Étiquette : Fleuve noir
Le soleil sous la mer par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Le soleil sous la mer
Titre : Le soleil sous la mer
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1953
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le soleil sous la mer
« Après un hiver exceptionnellement rude, le printemps de l’année 2249 semblait apporter des promesses réconfortantes. Depuis les premiers jours de mars, le soleil réchauffait la terre et les soirées étaient douces, toutes parfumées des senteurs fraîches que dégageaient les bourgeons des arbres et les premières fleurs de la saison.
Ce soir-là, justement, il faisait particulièrement beau. La nuit était tombée après un superbe coucher de soleil, et l’air était tiède, plein d’une suavité gonflée de diffuse espérance, de joie de vivre, de jeunesse…
Sur la terrasse du « Big Silver Building », un des plus gigantesques gratte-ciel de la ville d’Amazonia, deux hommes gesticulaient et se lançaient à la tête de violentes injures.
Curieux contraste ! Alors que le charme poétique de la nuit aurait dû les incliner à l’amitié, à la
calme douceur, les deux jeunes hommes paraissaient en proie aux pires démons de la colère. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Le soleil sous la mer. »
La foudre anti-D par Jean-Gaston Vandel

Fiche de La foudre anti-D
Titre : La foudre anti-D
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1956
Editeur : Fleuve noir
Première page de La foudre anti-D
« D’un geste nerveux, Henry Hossine coupa le contact de la machine devant laquelle, depuis plus d’une heure, il dictait son courrier.
Durant quelques minutes, il demeura complètement immobile, les yeux dans le vague, l’esprit absent. Puis, se levant d’un mouvement brusque, il contourna sa table de travail, souleva le capot en plastique de la machine grafodict, empoigna la pile des lettres produites par la dactylographeuse automatique, les déchira et jeta le tout, rageusement, dans la corbeille à papier.
Décidément, ça n’allait pas ce matin.
Perplexe, un peu désemparé même, Henry Hossine s’approcha de la fenêtre. Comme son bureau se trouvait au dix-huitième étage, à l’angle du building, on pouvait contempler de là-haut une partie de la ville neuve, le Cap Vert et la mer. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « La foudre anti-D. »
Incroyable futur par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Incroyable futur
Titre : Incroyable futur
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1953
Editeur : Fleuve noir
Première page de Incroyable futur
« Maintenant qu’il avait terminé la dernière phase de ses recherches, Bill Cardell avait peur…
Pendant quelques minutes, il demeura complètement immobile, assis à sa table, fixant d’un œil un peu égaré les vingt comprimés rouges dont il venait d’achever la fabrication.
Puis, brusquement, il se leva et il marcha vers la fenêtre. Comme c’était étrange ! Voilà qu’il était pris de panique à l’instant précis où il devait faire le geste décisif, le geste qui allait lui apporter la réponse à la grande question de sa vie !…
Serait-ce la réussite ? Serait-ce un nouvel échec ?
De toute façon, les résultats de l’expérience auraient un caractère définitif, car Bill avait poussé ses travaux aussi loin qu’il l’avait pu et il ne voyait plus le moyen de modifier quoi que ce soit à la formule qu’il avait mise au point.
Debout devant la fenêtre, il resta encore un moment sans bouger, indifférent à la beauté radieuse du vaste ciel bleu de cette journée d’été. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Incroyable futur. »
Frontières du vide par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Frontières du vide
Titre : Frontières du vide
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1953
Editeur : Fleuve noir
Première page de Frontières du vide
« Le petit cimetière de Carbonado frémissait sous le vent froid qui descendait des Montagnes Rocheuses. Les cyprès, en s’inclinant dans la bise nocturne, émettaient une longue plainte. Pas une lumière n’adoucissait la nuit dont les ténèbres profondes engloutissaient la nécropole, ses allées de ciment, ses pierres tombales… Le ciel, opaque, masquait les étoiles, et de lourds nuages chargés de pluie se poursuivaient dans une course silencieuse.
Parfois, le vent s’apaisait et les arbres en fer de lance se redressaient avec ensemble. Au gémissement prolongé succédait alors un calme inquiétant. Un bruissement étrange, à peine perceptible, révélait des mouvements menus : une pomme de pin tombant sur une dalle, des feuilles jouant les unes sur les autres avec un crissement de papier froissé, un caillou qui roulait, poussé par une mystérieuse impulsion.
Puis le vent revenait, couvrant de sa plainte déchirante les mille petits bruits du sol, emportant vers l’Ouest une odeur de terre humide et fraîchement remuée. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Frontières du vide. »
Bureau de l’invisible par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Bureau de l’invisible
Titre : Bureau de l’invisible
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1955
Editeur : Fleuve noir
Première page de Bureau de l’invisible
« Le crépuscule commençait à tomber sur Londres, mais l’affaiblissement de la lumière diurne n’était pas encore suffisant pour déclencher l’allumage automatique de l’éclairage public. Le dôme de la cathédrale Saint-Paul, surplombant à peine les édifices de parking érigés aux alentours, se colorait d’une belle teinte orangée sous les derniers rayons du soleil couchant. Des reflets sanglants miroitaient sur la Tamise, où l’intense activité quotidienne s’apaisait progressivement.
Perdue parmi la foule qui déambulait dans Oxford Street, Joan Melrose marchait d’un pas pressé. Âgée d’une quarantaine d’années, elle avait conservé la silhouette svelte d’une jeune fille de vingt ans, mais les soins de beauté n’avaient pu effacer de son visage les altérations qu’y avaient imprimées les tracas et les inquiétudes. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Bureau de l’invisible. »
Attentat cosmique par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Attentat cosmique
Titre : Attentat cosmique
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1953
Editeur : Fleuve noir
Première page de Attentat cosmique
« A douze mille kilomètres d’altitude, dans l’inhumaine étendue des espaces sidéraux, une étrange machine volante planait depuis des heures et des heures.
Cependant, ni les observateurs de la navigation spatiale, ni les spécialistes de la Surveillance de l’Air, ni les pilotes en croisière dans le Vide, ni même les astronomes n’auraient pu déceler la présence de cet extraordinaire engin qui survolait avec lenteur la planète Terre.
L’appareil invisible venait de la planète 0-10, – celle qui évolue au delà de Pluton.
Ce n’était pas la première fois que les deux pilotes survolaient la planète 0-3 – c’est-à-dire la Terre, celle qui occupe la troisième place en partant du Soleil.
Depuis bien longtemps, les explorateurs sidéraux de 0-10 étudiaient l’astre 0-3 sans que les habitants de celui-ci ne s’en fussent doutés ; ces investigations secrètes s’étaient d’ailleurs considérablement intensifiées au cours du dernier siècle, très exactement depuis la naissance de l’ère atomique, entre les années terrestres 1942 et 1951. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Attentat cosmique. »
Alerte aux robots ! par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Alerte aux robots !
Titre : Alerte aux robots !
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1952
Editeur : Fleuve noir
Première page de Alerte aux robots !
« La foule hurlait, gesticulait, trépignait d’enthousiasme, remplissant de ses clameurs passionnées le gigantesque édifice du Big-Circus, le stade couvert de Denver.
Plus de vingt mille personnes assistaient à la finale du championnat de boxe de la saison – tournoi qui clôturait les fêtes du printemps de l’an 2750.
On était au seizième round du combat. Les deux adversaires luttaient avec une fougue extraordinaire, échangeant des coups terribles et précis. Animés tous les deux d’un courage absolument déconcertant, ils méritaient l’admiration.
Le bâtiment du Big-Circus – d’une conception architecturale ultramoderne – faisait un peu penser à deux assiettes renversées l’une sur l’autre, dont les bords se rejoignaient. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Alerte aux robots. »
Agonie des civilisés par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Agonie des civilisés
Titre : Agonie des civilisés
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1953
Editeur : Fleuve noir
Première page de Agonie des civilisés
« Le Général Duplin s’absorba pendant quelques instants devant le calendrier de la vie qui occupait tout un angle de son bureau. Des rangées entières d’ampoules jaunes, bleues, blanches et rouges clignotaient sans répit, tandis que des chiffres sautaient constamment sur les compteurs et que des points lumineux verts se déplaçaient d’une manière imperceptible sur des écrans gradués.
Duplin se retourna enfin vers son interlocuteur, un homme d’une trentaine d’années, athlétique, au visage bronzé, qui attendait patiemment la fin de sa méditation. Il fixa sur lui un regard pensif, empreint d’une certaine amitié.
— Mon cher Daluis, si paradoxal que cela puisse paraître, je ne puis m’empêcher de vous considérer comme un homme mort…
Le visage énergique de l’ingénieur changea d’expression. Ses traits se détendirent et firent place à un sourire amusé. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Agonie des civilisés. »
Raid sur Delta par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Raid sur Delta
Titre : Raid sur Delta (Tome 2 sur 2 – Les Vitaliens)
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1955
Editeur : Fleuve noir
Première page de Raid sur Delta
« Debout devant les appareils de contrôle du four à chaux, Klem Harkel surveillait avec attention le double débit des chalumeaux à gaz et à oxygène. Le moment critique de l’opération approchait…
En effet, une petite lampe rouge se mit soudain à clignoter au-dessus des cadrans. Harkel fit aussitôt retomber devant ses yeux les grosses lunettes protectrices qu’il avait repoussées sur son front, enfila ses gants d’amiante et se dirigea vers le bloc carré, massif, du four aménagé dans un coin de l’usine-laboratoire.
Ayant rabattu le volet mobile de la fenêtre de surveillance, Harkel se pencha pour mieux observer le métal en fusion dans le creuset. Il fallait une certaine expérience pour déterminer l’instant précis où la mousse de platine, débarrassée des oxydes
superflus, atteignait la qualité du métal pur.
Plusieurs minutes s’écoulèrent. Enfin, Harkel, satisfait, coupa le courant d’alimentation du four et brancha les refroidisseurs, tandis qu’un déclenchement annonçait la coulée du métal précieux dans les moules. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Raid sur Delta. »
Fuite dans l’inconnu par Jean-Gaston Vandel

Fiche de Fuite dans l’inconnu
Titre : Fuite dans l’inconnu (Tome 1 sur 2 – Les Vitaliens)
Auteur : Jean-Gaston Vandel
Date de parution : 1954
Editeur : Fleuve noir
Première page de Fuite dans l’inconnu
« Dans son vaste bureau du Centre Mondial de Médecine Publique, le docteur Hefnir étudiait les rapports quotidiens qui lui parvenaient sur les lignes prioritaires gouvernementales.
Les trois secrétaires du service, un homme et deux jeunes femmes, recueillaient sans arrêt les feuillets imprimés qui sortaient des soixante-dix appareils ondographiques. Ces feuillets, après avoir été passés dans la machine microphot qui prenait les copies destinées aux archives, étaient déposés sur la table du docteur.
Ce dernier, chauve et décharné mais encore très actif pour ses cent vingt-sept ans, classait les documents en deux tas distincts. Le premier tas ne retenait guère son attention ; il s’agissait là des statistiques planétaires des décès : chaque province envoyait un relevé complet des morts de la veille, avec indication en code de la cause ayant entraîné la mort. En gros, la plupart des chiffres étaient suivis d’un même et seul index, mais, pour l’éminent directeur du Centre, tout cela n’était que pure routine et ne l’intéressait plus. »
Extrait de : J.-G. Vandel. « Fuite dans l’inconnu – Les Vitaliens. »