Étiquette : Flammarion
Miroir, miroir … par R. Matheson

Fiche de Miroir, miroir …
Titre : Miroir, miroir … (Tome 6 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 2003
Traduction : P.-P. Durastanti
Editeur : Flammarion
Sommaire de Miroir, miroir …
- Miroir, miroir …
- Dans la douleur
- Tout n’est que silence
- Le prisonnier
- Coup de fil de l’autre côté de la rue
- Voyons si vous vous souvenez de lui
- Reliques
- Toujours devant ta voix …
Première page de Miroir, miroir …
« C’est une de ces histoires qui débute comme elle s’achève, à ceci près, bien sûr, qu’une même phrase peut signifier deux choses différentes selon le contexte. Cette phrase, la voici :
C’était une de ces femmes qui siègent sans répit devant leur miroir et s’adorent. Considérez ces glaces au revers enduit d’argent comme l’étang de Narcisse, et vous ne serez pas loin de la vérité. Car, pour dire le vrai, ces femmes qui passent des heures à poser n’aiment qu’elles. Elles peuvent avoir un mari, un foyer, des responsabilités, certes… mais qu’une ride apparaisse et elles oublient tout le reste dans leur agitation et leur vain désarroi. Témoignez-leur avec largesse de l’affection, de la gentillesse, de la complicité, de l’amour… mais complimentez-les sur leur apparence, et elles oublieront vos louanges plus subtiles. »
Extrait de : R. Matheson. « Miroir, miroir … – Nouvelles. »
La touche finale par R. Matheson

Fiche de La touche finale
Titre : La touche finale (Tome 5 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de La touche finale
- Je suis là à attendre
- Erreur de tir
- Les inséparables
- Les visages de Julie
- Sans paroles
- Deus ex machina
- La fille de mes rêves
- La machine à jazz
- Onde de choc
- Les temps sont mous
- La multiplication des deniers
- Mon royaume pour un verre d’eau
- Thérèse
- Proie
- Le signe du lion
- Le jeu du boutton
- Ombres et silhouettes
- Uniquement sur rendez-vous
- La touche finale
- Jusqu’à ce que la mort nous sépare
- La presque disparue
- Talents cachés
- Duel
- La consultation de quatorze heures
- Du vent, sale mouche !
- Messages personnels
- Itinéraires de l’angoisse
Première page de Je suis là à attendre
« À peine avais-je sonné que Mary m’ouvrait la porte. Sans doute m’attendait-elle dans l’entrée.
Jamais je n’avais vu ma sœur dans un tel état. Le chagrin avait tellement creusé ses traits qu’elle en paraissait plus âgée. Elle, d’ordinaire si impeccable, n’était même pas coiffée. Ses cheveux châtains pendaient, tout emmêlés, sur ses épaules.
En l’embrassant j’ai senti combien ses joues étaient froides et sèches.
« Donne-moi tes affaires. »
Je lui ai tendu mon manteau et mon chapeau, qu’elle a rangés dans la penderie de l’entrée. J’ai remarqué que ses épaules, autrefois si droites, étaient voûtées. Je me suis senti submergé de colère en voyant ce qu’il avait fait d’elle. »
Extrait de : R. Matheson. « La Touche Finale – Nouvelles. »
Le pays de l’ombre par R. Matheson

Fiche de Le pays de l’ombre
Titre : Le pays de l’ombre (Tome 4 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Le pays de l’ombre
- L’indéracinable
- J’veux voir le Père Noël
- Les enfants de Noah
- L’homme des jours de fête
- Lemmings
- Jours disparus
- Le distributeur
- Au bord du précipice
- Une surprise de taille
- L’horreur rampante
- Date limite
- Mantage
- Les vampires n’existent pas
- Les grillons
- Le jour du jugement
- Premier anniversaire
- Le pays de l’ombre
- Cauchemar à six mille mètres
- Le langage des mains
- Etre seul de son espèce
Première page de L’indéracinable
« Les deux hommes s’avancèrent sur le quai de la gare en poussant devant eux un objet recouvert d’une housse qu’ils firent rouler jusqu’à une voiture située en milieu de convoi. Ruisselants de sueur, ils le hissèrent non sans mal à l’intérieur. Un roue se détacha et dégringola au bas des marches, où un voyageur qui s’apprêtait à monter derrière eux la ramassa avant de la tendre à l’homme vêtu d’un complet brun tout chiffonné.
« Merci », dit ce dernier en fourrant la roue dans la poche de sa veste.
Les deux hommes poussèrent leur fardeau dans le couloir central. Privé d’une roue, il était de guingois et l’homme au complet brun — qui répondait au nom de Kelly – devait l’étayer de l’épaule pour l’empêcher de basculer. Il haletait et se passait la langue sur la lèvre supérieure pour en chasser les gouttelettes de sueur qui ne cessaient de s’y former. »
Extrait de : R. Matheson. « Le pays de l’ombre – Nouvelles. »
La poupée à tout faire par R. Matheson

Fiche de La poupée à tout faire
Titre : La poupée à tout faire (Tome 3 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de La poupée à tout faire
- Le zoo
- Le conquérant
- L’enfant trop curieux
- Cher journal
- Descendre
- La poupée à tout faire
- L’homme qui avait créé le monde
- L’examen
- Le voyageur
- Au soir du monde
- Danse macabre
- Funérailles
- Miss poussière d’étoiles
- Un cas d’école
- Cycle de survie
- Une tripotée de donzelles
- Le haut et gentil lieu
Première page de Le zoo
« Cela flotte dans les ténèbres. Une coquille métallique aux reflets pâles, silencieuse, maintenue en l’air par des faisceaux anti-gravité. Au-dessous, la planète, enveloppée dans son linceul de nuit, se détournant de la lune. Sur sa face plongée dans l’ombre, un animal, les yeux luisants de panique, contemple le globe légèrement phosphorescent au-dessus de lui. Un tressaillement musculaire. Le tambourinement feutré de pattes lancées à toute allure sur la terre dure. De nouveau le silence, seulement brisé par le murmure du vent. Les heures passent. Des heures noires qui virent au gris, puis au rose moiré. La lumière du soleil asperge le globe de métal. Celui-ci miroite d’un éclat surnaturel.
Il eut l’impression de plonger la main dans un four brûlant.
« Bon Dieu, ce qu’il peut faire chaud », dit-il en grimaçant, et il rentra aussitôt sa main pour la refermer en douceur sur le volant poisseux de sueur.
« C’est ton imagination. » Marian était affalée dans la touffeur du siège recouvert de plastique. Deux kilomètres plus tôt, elle avait posé ses pieds chaussés de sandales sur le rebord de la vitre. Ses yeux étaient clos et un souffle irrégulier s’échappait de ses lèvres sèches. »
Extrait de : R. Matheson. « La poupée à tout faire – Nouvelles. »
Intrusion par R. Matheson

Fiche de Intrusion
Titre : Intrusion (Tome 2 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Intrusion
- Escamotage
- Les captateurs
- Toilettes pour hommes seuls
- La boucle est bouclée
- Le dernier jour
- Lazare II
- Une armée de conspirateurs
- Tina a disparu
- Appel longue distance
- La maison du crime
- Intrusion
- Un mariage
- Paille humide
Première page de Escamotage
« Les pages qui suivent proviennent d’un cahier d’écolier trouvé il y a deux semaines dans une cafétéria de Brooklyn. Juste à côté, sur le comptoir, était posée une tasse de café à demi vide. D’après le propriétaire, la place est restée inoccupée trois heures durant avant qu’il ne remarque le cahier.
Samedi matin, de bonne heure.
Je ne devrais pas mettre cela par écrit. Si Mary tombait dessus ? Que se passerait-il ? Ce serait la fin, voilà tout, cinq années par la fenêtre.
Mais c’est plus fort que moi. Il y a trop longtemps que j’écris. Impossible de connaître la paix sans ça. Il faut que je couche les choses sur le papier pour me clarifier les idées. Mais il est si difficile de clarifier et si facile de compliquer.
Songer aux mois passés.
Comment ça a commencé ? Une dispute bien sûr. Il a bien dû y en avoir un millier depuis que nous sommes mariés. Et toujours pour le même motif, c’est ça l’horreur.
L’argent. »
Extrait de : R. Matheson. « Intrusion – Nouvelles. »
Derrière l’écran par R. Matheson

Fiche de Derrière l’écran
Titre : Derrière l’écran (Tome 1 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Derrière l’écran
- Né de l’homme et de la femme
- La troisième à partir du soleil
- Quand le veilleur s’endort
- La voix du sang
- L’habit fait l’homme
- La robe de soie blanche
- Retour à zéro
- La chose
- Derrière l’écran
- La guerre des sorcières
- Avis à la population
- Frère de la machine
- B …
- Mamour, quand tu es près de moi
- La maison enragée
- Une résidence de haut vol
- Un jour, une petite annonce
- Enfer sur mesure
- Nef de mort
Première page de Né de l’homme et de la femme
« X — Aujourd’hui maman m’a appelé monstre. Espèce de monstre elle a dit. J’ai vu la colère dans ses yeux. Je me demande qu’est-ce que c’est un monstre.
Aujourd’hui de l’eau est tombée de là-haut. Elle est tombée partout j’ai vu. Je voyais la terre derrière la petite fenêtre. La terre elle buvait l’eau comme une bouche qui a soif. Elle a trop bu et elle a vomi et elle a coulé marron. J’ai pas aimé ça.
Maman est jolie je sais. Dans mon coin pour dormir avec des murs froids autour j’ai un machin en papier qui était derrière là où il y a le feu. Ça dit dessus vedettes de l’écran. Il y a des images avec des têtes comme à maman et à papa. Papa dit qu’elles sont jolies. Une fois il l’a dit.
Et maman aussi il a dit. Elle est très jolie et moi pas mal. Regarde-toi il a dit et il avait pas sa bonne figure. J’ai touché son bras et j’ai dit ça va comme ça papa. Il a sursauté et s’est écarté et je pouvais plus l’atteindre. »
Extrait de : R. Matheson. « Derrière l’écran – Nouvelles. »
Un enfant de l’amour par Doris Lessing

Fiche de Un enfant de l’amour
Titre : Un enfant de l’amour
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 2003
Traduction : I. D. Philippe
Editeur : Flammarion
Première page de Un enfant de l’amour
« Un jeune homme descendit d’un train à Reading ; il donna à la valise qu’il tenait un mouvement si maladroit qu’elle faillit heurter le visage d’un autre jeune homme. Ce dernier se retourna en portant une main à sa tête pour donner plus de poids à son indignation, mais son froncement de sourcils s’effaça dans l’instant, et il s’écria :
— James Reid. Mais c’est Jimmy Reid !
Tous deux se serrèrent la main et se tapèrent dans le dos dans le nuage de vapeur qui s’échappait en sifflant de la motrice.
Deux ans plus tôt ils avaient été ensemble au lycée. Depuis cette époque, James suivait des cours de gestion et de comptabilité ; il avait salué la nouvelle que Donald « faisait de la politique » par un « Bravo, un métier qui paie bien ! » Car Donald avait toujours su tirer parti des aubaines qui se présentaient à lui, des voyages et des circonstances, alors que lui, James, continuait à compter chaque sou. »
Extrait de : D. Lessing. « Un enfant de l’amour. »
Le temps mord par Doris Lessing

Fiche de Le temps mord
Titre : Le temps mord
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 2004
Traduction : P. Giraudon
Editeur : Flammarion
Première page de Le temps mord
« L’approche de la vieillesse, cette via dolorosa, nous est présentée comme une longue descente après l’âge d’or de la jeunesse. Pourtant on trouverait difficilement quelqu’un que la perspective de revivre son adolescence ou même ses vingt ans ne ferait pas frémir. On n’apprend que lentement à apprivoiser ses propres émotions. J’ai entendu bien des gens déclarer que la trentaine ou la quarantaine étaient pour eux le meilleur âge. La vie humaine, que Shakespeare considère comme une succession d’étapes, n’est pas clairement délimitée, surtout quand on découvre sur soi très jeune les signes avant-coureurs du vieillissement, avec l’apparition des premiers cheveux blancs, comme de la neige en plein été.
Il reste que nous savons qu’un moment va venir où certains événements vont se produire. Nous sommes avertis, on ne cesse d’en parler. Les dents, les yeux, les oreilles, la peau : rien ne pourra vous surprendre, vous semble-t-il. »
Extrait de : D. Lessing. « Le Temps mord. »
Le rêve le plus doux par Doris Lessing

Fiche de Le rêve le plus doux
Titre : Le rêve le plus doux
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 2001
Traduction : I. D. Philippe
Editeur : Flammarion
Première page de Le rêve le plus doux
« Un début de soirée d’automne. La rue en contrebas offrait un décor de petites lumières jaunes, évocatrices d’intimité, et de gens déjà habillés chaudement pour l’hiver. Dans son dos, la pièce se remplissait d’une fraîche obscurité, mais rien ne pouvait l’atteindre : elle était sur un petit nuage, aussi heureuse qu’un enfant qui venait de faire ses premiers pas. La raison de cette légèreté inhabituelle était un télégramme de son ex-mari, Johnny Lennox – le camarade Johnny – reçu trois jours plus tôt. SIGNÉ CONTRAT POUR FILM SUR FIDEL TE RÈGLE DIMANCHE TOTALITÉ ARRIÉRÉS ET MOIS EN COURS. Aujourd’hui, on était dimanche. Le recours à l’expression « totalité arriérés » s’expliquait, elle en était sûre, par une sorte d’exaltation fébrile, proche de ce qu’elle-même ressentait en ce moment : il n’était pas question qu’il lui paie la « totalité », ce qui devait, à l’heure actuelle, représenter une telle somme qu’elle ne se donnait même plus la peine d’en tenir la comptabilité. Mais il devait certainement attendre un joli paquet pour se montrer si sûr de lui. À ce moment-là, un léger trouble – l’appréhension ? – la saisit. »
Extrait de : D. Lessing. « Le Rêve le plus doux. »
Filles impertinentes par Doris Lessing

Fiche de Filles impertinentes
Titre : Filles impertinentes
Auteur : Doris Lessing
Date de parution : 1984
Traduction : P. Giraudon
Editeur : Flammarion
Première page de Filles impertinentes
« Une photographie de ma mère me la présente sous les traits d’une collégienne imposante, au visage rond empreint de cette assurance caractéristique, me semble-t-il, de l’ère victorienne. Ses cheveux sont noués en arrière avec un ruban noir. Elle porte l’uniforme du collège – un large chemisier blanc et une longue jupe sombre. Sur une photographie prise quarante-cinq ans plus tard, elle apparaît maigre, vieille et sévère, et nous regarde bravement du fond d’un monde de déception et de frustration. Elle est debout près de mon père, la main sur le dossier de sa chaise. Il est contraint de rester assis car il est malade. Comme toujours. Manifestement, il a toutes les peines à se tenir droit. Cependant il arbore le complet de rigueur, sans doute parce qu’elle lui a demandé de faire cet effort. Elle porte une robe de couturière plutôt élégante, confectionnée dans un coupon acheté en solde.
Ce récit a pour objet la distance qui sépare ces deux photographies. Il semble qu’il m’ait fallu toute une vie pour comprendre mes parents, au long d’un chemin jalonné de surprises. »
Extrait de : D. Lessing. « Filles impertinentes. »