Étiquette : Fleuve noir

 

Le raid infernal par P.-J. Hérault

Fiche de Le raid infernal

Titre : Le raid infernal
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le raid infernal

« Si les autres le prenaient pour un minable et le montraient bien, il faut dire qu’il y avait tout de même mis du sien. Il portait deux demi-combinaisons, coupées à la taille ! En haut une combinaison militaire, de ce gris sale qui se confonde avec n’importe quel décor, et en dessous une combinaison classique de travail, comme en utilisent les gars des sites miniers.
Dans le petit sark de liaison, les neuf autres passagers le dévisageaient avec un mépris évident. Ce qui le laissait parfaitement froid. Il dormait. Ils avaient même l’impression qu’il n’avait fait que dormir depuis quatre jours. Forcément, ça les agaçait…
Il n’y a pas grand-chose à faire dans un sark, où la place est mesurée, surtout pour un voyage de douze jours. Même compte tenu des escales relais installées sur de gros astéroïdes, où ils mangeaient chaud et se lavaient, on s’ennuie ferme dans un sark. Alors ils y allaient sec ! »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Raid Infernal. »

Le loupiot par P.-J. Hérault

Fiche de Le loupiot

Titre : Le loupiot
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le loupiot

« Ils le virent arriver par la bande de circulation depuis la grande baie du bureau.
Il se tenait bizarrement, comme s’il s’appuyait sur sa jambe droite seulement. Et sa main droite paraissait prête à saisir la rampe. Pourtant, le déroulement de la bande était constant, et les rares secousses n’avaient rien de bien méchant.
Comme il se rapprochait, ils distinguèrent mieux sa vieille combinaison marron, tellement vague qu’elle flottait autour de lui, dissimulant les lignes de son corps.
Tout semblait anonyme, en lui. Taille moyenne, visage quelconque, à part une cicatrice qui barrait en oblique le sourcil droit… A la réflexion, sa figure presque trop banale incitait à revenir sur la première impression… parce qu’elle ne trahissait absolument rien, aucun sentiment. Brusquement, le personnage n’était plus si anonyme que ça ! »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Loupiot. »

Le chineur de l’espace par P.-J. Hérault

Fiche de Le chineur de l’espace

Titre : Le chineur de l’espace
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1995
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le chineur de l’espace

« Glen porta machinalement la main à son front. Il lui semblait émerger lentement d’un long coma. Au point que ses yeux clignèrent à la lumière et il se détourna.
Curieusement il se souvenait pourtant de tout. Comme si chaque événement qui s’était produit, chaque geste, presque, était imprimé dans sa mémoire. Comme s’il avait fait un rêve dont tous les détails lui seraient restés.
En somme c’était un peu lui et un autre qui avaient vécu ces quatorze derniers jours.
Il avait déconnecté.
Le traumatisme moral de l’accident, probablement. Parce que physiquement il était en bon état. Le système automatique antichoc de la couchette avait fonctionné, au moment du long crash, et la partie supérieure du module de la Sauterelle n’avait pas été touchée. Seul le dessous avait trinqué. Là où se trouvait le poste de contrôle-pilotage, avec Pali aux commandes. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Chineur de l’Espace. »

Le bricolo par P.-J. Hérault

Fiche de Le bricolo

Titre : Le bricolo
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le bricolo

« Dans le grand disque transparent, les deux hommes avaient l’air fatigué. Les traits creusés, pas rasés, ils remontaient de temps à autre la visière de leur casque pour passer la main sur leurs yeux. Leur uniforme gris était humide de transpiration.
Une voix s’éleva soudain :
-Avez-vous des nouvelles du prospecteur de S 22 ?
Celui qui pilotait l’engin jura.
-Non. Il n’a pas été récupéré ?
-Pas d’informations sur lui. Vous avez juste le temps d’y aller. Le compte à rebours est maintenant en phase rouge.
Le pilote grimaça.
-Quel emmerdeur, ce type, bordel. Jusqu’au bout il nous aura empoisonnés. Il reste combien ? »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le Bricolo. »

Le barrage maudit par P.-J. Hérault

Fiche de Le barrage maudit

Titre : Le barrage maudit
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1972
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le barrage maudit

« Gentil, ici. La pièce où nous a fait entrer le lieutenant Pereira est fraîche en ce début d’après-midi. Il habite une petite maison des faubourgs sud de Tète.

Perez s’est laissé enfouir dans les profondeurs d’un fauteuil club. Prudemment, je me suis contenté du bord d’un canapé, beaucoup moins moelleux. Besoin de toute mon attention.

Pour l’instant, Pereira nous confectionne des boissons allongées d’eau gazeuse, devant les portes ouvertes d’un petit bar mural. Plus Portugais que nature, le lieutenant. Pas très grand, mince, le visage étroit et une – petité-moustacé – aux poils  »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Le barrage maudit. »

La fresque par P.-J. Hérault

Fiche de La fresque

Titre : La fresque
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1981
Editeur : Fleuve noir

Première page de La fresque

« Lid était allongé sur une couche de mousse, près de l’ouverture de la hutte. Les yeux grands ouverts, il regardait sans les voir les branches entrelacées formant le toit conique.
Une mouche ronronnait près de sa tête depuis un moment et il finit par la chasser d’une main lasse. C’était le matin, un rayon de soleil traversait la hutte venant d’un trou dans la paroi.
Il n’avait pu dormir, la tête trop pleine, encore, des cris, du tumulte de la bataille de la veille. La nuit était tombée sans que l’un des camps obtienne la victoire décisive. Impossible de combattre, dans l’obscurité on pouvait aussi bien étrangler un ennemi qu’un frère. Alors les adversaires s’étaient retirés, comme d’accord.
Rien n’avait été dit, mais la Tradition était là pour indiquer la marche à suivre. Le combat reprendrait ce matin. Jusqu’au massacre final ! »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La Fresque. »

La fédération de l’amas par P.-J. Hérault

Fiche de La fédération de l’amas

Titre : La fédération de l’amas
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 2004
Editeur : Fleuve noir

Première page de La fédération de l’amas

« – …Finalement, on s’en tire plutôt bien, hein Cap ? Mais je serai plus tranquille quand on aura filé, dit l’immense type de droite, devant le comptoir lumineux du faux bar. Ces Miliciens de l’Administrateur avaient une sale gueule, tout à l’heure.
Il fallait bien, à Michelli Strati, le plus grand des deux hommes, sa voix d’ex-Sarge-Major, habituée à gueuler les ordres, dans le vacarme du combat, pour se faire entendre de son compagnon, dans ce brouhaha de cris, et de rires vulgaires. Ce n’était pas la délicatesse qui régnait, sur cette planète excentrée, loin des circuits économiques. M 75 II, de la constellation de la Flèche, sous simple Protectorat d’Altaïr, était même une caricature de ces planètes peuplées de pionniers, en retard d’un siècle, sur l’Univers habité, le Monde, comme on disait couramment. Dans tous les domaines… Y compris dans celui des cafet’. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La fédération de l’amas. »

La famille par P.-J. Hérault

Fiche de La famille

Titre : La famille
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de La famille

« Romaric traversa tranquillement le grand hall de la V.F.A. Il venait de livrer sa dernière cassette, avec les corrections demandées par le comité de visionnage et, cette fois, il avait l’acceptation de la direction de diffusion.
Une fille de la direction d’antenne le héla au passage. Il l’avait déjà rencontrée deux ou trois fois et obliqua vers elle en jetant un regard vers la sortie. La bulle qu’il avait commandée, en haut, n’était pas encore arrivée.
Ils bavardèrent trois ou quatre minutes et il la quittait quand Brason déboula dans le hall en se pressant.
– Oh, Rom… C’est pour toi la bulle là ?
Romaric jeta un œil au panneau près des grandes portes et identifia son numéro de compte.
– Oui, c’est pour moi.
– Écoute, ils m’ont encore collé des corrections impossibles et je dois leur rendre mon truc ce soir. Ça t’ennuie de me la laisser ? »

Extrait de : P.-J. Hérault. « La Famille. »

Hors norme par P.-J. Hérault

Fiche de Hors norme

Titre : Hors norme
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1992
Editeur : Fleuve noir

Première page de Hors norme

« Les deux hommes étaient penchés sur une batterie d’écrans de travail, dans une petite pièce, derrière le poste de pilotage désert dont la porte coulissante était ouverte.
Vêtus de combinaisons blanches, aussi immaculées que leur visage lisse, ils semblaient tendus. Pas inquiets, plutôt préoccupés. Le plus jeune eut un geste d’énervement de la main.
-Rien à faire, je tombe toujours sur les mêmes données. Y compris quand je reviens de plusieurs années en arrière. Tu accroches le Gestionnaire central ?
L’autre, le visage dur, secoua la tête avant de répondre quelques secondes plus tard :
-Non. J’ai toujours le refus. On dirait bien qu’il a disjoncté… ça commence à sentir mauvais, cette histoire. Je n’aime pas ça du tout. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Hors Norme. »

Danger mémoire par P.-J. Hérault

Fiche de Danger mémoire

Titre : Danger mémoire
Auteur : P.-J. Hérault
Date de parution : 1991
Editeur : Fleuve noir

Première page de Danger mémoire

« Une nouvelle nausée le précipita en avant. Moins violente que les précédentes, cependant. Et, cette fois, elle n’était pas accompagnée de ce coup de couteau dans le crâne.
L’impression d’arrachement était toujours là, en revanche. Quelle saloperie, ce truc. Rowan gémit, mi-douleur, mi-protestation. Comment pouvait-il être malade à ce point ? L’alcool ? Pas son genre de trop picoler.
Assis sur le siège conducteur, portière ouverte, il avait les jambes à l’extérieur de la voiture. Sa main chercha à tâtons la poignée sur laquelle il prit appui.
Tout se mit à dériver autour de lui, et il gémit à nouveau en se laissant retomber sur le siège.
Trop tôt, Il devait se reposer encore. Il commença à masser ses tempes du bout des doigts, puis de plus en plus fort. C’est au-dessus des sourcils qu’il avait le plus mal, mais il n’osait pas y toucher. »

Extrait de : P.-J. Hérault. « Danger Mémoire. »