Étiquette : Chroniques des Sept cités

 

In memoriam par Pierre Jacq

Fiche de In memoriam

Titre : In memoriam (tome 4 sur 4 – Chroniques des Sept cités)
Auteur : Pierre Jacq
Date de parution : 1998
Editeur : Asmodée

Première page de In memoriam

« L’aube n’allait plus tarder.
Par la fenêtre, légèrement en retrait pour ne pas risquer d’être aperçu de l’extérieur, Elmio voyait l’horizon se teinter d’un mince filet rosâtre. Il fallait porter le regard assez loin, jusqu’à la crête des collines avoisinantes, au-delà de l’étendue chaotique de toits accolés, mêlée confuse et figée dont émergeaient par endroits des tours sombres et des clochers étroits.
Anciennement, la bâtisse où Elmio se trouvait était une maison de maître, dans un quartier jadis bourgeois. Ici comme presque partout ailleurs dans Bejofa, la misère l’avait emporté. Les constructions alentour témoignaient d’un même passé prospère, d’une vie paisible, quand Samarande et Bejofa ne faisaient qu’une seule et splendide cité, de part et d’autre des eaux lentes du fleuve Sahar. Deux siècles plus tôt, les édiles avaient accordé à Bejofa le statut de cité franche. Il s’agissait pour eux d’amoindrir l’influence du Prince en permettant à un nouveau gouverneur de siéger au Conseil de la Principauté. »

Extrait de : P. Jacq. « In memoriam – Chroniques des Sept cités. »

Le prix du sang par Pierre Jacq

Fiche de Le prix du sang

Titre : Le prix du sang (tome 3 sur 4 – Chroniques des Sept cités)
Auteur : Pierre Jacq
Date de parution : 1997
Editeur : Asmodée

Première page de Le prix du sang

« Dans le silence de la chapelle des Pères Oubliés, Sakcha, parfaitement immobile, regardait le cadavre et refusait d’y croire. C’était pourtant bien Narubio qui gisait devant lui, sur le ventre. De sa nuque dépassait l’empennage d’un carreau d’arbalète dont le fer aigu saillait sous sa pomme d’Adam. Son crâne chauve, rond et blanc, reposait au milieu d’une flaque pourpre, poisseuse qui s’étalait lentement sur la pierre.

Pendant de longues secondes, le sang-mêlé fixa le corps de son ami. Enfin, il releva la tête. Ses pupilles félines n’étaient plus que deux traits d’ombre lorsqu’il trouva le regard de celle qui lui faisait face.

Fey Mejoka semblait avoir trente ans. Elle était grande, mince, portait un pantalon de cuir et un pourpoint noir largement ouvert sur une chemise de mauvaise toile. Une rapière au fourreau pendait le long de sa cuisse. Ses cheveux noirs tombaient bas sur ses reins, une lourde mèche cachait son œil gauche – un œil mort. »

Extrait de : P. Jacq. « Le prix du sang – Chroniques des Sept cités. »

La voie du sang par Pierre Jacq

Fiche de La voie du sang

Titre : La voie du sang (tome 2 sur 4 – Chroniques des Sept cités)
Auteur : Pierre Jacq
Date de parution : 1996
Editeur : Asmodée

Première page de La voie du sang

« Afar, le premier, pénétra dans la ruelle. Il était petit, mince et allait courbé tel un pisteur. Il avait le teint mat du peuple effarat auquel appartenait sa mère, une authentique fille du désert, qu’un oncle peu scrupuleux avait vendue jadis à un marchand de passage. Sous ses guenilles, le métis tenait ferme la poignée d’une dague restée au fourreau. Car s’il ne connaissait rien de la lointaine patrie de ses ancêtres maternels, il savait quel danger il y avait à s’aventurer dès la nuit tombée dans les quartiers pauvres de Samarande. Afar avait beau être un voleur, cela ne changeait rien à l’affaire. Seul le dernier des bourgeois croyait encore que les truands ne détroussaient pas leurs confrères.
Sous le ciel bouché par de lourds nuages nocturnes, la venelle obscure et silencieuse semblait déserte. En de telles circonstances, Afar savait que ses sens ne lui étaient pas d’un grand secours : dans le noir, un bon larron à l’affût devient invisible et sait ne pas se faire entendre. »

Extrait de : P. Jacq. « La voie du sang – Chroniques des Sept cités. »

Premiers sangs par Pierre Jacq

Fiche de Premiers sangs

Titre : Premiers sangs (tome 1 sur 4 – Chroniques des Sept cités)
Auteur : Pierre Jacq
Date de parution : 1996
Editeur : Asmodée

Première page de Premiers sangs

« C’était une claire nuit d’été.

Les deux hommes, aussi silencieux que possible, avançaient à pas souples et rapides. L’un et l’autre semblaient parfaitement rompus à cet exercice délicat qui consiste à conjuguer vitesse et discrétion. En d’autres circonstances, et en d’autres lieux, on aurait pu les prendre pour des chasseurs en quête d’un gibier furtif. Mais ici, dans un des quartiers les plus luxueux de Samarande, ils ne pouvaient être que des voleurs.

L’un des deux hommes dépassait d’une bonne tête l’autre, qui n’était pourtant pas petit. Il se nommait Erlbir, avait la peau mate et portait le turban traditionnel du peuple khaler. Un lourd cimeterre, de ceux que l’on manie à deux mains, pendait à sa ceinture. Le second personnage, moins puissant mais plus agile que son compagnon, avait la peau blanche des hommes de souche umélorienne. Ses cheveux étaient noirs et courts. Mais ce que l’on remarquait chez lui était ses yeux, des yeux de chat, hérités d’un lointain ancêtre qui n’était pas humain. »

Extrait de : P. Jacq. « Premiers sangs – Chroniques des Sept cités. »