Étiquette : Fleuve noir
Les iles de la Lune par M. Jeury
Fiche de Les iles de la Lune
Titre : Les iles de la Lune
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1979
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les iles de la Lune
« Tête nue, ses longs cheveux noirs plaqués sur son visage maigre et bronzé, les mains posées sur les hanches, Algis Adamci regardait fixement le ciel qu’il ne pouvait voir.
– Dépêchez-vous, monsieur Adamci ! cria Abou Bo, le chef de l’équipe de surveillance. C’est une attaque climatique. A croire que les gens de Lackawanna vous ont repéré !
– Nous, on appelle ça un orage bison, monsieur Adamci, dit Togo Jeff, l’adjoint d’Abou. Je suppose que nous n’êtes jamais passé sous le ventre d’un bison ? Moi, ça m’est arrivé une fois !
– Et depuis, il ressemble à un grand singe cassé ! Ricana le pilote de l’hovercar dans son micro. »
Extrait de : M. Jeury. « Les iles de la Lune. »
Les hommes-processeurs par M. Jeury
Fiche de Les hommes-processeurs
Titre : Les hommes-processeurs
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les hommes-processeurs
« Gilbert Mason sortit du château et regarda le ciel. Il s’offrait ce spectacle merveilleux, éternel, gratuit, plusieurs fois par jour, en toute saison, comme récompense de ses succès et comme consolation après un échec. Mme de la Grange avait été une cliente difficile ; il était venu la voir, en voisin, une demi-douzaine de fois depuis l’hiver. Il avait réussi à la décider alors qu’il n’espérait plus. Il avait enfin le bon de commande dans son porte-documents : le ciel lui parut exceptionnellement beau en cette fin d’après-midi de juillet.
Il traversa la cour, plantée de hêtres rouges, et s’arrêta un moment près de sa 2CV, une main posée sur le capot, la tête levée, humant l’air comme s’il venait de débarquer dans une contrée inconnue et lointaine. En fait, Saint-Veillant était son pays natal et il n’avait jamais quitté la région. Son secteur de travail, qui couvrait un demi-arrondissement, lui semblait bien assez vaste pour satisfaire son esprit d’entreprise et son goût des voyages. Mais il rêvait, de temps en temps. Il se préparait à un événement fabuleux et improbable qui changerait peut-être sa vie, un jour. »
Extrait de : M. Jeury. « Les hommes-processeurs. »
Le seigneur de l’histoire par M. Jeury
Fiche de Le seigneur de l’histoire
Titre : Le seigneur de l’histoire
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1980
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le seigneur de l’histoire
« Le réalisateur Thibaut Ulrich sourit vaguement, fit mine de consulter le dossier ouvert à sa gauche. Il s’efforçait de ne pas montrer la souffrance que lui causait sa gorge irritée. Il savait qu’il aurait dû arrêter de fumer. Après L’Enclave des guerriers, il suivrait une cure, un traitement, n’importe quoi… s’il était encore temps! « Raison de plus pour aller vite… » Au mieux, le tournage de L’Enclave ne commencerait pas avant un mois. Pour la cure : impossible avant deux mois et demi, trois mois. Et Thibaut Ulrich ne pouvait se passer de tabac quand il faisait un film. Donc… Il cherchait son chef des francs-tireurs depuis près d’un mois: ça suffisait. Il se résigna. Le type assis en face de lui l’inquiétait un peu et il n’arrivait pas à décider pourquoi. Tant pis. C’était le septième ou le huitième comédien qu’il voyait pour le rôle d’Enguerre, le Résistant. Il en avait assez… Il tira une bouffée de la Pall Mall qu’il venait d’allumer sans s’en apercevoir et haussa les épaules.
Bruno Gorda serait Enguerre même si. Il chassa d’un même geste la fumée de sa cigarette et ses derniers doutes. Bruno refusa le paquet tendu, secoua la tête. »
Extrait de : M. Jeury. « Le seigneur de l’histoire. »
La Sainte Espagne programmée par M. Jeury
Fiche de La Sainte Espagne programmée
Titre : La Sainte Espagne programmée
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir
Première page de La Sainte Espagne programmée
« Dennic Joboem regarda le ciel par le toit ouvrant de la cabine. Devant lui, la piste s’étendait, poussiéreuse et presque droite. Il pouvait sans risque distraire son attention pendant quelques secondes.
Il eut une grimace d’inquiétude : les nuages s’accumulaient à l’ouest, du côté de la mer d’Amérique. On était à la fin de la matinée. Le temps couvert signifiait pour son véhicule électro-solaire un arrêt forcé de durée indéterminée. D’autant que ses batteries étaient presque à plat… Or, il se trouvait dans une région tout à fait désolée, quelque part en Eurasie, à la limite de l’Espagne et de la Galatie.
La roue avant gauche du camion s’enfonça dans une ornière. Il y eut un choc très sec, suivi d’un bruit suspect à l’arrière. Un bruit que Dennic connaissait bien : il avait encore perdu une caisse de savon ! Résigné, il s’arrêta et descendit sans couper le contact. »
Extrait de : M. Jeury. « La sainte Espagne programmée. »
L’univers – ombre par M. Jeury
Fiche de L’univers – ombre
Titre : L’univers – ombre
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’univers – ombre
« Une pluie de lumière m’éveilla. Il me sembla un instant que le soleil tout entier se mettait à fondre et coulait autour de moi en un ruisseau mousseux et pétillant. J’étais dans mon lit et le matin m’avait réveillé. Mais quel lit et quel matin ?
La lumière qui baignait la chambre m’étonna par une qualité que je n’arrivais pas à définir. Elle était vive et pâle, éclatante et soyeuse à la fois.
Je regardai avec curiosité ma chambre au plafond peint et le décor luxuriant de l’autre côté des baies vitrées. Je m’emplis les yeux de lumière, je laissai le ciel bleu se poser sur moi et j’admirai longuement le paysage. Ma tête était encore vide.
Un souvenir naquit dans ma mémoire, grossit et devint plus brillant que mille soleils Syris. Je me rappelai Syris, la visiteuse d’un autre monde. Je revis avec précision son visage long et mince, ses grands yeux verts, si doux et si fous, ses cheveux blonds qui dansaient sur ses épaules quand elle marchait de ce pas balancé dont le rythme me souleva une seconde. »
Extrait de : M. Jeury. « L’univers-ombre. »
L’anaphase du diable par M. Jeury
Fiche de L’anaphase du diable
Titre : L’anaphase du diable
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1984
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’anaphase du diable
« La guerre qui opposa les humains aux Urus fut dans un premier temps celle de Grakforal contre le Kaerwea. Un premier temps qui ne dura pas moins de deux mille années standard : le plus vaste et le plus long conflit de l’histoire des mondes connus.
Foral est à l’origine un petit pays de trois cent cinquante mille kilomètres carrés sur une planète sans importance, Sora de Kerab. Grakforal signifie seulement « le plus grand Foral ». Il y eut d’abord une nation aux frontières élargies. Un empire continental lui succéda. Enfin, la planète entière… Quatre mille ans après le début de l’ère planétaire sur Sora, la reine Teherakli était aussi l’impératrice de Herogaro, Vanémonen, Akhtyrka, etc.
Grakforal occupait un volume de plus de mille parsecs cubes et rassemblait plusieurs dizaines de mondes.
C’est alors qu’il rencontra un ennemi à sa mesure, le Kaerwea uru.
Univers 1, Archives de l’Eternité, 33e Cercle. GRAKFORAL.
(Telle est l’histoire officielle. La vérité est peut-être un peu différente.) »
Extrait de : M. Jeury. « L’anaphase du Diable. »
Aux yeux la lune par M. Jeury
Fiche de Aux yeux la lune
Titre : Aux yeux la lune
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir
Première page de Aux yeux la lune
« En situant le point de départ de le civilisation moderne au paléolithique supérieur, on peut estimer que l’humanité a mis environ vingt mille ans pour créer SEM, l’ordinateur sémiologique aux pouvoirs quasi divins. Sem donna alors l’immortalité aux hommes, du moins à quelques-uns d’entre eux, qui devinrent pour toujours ses enfants. L’histoire humaine prit fin. Le Temps de Sem commença dans l’uni- — vers de Sem qui comprenait tous les mondes de Sem…
Archives de Sem : SEM (01 : Avant Sem).
Ania enfila son peignoir les yeux baissés. Elle avait peur de regarder par la fenêtre. Le monde de Vieille Terre était-il encore là ? Elle lutta contre un flottement nauséeux.
Sem l’avait prévenue dans la nuit. « L’enfant est conçu depuis vingt-cinq jours. C’est la limite pour le transfert et la réimplantation, qu’on doit opérer à l’insu de la mère porteuse. »
Extrait de : M. Jeury. « Aux yeux la lune. »
Les survivants du paradis par M. Jeury
Fiche de Les survivants du paradis
Titre : Les survivants du paradis (Tome 2 sur 2 – Le dernier paradis)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les survivants du paradis
« — Honneur à vous, Directeur Hanselao !
— Bonjour, Habas. Nous n’avons pas de temps à perdre. Votre rapport !
— Il s’agit de la zone Auvergne-Orenbourg, Directeur. Là où se trouvait Paradis 5-Edenla, à proximité d’un endroit appelé autrefois Larzac. Nous y avons créé une base. Voici la carte.
— Je vois. Edenla était donc le dernier Paradis de la Terre. Drôle de Paradis, n’est-ce pas ?
— Question de point de vue, Directeur. En tout cas, c’est le nom qu’on donnait à ces territoires sous dôme où les derniers civilisés ont mené pendant des siècles une existence oisive et confortable.
— Avec un climat d’éternel été, des nourritures abondantes et exquises, des robots qui pourvoyaient à tous les besoins et des jeux compliqués pour lutter contre un mortel ennui… En attendant notre retour ! »
Extrait de : M. Jeury. « Le dernier paradis – Les survivants du paradis. »
Le dernier paradis par M. Jeury
Fiche de Le dernier paradis
Titre : Le dernier paradis (Tome 1 sur 2 – Le dernier paradis)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le dernier paradis
« Les hommes à la fois sages et aventureux qui ont quitté la Terre aux environs du XXXe siècle, poussés par la mystérieuse fièvre des étoiles, ont avant leur départ préparé longuement la renaissance de la planète et de l’humanité. Car la Terre, surexploitée depuis le début de la société industrielle, ravagée par de nombreuses guerres, exsangue, encrassée et sclérosée, avait besoin d’une longue période de repos, d’une cure de jouvence de deux ou trois millénaires.
Les hommes du XXXe siècle l’ont libérée, n’y laissant qu’un certain nombre de tribus primitives et les Paradis où ils avaient enfermé ceux des leurs qui ne voulaient pas partir vers les étoiles. Là, ceux qui restaient ou leurs descendants devenus quasi immortels, menaient une existence oisive, confortable dans leurs microclimats tièdes. Les robots et les ordinateurs pourvoyaient à tous leurs besoins et s’efforçaient de satisfaire tous leurs désirs… quand ils en avaient encore. »
Extrait de : M. Jeury. « Le dernier paradis – Le dernier paradis. »
La marée d’or par M. Jeury
Fiche de La marée d’or
Titre : La marée d’or (Tome 4 sur 4 – Goer de la Terre)
Auteur : M. Jeury
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir
Première page de La marée d’or
« Une grimace de douleur tira la lèvre de Jero, marquée d’une cicatrice rougeâtre que sa barbe épaisse cachait à moitié.
— Que le Sombre lance la foudre sur cette sacrée ziggourat !
— La paix, Jero, fit son compagnon. Ce n’est pas le moment de se faire remarquer par des imprécations.
Jero, fils de Boris Antgordine, trébucha sur une marche et porta la main, à sa cuisse droite. Jomberg Vandrederen, le vieux soldat aux muscles de fer, avança d’un bond pour le soutenir.
— Merci, Jom. Tu ne m’avais pas dit que le nouveau palais, c’est ton père qui l’a voulu, pour la plus grande d’Euro !
— Il ne tenait qu’à toi de venir voir plus tôt. Ce palais, c’est ton père qui l’a voulue, pour la plus grande gloire de la reine Lha.
— Bon, je sais.
— Mais tu aurais dû lui dire que tu étais blessé à la jambe et que tu ne pouvais pas monter cent marches ! »
Extrait de : M. Jeury. « Goer de terre – La marée d’or. »