. Wells

Fiche de La guerre des mondes (avec illustrations)

Titre : La guerre des mondes (Tome 1 sur 2)
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1898
Traduction : H. D. Davray
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de La guerre des mondes (avec illustrations)

« Personne n’aurait cru dans les dernières années du XIXe siècle, que les choses humaines fussent observées, de la façon la plus pénétrante et la plus attentive, par des intelligences supérieures aux intelligences humaines et cependant mortelles comme elles ; que, tandis que les hommes s’absorbaient dans leurs occupations, ils étaient examinés et étudiés d’aussi près peut-être qu’un savant peut étudier avec un microscope les créatures transitoires qui pullulent et se multiplient dans une goutte d’eau. Avec une suffisance infinie, les hommes allaient de-ci de-là par le monde, vaquant à leurs petites affaires, dans la sereine sécurité de leur empire sur la matière. Il est possible que, sous le microscope, les infusoires fassent de même. Personne ne donnait une pensée aux mondes plus anciens de l’espace comme sources de danger pour l’existence terrestre, ni ne songeait seulement à eux pour écarter l’idée de vie à leur surface comme impossible ou improbable.  »

Extrait de : H. G. Wells. « La Guerre des Mondes (Livre Premier).  »

L’oeuf de cristal par H. G. Wells

Fiche de L’oeuf de cristal

Titre : L’oeuf de cristal
Auteur : H. G. Wells
Date de parution : 1899
Traduction : H.-D. Davrey
Editeur : Bibliothèque numérique romande

Première page de L’oeuf de cristal

« L’année dernière encore, il y avait, non loin des Sept Cadrans, une petite boutique, d’aspect rébarbatif, sur laquelle était peinte, en lettres jaunes à demi effacées, l’enseigne : C. Cave, naturaliste et marchand d’antiquités. Le contenu des vitrines était curieusement varié. Elles renfermaient des défenses d’éléphant, un jeu d’échecs incomplet, des verroteries, des armes, une boîte d’yeux, deux crânes de tigre, un crâne humain, plusieurs singes – l’un d’eux tenant une lampe – empaillés et mangés des vers, de vieux meubles démodés, un œuf d’autruche piqué des mouches, des engins de pêche, un aquarium de verre extraordinairement sale et vide. Il y avait aussi, au moment où cette histoire commence, une masse de cristal façonnée en forme d’œuf et merveilleusement polie. Cet œuf, deux personnes arrêtées devant la vitrine l’examinaient : l’une, un clergyman grand et maigre ; l’autre, un jeune homme à la barbe très noire, au teint basané et de »

Extrait de : H. G. Wells. « L’Œuf de Cristal. »