Étiquette : Fleuve noir
L’arc-en-ciel lointain par A. et B. Strougatski
Fiche de L’arc-en-ciel lointain
Titre : L’arc-en-ciel lointain
Auteur : A. et B. Strougatski
Date de parution : 1963
Traduction : S. Delmotte
Editeur : Fleuve noir
Première page de L’arc-en-ciel lointain
« La paume de Tania, chaude et un peu rugueuse, reposait sur ses yeux, et plus rien ne le concernait. Il sentait l’odeur amère et salée de la poussière, les oiseaux de la steppe grinçaient, mal réveillés, et l’herbe sèche lui piquait et chatouillait la nuque. Rester allongé ainsi était dur et inconfortable, son cou le démangeait intolérablement, mais il ne bougeait pas, écoutant la respiration douce et égale de Tania. Il souriait et se réjouissait de l’obscurité, car son sourire devait être bête et satisfait jusqu’à l’indécence.
Puis, d’une manière aussi intempestive que déplacée, l’appel stridula au laboratoire du mirador. Tant pis ! Ce n’était pas la première fois. Ce soir-là, tous les appels tombaient d’une manière intempestive et déplacée. »
Extrait de : A. et B. Strougatski. « L’arc-en-ciel lointain. »
Révolte des Triffides par J. Wyndham
Fiche de Révolte des Triffides
Titre : Révolte des Triffides (Le jour des Triffides – différente traduction)
Auteur : J. Wyndham
Date de parution : 1951
Traduction : M. Duino
Editeur : Fleuve noir
Première page de Révolte des Triffides
« Si, comme moi, vous vous étiez éveillé ce mercredi-là avec la sensation instantanée de vous trouver plongé dans une atmosphère de dimanche, tout en sachant pertinemment bien que ce n’est pas Noël ou n’importe quel autre jour de fête officielle, vous auriez pensé vous aussi que quelque chose ne tournait pas rond dans la maison. Huit heures avaient sonné quelque part et rien ne bougeait, rien ne vivait.
Je tendis l’oreille, croyant d’abord avoir mal entendu – car après tout l’erreur pouvait venir de moi, elle devait même venir de moi, cent personnes ensemble ayant plus de mal à confondre les jours qu’une seule – mais non ! Une autre pendule se mit en branle, et de nouveau huit coups retentirent dans les couloirs et les chambres. Cette fois, il n’y avait plus à douter : quelque chose ne tournait pas rond…
C’est à un stupide accident que je dois d’avoir raté la fin du monde. Et aussi, bien sûr, au fait que »
Extrait de : J. Wyndham. « Révolte des Triffides. »
Les transformés par J. Wyndham
Fiche de Les transformés
Titre : Les transformés (Les chrysalides – différente traduction)
Auteur : J. Wyndham
Date de parution : 1955
Traduction : A. Audiberti
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les transformés
« Quand j’étais petit, je rêvais parfois d’une cité, et c’était étrange car cela commença avant même que je sache ce qu’est une cité. Une ville, nichée dans la courbe d’une large baie bleue, se présentait à mon esprit.
Les immeubles étaient tout à fait différents de ceux que je connaissais. Le trafic, dans les rues, était étrange. Les voitures roulaient sans chevaux. Parfois, il y avait des objets dans le ciel, des objets brillants qui avaient la forme de poissons et qui n’étaient certainement pas des oiseaux.
C’était un endroit superbe, fascinant et, un jour, alors que j’étais encore trop jeune pour être prudent, je demandai à ma sœur aînée, Marie, où pouvait se trouver cette délicieuse cité.
Elle secoua la tête et me dit que cet endroit n’existait point. Pas actuellement. Mais peut-être, suggéra-t-elle, avais-je rêvé d’époques d’un passé depuis longtemps écoulé. Les rêves étaient des choses bizarres et on ne pouvait les expliquer. Il se pouvait donc que ce que je voyais fût une partie du »
Extrait de : J. Wyndham. « Les transformés. »
Elric et la porte des mondes par M. J. Moorcock
Fiche d’Elric et la porte des mondes
Titre : Elric et la porte des mondes (Anthologie par R. Comballot – Cycle d’Elric)
Auteur : M. J. Moorcock
Date de parution : 2006
Traduction :
Editeur : Fleuve noir
Sommaire d’Elric et la porte des mondes
- Le rêve en la cité par L. Sihol
- La montagne dormante par J. Lenn
- Les douleurs fécondes par P. Pevel
- La cavalière par C. Léourier
- Kane par L. Kloetzer
- Eloge des poissons-gouffres par F. Colin
- Frère des hyènes par C. Vilà
- Coeur de glace par D. Walther
- Qayin par X. Mauméjean
- Le coeur et l’épée par J.-P. Vernay
- Elric et l’enfant du futur par R. Canal
- Le cirque des épées par P. Eris et J.-M. Moreau
- La forteresse de l’obscur par D. Erthal
- Les seigneurs de la firme par Ayerdhal et E. Cervos
- La dernière conquête du loup blanc par P. Stolze
- La musique des âmes par J. Heliot
- Bloodsword par Y. Ramonet
- L’archiviste par P. Bordage
- La porte des mondes par J. Barbéri
Première page de Le rêve en la cité
« Depuis cinq cents ans, le Glorieux Empire de Melniboné déchoit. Sa puissance s’amenuise, son ichor se fait faible. Chaque année, dit-on, il naît moins d’enfants. L’Empereur lui-même, Sadric, n’a qu’un fils. Sang dernier d’une lignée presque éteinte, faible rejeton d’une civilisation vouée à la dissolution. Elric, Prince mélancolique, érudit magistral, aux forces soutenues par les herbes de sa terre. Héritage contesté : Elric est-il assez melnibonéen pour faire un monarque à la hauteur de ses pères ? La Cité qui Rêve, Imrryr, le saura bientôt. Car voici que Sadric s’est éteint. Au terme d’un rite de sept jours, le nouvel Empereur de Lumière s’assiéra sur le Trône de Rubis. Les braseros ont été allumés dans les rues pour le deuil de son père, et le futur roi couronné marche dans les veines de sa cité, avant que les temps de son mythe ne commencent…
Père est mort. Devrais-je ressentir quelque chose ? Du chagrin, l’effleurement du scalpel de la perte ? Je l’ai si peu connu. Comme si, d’une obscure façon, la mort de ma mère lors de ma venue au monde pouvait m’être imputable. Ou comme si, l’ayant tant aimée, il ne pouvait, elle partie, plus rien aimer »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Cycle d’Elric – Elric et la Porte des Mondes. »
Les buveurs d’âmes par Michael J. Moorcock et Fabrice Colin
Fiche de Les buveurs d’âmes
Titre : Les buveurs d’âmes (Tome 10 sur 10 – Cycle d’Elric)
Auteur : Michael J. Moorcock et Fabrice Colin
Date de parution : 2011
Traduction :
Editeur : Fleuve noir
Première page de Les buveurs d’âmes
« Elruf Crann se redressa d’un bond. Quelque chose l’avait tiré de son cauchemar : un cri, peut-être, ou une déflagration dont il ne s’expliquait pas l’origine. Prisonnier de sa poitrine, son cœur cognait telle une machine folle. Attendant un instant qu’il s’apaise, il fixa son reflet hébété dans un miroir cerclé de bronze. Après quoi, sans un égard pour la forme alanguie à ses côtés, il rejeta ses draps de soie noire et tituba jusqu’à la fenêtre.
Son poing s’ouvrit. Sur le sol de pierre, un mouchoir brodé d’or et trempé de sueur se déposa telle une fleur.
Une brise douceâtre gonflait les rideaux pourpres. Elruf Crann les écarta et se pencha au balcon. Sous un soleil cuivré, les flèches du palais royal étincelaient avec ardeur. Des mouettes criardes se croisaient par-delà la jetée sur la toile d’un ciel sans nuages. Lentement, les mâchoires du Melnibonéen se desserrèrent et une malédiction s’en échappa, proférée dans un dialecte obscur. L’objet de l’ana- »
Extrait de : M. J. Moorcock. « Cycle d’Elric – Les buveurs d’âmes. »
Le passager de la nuit par J. Brunner
Fiche de Le passager de la nuit
Titre : Le passager de la nuit
Auteur : J. Brunner
Date de parution : 1958
Traduction : Fantasscienza
Editeur : Fleuve noir
Première page de Le passager de la nuit
« Il avait porté quantité de noms, mais sa nature restait unique. Et cette unicité le contraignait à respecter certaines lois qui ne s’appliquaient pas au commun des mortels. En contrepartie, il était affranchi de nombre d’obligations beaucoup plus habituelles.
L’un et l’autre systèmes se valaient cependant en rigidité ; il n’était nulle possibilité pour lui, aux changements de saison, de relâcher sa surveillance sur la partie du tout placée sous sa responsabilité.
Quatre planètes étaient entrées en conjonction, la veille ; il importait donc de se préparer à un voyage semblable à, et différent de tous ceux qu’il avait accomplis précédemment, car il avait été ordonné qu’à cette époque, sauf en cas de force majeure, il parcoure les chemins de l’ordinaire. Et, avec une relative bonne volonté – il n’était pas dans sa nature de se rebeller contre la contingence –, il allait faire en sorte de se trouver partout où sa présence se révélait nécessaire, pour finir sa route en un lieu proche de son point de départ. »
Extrait de : J. Brunner. « Le passager de la nuit. »
La vermine du lion par F. Carsac
Fiche de La vermine du lion
Titre : La vermine du lion
Auteur : F. Carsac
Date de parution : 1967
Editeur : Fleuve noir
Première page de La vermine du lion
« PORT-METAL
— Nous sommes arrivés, miss Henderson.
— Inutile de me le dire. Je l’ai bien senti !
Le jeune lieutenant rentra son sourire aimable.
— Ma foi, miss, nous n’avons pu vous assurer le luxe auquel vous êtes sans doute habituée, mais le Sirius est un bon navire, et si un gravitron s’est déréglé au dernier moment, c’est un accident qui peut arriver…
— Même aux plus grands paquebots interstellaires ? Je le sais. Cela veut simplement dire que, même sur les meilleures lignes, il y a des mécaniciens incapables.
L’officier rougit, se figea.
— Bien, miss. Je vais faire enlever vos bagages.
Restée seule, Stella Henderson haussa les épaules. Quelle mouche l’avait piquée, de rabrouer ainsi ce pauvre Hopkins ? Il avait fait de son mieux pour lui rendre agréable cet interminable voyage de quarante jours, de Sean IV jusqu’à cette planète perdue de l’étoile de Van Paepe. Il n’eût tenu qu’à elle, d’ailleurs, que le voyage fût très agréable… pour lui. »
Extrait de : F. Carsac. « La vermine du lion. »
Lurulu par Jack Vance
Fiche de Lurulu
Titre : Lurulu (Tome 5 sur 5 – L’aire gaïane)
Auteur : Jack Vance
Date de parution : 2004
Traduction : P. Dusoulier
Editeur : Fleuve noir
Première page de Lurulu
« Vue de l’espace, la topographie de Fluter était extraordinaire, et peut-être même unique – en tout cas, certainement au sein de l’Aire Gaïane. Lors du refroidissement qui avait suivi sa fusion initiale, la planète s’était contractée, comprimant la croûte planétaire en neuf immenses anticlinaux orientés nord-sud sur tout un hémisphère, laissant l’autre hémisphère à l’état de pénéplaine parfaitement plate. Au fil du temps, le niveau de la mer s’éleva et les plissements rocheux devinrent neuf continents étroits, séparés par des bras de mer peu profonds. L’hémisphère opposé se trouva noyé sous les eaux d’un vaste océan.
Le temps passa. Le climat était doux ; la vie apparut sur Fluter, et revêtit la terre d’une verdure aux variétés innombrables. Un groupe de pionniers gaïens arriva de la planète Ergard, et colonisa les neuf continents. Cinq ans plus tard, lors du Premier Conclave, ils s’engagèrent solennellement à respecter un ensemble de mesures strictes visant à limiter la population, afin que Fluter ne devienne jamais la jungle surpeuplée de tours de béton, de labyrinthes »
Extrait de : J. Vance. « Lurulu. »
Retour impossible par P. Anderson
Fiche de Retour impossible
Titre : Retour impossible
Auteur : P. Anderson
Date de parution : 1958
Traduction : A. Arnaut-Kabou
Editeur : Fleuve noir
Première page de Retour impossible
« Tel un éclair, le vaisseau spatial émergea de la supervoie, s’immobilisa dans les ténèbres étincelantes d’étoiles.
Après un bref silence :
— Où est le Soleil ?
Edward Langley pivota sur son siège, passa une main rapide sur son front dégoulinant de sueur et laissa tomber :
— J’ sais pas, moi…
Il faisait une chaleur torride dans l’habitacle où dominait le souffle régulier des ventilateurs. Personne ne parlait. Langley pouvait même entendre les battements anormalement sonores de son cœur.
Sur les écrans de contrôle qui affichaient une vue panoramique du ciel, Langley avait nettement distingué Andromède, la Croix du Sud, la grande »
Extrait de : P. Anderson. « Retour impossible. »