Étiquette : Fleuve noir

 

Au temps pour l’espace par R. Silverberg

Fiche d’Au temps pour l’espace

Titre : Au temps pour l’espace
Auteur : R. Silverberg
Date de parution : 1958
Traduction : M. Lodigiani
Editeur : Fleuve noir

Première page d’Au temps pour l’espace

« Les quatre impitoyables coups de gong du réveil retentirent, clairs et sonores, et dans tout le vaisseau, les membres de l’équipage débaroulèrent de leurs couchettes pour attaquer une nouvelle journée. Pendant leur sommeil, le grand astronef avait poursuivi sa course silencieuse à travers la nuit sans fin de l’espace, les rapprochant pas à pas de la planète mère : la Terre. Le Valhalla s’en revenait d’Alpha du Centaure.
Mais un homme, à bord, avait devancé la sonnerie matinale. Pour Alan Donnell, le jour avait débuté plusieurs heures auparavant. Nerveux, incapable de dormir, il s’était coulé sans bruit hors de sa cabine, située, comme celle de tous les autres célibataires, à l’avant, pour se diriger vers l’écran panoramique principal et contempler cette planète verte, droit devant lui, qui grandissait imperturbablement sous ses yeux. »

Extrait de : R. Silverberg. « Au temps pour l’espace. »

X par Christian Vilà

Fiche de X

Titre : X
Auteur : Christian Vilà
Date de parution : 1998
Editeur : Fleuve noir

Première page de X

« Centre d’essais nucléaires du Pacifique Sud. Atoll de Mururoa, Polynésie française.

Ce matin du 18 octobre 1977, l’ambiance des grands jours régnait aux abords du polygone de tir. Aucun essai n’était pourtant prévu dans l’immédiat. La frénésie de la fourmilière humaine qui s’activait aux quatre coins de l’atoll avait une tout autre origine.
La nuit précédente, peu avant deux heures, une procédure d’alerte maximum avait été déclenchée sur la base. Tous les personnels techniques, scientifiques et militaires avaient aussitôt été mobilisés et consignés à leurs postes.
Mais très peu de gens savaient ce qui s’était réellement produit. »

Extrait de : C. Vilà. « X. »

La mort noire par Christian Vilà

Fiche de La mort noire

Titre : La mort noire
Auteur : Christian Vilà
Date de parution : 1988
Editeur : Fleuve noir

Première page de La mort noire

« Victor Dambord n’était pas très heureux de retrouver Paris.
De retour d’Asie du Sud-Est, il débarquait à peine à Roissy que, déjà, il se sentait oppressé. Le temps grisâtre et humide qui l’avait accueilli à sa descente d’avion y était sans doute pour quelque chose, mais son malaise provenait surtout de cette atmosphère confinée et passablement xénophobe propre à l’agglomération parisienne. On aurait dit que la capitale française répugnait à accueillir ce fils prodigue à la tête encore pleine de souvenirs et d’images exotiques, et il se sentait comme un étranger dans sa ville natale. À chacun de ses retours, il éprouvait la même sensation. En particulier dans cet aéroport.
Comme si cela ne suffisait pas, depuis qu’il avait mis les pieds dans le hall, Victor avait le senti- »

Extrait de : C. Vilà. « La mort noire. »

Iceflyer par Christian Vilà

Fiche d’Iceflyer

Titre : Iceflyer
Auteur : Christian Vilà
Date de parution : 1997
Editeur : Fleuve noir

Première page d’Iceflyer

« — Vas-y, frangin, fonce, fonce ! lui avait conseillé Roxie.
Mat Katkov eût été bien en peine de suivre son conseil. Avec sa patte folle, il fonçait plus depuis longtemps. Il boitilla en direction des ascenseurs et glissa un chip dans la fente du monnayeur. Il s’enferma dans une monocabine et la sentit fuser vers les niveaux supérieurs. Ça faisait un moment qu’il n’était pas monté là-haut. Il se demanda si les choses auraient beaucoup changé. Oui et non… À Cipango, les modes se renouvelaient sans cesse mais rien ne se modifiait jamais quant au fond. Le réel était toujours le réel… On n’était pas sur le VIB où tout est permis. Enfin, où tout l’était autrefois, avant que la Synarchie ne s’attribue un monopole d’accès au Virtual Infinite Boulevard, et que la Plongée soit interdite aux citoyens. Imaginez : c’est comme si, un siècle auparavant, on leur avait refusé l’accès à l’Internet. »

Extrait de : C. Vilà. « Iceflyer. »

Clip de sang par Christian Vilà

Fiche de Clip de sang

Titre : Clip de sang
Auteur : Christian Vilà
Date de parution : 1986
Editeur : Fleuve noir

Première page de Clip de sang

« La lutte n’était pas égale. Leur combat tourna vite au massacre.
Bobby Death se retrouva rapidement bloqué dans un angle de la chambre d’hôtel. De profondes griffures lui entaillaient le front, les joues et la gorge. Le visage du bassiste n’était plus qu’un masque sanglant creusé par la terreur.
La créature s’approcha et frappa encore.
Bobby Death demeura un instant immobile, comme pétrifié, puis ses mains se précipitèrent sur l’énorme plaie de son ventre. Les intestins saillaient des lèvres béantes de la blessure. Il s’efforça de les contenir de la main gauche, tandis que la dextre filait vers l’entrejambe.
Ses doigts n’y découvrirent qu’un vide, une balafre horrible, chaude et poisseuse.
Yeux révulsés, le musicien hurla comme un porc qu’on égorge. Sa voix couvrit à peine le fracas du hard-rock déversé par la radio de la chambre.
Ses forces l’abandonnèrent et il tomba à genoux sur la moquette souillée d’hémoglobine. Bobby Death ferma les paupières et guetta le coup de grâce.
La créature rugit mais ne frappa plus. Elle dominait l’homme à terre. Ses griffes étaient prêtes à s’abattre, ses crocs avides de déchirer la nuque offerte de sa victime. La Bête n’attendait qu’un ordre. »

Extrait de : C. Vilà. « Clip de sang. »

La forteresse noire par F. P. Wilson

Fiche de La forteresse noire

Titre : La forteresse noire
Auteur : F. P. Wilson
Date de parution : 1981
Traduction : J. Guiod
Editeur : Fleuve noir

Première page de La forteresse noire

« VARSOVIE, POLOGNE
Lundi 28 avril 1941 – 8 heures 15
 
Un an et demi plus tôt, il y avait eu un autre nom sur la porte, un nom polonais, et puis aussi un titre et le nom d’un département ou d’un bureau du gouvernement polonais. Mais la Pologne n’appartenait plus à ses habitants, et le nom avait été grossièrement effacé à grands coups de peinture noire. Erich Kaempffer fit halte devant la porte et tenta de se souvenir du nom. Pas vraiment par intérêt, plutôt pour faire travailler sa mémoire. Une plaque d’acajou dissimulait les traînées noirâtres mais quelques taches apparaissaient encore çà et là. Des mots y étaient inscrits :

SS-Oberführer W. Hossbach
RSHA ― Division de la Race et du Repeuplement
District de Varsovie
 
Il chercha à se tranquilliser. Que pouvait bien lui vouloir Hossbach ? Pourquoi cette convocation matinale ? Il se reprochait de réagir de la sorte mais aucun membre de la SS, quelle que fût sa position, pas même un officier à l’ascension aussi rapide que la sienne, ne pouvait être appelé à se rendre « sur-le-champ » au bureau de son supérieur sans éprouver une légère appréhension. »

Extrait de : F. P. Wilson. « La forteresse noire. »

Le cri du corps par C. Ecken

Fiche de Le cri du corps

Titre : Le cri du corps
Auteur : C. Ecken
Date de parution : 1990
Editeur : Fleuve noir

Première page de Le cri du corps

« — M. Raymond Corlet, annonça la secrétaire en tendant à Aziki M’Bouhilé un dossier.
Elle s’effaça ensuite pour laisser entrer le client et referma la porte du cabinet derrière lui. C’était un homme de la quarantaine environ, de taille moyenne, au visage pâle et souffreteux. Le type même de l’obscur fonctionnaire sans passé et sans avenir. Il salua brièvement le médecin.
En retournant s’asseoir derrière son bureau, la jeune femme jeta un rapide coup d’œil sur la fiche que lui avait préparée Mme Vassonier. Le nom de Raymond Corlet ne lui disait rien, aussi ne s’étonna-t-elle point de la trouver vierge. Elle reporta ensuite son regard sur le malade qui se tenait timidement devant elle.
— Asseyez-vous, monsieur Corlet, et dites-moi ce qui ne va pas. »

Extrait de : C. Ecken. « Le cri du corps. »

La peste verte par C. Ecken

Fiche de La peste verte

Titre : La peste verte
Auteur : C. Ecken
Date de parution : 1987
Editeur : Fleuve noir

Première page de La peste verte

« Passée la porte d’Aix, l’homme descendit les rues sombres où les Arabes exposent et vendent tapis, vêtements, chiffons, un peu de tout pour trois fois rien. Couleurs criardes noyées dans les ombres bleues, soleil éblouissant qui accentue les contrastes, brouhaha tissé d’interjections, odeurs lourdes et grasses, de cuisine, de sueur, alternant avec des bouffées de fraîcheur, des parfums légers répandus par la brise.
Il se coula dans la foule avec facilité, indiquant ainsi qu’il avait l’habitude de déambuler dans ces quartiers. Inscrivant ses pas dans ceux des passants, il se laissa porter par le courant humain, évoluant au rythme de leur marche. Ses vêtements de coupe démodée et aux couleurs ternies n’attiraient pas l’attention. Pas plus que son visage n’était remarquable. C’était une de ces têtes innombrables  »

Extrait de : C. Ecken. « La peste verte. »

La mémoire totale par C. Ecken

Fiche de La mémoire totale

Titre : La mémoire totale
Auteur : C. Ecken
Date de parution : 1985
Editeur : Fleuve noir

Première page de La mémoire totale

« — Réveille-toi, Jonathan. Nous arrivons à Las Cruces.
Gloria Staneel bourra du coude l’épaule de son compagnon, sans lâcher le volant de sa Dodge. L’aube se levait sur les montagnes embrumées qui bordaient la route. Le spectacle avait de quoi réveiller la fibre romantique de tout un chacun, mais ils ne pouvaient s’attarder. Gloria jetait de fréquents coups d’œil dans son rétroviseur, pleine d’appréhension à l’idée de voir apparaître la voiture de leurs poursuivants : une limousine d’un bleu électrique.
Depuis deux jours qu’ils avalaient des kilomètres pour échapper aux inquiétants personnages aux lunettes noires, toute surface d’un bleu un peu soutenu déclenchait chez elle un signal d’alarme. Elle redoublait alors de précautions. »

Extrait de : C. Ecken. « La mémoire totale. »

L’autre Cécile par C. Ecken

Fiche de L’autre Cécile

Titre : L’autre Cécile
Auteur : C. Ecken
Date de parution : 1989
Editeur : Fleuve noir

Première page de L’autre Cécile

« C’est le bourdonnement des voix qui la tire de son sommeil. Un bourdonnement qui intrigue, étonne, inquiète. Les limbes cotonneux où elle flottait étaient bien agréables mais tant pis… Le bruit la happe vers le haut, vers la réalité. La happe d’autant plus vite qu’elle ne s’attendait pas à entendre toutes ces voix. Elle vit seule.
Cécile ouvre les yeux et sursaute en voyant cette rangée de visages penchés sur elle. La présence de ces gens dans sa chambre est aussi incongrue que leurs mines inquiètes, leurs mâchoires pendantes et leurs yeux dévorés d’anxiété.
— Elle se réveille ! fait une voix qu’elle ne cherche pas à identifier.
— Je vous l’avais bien dit !
Ça, c’est Catherine, un rien triomphante. Elle perd rarement son ton de supériorité quand elle parle. Des murmures soulagés enflent et grandissent. »

Extrait de : C. Ecken. « L’autre Cécile. »