Étiquette : Calmann-Lévy

 

Le mage par Gene Wolfe

Fiche de Le mage

Titre : Le mage (Tome 2 sur 2 – Le chevalier-mage)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 2004
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Le mage

« J’ai vu une partie de ce qui suit, Ben. Une petite partie. En règle générale, je m’appuie sur ce qu’on m’a raconté. Je ne vais pas passer mon temps à préciser qui a dit quoi, car tu le devineras au fur et à mesure. Le plus souvent, c’était Toug.
 
Uns, déjà voûté par nature, se tassa encore plus devant Béhil. « Toug, y dit que le maître est mort, Votre Seigneurie. Et il a le cheval et le chien. Je vous les montre, Votre Seigneurie, si vous voulez voir. Y pense pas à mal, Votre Seigneurie.
— Vous ajoutez foi à ses propos ? demanda Idnn. »

Extrait de : G. Wolfe. « Le mage – Le chevalier-mage. »

Le chevalier par Gene Wolfe

Fiche de Le chevalier

Titre : Le chevalier (Tome 1 sur 2 – Le chevalier-mage)
Auteur : Gene Wolfe
Date de parution : 2004
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Le chevalier

« Il doit y avoir longtemps que tu ne te demandes plus ce qui m’est arrivé ; je sais que des années ont passé. J’ai le temps d’écrire, ici, et de bonnes chances de faire parvenir ce texte où tu te trouves ; j’essaie donc. Si je te racontais l’essentiel sur deux ou trois feuillets, tu n’en croirais guère qu’une petite partie. Ou qu’une part infime, car il y a bien des choses que j’ai moi-même du mal à croire. Alors je vais tout dire. Quand j’en aurai fini, tu ne me croiras peut-être toujours pas, mais tu sauras tout ce que je fais : par certains côtés, beaucoup ; par d’autres, presque rien. Lorsque je t’ai vu assis près de notre feu, toi, mon propre frère… sur ce champ de bataille… Peu importe. J’y reviendrai. »

Extrait de : G. Wolfe. « Le chevalier – Le chevalier-mage. »

Les pieds dans la tête par Pierre Pelot

Fiche de Les pieds dans la tête

Titre : Les pieds dans la tête
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1982
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Les pieds dans la tête

« APRÈS le départ des contrôleurs de l’assurance Thom-Phil, deux clients, que Diph Bilbee ne connaissait pas, poussèrent la porte du magasin. Ils étaient les bienvenus…

Diph et les jeunes gens parlèrent de bandes dessinées (ce procédé de narration alliant graphisme et texte, complètement tombé en désuétude) pendant plus d’une heure ; ils envisagèrent des possibilités d’échanges, les deux jeunes se révélèrent des amateurs plus qu’éclairés – à les entendre, ils possédaient en commun une multitude d’albums et même des numéros doubles de journaux en bon état, de magazines hebdomadaires pour la jeunesse des années soixante-dix. Ils achetèrent un album de Jeleu, ainsi qu’un autre signé Druillet, dépourvu de couverture mais authentifié. Ils s’en allèrent sur la promesse de revenir bientôt avec une cargaison de numéros doubles… »

Extrait de : P. Pelot. « Les pieds dans la tête. »

L’île au trésor par Pierre Pelot

Fiche de L’île au trésor

Titre : L’île au trésor
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 2008
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de L’île au trésor

« Mon nom c’est Jim Hawkins, mais vous pouvez m’appeler Jim.
Je vais donc raconter toute l’histoire, du début à la fin.
L’idée ne vient pas de moi mais de Trelaway, et Trelaway a toujours de sacrées bonnes idées, en général, tous ceux qui savent de qui je parle, dans les Îles, vous le diront.
Personnellement, je connais Trelaway depuis toujours, pour la bonne raison que c’est pratiquement mon oncle. Je dis « pratiquement » parce que si Trelaway était vraiment marié à ma tante Sally-Sea, je veux dire devant la loi, il serait, alors, effectivement, mon oncle véritable, étant donné que tante Sally-Sea est ma vraie tante, la sœur jumelle de ma maman, et que Trelaway est son compagnon. Sean Trelaway. La plupart des gens, ici, l’appellent « Trelaway » et il pourrait tout aussi bien se prénommer Arthur ou Joseph que ça n’y changerait rien.
« Jim », qu’il m’a dit, « toi qui as la langue bien pendue, tu devrais raconter l’histoire de cette sacrée île et de son trésor dessus, et comment tout ça s’est passé. Personne ne le ferait mieux que toi, partner , je t’assure. J’en suis absolument certain.  »

Extrait de : P. Pelot. « L’île au trésor.  »

Molly zéro par K. Roberts

Fiche de Molly zéro

Titre : Molly zéro
Auteur : Keith Roberts
Date de parution : 1980
Traduction : M. Lebailly
Editeur : Calmann-Levy

Première page de Molly zéro

« Tu frissonnes, enveloppée dans ton manteau. C’est un beau manteau ; flambant neuf, un macfarlane vert olive ; bien sanglé à la taille, le col relevé, très militaire. Il te donne fière allure, mais, ne t’empêche pas de trembler. Tu enfonces plus profondément les mains dans tes poches et tu remontes les épaules. Tu te dis qu’il n’y a pas de raison de te tracasser, ce n’est qu’un Décentrement ; quelque chose qui arrive à tout le monde. Mais cela ne t’aide pas beaucoup. Toi, tu es Molly Zéro, et tu es morte de peur.

Les bruits semblent résonner sous le toit voûté ; le grondement des locomotives diesels, les voix criant des ordres, sans relâche. Et à travers tout cela, une stridence grêle ; produite par des centaines et des centaines de gosses. Tu regardes fixement le macadam à tes pieds. »

Extrait de : K. Roberts. « Molly Zero. »

L’incurable de D. G. Compton

Fiche de L’incurable

Titre : L’incurable
Auteur : D. G. Compton
Date de parution : 1974
Traduction : B. De Lesseps
Editeur : Calmann-Levy

Première page de L’incurable

« KATHERINE MORTENHOE… J’avais donc un nom pour commencer, et un dossier. J’avais aussi le compte rendu de la TVN. Ces deux derniers ne me seraient pas d’un grand secours. Les éléments du dossier et du compte rendu – éléments coupés arbitrairement, comme des photographies, de leur continuité temporelle pour les raisons les plus irréprochables – étaient donc faux. Enfin, faux, au sens large.

Le nom, voilà qui était plus intéressant : Mortenhoe, c’était le nom de son premier mari, qu’elle avait gardé à son second mariage. Pour des motifs mystérieux, elle l’avait préféré à tous les autres noms possibles. C’était sûrement signe de quelque chose… D’affection pour Gerald Mortenhoe peut-être ? »

Extrait de : D. G. Compton. « L’incurable. »

Elantris par Brandon Sanderson

Fiche de Elantris

Titre : Elantris (ch. 1 à 27) (Tome 1A sur 3 – Elantris)
Auteur : Brandon Sanderson
Date de parution : 2005
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Elantris

« Le prince Raoden d’Arélon se réveilla tôt ce matin-là, sans la moindre idée que la damnation venait de le frapper. Encore assoupi, il se redressa sur son séant et cilla dans la lumière du matin. Par les portes-fenêtres ouvertes sur son grand balcon, il apercevait au loin la vaste Elantris dont le mur austère jetait une ombre profonde sur la localité plus modeste de Kaë, où le jeune homme résidait. Malgré la hauteur du mur, on voyait, au-delà, pointer les tours noires dont les flèches brisées témoignaient de la majesté passée et de la ruine présente qui caractérisaient la cité abandonnée. »

Extrait de : B. Sanderson. « Elantris – Elantris. »

Tu réclamais le soir par F. Colin

Fiche de Tu réclamais le soir

Titre : Tu réclamais le soir
Auteur : F. Colin
Date de parution : 2022
Editeur : Calmann Lévy

Première page de Tu réclamais le soir

« Le soir où j’ai rencontré Iago avait des allures de dernière chance. Janvier engendrait des crépuscules d’une clémence inhabituelle et je m’enfonçais dans le brouillard, le long de la rue des Blancs-Manteaux.
Un fin jeune homme aux boucles de jais, chemise noire, veste croisée, long trench noir aussi, venait de descendre sur la chaussée, se détachant du bras de la fille qui le soutenait.
Il a besoin d’air, me souviens-je avoir pensé, et jamais je n’ai pu ôter cette image de mon esprit : on aurait dit qu’une sentence avait été prononcée et que, tout espoir anéanti, il tenait désormais à mourir libre.
Il a levé les yeux au ciel puis, des deux mains, a lissé l’ample masse de sa chevelure en arrière, sa bouche figée autour d’un cri muet, et il s’est effondré.
La fille a crié. Je me suis précipité. Une main sous la nuque, genou sur le trottoir, j’ai essayé de le redresser. Lui dans mes bras, mol abandon, paupières papillonneuses. Confusément, et en dépit de la douleur qui déformait ses traits, j’avais le sentiment qu’il s’amusait de ma détresse. »

Extrait de : F. Colin. « Tu réclamais le soir. »

Mémoires trouvés dans une baignoire par Stanislas Lem

Fiche de Mémoires trouvés dans une baignoire

Titre : Mémoires trouvés dans une baignoire
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1961
Traduction : D. Sila, A. Labedzka
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Mémoires trouvés dans une baignoire

« … il me fut impossible de trouver la pièce correspondant au numéro qui figurait sur mon laissez-passer. J’arrivai d’abord au Service de Véristique, puis à celui de Désinformation. Un employé de la Section des Pressions me conseilla de monter au huitième étage, mais là-bas, personne ne daigna faire attention à moi. Je m’égarai parmi une foule de militaires ; tous les couloirs résonnaient du bruit de leur pas cadencé, du claquement des portes et des talons. À ces rumeurs martiales se mêlait un tintement cristallin et confus comme celui des clochettes d’un traîneau. De temps à autre, des garçons de salle passaient, portant des bouilloires fumantes. Il m’arrivait d’entrer par erreur dans les lavabos où des secrétaires rectifiaient hâtivement leur maquillage. Parfois, des espions déguisés en liftiers engageaient la conversation avec moi. L’un d’eux, muni d’une prothèse d’invalide, me conduisit tant de fois, d’étage en étage, qu’il finit par me faire signe de loin et renonça même à me photographier avec l’appareil qu’il portait comme un œillet à la boutonnière. »

Extrait de : S. Lem. « Mémoires trouvés dans une baignoire. »

Le rhume par Stanislas Lem

Fiche de Le rhume

Titre : Le rhume
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1976
Traduction : D. Sila
Editeur : Calmann-Lévy

Première page de Le rhume

« Le dernier jour me parut incroyablement long. Ce n’était pas le trac ; je n’avais pas peur. D’ailleurs il n’y avait rien à craindre. Je me sentais constamment seul dans cette foule où l’on parlait plusieurs langues. Personne ne faisait attention à moi. Mes protecteurs ne se montraient guère. Au demeurant, je ne les connaissais même pas. Je ne croyais pas non plus attirer sur moi une malédiction en dormant dans le pyjama d’Adams, en me rasant avec son appareil ou en marchant sur ses traces le long de la baie. C’est pourquoi j’aurais dû me sentir soulagé à la pensée d’abandonner dès le lendemain cette mascarade. Je ne redoutais pas d’embuscade sur le chemin du retour : sur l’autoroute, personne n’avait touché à un cheveu de sa tête. Je ne devais passer qu’une nuit à Rome, sous protection spéciale. Tout cela, me disais-je en essayant de me convaincre, parce que j’ai hâte d’en finir ; l’opération est un fiasco. Mais j’avais beau me raisonner, je m’écartais sans cesse du programme fixé. »

Extrait de : S. Lem. « Le Rhume. »