Étiquette : Calmann-Lévy
Le monde divin par Ian Watson

Fiche de Le monde divin
Titre : Le monde divin
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Bakhtadzé
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le monde divin
« CETTE fois, pour faire l’amour, nous découvrons le hublot. Les lumières sont éteintes et nous flottons dans le pâle crépuscule qui a envahi la cabine. Baisers. Caresses.
Dehors, le Haut Espace : un océan de lueurs incertaines, où s’épanouissent et meurent d’imprévisibles volutes brillantes. On pourrait croire aux images distordues d’étoiles aperçues à travers le kaléidoscope du Haut Espace. Mais les instruments du vaisseau n’enregistrent pas la présence d’étoiles. Ce doivent être plutôt les reflets fantomatiques du vaisseau lui-même, d’informes échos de nous-mêmes se répétant à l’infini aux frontières de l’espace normal d’où nous venons et qui nous rappelle.
Ce ne sont peut-être que des atomes détachés de la coque, des particules qui vont s’éparpiller aux confins du Haut Espace ; agglomérées dans notre sillage en monticules de matière solide, elles retournent cascader dans l’hydrogène interstellaire.
« Si loin de la terre, et si proches l’un de l’autre », murmure Peter. »
Extrait de : I. Watson. « Le monde divin. »
Planète à six-coups par John Jakes

Fiche de Planète à six-coups
Titre : Planète à six-coups
Auteur : John Jakes
Date de parution : 1970
Traduction : A. Zribi
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Planète à six-coups
« La lune était couchée. Ce fut la première chose que remarqua, confusément, Zak Randolf, quand il fut réveillé par un bruit insolite dans le silence de la nuit.
S’étant mis sur son séant, il agita les pieds et poussa quelques ruades de manière à dégager ses jambes bottées entortillées au fond du sac de couchage. Il pouvait maintenant agir vite si nécessaire. Et cela pourrait bien l’être. L’air de la nuit lui picotait l’intérieur des narines et des oreilles.
Il souleva légèrement la fesse droite pour tirer de sous lui son étui à revolver, se remit d’aplomb, rattacha la lanière autour de sa jambe droite. À présent, la crosse de son six-coups émergeait à l’air libre. Toute cette fichue panoplie l’encombrait, le mettait mal à l’aise. Mais il l’avait au moins à portée de la main.
Quelque chose bougeait là-bas, dans les ténèbres. Il discerna les bruits de sabots de plusieurs poneys. Peut-être bien une demi-douzaine. La distance ? Impossible à déterminer, quoique le vent soufflât dans sa direction. »
Extrait de : J. Jakes. « Planète à six coups. »
Le modèle Jonas par Ian Watson

Fiche de Le modèle Jonas
Titre : Le modèle Jonas
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1975
Traduction : M. Perrin
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Le modèle Jonas
« IL fend les eaux au-dessus d’une chaîne de montagnes. Les sommets en dos-d’âne surgissent brutalement des abysses bourbeux, jalonnant un dédale de gorges sinistres dont chacune abrite peut-être un de ces gigantesques Dix-Bras rusés, aux ventouses meurtrières et aux membres d’acier.
Pourquoi cette allusion à l’acier ?
Lisse et rigide, l’Acier renferme des cavités comme celles qui abritent les intestins, l’estomac, les poumons ; mais là s’arrête le parallèle puisque ces poches vides ne répondent par aucune modification de forme au milieu environnant.
L’Acier n’a aucun rapport avec un Dix-Bras… à moins qu’il en existe une espèce déformable, susceptible de se lover et de se tordre ; mais en tout cas, lui n’en avait encore jamais rencontré ! Résistant comme l’acier est une… métaphore. Une approche de la réalité.
Approche plutôt vague et faussée, d’ailleurs. »
Extrait de : I. Watson. « Le modèle Jonas. »
La mort en cage par Ian Watson

Fiche de La mort en cage
Titre : La mort en cage
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1981
Traduction : J.-P. Pugi
Editeur : Calmann Lévy
Première page de La mort en cage
« L’unique voiture du monorail de Gracchus laissa brusquement derrière elle l’obscurité du dernier tunnel et fut nimbée par la clarté chaude et dorée de la vallée. Jim Todhunter découvrait Egremont et ce qu’il voyait le comblait de bonheur.
La vallée et la communauté qui y vivait paraissaient aussi idylliques que le voulait leur réputation. Et si Jim regrettait Gracchus et les recherches sur la mort qu’il avait effectuées dans cette ville, il ne pouvait considérer le fait d’être muté à Egremont comme une sanction. Un tel transfert évoquait plutôt un prix de consolation.
Jim déplia la carte que Noël Resnick, le Maître du Mouroir d’Egremont, lui avait fait parvenir juste avant son départ. Pendant que le monorail descendait en soupirant vers les faubourgs, il tenta de faire correspondre les tracés de ce plan avec les détails de la scène qui s’offrait à lui. »
Extrait de : I. Watson. « La Mort en cage. »
L’inca de Mars par Ian Watson

Fiche de L’inca de Mars
Titre : L’inca de Mars
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : D. Neumann
Editeur : Calmann Lévy
Première page de L’inca de Mars
« A trente mille kilomètres de la terre, la sonde Zayits fonçait pour effectuer sa rentrée dans l’atmosphère. Le robot « Lièvre » allait se poser en douceur sur les champs de neige du Kazakhstan. Ses parachutes de freinage s’ouvriraient à six mille mètres. A quatre mille mètres, le parachute principal, de couleur orange, s’ouvrirait à son tour. Sa corolle déployée trancherait sur la neige, qui, bien que le plus fort de l’hiver fût déjà passé, recouvrait encore le sol russe d’un duvet blanc et craquant.
Du flanc du robot « Lièvre » fusa un léger panache d’oxygène et de minuscules débris de métal. Au centre de contrôle de Tyuratam les observateurs aux télémètres, désespérés, annoncèrent l’échec de la dernière et principale correction de trajectoire. Le « Lièvre » était blessé. Ils n’avaient aucun moyen de redresser la course du vaisseau. Ironie du sort : l’angle de plongée était resté le même. L’engin pouvait toujours effectuer sa rentrée dans l’atmosphère sans être totalement carbonisé. Pourtant le « Lièvre » fonçait vers une zone de l’atmosphère à quelques degrés au sud de l’Équateur et se trompait de pays.
Le parachute principal devait toujours s’ouvrir automatiquement à quatre mille mètres. Mais les Andes culminaient plus haut. Et le haut plateau habité – l’Altiplano bolivien – qu’elles entourent s’élève à cette hauteur, dans l’air raréfié, comme un faubourg de l’espace… »
Extrait de : I. Watson. « L’Inca De Mars. »
Ambassade de l’espace par Ian Watson

Fiche de Ambassade de l’espace
Titre : Ambassade de l’espace
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1977
Traduction : H.-L. Planchat
Editeur : Calmann Levy
Première page de Ambassade de l’espace
« Entre, Rajit », lança le Professeur ; et le garçon au turban pénétra dans la pièce en suivant l’écho de son claquement de doigts.
(Tout avait dû se passer ainsi…)
Un lézard émeraude se balançait sur l’un des murs de plâtre blanc ; la membrane de sa gorge tremblotait d’une manière convulsive. Sur la table étaient posés une poterie, des livres d’exercices, une statuette en bronze d’un dieu tibétain copulant avec une partenaire remarquablement souple, et une grande boîte. Une persienne entrecoupait les rangées de palmiers et les arbres qui bourgeonnaient à l’extérieur, produisant un effet d’échiquier. Une des deux chaises cannées était occupée par le professeur africain, l’autre par un Chinois dont la tunique vert olive et l’étui typique (contenant ou non un pistolet) indiquaient qu’il s’agissait d’un Dobdob, membre d’un service de police de l’administration des Communications spatiales, le Bardo, qui s’occupait également de toutes les affaires intérieures de la planète.
« J’ai entendu dire que tu voulais être lama quand tu serais plus grand, Rajit ? »
Le garçon acquiesça vivement de la tête. »
Extrait de : I. Watson. « Ambassade de l’espace. »
Candy man par Vincent King

Fiche de Candy man
Titre : Candy man
Auteur : Vincent King
Date de parution : 1971
Traduction : D. Pemerle
Editeur : Calmann Lévy
Première page de Candy man
« On m’appelle Candy Man, mais ce n’est pas mon vrai nom. Je n’ai pas de nom. Je ne suis que ce bon vieux Candy Man qui parcourt les Rues en vendant sa barbe à papa. Ils aiment ça, tous : ça leur délie la langue. Alors, moi, je n’hésite pas à les dénoncer aux Éducateurs. Il le faut : c’est comme ça que j’obtiens mes burettes. Quand je remonte ma manche de caoutchouc jusqu’à la saignée du coude et que j’enfonce le bec de la burette, je me sens bien. Alors, lassé du monde, je peux retourner dans les bois de lichens avec mon chien. Quel est mon Jeu dans cette partie ? Je ne sais pas. Ce que je sais, c’est que sur cette planète il n’y a personne d’autre comme moi. Je n’ai pas passé les Épreuves et mon cerveau n’a pas été brûlé. D’ailleurs c’est pour cela que je n’ai pas de Nom. Un jour, je descendrai jusqu’au cœur de la Machine Profonde, loin sous la Terre. Je pourrai enfin me recroqueviller, mourir en elle. Ce sera peut-être la fin du monde, mais ce jour-là, je saurai enfin qui je suis… »
Extrait de : V. King. « CandyMan. »
La lune noire d’Orion par Francis Berthelot

Fiche de La lune noire d’Orion
Titre : La lune noire d’Orion
Auteur : Francis Berthelot
Date de parution : 1980
Editeur : Calmann Levy
Première page de La lune noire d’Orion
« AMORTAM, ministre de la Santé… !
Silex s’arrêta net, abasourdi.
Au-dessus de lui, un nuage venait de cacher le plus petit des trois soleils d’Alnilam, jetant sur la rue une pénombre qui lui glaça le cœur. Ce n’est pas possible, pensa-t-il. J’ai mal lu ! Il revint en arrière, et s’arrêta devant l’info-écran, tous les sens en alerte.
Rouges, luminescents, amplifiés par la vitre en prismoglace, les mots le défiaient, forts de la puissance de l’appareil psychiatrique ; avec en filigrane, les persécutions qui risquaient de s’abattre sur les Holoms.
Terre et Sang. Ils ont mis Amortam au ministère de la Santé ! Qu’est-ce que cela veut dire ?
À son tour, le soleil majeur disparut, englouti par le nuage, et la pénombre s’accrut. »
Extrait de : F. Berthelot. « La Lune noire d’Orion. »
Le mage par Gene Wolfe

Fiche de Le mage
Titre : Le mage (Tome 2 sur 2 – Le chevalier-mage)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 2004
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Le mage
« J’ai vu une partie de ce qui suit, Ben. Une petite partie. En règle générale, je m’appuie sur ce qu’on m’a raconté. Je ne vais pas passer mon temps à préciser qui a dit quoi, car tu le devineras au fur et à mesure. Le plus souvent, c’était Toug.
Uns, déjà voûté par nature, se tassa encore plus devant Béhil. « Toug, y dit que le maître est mort, Votre Seigneurie. Et il a le cheval et le chien. Je vous les montre, Votre Seigneurie, si vous voulez voir. Y pense pas à mal, Votre Seigneurie.
— Vous ajoutez foi à ses propos ? demanda Idnn. »
Extrait de : G. Wolfe. « Le mage – Le chevalier-mage. »
Le chevalier par Gene Wolfe

Fiche de Le chevalier
Titre : Le chevalier (Tome 1 sur 2 – Le chevalier-mage)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 2004
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy
Première page de Le chevalier
« Il doit y avoir longtemps que tu ne te demandes plus ce qui m’est arrivé ; je sais que des années ont passé. J’ai le temps d’écrire, ici, et de bonnes chances de faire parvenir ce texte où tu te trouves ; j’essaie donc. Si je te racontais l’essentiel sur deux ou trois feuillets, tu n’en croirais guère qu’une petite partie. Ou qu’une part infime, car il y a bien des choses que j’ai moi-même du mal à croire. Alors je vais tout dire. Quand j’en aurai fini, tu ne me croiras peut-être toujours pas, mais tu sauras tout ce que je fais : par certains côtés, beaucoup ; par d’autres, presque rien. Lorsque je t’ai vu assis près de notre feu, toi, mon propre frère… sur ce champ de bataille… Peu importe. J’y reviendrai. »
Extrait de : G. Wolfe. « Le chevalier – Le chevalier-mage. »