Étiquette : Collon
L’usage des armes par Iain M. Banks

Fiche de L’usage des armes
Titre : L’usage des armes (Tome 3 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1990
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’usage des armes
« — Dis-moi, qu’est-ce que le bonheur ?
— Le bonheur ? Le bonheur…, c’est s’éveiller par une belle matinée de printemps après une épuisante première nuit avec une ravissante… et passionnée… multi-meurtrière.
— … Merde, et c’est tout ?
Entre ses doigts, le verre ressemblait à une chose prise au piège et transpirant de la lumière. À l’intérieur, un breuvage de la même couleur que ses yeux tournoyait paresseusement dans le soleil ; derrière ses paupières lourdes, son regard se fixa sur la surface miroitante du liquide, qui dardait des reflets fugaces sur son visage où se dessinaient alors des veines d’or pur.
Il vida son verre, puis l’étudia tandis que l’alcool coulait dans sa gorge. Il sentit un picotement au passage, et eut l’impression que la lumière lui chatouillait les yeux. Il fit tourner le verre dans ses mains d’un geste prudent et régulier, apparemment fasciné par la rugosité de ses parties dépolies et par le brillant soyeux des aires non travaillées. Il l’éleva vers le soleil et ses yeux se plissèrent. »
Extrait de : I.M Banks. « L’Usage des armes – Culture. »
L’homme des jeux par Iain M. Banks
Fiche de L’homme des jeux
Titre : L’homme des jeux (Tome 2 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1988
Editeur : Le livre de poche
Première page de L’homme des jeux
« Voici l’histoire d’un homme qui partit très loin et très longtemps dans le seul but de jouer à un jeu. Cet homme est un joueur-de-jeux nommé « Gurgeh ». Son histoire débute par une bataille qui n’en est pas une et s’achève sur un jeu qui n’en est pas un.
Moi ? Je vous parlerai de moi plus tard.
Ainsi commence l’histoire.
À chaque pas s’envolait la poussière. Il marchait en boitant dans le désert, derrière la silhouette en combinaison. Entre ses mains, l’arme restait muette. Ils seraient bientôt arrivés ; le grondement lointain des vagues retentissait dans le champ sonore de son casque. Ils approchaient d’une haute dune, d’où ils pourraient sans doute apercevoir la côte. En fin de compte, il avait survécu ; jamais il ne l’aurait cru.
À l’extérieur régnait une atmosphère chaude et sèche, éblouissante ; mais sa combinaison fraîche et douillette le mettait à l’abri du soleil et de l’air brûlant. »
Extrait de : I.M Banks. « L’Homme des jeux – Culture. »
Une forme de guerre par Iain M. Banks
Fiche de Une forme de guerre
Titre : Une forme de guerre (Tome 1 sur 10 – Culture)
Auteur : Iain M. Banks
Traduction : H. Collon
Date de parution : 1987
Editeur : Le livre de poche
Première page de Une forme de guerre
« Le vaisseau n’avait même pas de nom. Pas d’équipage humain, l’unité-usine qui l’avait construit ayant été évacuée longtemps auparavant. Pour cette même raison, il ne comportait ni espaces habitables ni cabines. Pas de numéro de série, pas d’affectation précise au sein de la flotte : c’était un bâtard fait de bric et de broc dont les pièces provenaient de cuirassés d’espèces différentes ; et s’il n’avait pas de nom, c’était parce que l’élément-usine n’avait guère eu de temps à perdre avec de telles subtilités.
À partir de son stock de composants appauvri, le chantier spatial confectionna le vaisseau du mieux qu’il put, encore que dans l’ensemble, les armes, le système de propulsion et les circuits sensoriels fussent défectueux, périmés ou à réviser. Le cerveau de l’usine savait sa propre disparition inéluctable, mais il restait une chance pour que son ultime création soit assez rapide et assez fortunée pour pouvoir s’échapper.
Toutefois, l’usine avait à sa disposition un élément inappréciable, parfait : le Mental immensément puissant (encore qu’un peu fruste et sous-entraîné) autour duquel elle avait assemblé le reste du vaisseau. S’il parvenait à mettre le Mental en sécurité, le cerveau de l’usine considérerait son devoir accompli. Mais si le chantier-mère n’avait pas donné de nom à son vaisseau de fils, c’était aussi pour une autre raison ; il se disait qu’à ce dernier manquait encore une dernière chose : l’espoir. »
Extrait de I.M Banks. « Une forme de guerre – Culture. »
Rêves et cauchemars par S. King

Fiche de Rêves et cauchemars
Titre : Rêves et cauchemars (l’intégrale)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1993
Traduction : J.-D. Brèque, H. Collon, W. O. Desmond
Editeur : Albin Michel
Sommaire de Rêves et cauchemars
- La cadillac de Dollan
- Le grand bazar : finale
- Laissez venir à moi les petits enfants
- Le rapace nocturne
- Popsy
- Ça vous pousse dessus
- Dentier claqueur
- Dédicaces
- Le doigt télescopique
- Pompes de basket
- Un groupe d’enfer
- Accouchement à domicile
- La saison des pluies
- Mon joly poney
- Désolé, bon numéro
- La tribu des dix plombes
- Crouch end
- La maison de Maple Street
- Le cinquième quart
- Le docteur résout l’énigme
- La dernière affaire d’Umney
- Le mendiant et le diamant
Première page de La cadillac de Dollan
« Pendant sept années j’ai attendu, j’ai surveillé. Dolan, je l’ai vu venir. Je l’ai observé lorsqu’il entrait dans les restaurants chics, en smoking, avec à chaque fois une femme différente au bras, et en sandwich entre ses deux gardes du corps. J’ai vu ses cheveux poivre et sel acquérir d’élégants reflets argentés pendant que les miens se contentaient bêtement de tomber et de me laisser chauve comme un œuf. Je l’ai épié à chaque fois qu’il quittait Las Vegas, pour ses pèlerinages réguliers sur la côte Ouest ; j’ai épié à chaque fois son retour. Deux ou trois fois, je l’ai vu, depuis une route de service, tandis qu’il passait sur la US 71, en route pour Los Angeles, dans sa Cadillac DeVille du même gris argenté que ses cheveux. »
Extrait de : S. King. « Rêves et cauchemars. »
Dans les hautes herbes par S. King et J. Hill

Fiche de Dans les hautes herbes
Titre : Dans les hautes herbes
Auteur : Stephen King et Joe Hill
Date de parution : 2012
Traduction : H. Collon
Editeur : Albin Michel
Première page de Dans les hautes herbes
« Il avait voulu un peu de silence plutôt que la radio, on peut donc dire que c’était sa faute. Elle avait voulu un peu d’air frais plutôt que la clim, donc on peut aussi dire que c’était la sienne. Mais sans la combinaison des deux, ils n’auraient jamais entendu le gamin ; alors c’était leur faute à tous les deux. D’ailleurs, ça leur convenait : de toute leur vie, ils n’avaient jamais rien fait l’un sans l’autre. Cal et Becky DeMuth, dix-neuf mois d’écart. Les deux font la paire, comme disaient leurs parents.
— Quand Becky décroche le téléphone, c’est Cal qui dit « Allô ? », prétendait M. DeMuth.
— Quand Cal a envie d’organiser une soirée, Becky a déjà dressé la liste des invités, aimait à dire Mme DeMuth.
Jamais un mot plus haut que l’autre entre eux. Même le jour où, en première année de fac, Becky avait débarqué chez Cal (contrairement à elle, qui avait une chambre en résidence universitaire, il avait pris un appartement en ville) en annonçant qu’elle était enceinte. Cal l’avait bien pris. Leurs parents, moins. »
Extrait de : S. King et J. Hill. « Dans les hautes herbes. »
Au-delà de nos rêves par R. Matheson

Fiche de Au-delà de nos rêves
Titre : Au-delà de nos rêves
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1978
Traduction : H. Collon
Editeur : Flammarion
Première page de Au-delà de nos rêves
« Le manuscrit que vous vous apprêtez à lire est entré en ma possession de la manière suivante.
Au soir du 17 février 1976, on a sonné à la porte et mon épouse est allée ouvrir. Quelques instants plus tard elle est revenue dans la chambre à coucher, où nous étions en train de regarder la télévision. Une femme demandait à me voir.
La porte d’entrée était restée ouverte. Une dame d’une cinquantaine d’années se tenait sur le seuil. Grande et bien mise, elle tenait une grosse enveloppe.
« Robert Nielsen ? »
J’ai acquiescé ; elle m’a tendu l’enveloppe. « Dans ce cas, ceci est pour vous. »
J’ai contemplé l’objet d’un air soupçonneux et demandé ce qu’il contenait.
« C’est de la part de votre frère. »
Extrait de : R. Matheson. « Au delà de nos rêves. »
La touche finale par R. Matheson

Fiche de La touche finale
Titre : La touche finale (Tome 5 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de La touche finale
- Je suis là à attendre
- Erreur de tir
- Les inséparables
- Les visages de Julie
- Sans paroles
- Deus ex machina
- La fille de mes rêves
- La machine à jazz
- Onde de choc
- Les temps sont mous
- La multiplication des deniers
- Mon royaume pour un verre d’eau
- Thérèse
- Proie
- Le signe du lion
- Le jeu du boutton
- Ombres et silhouettes
- Uniquement sur rendez-vous
- La touche finale
- Jusqu’à ce que la mort nous sépare
- La presque disparue
- Talents cachés
- Duel
- La consultation de quatorze heures
- Du vent, sale mouche !
- Messages personnels
- Itinéraires de l’angoisse
Première page de Je suis là à attendre
« À peine avais-je sonné que Mary m’ouvrait la porte. Sans doute m’attendait-elle dans l’entrée.
Jamais je n’avais vu ma sœur dans un tel état. Le chagrin avait tellement creusé ses traits qu’elle en paraissait plus âgée. Elle, d’ordinaire si impeccable, n’était même pas coiffée. Ses cheveux châtains pendaient, tout emmêlés, sur ses épaules.
En l’embrassant j’ai senti combien ses joues étaient froides et sèches.
« Donne-moi tes affaires. »
Je lui ai tendu mon manteau et mon chapeau, qu’elle a rangés dans la penderie de l’entrée. J’ai remarqué que ses épaules, autrefois si droites, étaient voûtées. Je me suis senti submergé de colère en voyant ce qu’il avait fait d’elle. »
Extrait de : R. Matheson. « La Touche Finale – Nouvelles. »
Le pays de l’ombre par R. Matheson

Fiche de Le pays de l’ombre
Titre : Le pays de l’ombre (Tome 4 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Le pays de l’ombre
- L’indéracinable
- J’veux voir le Père Noël
- Les enfants de Noah
- L’homme des jours de fête
- Lemmings
- Jours disparus
- Le distributeur
- Au bord du précipice
- Une surprise de taille
- L’horreur rampante
- Date limite
- Mantage
- Les vampires n’existent pas
- Les grillons
- Le jour du jugement
- Premier anniversaire
- Le pays de l’ombre
- Cauchemar à six mille mètres
- Le langage des mains
- Etre seul de son espèce
Première page de L’indéracinable
« Les deux hommes s’avancèrent sur le quai de la gare en poussant devant eux un objet recouvert d’une housse qu’ils firent rouler jusqu’à une voiture située en milieu de convoi. Ruisselants de sueur, ils le hissèrent non sans mal à l’intérieur. Un roue se détacha et dégringola au bas des marches, où un voyageur qui s’apprêtait à monter derrière eux la ramassa avant de la tendre à l’homme vêtu d’un complet brun tout chiffonné.
« Merci », dit ce dernier en fourrant la roue dans la poche de sa veste.
Les deux hommes poussèrent leur fardeau dans le couloir central. Privé d’une roue, il était de guingois et l’homme au complet brun — qui répondait au nom de Kelly – devait l’étayer de l’épaule pour l’empêcher de basculer. Il haletait et se passait la langue sur la lèvre supérieure pour en chasser les gouttelettes de sueur qui ne cessaient de s’y former. »
Extrait de : R. Matheson. « Le pays de l’ombre – Nouvelles. »
La poupée à tout faire par R. Matheson

Fiche de La poupée à tout faire
Titre : La poupée à tout faire (Tome 3 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de La poupée à tout faire
- Le zoo
- Le conquérant
- L’enfant trop curieux
- Cher journal
- Descendre
- La poupée à tout faire
- L’homme qui avait créé le monde
- L’examen
- Le voyageur
- Au soir du monde
- Danse macabre
- Funérailles
- Miss poussière d’étoiles
- Un cas d’école
- Cycle de survie
- Une tripotée de donzelles
- Le haut et gentil lieu
Première page de Le zoo
« Cela flotte dans les ténèbres. Une coquille métallique aux reflets pâles, silencieuse, maintenue en l’air par des faisceaux anti-gravité. Au-dessous, la planète, enveloppée dans son linceul de nuit, se détournant de la lune. Sur sa face plongée dans l’ombre, un animal, les yeux luisants de panique, contemple le globe légèrement phosphorescent au-dessus de lui. Un tressaillement musculaire. Le tambourinement feutré de pattes lancées à toute allure sur la terre dure. De nouveau le silence, seulement brisé par le murmure du vent. Les heures passent. Des heures noires qui virent au gris, puis au rose moiré. La lumière du soleil asperge le globe de métal. Celui-ci miroite d’un éclat surnaturel.
Il eut l’impression de plonger la main dans un four brûlant.
« Bon Dieu, ce qu’il peut faire chaud », dit-il en grimaçant, et il rentra aussitôt sa main pour la refermer en douceur sur le volant poisseux de sueur.
« C’est ton imagination. » Marian était affalée dans la touffeur du siège recouvert de plastique. Deux kilomètres plus tôt, elle avait posé ses pieds chaussés de sandales sur le rebord de la vitre. Ses yeux étaient clos et un souffle irrégulier s’échappait de ses lèvres sèches. »
Extrait de : R. Matheson. « La poupée à tout faire – Nouvelles. »
Intrusion par R. Matheson

Fiche de Intrusion
Titre : Intrusion (Tome 2 sur 6 – Nouvelles)
Auteur : Richard Matheson
Date de parution : 1989
Traduction : H. Collon, J. Chambon
Editeur : Flammarion
Sommaire de Intrusion
- Escamotage
- Les captateurs
- Toilettes pour hommes seuls
- La boucle est bouclée
- Le dernier jour
- Lazare II
- Une armée de conspirateurs
- Tina a disparu
- Appel longue distance
- La maison du crime
- Intrusion
- Un mariage
- Paille humide
Première page de Escamotage
« Les pages qui suivent proviennent d’un cahier d’écolier trouvé il y a deux semaines dans une cafétéria de Brooklyn. Juste à côté, sur le comptoir, était posée une tasse de café à demi vide. D’après le propriétaire, la place est restée inoccupée trois heures durant avant qu’il ne remarque le cahier.
Samedi matin, de bonne heure.
Je ne devrais pas mettre cela par écrit. Si Mary tombait dessus ? Que se passerait-il ? Ce serait la fin, voilà tout, cinq années par la fenêtre.
Mais c’est plus fort que moi. Il y a trop longtemps que j’écris. Impossible de connaître la paix sans ça. Il faut que je couche les choses sur le papier pour me clarifier les idées. Mais il est si difficile de clarifier et si facile de compliquer.
Songer aux mois passés.
Comment ça a commencé ? Une dispute bien sûr. Il a bien dû y en avoir un millier depuis que nous sommes mariés. Et toujours pour le même motif, c’est ça l’horreur.
L’argent. »
Extrait de : R. Matheson. « Intrusion – Nouvelles. »