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Miroitements par P. Boulle

Fiche de Miroitements

Titre : Miroitements
Auteur : P. Boulle
Date de parution : 1982
Editeur : Flammarion

Première page de Miroitements

« Le Boeing du chef de l’État se posa sur l’aéroport de Marignane alors que les étoiles scintillaient encore dans le ciel de Provence. Une heure avant l’aube, l’air déjà chaud, mais sans lourdeur, laissait prévoir une belle journée ensoleillée de juin. Jean Blondeau, président écologiste de la République, selon le titre qu’il s’était lui-même décerné, n’aimait guère le Boeing, dévoreur de combustible et d’oxygène. Il eût préféré voyager dans l’avion solaire dont on lui avait fait cadeau peu après son élection, qu’il pilotait lui-même à ses heures de loisir, et qui faisait les délices de sa femme Béatrice. Mais la cérémonie à laquelle il devait assister lui imposait une arrivée nocturne.

À l’atterrissage, le Président manifesta une fébrilité impatiente, dont il avait d’ailleurs fait preuve pendant le vol. Il se précipita vers la sortie à peine l’appareil arrêté, s’immobilisa en haut de la passerelle et embrassa le ciel d’un coup d’œil inquiet. Ayant constaté sa sérénité, il parut apaisé et se frotta les mains avec un sourire triomphant. »

Extrait de : P. Boulle. « Miroitements. »

Passeurs de mort par Fabrice Colin

Fiche de Passeurs de mort

Titre : Passeurs de mort
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2014
Editeur : Flammarion

Première page de Passeurs de mort

« Vous ne savez rien de la mort. Ce moment où la vie quitte votre corps comme un oiseau s’envole pour se dissoudre dans le blanc des nuages : quand il arrive, vous êtes tel un enfant.

Alors vous imaginez. Que tout devient sombre, aveuglant. Qu’une porte s’ouvre, qui sait ? Qu’une main se tend, qu’un visage paraît.

La mort est le seul mystère qui concerne chacun d’entre nous ; notre ignorance à son sujet est pourtant totale.

Mais voici qu’une ombre s’avance, tandis que l’éternel poème de la nuit envahit pensivement New York. Voici qu’une silhouette glisse sur les eaux sombres de l’East River, un coup de pagaie après l’autre. Cette ombre, c’est moi et, ce soir, je suis votre messagère. La fille qui sait des choses que tous les autres ignorent. »

Extrait de : F. Colin. « Passeurs de mort. »

La vie extraordinaire des gens ordinaires par Fabrice Colin

Fiche de La vie extraordinaire des gens ordinaires

Titre : La vie extraordinaire des gens ordinaires
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2010
Editeur : Flammarion

Première page de La vie extraordinaire des gens ordinaires

« Depuis huit mois, passionnément, je me tenais à son chevet. Poète : ainsi l’avais-je baptisé, sentant, dès le premier regard, que rien, jamais, ne lui conviendrait mieux.

D’autres, peut-être, l’auraient affublé de qualificatifs plus clinquants, ou plus spectaculaires. Voyageur. Raconteur. Illuminé. La vérité, c’est qu’aucun mot ne lui aurait rendu plus honnête justice que celui-ci.

Aucun n’aurait su révéler mieux la trouble beauté de sa quête.


J’avais poussé un jour la porte de l’hôpital en me disant que le moment était venu de faire quelque chose pour mon prochain. J’étais entré en contact avec une association d’aide aux malades. J’avais signé des papiers, répondu à des questions, rempli un formulaire. Pour finir on m’avait conduit au salon. »

Extrait de : F. Colin. « La vie extraordinaire des gens ordinaires. »

J’ai 14 ans et je suis détestable par Gudule

Fiche de J’ai 14 ans et je suis détestable

Titre : J’ai 14 ans et je suis détestable
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 2000
Editeur : Flammarion

Première page de J’ai 14 ans et je suis détestable

« Moi

Marre.

Marre des parents, des profs, des copains. Marre de moi, de ma peau. De mon acné. De mes cheveux gras. De ma tronche, toujours la même et toujours aussi moche. De mes kilos en trop qui s’ajoutent aux kilos en trop, à coups de Carambars, de Smarties et de fraises Tagada.

Sale gueule, voilà comment je mériterais qu’on m’appelle. Léa Sale gueule. Quand je me rencontre dans un miroir, je n’ai qu’une seule envie : me fiche des baffes. Je déteste les miroirs.

Je me déteste.

Tout le monde me déteste. Ils ont raison.

J’ai quatorze ans et je suis détestable. »

Extrait de : Gudule. « J’ai 14 ans et je suis detestable. »

Regardez-moi par Gudule

Fiche de Regardez-moi

Titre : Regardez-moi
Auteur : A. « Gudule » Liger-Belair
Date de parution : 1999
Editeur : Flammarion

Première page de Regardez-moi

« LUNDI 17 AVRIL
Ça y est ! Ils m’ont choisie, moi ! Je n’arrive pas encore à y croire…
Sur je ne sais combien d’adolescents, plusieurs milliers, sans doute, plusieurs dizaines de milliers, même, c’est ma candidature qu’ils ont retenue. Pourquoi ? Mystère. En toute honnêteté, je n’ai rien d’exceptionnel. Nom : Gina Lorrain. Âge : quatorze ans et demi. Taille : moyenne. Corpulence : moyenne. Niveau d’études : moyen (bonne en français, mauvaise en maths, passable dans les autres matières). Signes distinctifs : boutons d’acné sur le front, cheveux châtains mi-longs, yeux noisette. Plutôt mignonne – d’après mon copain Loud, en tout cas – mais je n’ai rien d’une star. Est-ce justement mon côté « banal » qui a motivé le choix de Socio-life ? Je ne vois pas d’autre explication…
N’empêche, j’en suis toute retournée. Dans deux semaines, ma vie va changer. Je vais devenir hypercélèbre. J’ai l’impression de vivre un rêve…
En fait, je ne réalise pas encore vraiment. Et, à mon avis, mes parents non plus : ils sont complètement dépassés par les événements ! »

Extrait de : Gudule. « Regardez-moi !. »