Étiquette : Fleuve noir

 

Billevesées et calembredaines par Christopher Stork

Fiche de Billevesées et calembredaines

Titre : Billevesées et calembredaines
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Billevesées et calembredaines

« Qu’est-ce que c’est que ce titre ? Qui l’a écrit sur cette page ? Moi ? Certainement pas ! J’étais dans ma cuisine, en train de me faire un café quand j’ai entendu la vieille Gertrude – c’est le surnom que je donne à ma machine à écrire –, se mettre à crépiter toute seule. J’ai même pensé : « Merde ! Il va encore falloir que j’appelle un réparateur, ou alors que je la remplace, cette saleté de bécane… Avec tout le fric qu’elle m’a déjà coûté, j’aurais pu me payer une H. A. L. 7500 Sigma électronique, plus une tête de lecture en zirconium, avec arbre à cames en tête et cassettes d’orthographe incorporées… Enfin, peu importe. Gertrude s’était mise en marche toute seule, et quand j’ai vu ce qu’elle avait écrit au milieu de la page, j’ai failli en lâcher ma tasse de café.

BILLEVESÉES ET CALEMBREDAINES

Ça veut dire quoi ? »

Extrait de : C. Stork. « Billevesées et Calembredaines. »

Babel bluff par Christopher Stork

Fiche de Babel bluff

Titre : Babel bluff
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de Babel bluff

« Sam Bâtes jeta un coup d’œil amusé sur sa voisine, une jeune femme aux cheveux blonds dorés, enroulés en une seule tresse soyeuse autour de la tête, ce qui formait une sorte de diadème au-dessus du visage aux pommettes saillantes, au nez fin et aux lèvres lourdes. Comme la plupart des passagers de l’avion, elle portait une combinaison de toile grise et rugueuse qui laissait deviner des formes agréables.

Mais ce n’était pas le physique de la jeune femme qui intéressait Sam Bâtes. C’était l’acharnement avec lequel elle travaillait. Un casque à écouteurs sur la tête, un minuscule magnétophone fixé à sa ceinture et un bloc-notes sur les genoux, elle écrivait quelques mots avec fièvre, s’interrompait, hochait la tête d’un air irrité, appuyait sur une touche du magnétophone, revenait en arrière, raturait plusieurs lignes, reprenait son écoute, sourcils froncés.

Soudain, dans un geste presque rageur, elle arracha son casque, arrêta le magnétophone et se laissa aller contre le dossier de son fauteuil avec un soupir de lassitude.

— Duraille, hein, le tritonien ? dit Bâtes avec un sourire compatissant.

La jeune femme se tourna vers lui et le dévisagea comme si elle découvrait sa présence pour la première fois depuis le début du voyage. »

Extrait de : C. Stork. « Babel bluff. »

Alter ego par Christopher Stork

Fiche de Alter ego

Titre : Alter ego
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de Alter ego

« Le professeur Cedric Penton se pencha sur l’oculaire du microscope, procéda à une rapide mise au point, se redressa et considéra pensivement l’homme qui se tenait à côté de lui.

— Peter, dit-il d’une voix sourde, je vais vous montrer maintenant quelque chose que peu d’hommes ont eu l’occasion de voir avant vous et que plus personne ne reverra désormais, du
moins je l’espère.

Peter Dunn eut un large sourire qui découvrit des dents éblouissantes et creusa de petites rides au coin de ses yeux bleu acier.

— C’est bien de l’honneur que vous me faites, monsieur, répondit-il avec ironie ; je suppose que vous allez aussi me demander de ne jamais parler à quiconque de ce que je vais découvrir et, bien sûr, de ne pas en tirer un article à sensation.

Penton sourit à son tour et passa lentement la main dans les cheveux hirsutes qui recouvraient son crâne d’une broussaille poivre et sel.

— Au contraire ! dit-il vivement. Si je vous ai fait venir dans mon laboratoire, c’est non seulement pour que vous sachiez où j’en suis de mes recherches mais aussi, et surtout, pour que vous le fassiez savoir au plus grand nombre de gens possible dans un de vos journaux. »

Extrait de : C. Stork. « Alter Ego. »

Achetez Dieu ! par Christopher Stork

Fiche de Achetez Dieu !

Titre : Achetez Dieu !
Auteur : Christopher Stork
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir

Première page de Achetez Dieu !

« Philip Clark entrouvrit avec précaution la porte de son appartement et presque aussitôt fronça les sourcils : là-bas, à l’extrémité du couloir, une lumière bleutée dansait dans le salon et quelqu’un parlait à mi-voix sur un ton de confidence et presque de prière. Janice était-elle allée se coucher en oubliant d’éteindre la télévision ? Ou s’était-elle endormie devant le récepteur ?

Philip Clark se dirigea vers le salon sur la pointe des pieds, passa la tête par l’embrasure et sursauta. Oui, Janice était là, mais elle ne dormait pas. Elle était pelotonnée dans un coin du divan, les genoux repliés sous elle, les mains jointes. Sur son visage, faiblement éclairé par le reflet de l’écran, Clark crut distinguer des traînées brillantes à la hauteur des joues.

— Janice ! s’exclama-t-il en s’approchant de la jeune femme. Tu es encore éveillée à cette heure ! Qu’est-ce qui se passe ?

— Chut ! fit la jeune femme sans détourner la tête. Viens voir… Vite ! »

Extrait de : C. Stork. « Achetez Dieu !. »

Shea par Budy Matieson

Fiche de Shea

Titre : Shea (Tome 2 sur 2 – Chronique du retour sauvage)
Auteur : Budy Matieson
Date de parution : 1982
Editeur : Fleuve noir

Première page de Shea

« A travers la visière en plexi teinté d’un ancien casque anti-émeutes, Strike observait les restes pourrissants de ce qui avait été un havre de paix.
Ainsi, de cette Vallée légendairement prospère, voilà ce qui subsistait !
Strike avait du mal à en croire ses yeux. On avait colporté tant de récits à caractère merveilleux sur ce royaume perdu que le spectacle qui s’offrait à son regard le laissait momentanément sans ressort.
Où était donc le Paradis si souvent vanté ?
Ce territoire enclavé entre des monts qui n’en finissaient pas de s’élancer à l’assaut des cieux maudits qu’une simple femelle, la Femme, avait réussi à préserver de l’Apocalypse qui s’était abattue sur la planète ? Qu’en était-il de cet endroit longtemps considéré comme hors du temps ? Où se trouvaient donc les vergers à fruiteux, les terres fertilisées qui produisaient le blé aux épis pesants, l’orge, les légumeux, les graminées dont on avait perdu les secrets de culture ?
Se pouvait-il que la disparition tragique de la Femme ait entraîné « ça » ? Et en si peu de temps ? »

Extrait de : B. Matieson. « Shea – Chronique du retour sauvage. »

Survivance par Budy Matieson

Fiche de Survivance

Titre : Survivance (Tome 1 sur 2 – Chronique du retour sauvage)
Auteur : Budy Matieson
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir

Première page de Survivance

« A l’Est de l’Est, au Nord du Nord, au Sud du Sud, à l’Ouest de l’Ouest, le spectacle était le même.
Une espèce de grande désolation.
La planète n’était plus rien d’autre qu’une vaste terre brûlée.
Des pionniers fous, l’espoir chevillé au cœur, poursuivaient une quête insensée, poussant toujours plus avant, à la recherche d’Eldorados qui débouchaient inéluctablement sur des vallées d’immondices, des montagnes arides, des forêts calcinées et des villes aux ossatures rouillées, colmatées à la hâte par des blocs de béton hérissés de fers acérés et de tessons de bouteilles destinés à repousser les hordes sauvages et les meutes de chiens enragés.
Les autoroutes ne menaient plus nulle part.
L’asphalte était bouffé par des lichens et des lierres farouches qui croisaient leurs entrelacs vers des lendemains de cul-de-sac.
Parfois, des épaves d’automobiles bringuebalantes empruntaient ces serpents de goudron transformés en magma noirâtre par la chaleur démentielle, tirées par des chevaux efflanqués. »

Extrait de : B. Matieson. « Survivance – Chronique du retour sauvage. »

Transit pour l’infini par Christian Mantey

Fiche de Transit pour l’infini

Titre : Transit pour l’infini
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Transit pour l’infini

« L’engin descendait dans la nuit opaque.

Automatiquement, les générateurs atomiques s’étaient coupés, immédiatement remplacés par les dispositifs anti-gravitation.

L’engin marqua comme un temps d’hésitation, se stabilisa à quelques mètres du sol, puis se posa en douceur.

Presque mollement.

À l’intérieur, l’un des ordinateurs de bord enclencha le processus de réanimation et, incontinent, la salle d’hibernation fut envahie par une douce lumière, arrachant ainsi à l’obscurité cinq cylindres transparents dans lesquels reposaient cinq formes inertes.

Puis, une espèce de brouillard gicla d’une valve située entre les pieds de la forme qui reposait dans le premier cylindre, glissa le long des parois translucides, forma un remous tumultueux à l’autre extrémité avant de remplir graduellement la totalité de l’habitacle.

Si bien qu’au bout de trois minutes le cylindre entier ne fut plus qu’une longue barre blanche. »

Extrait de : C Mantey. « Transit pour l’infini. »

Black planet par Christian Mantey

Fiche de Black planet

Titre : Black planet
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Black planet

« Hol Cavanagh, avec son corps mince, ses cheveux blonds et ses yeux de couleur lapis-lazuli desquels se dégageait une expression de dureté presque palpable.

Hol Cavanagh qui avait eu une formation militaire assez poussée et qui, de ce fait, avait été promu commandant de la première et dernière mission du projet Rodéo.

Hol Cavanagh, commandant de bord du Galéna, ce vaisseau spatial qui avait quitté la Terre en 1972, sans espoir de retour, avec cinq volontaires dans ses flancs.

Hol Cavanagh, qui ne faisait jamais de cadeau, ancien officier d’activé au passé nébuleux… »

Extrait de : C. Mantey. « Black planet. »

No man’s land par Christian Mantey

Fiche de No man’s land

Titre : No man’s land (Tome 4 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir

Première page de No man’s land

« Ruisselant d’une eau glacée, Mel Titcht émergea de nouveau dans la première salle.

Bien trop excité pour vraiment souffrir du froid qui le transperçait pourtant jusqu’aux os, il récupéra dans un premier temps sa lampe-stylo abandonnée là quelques instants auparavant, puis il marcha en se déhanchant vers l’espèce de berge où reposait Barry Halstead.

L’homme était toujours là, sans connaissance, allongé à même la pierre.

D’un coup d’œil rapide, Titcht s’assura que rien n’avait changé. C’était un réflexe gratuit car dans la situation présente il ne fallait pas s’attendre à des bouleversements.

Même décor, mêmes personnages…

Aucun danger de bousculade ! Rien à voir avec les couloirs du métro aux heures d’affluence.

Il faut dire que se retrouver à cet endroit précis n’était pas à la portée du premier venu. Non que cela présentât trop de difficultés au niveau du parcours, loin de là.

Il suffisait simplement de franchir la bonne porte.

Une fenêtre, en vérité. »

Extrait de : C. Mantey. « No man’s land – Titcht. »

Wildlife connection par Christian Mantey

Fiche de Wildlife connection

Titre : Wildlife connection (Tome 3 sur 4 – Titcht)
Auteur : Christian Mantey
Date de parution : 1983
Editeur : Fleuve noir

Première page de Wildlife connection

« Au moment de s’allonger, Mel Titcht considéra son lit d’un œil atone : finalement, il n’avait pas sommeil. L’envie lui en était passée sans qu’il s’en rende compte. La douche, peut-être…

D’un pas mécanique, il regagna la salle d’eau, croisa son regard dans le miroir qui surplombait le lavabo.

Bien qu’il commençât à s’habituer à sa nouvelle apparence, son image lui provoqua un choc. Ces cheveux courts, ce ridicule filet de moustache…

Il ne put réprimer un haussement d’épaules. Dans la situation présente, cette mascarade ne rimait plus à rien. Il décida de se raser. Niveau chevelure, ça ne dépendait pas de lui. Il n’existait sur le marché aucune potion magique capable de leur rendre instantanément leur bonne longueur, c’est-à-dire entre cinq et dix centimètres de mieux. Une simple question de patience.

En se barbouillant de crème à raser, il s’appliqua à faire le point. »

Extrait de : C. Mantey. « Wildlife connection – Titcht. »