Étiquette : Fleuve noir

 

Armand le vampire par Anne Rice

Fiche de Armand le vampire

Titre : Armand le vampire (Tome 6 sur 13 – Chronique des vampires)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1998
Traduction : M. Charrier
Editeur : Fleuve noir

Première page de Armand le vampire

« Une enfant était morte au grenier, disait-on. Ses vêtements y avaient été découverts dans un mur.

J’avais envie d’aller là-haut m’allonger près de ce mur, seul.

De temps à autre, le fantôme apparaissait. Celui de l’enfant. Pourtant, pas un de ces vampires ne voyait les esprits à ma manière. Aucune importance. Ce n’était pas la compagnie de la petite disparue qui m’attirait, c’était l’endroit.

Rien ne me retenait plus auprès de Lestat. J’étais venu. J’avais accompli mon dessein. Je ne pouvais aider mon hôte.

La vue de son regard attentif, parfaitement fixe, me mettait mal à l’aise. Bien que calme, empli d’amour pour ceux qui m’étaient les plus proches – mes enfants humains, mon petit Benji à la chevelure sombre et ma tendre, ma diaphane Sybelle – je n’avais pas encore la force de les emmener. »

Extrait de : A. Rice. « Armand le Vampire – Chronique des vampires. »

Memnoch le démon par Anne Rice

Fiche de Memnoch le démon

Titre : Memnoch le démon (Tome 5 sur 13 – Chronique des vampires)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1995
Traduction : I. Glasberg
Editeur : Fleuve noir

Première page de Memnoch le démon

« C’est Lestat. Vous savez qui je suis ? Alors sautez les quelques paragraphes qui suivent. Et pour ceux que je ne connais pas encore, je veux que cela soit le coup de foudre.

Voyez : votre héros pour toujours, réplique parfaite de l’Anglo-Saxon d’un mètre quatre-vingts, blond aux yeux bleus. Un vampire, et l’un des plus puissants auquel vous aurez jamais affaire. Mes crocs sont trop petits pour qu’on les remarque, à moins que je ne veuille les montrer ; mais ils sont très acérés, et je ne peux guère rester plus de quelques heures sans avoir envie de sang humain.

Évidemment, je n’en ai pas aussi souvent besoin. Quant à savoir à quelle fréquence il m’en faut réellement, je l’ignore, car je n’en ai jamais fait l’expérience.

Je suis d’une force prodigieuse. Je peux voler. Je peux entendre les gens parler à l’autre bout de la ville, et même du globe. Je peux lire dans les pensées ; et envoûter autrui.

Je suis immortel. De fait, je suis éternel depuis 1789. »

Extrait de : A. Rice. « Memnoch le demon. »

Le voleur de corps par Anne Rice

Fiche de Le voleur de corps

Titre : Le voleur de corps (Tome 4 sur 13 – Chronique des vampires)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1992
Traduction : J. Rosenthal
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le voleur de corps

« Ici Lestat le Vampire. J’ai une histoire à vous raconter. Une histoire qui m’est arrivée.

Cela débute à Miami, en l’an 1990, et c’est vraiment par là que j’ai envie de commencer. Mais il est important que je vous parle des rêves que je faisais avant cette époque, car eux aussi font partie de ce récit. Je parle ici de rêves où figure un enfant vampire au visage d’ange et à l’esprit de femme, d’un rêve aussi concernant mon ami mortel David Talbot.

Il y avait aussi des rêves de mon enfance en France, à l’époque où j’étais encore un mortel : pleins de neiges hivernales, du sinistre château en ruine que mon père possédait en Auvergne, et de ce jour où je m’en étais allé chasser une meute de loups qui faisaient des ravages dans notre pauvre village.

Les rêves peuvent être aussi réels que la vie. C’est du moins ce qu’il m’a paru après coup. »

Extrait de : A. Rice. « Le Voleur de Corps – Chronique des vampires. »

La reine des damnés par Anne Rice

Fiche de La reine des damnés

Titre : La reine des damnés (Tome 3 sur 13 – Chronique des vampires)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1988
Traduction : A. de Vogué, E. Briffault
Editeur : Fleuve noir

Première page de La reine des damnés

« C’est moi Lestat le vampire, vous vous souvenez ? Le vampire qui est devenu une super-star du rock, celui qui a écrit son autobiographie. Le blond aux yeux gris, avec son insatiable désir de reconnaissance et de gloire. Vous vous rappelez ? Je voulais être un symbole du mal dans ce siècle de lumière où le démon que je suis n’a pas sa place. J’ai même pensé que de cette façon je pourrais être de quelque utilité, en incarnant le diable sous les feux de la rampe.

Ça démarrait très fort pour moi quand on a discuté la dernière fois. Je venais juste de faire mes débuts à San Francisco – mon premier concert « live » avec mon orchestre de mortels. Notre album marchait du tonnerre. Mon autobiographie pas trop mal non plus, autant chez les vivants que chez les morts vivants. »

Extrait de : A. Rice. « La Reine des Damnés. »

Lestat le vampire par Anne Rice

Fiche de Lestat le vampire

Titre : Lestat le vampire (Tome 2 sur 13 – Chronique des vampires)
Auteur : Anne Rice
Date de parution : 1985
Traduction : B. Vierne
Editeur : Fleuve noir

Première page de Lestat le vampire

« Je suis Lestat le vampire. Je suis immortel. Ou peu s’en faut. La lumière du soleil, la chaleur soutenue d’un feu intense risqueraient peut-être de me détruire, mais rien n’est moins sûr.

Je mesure un mètre quatre-vingts, taille qui sortait de l’ordinaire il y a deux siècles, lorsque j’étais un jeune mortel. Ce n’est encore pas si mal aujourd’hui. Mon épaisse chevelure blonde et bouclée me descend presque aux épaules et paraît blanche à la lumière artificielle. J’ai les yeux gris, mais ils absorbent aisément les teintes bleues ou violettes des surfaces qui m’entourent. Mon nez est plutôt court et fin ; ma bouche bien dessinée, mais un peu grande pour mon visage. Elle peut prendre un pli fort méchant ou extrêmement généreux, en tout cas toujours sensuel. Gela dit, mes émotions et mes attitudes se reflètent dans mon expression tout entière. J’ai un visage constamment mobile. »

Extrait de : A. Rice. « Lestat le Vampire – Chronique des vampires. »

Virgules téléguidées par Pierre Suragne

Fiche de Virgules téléguidées

Titre : Virgules téléguidées
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Virgules téléguidées

« La sueur était progressivement venue au front de Léridan, avec les rides soucieuses creusées dans la peau brune. Du dos de la main, il essuya cette moiteur luisante, s’efforçant de rendre le geste machinal. Ses doigts tremblaient, trahissant sa nervosité. Entre le pouce et l’index, Léridan saisit le mégot humide collé au coin de sa lèvre inférieure ; il considéra longuement le papier jauni, noirci, avant d’effriter le tabac gorgé de salive. Puis il essuya ses doigts sur son pantalon de velours rude. Il dit :
— Je ne te crois pas, Juan-Majin.
Juan-Majin prit un air ahuri, qu’il conserva quelques secondes, avant de pousser un long soupir et de hausser les épaules, fataliste. « Si tu ne me crois pas, Léridan Jorgue, c’est ton affaire, et je n’y peux rien. »… Voilà ce que signifiait son attitude. »

Extrait de : P. Suragne. « Virgules téléguidées. »

Vendredi, par exemple… par Pierre Suragne

Fiche de Vendredi, par exemple…

Titre : Vendredi, par exemple…
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vendredi, par exemple…

« C’est jeudi, par exemple, sur la France. Et c’est la nuit, aussi, non seulement sur la France mais sur l’Union Sociale Européenne, dont fait partie la France.

Et la nuit est noire, brumeuse, pour le docteur Keyes qui prend place derrière son bureau du centre de psychothérapie de Grenoble ; pour le docteur Keyes qui s’assied à cette place, comme chaque soir, avec en tête sa dose de soucis habituels.

C’est la nuit aussi pour Jorge Das Vila, l’anarchiste, au volant de cette voiture de police maquillée, qui roule vers sa ville de Fessenheim. »

Extrait de : P. Suragne. « Vendredi, par exemple…. »

Une si profonde nuit par Pierre Suragne

Fiche de Une si profonde nuit

Titre : Une si profonde nuit
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1975
Editeur : Fleuve noir

Première page de Une si profonde nuit

« Joraf avait quitté la famille alors que le sol était encore froid et humide, les herbes, comme les pierres, gluantes de rosée. Depuis cet instant, il n’avait cessé de ramper en direction du premier piège.

A présent, Joraf transpirait. Certaines pierres du sol étaient très chaudes, et les rayons solaires cuisaient la peau de ses épaules nues, ainsi que ses avant-bras, ses mains. La sueur coulait de son front bombé et ruisselait sur ses pommettes. De temps à autre, d’un coup de langue, Joraf humectait ses lèvres sèches. Il s’était écorché les phalanges de la main droite – celle qui tenait l’arme – sur les arêtes coupantes d’une pierre que sa mémoire, distraite une seconde, avait oubliée. »

Extrait de : P. Suragne. « Une Si Profonde Nuit. »

Suicide par Pierre Suragne

Fiche de Suicide

Titre : Suicide
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Suicide

« Et pour tout arranger, il pleuvait.

Ce n’étaient pas de violentes averses, ni une pluie à chaudes larmes, mais, tout de même, il pleuvait. Un sale petit crachin tout gris, qui salissait les montagnes et engluait tout ce qu’il touchait, tirant la voûte molle des nuages jusqu’à presque lui faire toucher terre – il avait pourtant l’air bien fluet, ce petit crachin – une pleurnicherie.

Et puis il faisait froid.

Davantage encore à l’intérieur de l’église qu’au-dehors.

Paul frissonna. Cela naissait dans ses reins et remontait au long de son dos, pour venir trembler jusque dans ses mâchoires. Depuis deux jours, il n’en finissait pas de frissonner. »

Extrait de : P. Suragne. « Suicide. »

Purgatoire par Pierre Pelot

Fiche de Purgatoire

Titre : Purgatoire
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Purgatoire

« Au cours de la nuit qui suivit cette fête en compagnie du Patron, sans doute parce qu’il avait bu plus que de raison, Cole fit un cauchemar abominable, c’est-à-dire : un cauchemar particulièrement abominable.

Ce genre de rêve qui vous atteint non seulement dans l’esprit et dont vous gardez longtemps en mémoire la cicatrice purulente, mais dans vos chairs aussi, au point de constater à l’éveil (et d’ailleurs sans trop savoir avec certitude qu’il s’agit d’un véritable éveil… si, au contraire…) que vos ongles ont laissé des marques sanglantes sur votre peau. »

Extrait de : P. Pelot. « Purgatoire. »