Étiquette : BnF
Salon de 1847 par Théophile Gautier
Fiche de Salon de 1847
Titre : Salon de 1847
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1847
Editeur : BnF
Première page de Salon de 1847
« Cette année, l’on a mis à la porte complétement ou en partie R. Lehmann, Chasseriau, Champmartin, Galimard, Alexandre Hesse, Gigoux, Corot, Odier, Guignet, Boissard, Vidal, Penguilly-L’Haridon, Desgoffe, Haffner, Oscar Gué, Beaumé, Pirigret, et bien d’autres dont nous ne citons pas les noms, de peur de donner à notre article l’air d’un martyrologe. Les sculpteurs n’ont pas été mieux traités ; ils comptent parmi leurs blessés Ottin, Dantan, Gayrard, Mène, Elschoet, Maindron.
On ne fera croire à personne que les ouvrages envoyés par ces artistes recommandables sous tant de rapports, et parfaitement connus du public, n’étaient pas dignes d’être mis sous les yeux.
Sans parler des artistes refusés, il manque au salon beaucoup de maîtres. M. Ingres, qui prend les louanges les plus vives pour des critiques, ne veut pas affronter le grand jour du Louvre ; Delaroche n’expose plus ; Ary Scheffer, Gleyre, Schnetz, Amaury Duval, Decamps, Cabat, Aligny, Jules Dupré, Meissonier, se sont abstenus. Eh bien ! malgré toutes ces absences, volontaires ou forcées, la jeune école française a dans les veines un sang si vivace et d’une pourpre si riche que les vides ne se sentent pas. »
Extrait de : T. Gautier. « Salon de 1847. »
Romans et contes par Théophile Gautier
Fiche de Romans et contes
Titre : Romans et contes
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1897
Editeur : BnF
Sommaire de Romans et contes
- Avatar
- Jettatura
- Arria Marcella – Souvenir de Pompeï
- La mille et deuxième nuit
- Le pavillon sur l’eau
- L’enfant aux souliers de pain
- Le chevalier double
- Le pied de momie
- La pipe d’opium
- Le club des haschischins
Première page d’Avatar
« Personne ne pouvait rien comprendre à la maladie qui minait lentement Octave de Saville. Il ne gardait pas le lit et menait son train de vie ordinaire ; jamais une plainte ne sortait de ses lèvres, et cependant il dépérissait à vue d’œil. Interrogé par les médecins que le forçait à consulter la sollicitude de ses parents et de ses amis, il n’accusait aucune souffrance précise, et la science ne découvrait en lui nul symptôme alarmant : sa poitrine auscultée rendait un son favorable, et à peine si l’oreille appliquée sur son cœur y surprenait quelque battement trop lent ou trop précipité ; il ne toussait pas, n’avait pas la fièvre, mais la vie se retirait de lui et fuyait par une de ces fentes invisibles dont l’homme est plein, au dire de Térence.
Quelquefois une bizarre syncope le faisait pâlir et froidir comme un marbre. Pendant une ou deux minutes on eût pu le croire mort ; puis le balancier, arrêté par un doigt mystérieux, n’étant plus retenu, reprenait son mouvement, et Octave paraissait se réveiller d’un songe. »
Extrait de : T. Gautier. « Romans et contes. »
Portraits et souvenirs littéraires par Théophile Gautier
Fiche de Portraits et souvenirs littéraires
Titre : Portraits et souvenirs littéraires
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1875
Editeur : BnF
Sommaire de Portraits et souvenirs littéraires
- Gérard de Nerval
- Madame Émile de Girardin
- Henri Heine
- Charles Baudelaire
- Achim d’Arnim
Première page de Gérard de Nerval
« Les morts vont vite par le frais ! » dit Bürger dans sa ballade de Lenore, si bien traduite par Gérard de Nerval ; mais ils ne vont pas tellement vite, les morts aimés, qu’on ne se souvienne longtemps de leur passage à l’horizon, où, sur la lune large et ronde, se dessinait fantastiquement leur fugitive silhouette noire.
Voilà bientôt douze ans que, par un triste matin de janvier, se répandit dans Paris la sinistre nouvelle. Aux premières lueurs d’une aube grise et froide, un corps avait été trouvé, rue de la Vieille-Lanterne, pendu aux barreaux d’un soupirail, devant la grille d’un égout, sur les marches d’un escalier où sautillait lugubrement un corbeau familier qui semblait croasser, comme le corbeau d’Edgar Poe : Never, oh ! never more ! Ce corps, c’était celui de Gérard de Nerval, notre ami d’enfance et de collège, notre collaborateur à la Presse et le compagnon fidèle de nos bons et surtout de nos mauvais jours, qu’il nous fallut, éperdu, les yeux troublés de larmes, aller reconnaître sur la dalle visqueuse dans l’arrière-chambre de la Morgue. Nous étions aussi pâles que le cadavre, et, au simple souvenir de cette entrevue funèbre, le frisson nous court encore sur la peau. »
Extrait de : T. Gautier. « Portraits et souvenirs littéraires. »
Portraits contemporains par Théophile Gautier
Fiche de Portraits contemporains
Titre : Portraits contemporains
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1874
Editeur : BnF
Sommaire de Portraits contemporains
- Théophile Gautier – né en 1811 – mort en 1872
- Alphonse Karr
- Sophie Gay – née en 1776 – morte en 1852
- Henry Monnier
- Béranger – né en 1780 – mort en 1857
- Brizeux – né en 1806 – mort en 1858
- Honoré de Balzac – né en 1799 – mort en 1850
- Henry Murger – né en 1822 – mort en 1861
- Méry – né en 1794 – mort en 1866
- Léon Gozlan – né en 1806 – mort en 1866
- Philoxène Boyer – né en 1827 – mort en 1867
- Charles Baudelaire – né en 1821 – mort en 1867
- Louis de Cormenin – né en 1826 – mort en 1866
- Alphonse de Lamartine – né en 1790 – mort en 1869
- Louis Bouilhet – né en 1824 – mort en 1869
- Paul de Kock – né en 1794 – mort en 1870
- Jules de Goncourt – né en 1830 – mort en 1870
- Jules Janin
- Albert Glatigny – né en 1839 – mort en 1875
- Denecourt – Le Sylvain
- A. C. de Laberge – né en 1805 – mort en 1812
- Tony Johannot – né en 1803 – mort en 1852
- Grandville – né en 1803 – mort en 1847
- Marilhat – né en 1811 – mort en 1847
- Théodore Chassériau – né en 1819 – mort en 1856
- Ziegler – né en 1804 – mort en 1856
- Ingres – né en 1781 – mort en 1867
- Paul Delaroche – né en 1797 – mort en 1856
- Ary Scheffer – né en 1793 – mort en 1838
- Horace Vernet – né en 1789 – mort en 1863
- Eugène Delacroix – né en 1798 – mort en 1865
- Hippolyte Flandrin – né en 1809 – mort en 1864
- Gavarni – né en 1801 – mort en 1866
- Joseph Thierry – né en 1812 – mort en 1866
- Hébert
- E. Appert – né en 1820 – mort en 1867
- Dauzats – né en 1808 – mort en 1868
- Gabriel Tyr
- Simart – né en 1806 – mort en 1887
- David d’Angers – né en 1789 – mort en 1856
- Mademoiselle Fanny Essler
- Mademoiselle Georges – née en 1786 – morte en 1867
- Mademoiselle Juliette
- Madame Jenny Colon-Leplus – née en 1808 – morte en 1842
- Mademoiselle Suzanne Brohan
- Madame Damoreau – née en 1801 – morte en 1863
- Mademoiselle Falcon
- Madame Dorval – née en 1801 – morte en 1849
- Mademoiselle Ida Ferrier
- Madame Anna Thillon
- Carlotta Grisi
- Mademoiselle Mars – née en 1779 – morte en 1817
- Vernet – né en 1790 – mort en 1868
- Odry
- Mademoiselle Rachel – née en 1820 – morte en 1858
- Emma Livry – née en 1842 – morte en 1863
- Rouvière – né en 1809 – mort en 1865
- Provost – né en 1798 – mort en 1865
- Madame Sontag – Comtesse Rossi
Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres par Théophile Gautier
Fiche de Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres
Titre : Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1873
Editeur : BnF
Sommaire de Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses oeuvres
- Singularités
- Galanteries
- Bonapartisme
Première page de Cauchemar
« Avec ses nerfs rompus, une main écorchée
Qui marche sans le corps dont elle est arrachée,
Crispe ses doigts crochus armés d’ongles de fer
Pour me saisir : des feux pareils aux feux d’enfer
Se croisent devant moi ; dans l’ombre des yeux fauves
Rayonnent ; des vautours à cous rouges et chauves
Battent mon front de l’aile, en poussant des cris sourds :
En vain pour me sauver je lève mes pieds lourds,
Des flots de plomb fondu subitement les baignent,
A des pointes d’acier ils se heurtent et saignent,
Meurtris et disloqués ; et mon dos cependant
Ruisselant de sueur, frissonne au souffle ardent »
Extrait de : T. Gautier. « Poésies de Th. Gautier qui ne figureront pas dans ses œuvres. »
Militona par Théophile Gautier

Fiche de Militona
Titre : Militona
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1847
Editeur : BnF
Première page de Militona
« Un lundi du mois de juin de 184… dia de toros, comme on dit en Espagne, un jeune homme de bonne mine, mais qui paraissait d’assez mauvaise humeur, se dirigeait vers une maison de la rue San Bernardo, dans la très noble et très héroïque cité de Madrid.
D’une des fenêtres de cette maison s’échappait un clapotis de piano qui augmenta d’une manière sensible le mécontentement peint sur les traits du jeune homme : il s’arrêta devant la porte comme hésitant à entrer ; mais cependant il prit une détermination violente, et surmontant sa répugnance, il souleva le marteau au fracas duquel répondit dans l’escalier le bruit de pas lourds et gauchement empressés du gallego qui venait ouvrir.
On aurait pu supposer qu’une affaire désagréable, un emprunt usuraire à contracter, une dette à solder, un sermon à subir de la part de quelque vieux parent grondeur amenait ce nuage sur la physionomie naturellement joyeuse de don Andrès de Salcedo.
Il n’en était rien. »
Extrait de : T. Gautier. « Militona. »
Ménagerie intime par Théophile Gautier
Fiche de Ménagerie intime
Titre : Ménagerie intime
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1869
Editeur : BnF
Première page de Ménagerie intime
« On a souvent fait notre caricature : habillé à la turque, accroupi sur des coussins, entouré de chats dont la familiarité ne craint pas de nous monter sur les épaules et même sur la tête. La caricature n’est que l’exagération de la vérité ; et nous devons avouer que nous avons eu de tout temps pour les chats en particulier, et pour les animaux en général, une tendresse de brahmane ou de vieille fille. Le grand Byron traînait toujours après lui une ménagerie, même en voyage, et il fit élever un tombeau avec une épitaphe en vers de sa composition, dans le parc de l’abbaye de Newstead, à son fidèle terre-neuve Boastwain. On ne saurait nous accuser d’imitation pour ce goût, car il se manifesta chez nous à un âge où nous ne connaissions pas encore notre alphabet.
Comme un homme d’esprit-prépare en ce moment une Histoire des animaux de lettres, nous écrivons ces notes dans lesquelles il pourra puiser, en ce qui concerne nos bêtes, des documents certains. »
Extrait de : T. Gautier. « Ménagerie intime. »
Mademoiselle de Maupin par Théophile Gautier

Fiche de Mademoiselle de Maupin
Titre : Mademoiselle de Maupin
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1878
Editeur : BnF
Première page de Mademoiselle de Maupin
« Tu te plains, mon cher ami, de la rareté de mes lettres. – Que veux-tu que je t’écrive, sinon que je me porte bien et que j’ai toujours la même affection pour toi ? – Ce sont choses que tu sais parfaitement, et qui sont si naturelles à l’âge que j’ai et avec les belles qualités qu’on te voit, qu’il y a presque du ridicule à faire parcourir cent lieues à une misérable feuille de papier pour ne rien dire de plus. – J’ai beau chercher, je n’ai rien qui vaille la peine d’être rapporté ; – ma vie est la plus unie du monde, et rien n’en vient couper la monotonie. Aujourd’hui amène demain comme hier avait amené aujourd’hui ; et, sans avoir la fatuité d’être prophète, je puis prédire hardiment le matin ce qui m’arrivera le soir. »
Extrait de : T. Gautier. « Mademoiselle de Maupin. »
Loin de Paris par Théophile Gautier
Fiche de Loin de Paris
Titre : Loin de Paris
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1865
Editeur : BnF
Sommaire de Loin de Paris
- En Afrique
- En Espagne – les courses royales à Madrid
- En Grèce
- Ce qu’on peut voir en six jours
Première page de En Afrique
« Le mois de juin venait de finir, et l’été, sourd aux appels des pantalons de nankin et des paletots de coutil, ne se décidait pas à faire son entrée. Las de l’attendre, nous résolûmes d’aller au-devant de lui ; car nous commencions à ressentir les atteintes d’une maladie bizarre à laquelle nous sommes sujet, et que nous, appellerons la maladie du bleu. Aucune nosographie n’en fait mention à notre connaissance. Elle se développe chez nous, après une saison pluvieuse, sous l’influence d’une atmosphère grise et attristée de brouillard ; nous tombons d’abord dans un dégoût de toutes choses, dans un marasme profond. Nos amis nous deviennent insupportables, les plus douces relations nous sont à charge, aucun livre ne nous amuse, nul spectacle ne nous distrait ; nous avons la nostalgie de l’azur : dans nos rêves, il nous semble être bercé par des vagues de saphir sous un ciel de turquoise. Nous sommes en proie à des hallucinations de cobalt, d’outremer et d’indigo ; et, comme dans la strophe de Byron, nous voyons s’élever, du bleu foncé de la mer vers le bleu foncé du ciel, des dentelures de villes éblouissantes de blancheur. »
Extrait de : T. Gautier. « Loin de Paris. »
Lettre à la présidente – Voyage en Italie 1850 par Théophile Gautier
Fiche de Lettre à la présidente – Voyage en Italie 1850
Titre : Lettre à la présidente – Voyage en Italie 1850
Auteur : Théophile Gautier
Date de parution : 1890
Editeur : BnF
Première page de Lettre à la présidente – Voyage en Italie 1850
« CETTE lettre ordurière, destinée à remplacer les saloperies dominicales, s’est bien fait attendre ; mais c’est la faute de l’ordure et non celle de l’auteur.
La pudicité règne en ces lieux solennels mais antiques, et j’ai le grand regret de ne pouvoir vous envoyer que des cochonneries breneuses et peu spermatiques. Je vais procéder par ordre de route :
A Genève, le gouvernement vous recommande, à la porte de la ville, devoir ci derrière ; ce qui est beaucoup, dans une ville protestante, où, pour humilier les catholiques, et leur montrer qu’ils ne sont que des payens sensuels, les femmes se rabotent le cul et les tétons avec la varlope de la modestie, selon la méthode américaine.
Nous avons fait tous nos efforts pour voir ces douze fesses prescrites par l’autorité, et nous n’en avons vu que quatre, sur la corde raide, séparées par un périnée plafonnant, et formant, sous la jupe de deux jeunes saltimbanques allemandes, deux culs rebondis, qui ne devaient pas être désagréables dans le tête à tête. »
Extrait de : T. Gautier. « Lettre à la présidente – Voyage en Italie, 1850. »