Étiquette : Fleuve noir
Conan le grand par L. Carpenter
Fiche de Conan le grand
Titre : Conan le grand (Tome 2 sur 25 – Conan – les suiveurs)
Auteur : R. E. Howard et L. Carpenter
Date de parution : 1990
Traduction : B. Billion
Editeur : Fleuve noir
Première page de Conan le grand
« VICTOIRE
La plaine du Tybor s’étendait à perte de vue. Les herbes sauvages, nimbées de rosée matinale, brillaient comme l’émeraude dans les premiers rayons du soleil. Située entre les royaumes hyboriens d’Aquilonie, de Némédie et d’Ophir, c’était une étendue plate semée de fourrés fleuris et d’arbres au feuillage dru.
Sur la plaine verdoyante, les armées déployées dessinaient des taches de couleurs vives, comme des pions jetés sur un tapis de jeu.
On reconnaissait au sud les légions à cape bleue d’Ophir l’impériale, fantassins, chariots et chevaliers. Les pointes effilées de leurs lances et leurs casques en acier brillaient comme des constellations dans les premières lueurs du jour. Ils avançaient au son de la flûte, suivant leurs alliés aux tuniques grises et aux lourdes armures.
Ceux-là marchaient au rythme du tambour. Sous les bannières couleur sable de Némédie, dos au soleil, ils pointaient vers l’ouest une forêt de lances et de hallebardes. Plus loin, entouré de chevaliers brandissant des lances drapées de noir, on apercevait la chevelure et la barbe grises du roi Balt. »
Extrait de : R. E. Howard et L. Carpenter. « Conan – les suiveurs – Conan le grand. »
Conan le héros par L. Carpenter
Fiche de Conan le héros
Titre : Conan le héros (Tome 1 sur 25 – Conan – les suiveurs)
Auteur : R. E. Howard et L. Carpenter
Date de parution : 1989
Traduction : G. Dupreux
Editeur : Fleuve noir
Première page de Conan le héros
« LA SHIKHARA
Protégé par une épaisse végétation, un marais dormait au cœur de la jungle ; d’infimes ondulations venaient parfois déranger la surface noire de l’eau.
Le rideau de roseaux se déchira soudain pour laisser apparaître la forme sombre d’un visage.
Un visage obscur et terrible comme celui d’une bête sauvage, mais où brillaient des yeux bleus semblables aux cieux pâles des contrées du Nord, une couleur inhabituelle dans les profondeurs de la jungle.
L’homme scruta longuement la berge opposée. Lorsqu’il fut certain qu’elle ne dissimulait aucun danger, il écarta les roseaux, dévoilant une montagne de muscles, et s’enfonça jusqu’aux cuisses dans les eaux croupissantes.
Il avança souplement, prêt à bondir au moindre bruit. Son visage était couvert d’ocre et de noir de fumée. Pour parfaire son camouflage, il portait une sorte de collier de feuilles et de fougères par-dessus sa crinière noire. »
Extrait de : L. Carpenter. « Conan – les suiveurs – Conan Le héros. »
Prélude à l’espace par A. C. Clarke
Fiche de Prélude à l’espace
Titre : Prélude à l’espace
Auteur : A. C. Clarke
Date de parution : 1951
Traduction : A. Jager, J. G. Vandel
Editeur : Fleuve noir
Première page de Prélude à l’espace
« Dirk Alexson repoussa son livre, se leva et escalada les quelques marches qui menaient au pont d’observation. C’était encore trop tôt pour apercevoir la Terre, mais la fin prochaine du voyage le surexcitait tellement qu’il ne parvenait pas à se concentrer. Parvenu auprès des hublots étroits et incurvés ménagés dans le bord d’attaque de la grande aile, il eut sous les yeux la masse amorphe de l’océan.
Il n’y avait absolument rien à voir ; de cette altitude, même les plus violentes tempêtes de l’Atlantique auraient été invisibles. Dirk contempla quelques instants la grisaille de cette morne étendue, puis il se dirigea vers le répétiteur de radar destiné aux passagers.
Le trait de lumière pivotant sur l’écran commençait déjà à éveiller des faibles échos à la limite de sa portée. La terre était là, à trois cents kilomètres devant eux et à seize au-dessous, une terre que Dirk n’avait encore jamais vue bien qu’elle lui semblât quelquefois plus proche de lui que son pays natal. »
Extrait de : A. C. Clarke. « Prélude à l’espace. »
Iles de l’espace par A. C. Clarke
Fiche d’Iles de l’espace
Titre : Iles de l’espace (Tome 2 sur 3 – Trilogie de l’espace)
Auteur : A. C. Clarke
Date de parution : 1952
Traduction : A. Jager
Editeur : Fleuve noir
Première page d’Iles de l’espace
« L’oncle Jim avait dit : « Quoi qu’il arrive, Roy, ne t’en fais pas. Reste calme et amuse-toi bien ». Je me rappelais ses paroles en pénétrant dans le vaste studio à la suite des autres concurrents, et je ne pense pas avoir ressenti une nervosité particulière. Après tout, ce n’était qu’un jeu, même si je désirais terriblement gagner le prix.
Le public était déjà en place. Les gens bavardaient et s’agitaient dans l’attente du début du spectacle. Quelques acclamations éclatèrent quand nous montâmes sur scène pour prendre possession de nos sièges. Je jetai un coup d’œil furtif sur les autres candidats et j’en conçus aussitôt une certaine déception. Chacun d’entre eux paraissait tout à fait sûr de remporter la victoire.
Il y eut une nouvelle acclamation lorsqu’Elmer Schmitz, le speaker qui présentait la séance, fit son entrée. Naturellement, je l’avais déjà rencontré au cours des demi-finales et je crois que vous le »
Extrait de : A. C. Clarke. « Trilogie de l’espace – Îles de l’espace. »
Naufragés de la Lune par A. C. Clarke
Fiche de Naufragés de la Lune
Titre : Naufragés de la Lune (Tome 2 sur 2 – SOS Lune)
Auteur : A. C. Clarke
Date de parution : 1961
Traduction : B. R. Bruss
Editeur : Fleuve noir
Première page de Naufragés de la Lune
« Ils se croyaient sauvés. Ils ne savaient pas que leurs chances de survivre étaient encore très minces…
Ils étaient enfermés depuis plus de trois jours dans l’unique bateau de la Lune, le Séléné, qui promenait les touristes sur la Mer de la Soif – cette mer faite non pas d’eau, mais de poussière plus fine que du talc. Ils avaient été engloutis, à la suite d’un séisme lunaire, et leur bateau – qui n’était guère plus grand qu’un autobus, mais qui était construit comme un astronef – reposait sous une couche de quinze mètres de poussière…
Vingt-deux hommes et femmes étaient là, peu vêtus, car la température était élevée dans la cabine. Et ils se félicitaient d’avoir su garder un bon moral jusqu’au moment où, après trois jours, on les avait enfin repérés et rétabli le contact par radio avec eux. Vingt-deux personnes qui dans le péril s’étaient soudées en un groupe solidaire : le capitaine du bateau, Pat Harris, et l’hôtesse, Susan Wilkins, qui formaient à eux deux l’équipage, et leur vingt passagers, parmi lesquels le Commodore Hansteen, le fameux astronaute, qui était à la retraite depuis peu et voyageait maintenant pour son agrément. »
Extrait de : A. C. Clarke. « SOS Lune – Naufragés de la Lune. »
S.O.S. Lune par A. C. Clarke
Fiche de S.O.S. Lune
Titre : S.O.S. lune (Tome 1 sur 2 – SOS Lune)
Auteur : A. C. Clarke
Date de parution : 1961
Traduction : B. R. Bruss
Editeur : Fleuve noir
Première page de S.O.S. Lune
« Pat Harris jouissait du privilège d’être le capitaine de l’unique bateau qu’il y eût sur la Lune.
Tandis que les passagers s’embarquaient sur le Séléné et se bousculaient pour avoir les places près des fenêtres, il se demandait à quoi ressemblerait, cette fois-ci, la promenade.
Dans son miroir rétroviseur, il apercevait Miss Wilkins, qui accueillait à bord les excursionnistes. Elle était charmante, dans son uniforme bleu du Comité Touristique Lunaire. Harris, lorsqu’il était de service avec elle, s’imposait de ne voir en elle que « Miss Wilkins », et non pas « Susan ». Cela l’aidait à se concentrer uniquement sur son travail.
Quant à savoir ce qu’elle pensait de lui, il n’avait jamais réellement pu le deviner.
Parmi les gens qui s’installaient à bord, il ne reconnut aucun visage familier. C’étaient des « nouveaux », et qui semblaient avides d’entreprendre cette « croisière ». La plupart étaient des touristes types, des personnes d’un certain âge, en visite sur un monde qui, dans leurs jeunes années, avait été le symbole même des lieux inaccessibles. Quatre ou cinq passagers seulement n’avaient pas encore atteint la trentaine, et c’étaient probablement des techniciens en congé appartenant à l’une ou l’autre des bases lunaires. »
Extrait de : A. C. Clarke. « SOS Lune – S.O.S. Lune. »
Spock doit mourir par J. Blish
Fiche de Spock doit mourir
Titre : Spock doit mourir (Star Trek)
Auteur : J. Blish
Date de parution : 1970
Traduction : G. Dupreux
Editeur : Fleuve noir
Première page de Spock doit mourir
« LES ÉTATS D’ÂME DE McCOY
Journal de bord du capitaine, date stellaire 4011.9 :
L’Entreprise effectue actuellement une mission de repérage dans une zone inexplorée de la Galaxie. Monsieur Spock m’a appris que, d’après l’ordinateur central, cette procédure continue de se nommer « cartographie » selon l’expression en cours bien avant le temps des voyages spatiaux. À mon avis, cependant, il serait osé de qualifier de « carte » l’espèce de gigantesque tache d’encre que nous sommes en train de composer. Bien que nous ne soyons pas très loin de l’Empire Klingon – lesquels assureraient sans doute que nous en avons franchi les limites –, cette mission se déroule sans incident, et je commence à sentir qu’un certain ennui gagne mes officiers. Leur efficacité, par bonheur, n’en est pas affectée. »
Extrait de : J. Blish. « Star Trek – Spock doit mourir. »
Un milliard d’années avant la fin du monde par A. et B. Strougatski
Fiche d’Un milliard d’années avant la fin du monde
Titre : Un milliard d’années avant la fin du monde
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1976
Traduction : S. Delmotte
Editeur : Fleuve noir
Première page d’Un milliard d’années avant la fin du monde
« … la canicule torride, blanche, du mois de juillet, canicule comme il n’y en avait eu depuis deux siècles, inonda la ville. Des brumes de chaleur se mouvaient au-dessus des toits incandescents, toutes les fenêtres étaient grandes ouvertes, des petites vieilles installées sur de petits bancs à l’entrée des immeubles suaient et fondaient dans l’ombre chétive des arbres languissants.
Le soleil franchit le méridien et enfonça son aiguillon dans les dos martyrs des livres, frappa le verre des rayonnages, les portes polies de l’armoire, et de méchants reflets brûlants tremblèrent sur les papiers peints. Arrivait le calvaire de l’après-midi, cet instant déjà proche où le soleil, enragé, s’accrochant à mort aux onze étages de la maison d’en face, forait l’appartement de part en part.
Malianov ferma la fenêtre – les doubles vitres – et tira complètement le lourd rideau jaune. Puis, ayant remonté son caleçon, il passa à la cuisine, faisant du bruit avec ses pieds nus, et ouvrit la porte du balcon. Il était deux heures sonnées. »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « Un milliard d’années avant la fin du monde. »
Le scarabée dans la fourmilière par A. et B. Strougatski
Fiche de Le scarabée dans la fourmilière
Titre : Le scarabée dans la fourmilière
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1979
Traduction : S. Delmotte
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le scarabée dans la fourmilière
« MAXIME KAMMERER, EMPLOYÉ DU COMCONE-2
À 13 h 17, je fus convoqué par Excellence. Il ne leva pas les yeux sur moi, ce qui fit que je ne vis que son crâne chauve parsemé de pâles taches de vieillesse ; cette attitude signifiait un haut degré de préoccupation et de mécontentement. Je tiens à préciser tout de suite, que ce n’était pas à cause de moi.
— Assieds-toi.
Je m’assis.
— Il faut trouver un homme, dit-il, et se tut…
Pour longtemps. Il ramassa la peau de son front en plis contrariés, grogna. On aurait pu croire que »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « Le scarabée dans la fourmilière. »
Le petit par A. et B. Strougatski
Fiche de Le petit
Titre : Le petit
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1971
Traduction : S. Delmotte
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le petit
« VIDE ET SILENCE
— Tu sais, dit Maïka, j’ai une espèce de pressentiment débile…
Nous nous trouvions près du glider, elle regardait à ses pieds et piochait de son talon le sable gelé.
Je ne sus quoi répondre. Je n’éprouvais aucun pressentiment, mais tout compte fait je ne raffolais pas non plus de cet endroit. Plissant les yeux, je me mis à contempler l’iceberg. Tel un gigantesque bloc de sucre, il pointait au-dessus de l’horizon, un croc crénelé d’un blanc aveuglant, totalement froid, totalement immobile, totalement homogène, sans le moindre scintillement ou miroitement pittoresques – on voyait bien qu’une fois son irruption accomplie, cent mille ans auparavant, dans cette rive plate, sans défense, il était fermement décidé à »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « Le Petit. »