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La forêt des hommes volants par G. J. Arnaud

Fiche de La forêt des hommes volants

Titre : La forêt des hommes volants (Tome 2 sur 3 – Ugo Cardone)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1996
Editeur : Fleuve noir

Première page de La forêt des hommes volants

« Le bosco Milfried suivait du regard les nombreuses pirogues chargées de bois qui ravitaillaient les vapeurs de l’Amazonie. Les piroguiers les chargeaient au point qu’elles embarquaient de l’eau à la moindre vague.

— Du bois, rien que du bois. Connaissent-ils le charbon seulement ? Croyez-vous, capitaine, que nous en trouverons ici à Manaus ?

— Il doit bien en exister quelques entrepôts, fit distraitement Ugo Cardone.

Torse nu, il ne portait que son étrange képi à rabat de l’armée coloniale anglaise. Il supportait mal l’atmosphère humide de l’endroit. Le Vesuvio était pris d’assaut par des vendeurs aquatiques proposant toutes sortes de marchandises. Même les prostituées tapinaient en pirogue.

— Si nous n’avions pas eu besoin d’une chaudière neuve, maugréa-t-il, je n’aurais jamais accepté cette affaire. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « La forêt des hommes volants – Ugo Cardone. »

Les compagnons d’éternité par G. J. Arnaud

Fiche de Les compagnons d’éternité

Titre : Les compagnons d’éternité (Tome 1 sur 3 – Ugo Cardone)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les compagnons d’éternité

« Ugo Cardone n’avait pas fait escale à Hambourg depuis 1931, mais en cinq ans l’atmosphère de la ville avait radicalement changé. Le plus hallucinant étaient ces multitudes de croix gammées que le regard découvrait jusque dans les endroits les plus insolites. De grandes banderoles, des drapeaux foisonnaient mais les vitrines, les glaces des bars, les pare-brise des voitures s’ornaient de svastikas de toutes les dimensions. Il vit même des triporteurs en arborer et aussi un attelage, chevaux et charrette transportant de la bière en tonneaux.

Les passants le regardaient lourdement, souvent avec suspicion, lui trouvant un air peu conformiste avec son gros caban noir et surtout sa casquette de l’armée coloniale anglaise au rabat de feutre descendant sur la nuque.

Une troupe de la Hitler Jugend le croisa, marchant au pas en scandant une chanson rocailleuse de façon agressive. Ces garçons de moins de dix-huit ans regardaient fixement devant eux, mais leur chef toisa le marin avec une moue méprisante. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Les compagnons d’éternité – Ugo Cardone. »

Spoliation par G. J. Arnaud

Fiche de Spoliation

Titre : Spoliation (Tome 78 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 2000
Editeur : Fleuve noir

Première page de Spoliation

« Au cours de la deuxième nuit, le doute ne lui fut plus permis. Ils étaient revenus, s’étaient installés dans la partie condamnée de l’appartement qui possédait une entrée séparée sur le palier. La veille, une vague intuition, sous forme de malaise, avait tracassé Daisy. Désormais, elle savait qu’ils s’étaient introduits à côté, en prenant de grandes précautions, évitant les allées et venues, se méfiant du grincement de certaines portes. Les pièces, condamnées depuis la mort de Paul, son mari, donnaient sur une ruelle perpendiculaire à la rue Médine. Daisy aurait pu y descendre pour examiner les fenêtres de l’étage, le troisième, mais pour rien au monde elle ne l’aurait fait entre huit heures du matin et vingt heures. À cause de l’échoppe de cordonnier, dans l’encoignure des deux façades depuis la guerre de 14-18. Le « bouif » d’alors était mort en 1972. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Spoliation – Special Police. »

Les jeudis de Julie par G. J. Arnaud

Fiche de Les jeudis de Julie

Titre : Les jeudis de Julie (Tome 54 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1978
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les jeudis de Julie

« Lorsque Willy pénétra dans la vie de sa petite fille Julie, Marie Lacaze n’y prêta guère attention. Plus tard, s’il lui avait fallu donner le jour précis du début de cette amitié insolite, elle n’aurait pu le situer avec certitude, aurait dit que cela devait remonter au début de l’automne. À cette époque, la mère de Julie se débattait dans des difficultés de toutes natures, aussi bien matérielles que morales qui en faisaient une femme dépressive. Elle accepta donc Willy avec le reste, pensa peut-être qu’il était bon pour son enfant d’avoir un camarade pour jouer lorsqu’elle rentrait de l’école ou durant ses jours de congé. Marie travaillait à Sigean et ne pouvait s’occuper de Julie comme elle l’aurait souhaité. L’enfant devait rentrer seule dans leur vieille maison isolée au bord de l’étang, préparer son goûter, faire ses devoirs avec l’entière confiance de sa mère, confiance dont elle n’essayait pas d’abuser. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Les jeudis de Julie – Special Police. »

Les gens de l’hiver par G. J. Arnaud

Fiche de Les gens de l’hiver

Titre : Les gens de l’hiver (Tome 53 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1977
Editeur : Fleuve noir

Première page de Les gens de l’hiver

« Tout de suite après cet étrange coup de fil Marjorie Brun se souvint de cette conversation qui avait fini par l’agacer et qui avait pour cadre la salle sophistiquée mais accueillante du bar de L’Escale. C’est pourquoi elle considéra cet appel comme l’amorce d’une blague préméditée et d’assez mauvais goût.

Ce soir-là, trois ou quatre jours auparavant, quelqu’un avait de nouveau parlé de ce gosse qui durant près d’une semaine s’était caché dans l’un des appartements déserts de la station balnéaire. Tandis que ses parents, la population hivernante et la police alertée fouillaient le port et les résurgences environnantes des anciens marais, l’enfant, confortablement installé avec des provisions, passait sa journée à regarder la télévision, à lire des magazines défendus trouvés sur place et à se rendre malade avec des jus de »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Les gens de l’hiver – Special Police. »

Enfantasme par G. J. Arnaud

Fiche de Enfantasme

Titre : Enfantasme (Tome 46 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1976
Editeur : Fleuve noir

Première page de Enfantasme

« Quand la couche de neige devenait trop épaisse, Guy laissait sa BMW dans une grange de Chapelle-des-Bois. Charlotte venait le chercher avec le snow-car et pour rentrer chez eux ils coupaient à travers le plateau en direction de la grosse ferme trapue. Ce qui demandait une petite demi-heure. Le dimanche après-midi le scooter réapparaissait dans une poussière de neige, Berthod reprenait sa voiture et la route de Dijon.
— Remonte vite avant la nuit, lui conseilla son mari avant de s’installer au volant.
— Les jours allongent, en janvier, répondit-elle. J’achète du comté, différentes choses et je retourne à La Rousse.
La BMW démarra sur la route sablée et Charlotte pénétra dans la fruitière. Des gens du pays, des propriétaires de résidences secondaires buvaient du vin blanc qu’un Parisien avait apporté. Elle en accepta un verre. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Enfantasme – Special Police. »

La défroque par G. J. Arnaud

Fiche de La défroque

Titre : La défroque (Tome 39 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1973
Editeur : Fleuve noir

Première page de La défroque

« Poussant son diable chargé de cagettes de cerises, Luigi Sorgho passa quatre fois devant l’homme installé à la terrasse du petit bar avant de s’y intéresser. La camionnette qu’il était en train de ravitailler se trouvait dans une rue transversale, à une centaine de mètres de la criée. Le gros épicier à qui elle appartenait lui avait glissé un billet de dix francs pour qu’il accepte de faire ces allées et venues depuis la criée jusqu’à son Estafette. Pour dix francs, Luigi Sorgho aurait accompli trois fois plus de chemin et porté deux fois plus de poids. Il posait une douzaine de cagettes à la fois, coinçait la dernière avec son menton en galoche, ce qui faisait rire tout le monde. Il s’en moquait. On l’appelait Galoche, bien sûr, mais il était très demandé pour ces transports-là par tous les acheteurs de fruits et légumes qui se pressaient dans le quartier de la gare depuis l’aube. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « La défroque – Special Police. »

Traumatisme par G. J. Arnaud

Fiche de Traumatisme

Titre : Traumatisme (Tome 30 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Traumatisme

« Lorsqu’elle sortit du magasin avec son sachet de nougat à la main, la petite fille aperçut la 404 grise de l’autre côté du boulevard, sur le parking. Le conducteur croyait la dissimuler entre un énorme camion-citerne de la Shell et un transporteur de primeurs, mais Sylvie l’avait repérée tout de suite.
Elle traversa posément au passage pour piétons, se dirigea vers la Peugeot, le regard fixe. Mal à l’aise derrière son volant, Tabariech jeta un coup d’œil en coin à son patron. Le commissaire adjoint Lefort fronçait les sourcils, à cause de la petite silhouette en blue-jean jaune et en chemisette blanche.
Sylvie Barron s’immobilisa net devant le capot de la 404. Sous la frange châtaine, deux yeux assurés examinaient l’un après l’autre les visages des deux hommes. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Traumatisme – Special Police. »

Retour de fièvre par G. J. Arnaud

Fiche de Retour de fièvre

Titre : Retour de fièvre (Tome 29 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1970
Editeur : Fleuve noir

Première page de Retour de fièvre

« Le matin où il est arrivé au relais, Florian Maury, il tombait bien.

Il n’était pas tout à fait huit heures du matin, et, complètement épuisé par les heures précédentes, je n’avais même pas le courage de me rouler une cigarette. Pourtant, j’avais la blague de tabac à la main, dans l’autre le papier qui vibrait doucement dans le petit vent léger. Appuyé contre les vieilles pierres de la bergerie, je regardais disparaître le nuage de poussière qui emportait quinze cavaliers bien reposés et bien restaurés. Quinze cavaliers et cavalières, dont quatorze empoisonneurs publics. Le quinzième était le guide chef de caravane, un brave type de Catalan nommé Toredes qui m’avait donné un sacré bon Dieu de coup de main. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Retour de fièvre – Special Police. »

Le guet-apens par G. J. Arnaud

Fiche de Le guet-apens

Titre : Le guet-apens (Tome 26 sur 78 – Special Police)
Auteur : G. J. Arnaud
Date de parution : 1969
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le guet-apens

« Debout devant la fenêtre, surveillant la circulation de la rue Paradis, Étienne Nora laissa tomber :
— Je n’aime pas Marseille. Cité de truands, c’est le meilleur endroit pour se faire épingler. Ces gars n’aiment pas voir arriver les étrangers et ont le coup de téléphone facile.
— Toujours en difficulté avec les flics, hein, Nora ? ricana Marc Vivienne, lourdement installé dans un fauteuil, le visage un peu congestionné par le cognac Fromy qu’il dégustait lentement.
Nora se tourna vers lui, un sourire tordant son visage doucereux.
— Et toi, Vivienne, tu serais plutôt bien avec eux ?
— Pas d’histoires, non… Mon garage est réputé dans toute la région de Remoulins pour son sérieux.
Il fit claquer sa langue :
— Il faut savoir se ranger et oublier le passé.
— Alors, que fous-tu ici ? gronda Jean Rudy, appuyé contre la porte, le visage tendu, une allumette au coin de ses lèvres minces. »

Extrait de : G. J. Arnaud. « Le guet-apens – Special Police. »