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Mecanic jungle par Pierre Suragne

Fiche de Mecanic jungle

Titre : Mecanic jungle
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mecanic jungle

« Dans le silence presque parfait, le ululement de la sirène monta. Un son aigu, criard, qui enflait progressivement. Le véhicule s’approchait à grande vitesse.
Sur les trottoirs mobiles, les passants tournèrent leurs regards vers la chaussée centrale. Ils avaient de longs visages pâles, des yeux plutôt vides, comme des masques figés qui ne reflétaient pas la moindre expression.
En quelques secondes, le hurlement de la sirène fut à son paroxysme. Jaillissant de derrière un coude de la chaussée, à cet endroit où étaient braqués les regards des passants, le motobil rouge comme une flamme fit son apparition. Parmi les passants aux pieds soudés sur les trottoirs mécaniques, certains eurent comme un geste de recul instinctif. Rien de bien appuyé. Une simple esquisse. »

Extrait de : P. Suragne. « Mecanic jungle. »

Mal Iergo le dernier par Pierre Suragne

Fiche de Mal Iergo le dernier

Titre : Mal Iergo le dernier
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mal Iergo le dernier

« Tous les bouges de Targa se ressemblent. Ils ne sont pas des tavernes dans une ville, ils sont la ville entière. Les plus monstrueux sont sans nul doute ceux des anciens ports spatiaux. Mais il reste très peu de ports spatiaux sur Targa.

En revanche, on trouve encore d’innombrables villes-tavernes, sur les six continents. Galeuses, elles tachent la jungle, ou bien elles sont comme de sales excroissances sur le bord des fleuves, ou bien encore elles se dressent, telles de longs champignons plats, dans les déserts et les montagnes sèches.

À présent, les long-courriers réguliers évitent soigneusement Targa la Maudite. C’est ainsi depuis longtemps, il est vrai. C’est ainsi depuis la catastrophe, mais personne, dans les peuples galactiques, n’est assez vieux en âge pour se lever et dire : « J’ai vu, je vivais quand s’est produite la catastrophe ». Personne. La catastrophe a explosé il y a bien
longtemps. »

Extrait de : P. Suragne. « Mal Iergo le Dernier. »

Mais si les papillons trichent par P. Suragne

Fiche de Mais si les papillons trichent

Titre : Mais si les papillons trichent
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Mais si les papillons trichent

« Price s’éveilla, mais demeura allongé sur le lit, paupières closes. Longtemps, il écouta la fatigue qui roulait dans son corps, glissait en vague molle au long de ses muscles. Cette nouvelle marque de somnifère qu’il utilisait depuis quelque temps était réellement efficace…, peut-être trop. Il se dit, pour la centième fois, qu’il serait judicieux d’en changer encore, et de rendre visite à un conseiller-psycho. Dans toute la gamme de ces somnifères, il devait certainement exister une marque idéale. Une marque pour lui, Price.

Paupières closes, il écouta l’extérieur, laissant vagabonder ses idées au hasard. Aux rives du sommeil, il s’extirpait lentement des vagues lourdes. Tout autour de lui, c’était le calme parfait. »

Extrait de : P. Suragne. « Mais si les papillons trichent. »

Le dieu truqué par Pierre Suragne

Fiche de Le dieu truqué

Titre : Le dieu truqué
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le dieu truqué

« La planète des Moor’woks n’avait pas de nom propre. Ce n’était pas nécessaire. Parfois, lorsqu’ils en parlaient, ils disaient simplement « le Monde », et c’était bien suffisant.
Bien suffisant.
En un point de l’espace, le Monde tournait autour d’un soleil, et le soleil tournait autour d’un point central d’une galaxie, qui tournait elle-même, avec d’autres galaxies… depuis ce qu’on appelle le commencement des temps.
Sur le Monde, il y avait des prairies d’herbe, des déserts de sable et de pierres, des vallées et des montagnes. Il y avait des mers, des fleuves, des ruisseaux, des sources. Des arbres à chevelures feuillues et d’autres tout hérissés d’épines. Il y avait des nuages dans les cieux, de la pluie qui tombait, de la neige et du vent qui courait. Parfois, il faisait chaud, parfois il faisait froid. »

Extrait de : P. Suragne. « Le dieu truqué. »

La septième saison par Pierre Pelot

Fiche de La septième saison

Titre : La septième saison
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de La septième saison

« De mai à juin, en cette année 3096, les troupes civiles des commandos « Survie » avaient organisé le dernier rassemblement. De mai à juin. Un mois terrestre, simplement. Suivant un réseau-quadrillage très serré, ils avaient parcouru la planète, à bord de leurs plates-formes rasantes équipées de détecteurs d’ondes biologiques, repérant infailliblement toute trace de vie humaine dans les déserts, les magmas putrides des anciennes jungles. Un mois, pour inventorier, cloisonner, repérer. Sur ces données, la chasse s’était ouverte, menée par d’autres commandos Survie.

La chasse, il n’y avait pas d’autre mot pour qualifier le travail de ces hommes lancés dans la brousse molle, armés de projecteurs paralysants.

A présent, la chasse était finie. Elle s’était déroulée sans accidents graves – des flèches perdues avaient blessé quelques membres des commandos, mais sans gravité ; il n’y avait eu aucune mort d’homme. »

Extrait de : P. Pelot. « La septième saison. »

La peau de l’orage par Pierre Suragne

Fiche de La peau de l’orage

Titre : La peau de l’orage
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de La peau de l’orage

« Il fit bien des efforts pour résister au malaise, espérant naïvement lui échapper. Il avait grandi, n’est-ce pas ? Il était presque un homme, à présent, et il y avait bien longtemps que le malaise n’était venu le visiter. Avant, il était encore un enfant, sans force, sans volonté. Quelque chose de tout à fait malléable. Mais maintenant…

Oui, il fit bien des efforts, cherchant à s’isoler des cris, du bruit ronflant de la moto-faucheuse qui couchait l’herbe en vagues régulières, guidée par le père. Faire le vide, et oublier jusqu’aux odeurs bleutées qui s’envolaient derrière le monstre mécanique, oublier les odeurs de l’herbe écrasée de soleil.

Il essaya. »

Extrait de : P. Suragne. « La peau de l’orage. »

La nef des dieux par Pierre Suragne

Fiche de La nef des dieux

Titre : La nef des dieux
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de La nef des dieux

« Après avoir donné de rapides informations concernant les compétitions de chasse dans les réserves gouvernementales des pôles, le présentateur enchaîna de sa voix monocorde :
— Et maintenant, notre bulletin politique. La situation est inchangée depuis hier en ce qui concerne la tension régnant sur les frontières de l’est. Aux dernières dépêches que nous avons reçues, les forces des Gardes envoyées voici douze jours, par les deux puissances de Terre, aux environs de Gadcham, sont toujours face à face. Le calme est revenu peu à peu parmi les populations de cette partie du globe. »

Extrait de : P. Suragne. « La nef des dieux. »

La cité au bout de l’espace par Pierre Suragne

Fiche de La cité au bout de l’espace

Titre : La cité au bout de l’espace
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de La cité au bout de l’espace

« C’était un long voyage. Un très très long voyage, pour le vaisseau spatial d’exploration Murwik 3 et son équipage. Ce qui restait de cet équipage…
Jen Mahutri était inquiet. La désagréable sensation d’angoisse était née à son insu, il y avait déjà plusieurs mois – il s’en apercevait maintenant – et elle n’avait fait que grandir. C’était peut-être la somme logique de toutes les vicissitudes du voyage…, une tension nerveuse « normale », qui se basait sur l’expérience des derniers temps et faisait naître ce sentiment de méfiance instinctive… Bien sûr… Jen Mahutri aurait voulu pouvoir s’en convaincre. Mais il ne pouvait pas. Et c’était précisément cela qui le gênait.
Il quitta la couchette de sa cellule, sur laquelle il était assis depuis de longues heures, désœuvré, tournant et retournant dans sa tête mille pensées noires, mille souvenirs. »

Extrait de : P. Suragne. « La cité au bout de l’espace. »

L’enfant qui marchait sur le ciel par Pierre Suragne

Fiche de L’enfant qui marchait sur le ciel

Titre : L’enfant qui marchait sur le ciel
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’enfant qui marchait sur le ciel

« Le monde lui-même possède un nom. Le monde s’appelle Zod.
Dans le ventre du monde, on dit que la machine est là, palpitante et silencieuse. La Machine. Depuis le commencement des Temps, la Machine compte et calcule. Depuis le commencement, la Machine copie et traduit le Temps, et elle en fait quelque chose de vaguement compréhensible pour l’esprit des hommes. C’est elle, c’est la Machine, qui calcule la lente succession des années. Une année est un cycle de temps bien défini qui dépend des rouages et de certaines révolutions de sphères transparentes, dans le ventre de la Machine.
L’enfant était âgé de huit années. Huit, c’est parfois déjà très vieux, très désespéré. C’est parfois l’âge de la mort. »

Extrait de : P. Suragne. « L’enfant qui marchait sur le ciel. »

Je suis la brume par Pierre Suragne

Fiche de Je suis la brume

Titre : Je suis la brume
Auteur : Pierre Suragne
Date de parution : 1974
Editeur : Fleuve noir

Première page de Je suis la brume

« C’était relativement tôt dans le matin, mais le soleil cognait déjà comme un damné. Sous la bâche de la camionnette, cela prenait des allures de fournaise, et tout un tas d’odeurs s’y mélangeaient hardiment. Sueur, vieux tabac, cuir moisi et chaud, odeur de papiers poussiéreux… cent autres encore.

Cette atmosphère étouffante réveilla Deddie Dull.

D’abord, il grogna. Se racla la gorge et tenta de cracher. Ensommeillé, un maigre jet plutôt boueux et sec fusa, malhabile, entre ses lèvres et retomba sur son menton hérissé de barbe blonde. Deddie Dull grogna encore, essuya les dégâts d’un revers de main mou. »

Extrait de : P. Suragne. « Je suis la brume. »