Étiquette : Fleuve noir

 

Le sang de Fulgavy par F. Chapel

Fiche de Le sang de Fulgavy

Titre : Le sang de Fulgavy (Tome 3 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le sang de Fulgavy

« Quatre jours durant, ils avaient survolé la jungle. L’étrange biologie d’Aucella autorisait ce type de végétation sous un climat tempéré – si bien que, même aux heures les plus chaudes, les cinq passagers ne souffraient pas trop du soleil qui martelait le toit de cristacier de l’engin. Il n’avait guère fallu de temps à Any pour apprendre à piloter le glisseur de campagne, aussi Joss et elle se relayaient-ils régulièrement aux commandes, ce qui les dispensait de faire de trop fréquentes haltes.

Celles-ci se révélaient d’ailleurs problématiques, compte tenu de la topographie de la région : les clairières assez étendues pour poser l’appareil sans risque n’étaient pas légion. Ils n’avaient pu qu’à deux reprises prendre un véritable repos, huit bonnes heures de sommeil à la belle étoile. »

Extrait de : F. Chapel. « Le sang de Fulgavy – L’oiseau de foudre. »

Le temple de la mort turquoise par F. Chapel

Fiche de Le temple de la mort turquoise

Titre : Le temple de la mort turquoise (Tome 2 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le temple de la mort turquoise

«  Bonjour, c’est Bob ! Je vous informe, que tous les officiers et cadets n’étant actuellement pas de garde, y compris ceux qui sont consignés, ont ordre de se rendre immédiatement, je répète : immédiatement, à la salle de réunion. Toute défection sera sanctionnée sévèrement ! À bientôt…»

Après avoir communiqué son message, l’éphèbe aux boucles brunes s’effaça de l’écran du syscomint, non sans avoir adressé un sourire charmeur à la spectatrice présumée de son intervention. Cynthia Dubois lui fit un pied de nez rageur : elle commençait à en avoir assez de la voix mielleuse de cette machine qu’employaient les officiers pour communiquer leurs ordres aux cadets. Si au moins l’image diffusée changeait de temps en temps, l’attrait de la nouveauté chasserait peut-être l’irritation. »

Extrait de : F. Chapel. « Le Temple de la Mort Turquoise – L’oiseau de foudre. »

Les ailes tranchées par F. Chapel

Fiche de Les ailes tranchées

Titre : Les ailes tranchées (Tome 1 sur 5 – L’oiseau de foudre)
Auteur : Félix Chapel
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les ailes tranchées

« Allongé sur la couchette de la cabine qu’il partageait avec Arnold Keller, Joss Tamblyn regardait le vieux trivid policier inséré par ses soins dans le lecteur de microdiscs. Inspirée de faits réels, l’histoire racontait l’éprouvante odyssée d’un homme poursuivi pour un crime dont il était innocent, durant la colonisation de Proxima du Centaure – en 2289. Au suspense de l’intrigue s’ajoutait donc un intérêt historique certain. Joss appréciait tout particulièrement la vue des scaphandres encombrants, si différents des modèles actuels, et des primitifs pistolasers, remplacés depuis des décennies par les armes à effet biologique et les éclateurs. Les astronefs, eux aussi, semblaient sortis tout droit de l’aurore de la conquête spatiale : dénués des palpeurs d’environnement Heinlein et des modulateurs d’hyperespace qui équipaient les engins modernes, ils étaient lents et peu maniables, à peine capables de parcourir une centaine d’années-lumière avant d’être bons pour la casse. »

Extrait de : F. Chapel. « Les ailes tranchées – L’oiseau de foudre. »

La ville d’acier par M. Pagel

Fiche de La ville d’acier

Titre : La ville d’acier (Tome 2 sur 2 – L’ange du désert)
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de La ville d’acier

« — Je vais quand même pas crever comme ça ! dis-je à haute voix pour me rassurer.
Je n’ai jamais été particulièrement défaitiste mais je dois avouer que ce jour-là, je commençais à douter un peu de l’avenir : j’avais fini le matin même mes réserves d’eau et de nourriture ; en plein désert je ne risquais pas de pouvoir les renouveler de sitôt, à moins de tomber sur un village de sédentaires et de réussir à leur expliquer que je n’étais pas là pour les massacrer, avant de l’être moi-même. Depuis que les pluies étaient revenues, rares mais régulières, ils semblaient avoir retrouvé le goût du combat, bien décidés à mettre un terme aux razzias des pillards et de mes propres confrères motards, qu’ils s’étaient jusqu’alors contentés de subir stoïquement. Du coup ils étaient remontés dans mon estime, même si cette attitude nouvelle ne me facilitait pas la vie. »

Extrait de : M. Pagel. « La Ville D’Acier – L’ange du désert. »

L’ange du désert par M. Pagel

Fiche de L’ange du désert

Titre : L’ange du désert (Tome 1 sur 2 – L’ange du désert)
Auteur : Michel Pagel
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’ange du désert

« C’était Cobra qui nous menait, comme toujours. Je voyais son crâne rasé luire au soleil, du même éclat dont brillaient les clous qui incrustaient le dos de son blouson, dessinant son nom, Son surnom, plutôt, parce que son véritable nom nous ne l’avions jamais su et n’étions certainement pas prêts de le connaitre. Peut-être ne s’en rappelait-il plus lui-même ; de toute façon cela n’avait pas vraiment d’importance : Cobra, ça claquait bien, juste ce qu’il fallait pour que ces taupes de sédentaires crèvent de trouille en l’entendant prononcer, juste ce qu’il fallait pour un bon chef de meute. 

Pas comme mon nom à moi : Ange. Quand on l’entendait, il évoquait immédiatement des images de douceur et de bonté. Puissent Gelnar et sa clique de démons faire cramer pendant des siècles la femme qui se disait ma mère et avait eu la bonne idée de me refiler un nom aussi ridicule. »

Extrait de : M. Pagel. « L’Ange Du Désert. »

Feux croisés par N. Kress

Fiche de Feux croisés

Titre : Feux croisés
Auteur : Nancy Kress
Date de parution : 2003
Traduction : F. Dolisi
Editeur : Fleuve noir

Première page de Feux croisés

« Mon Dieu, j’ai réussi, se dit Jake Holman.
Il leva les yeux vers les visages qui l’observaient depuis l’amphithéâtre naturel d’un coteau californien. Six mille visages, blancs, noirs, bruns ou dorés, grands ou petits, nus ou bien outrageusement fardés, quelconques, laids ou d’une beauté génémodifiée, captivés ou sceptiques, avec ou sans couvre-chef. Six mille personnes prêtes à partir pour les étoiles. Et chacune d’elles était folle.
« Personne n’y croyait, mais nous avons réussi ! déclara Jake au micro. Personne n’a cru qu’une petite société privée pouvait organiser cette expédition vers Forêtverte ! Que nous arriverions à collecter l’argent nécessaire, à construire le vaisseau, à l’aménager et lui fournir un équipage ! Ils croyaient tous que c’était impossible !  »

Extrait de : N. Kress. « Feux croisés. »

Echopraxie par P. Watts

Fiche de Echopraxie

Titre : Echopraxie (Tome 2 sur 2 – Vision aveugle)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2014
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Echopraxie

« Une pièce blanche, vierge d’ombre et de topographie. Aucun angle : c’est une condition indispensable. Aucun coin ni aucune intrusion mobilière, aucun éclairage directionnel, aucune géométrie de lumière et d’ombre dont l’intersection, vue d’un endroit quelconque de la pièce, pourrait évoquer le Signe de Croix. Les parois, ou plutôt la paroi consistait en une seule surface incurvée légèrement bioluminescente, une enceinte sphéroïde aplanie à contrecœur à la base par égard pour la convention bipède. C’était un utérus géant de trois mètres de diamètre, avec même quelque chose qui pleurnichait en chien de fusil par terre.

Un utérus dont tout le sang était à l’extérieur.

Elle s’appelait Sachita Bhar et tout ce sang était aussi dans sa tête. »

Extrait de : P. Watts. « Échopraxie – Vision aveugle. »

Vision aveugle par P. Watts

Fiche de Vision aveugle

Titre : Vision aveugle (Tome 1 sur 2 – Vision aveugle)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2006
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Vision aveugle

« Imaginez que vous êtes Siri Keeton.
Vous vous réveillez dans une résurrection atrocement douloureuse, cherchant votre souffle après une apnée du sommeil record de cent quarante jours. Vous sentez votre sang, épaissi par la dobutamine et la leu-enképhaline, se frayer un chemin dans des artères racornies par des mois d’inactivité. Le corps enfle en incréments douloureux : les vaisseaux sanguins se dilatent, la chair se détache de la chair, les côtes craquent dans vos oreilles à cause d’une soudaine et inhabituelle flexion. Vos articulations se sont grippées à force de ne pas servir. Vous êtes un homme-bâton, figé en une perverse rigor vitae.
Vous hurleriez, si vous aviez assez de souffle. »

Extrait de : P. Watts. « Vision aveugle – Vision aveugle. »

Béhémoth par P. Watts

Fiche de Béhémoth

Titre : Béhémoth (Tome 3 sur 3 – Rifteurs)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2003
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Béhémoth

« Quand on a perdu ses yeux, avait entendu dire Achille Desjardins, on les récupère dans ses rêves.
Cela n’arrivait pas qu’aux aveugles : n’importe qui de diminué par la vie se rêvait complet. Les quadruples amputés couraient et jouaient au football, les sourds entendaient des symphonies, les cœurs brisés aimaient à nouveau. L’esprit avait sa propre inertie ; il avait tellement pris l’habitude d’un certain rôle au cours de toutes ces années qu’il rechignait à abandonner l’ancien paradigme.
Il finissait par le faire, bien entendu. Les visions radieuses disparaissaient, la musique cessait, le flux sensoriel imaginaire se réduisait à quelque chose de plus adapté à des orbites vides et des cochlées dévastées. Mais cela prenait des années, des décennies… au cours desquelles l’esprit se torturait nuit après nuit avec le souvenir de ce qu’il avait perdu. »

Extrait de : P. Watts. « Béhémoth – Rifteurs. »

Rifteurs par P. Watts

Fiche de Rifteurs

Titre : Rifteurs (Tome 2 sur 3 – Rifteurs)
Auteur : Peter Watts
Date de parution : 2001
Traduction : G. Goullet
Editeur : Fleuve noir

Première page de Rifteurs

« Le lendemain du jour où Patricia Rowan sauva le monde, une partie de sa conscience se retourna contre elle à cause d’un dénommé Elias Murphy.
Elle n’avait pas vraiment besoin d’un retour de bâton supplémentaire. Ses lentilles tactiques ne cessaient déjà de lui montrer morts et dégâts, en nombres bien trop vagues pour qu’on puisse parler d’estimations. Cela faisait seulement seize heures : les ordres de grandeur eux-mêmes n’étaient guère que de simples suppositions. Les machines continuaient malgré tout à essayer de préciser les pertes, tant de millions de vies, tant de milliards de dollars, comme si quantifier l’apocalypse la rendait anodine.
Ça pourrait marcher, d’ailleurs ! se dit-elle. 
Les monstres les plus effrayants se débrouillaient toujours pour disparaître juste avant qu’on allume la lumière. »

Extrait de : P. Watts. « Rifteurs – Rifteurs. »