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Les révoltés de la Bounty par J. Verne

Fiche de Les révoltés de la Bounty

Titre : Les révoltés de la Bounty
Auteur : J. Verne
Date de parution : 1879
Editeur : Gallimard

Première page de Les révoltés de la Bounty

« L’ABANDON
Pas le moindre souffle, pas une ride à la surface de la mer, pas un nuage au ciel. Les splendides constellations de l’hémisphère austral se dessinent avec une incomparable pureté. Les voiles de la Bounty pendent le long des mâts, le bâtiment est immobile, et la lumière de la lune, pâlissant devant l’aurore qui se lève, éclaire l’espace d’une lueur indéfinissable.
La Bounty, navire de deux cent quinze tonneaux monté par quarante-six hommes, avait quitté Spithead, le 23 décembre 1787, sous le commandement du capitaine Bligh, marin expérimenté mais un peu rude, qui avait accompagné le capitaine Cook dans son dernier voyage d’exploration.
La Bounty avait pour mission spéciale de transporter aux Antilles l’arbre à pain, qui pousse à profusion dans l’archipel de Tahiti. Après une relâche de six mois dans la baie de Matavaï, William Bligh, ayant chargé un millier de ces arbres, avait pris la route des Indes occidentales, après un assez court séjour aux îles des Amis. »

Extrait de : J. Verne. « Les Révoltés de la Bounty. »

Pas de panique ! par N. Gaiman

Fiche de Pas de panique !

Titre : Pas de panique !
Auteur : N. Gaiman
Date de parution : 2002
Traduction : M. Pagel
Editeur : Gallimard

Première page de Pas de panique !

« L’acide désoxyribonucléique, communément appelé ADN, constitue la base génétique fondamentale de tous les êtres vivants. La structure de l’ADN fut découverte et décryptée, en même temps que sa fonction, à Cambridge, Angleterre, en 1952, puis dévoilée au monde en 1953.

Cet ADN-là n’était cependant pas le premier à apparaître à Cambridge. Un an plus tôt, le 11 mars 1952, Douglas Noël Adams y était venu au monde, dans un ancien asile des pauvres victorien(1) – d’une mère infirmière et d’un père étudiant en théologie qui comptait entrer dans les Ordres mais finirait par y renoncer devant l’insistance de ses amis à le convaincre de l’inanité du projet.

Les parents de Douglas quittèrent Cambridge alors qu’il avait six mois. Il avait cinq ans lorsqu’ils divorcèrent. »

Extrait de : N. Gaiman. « Pas de panique !. »

Frankenstein ou le Prométhée moderne – M. Shelley

Fiche de Frankenstein ou le Prométhée moderne

Titre : Frankenstein ou le Prométhée moderne
Auteur : M. Shelley
Date de parution : 1818
Traduction : A. Morvan
Editeur : Gallimard

Première page de Frankenstein ou le Prométhée moderne

« Je suis genevois de naissance et ma famille est l’une des plus éminentes de cette république. Mes ancêtres furent longtemps conseillers et syndics, et mon père avait occupé plusieurs emplois publics avec honneur et en gagnant l’estime de tous. Tous ceux qui le connaissaient le respectaient pour son intégrité et pour son attention infatigable au bien public. Il se consacra sans relâche durant sa jeunesse aux affaires de son pays ; un certain nombre de raisons l’avaient empêché de se marier tôt et ce n’est que lorsque sa vie fut sur le déclin qu’il prit femme et devint père de famille.
Comme les circonstances entourant son mariage témoignent de son caractère, je ne puis m’empêcher de les rapporter. L’un de ses amis intimes était négociant ; d’abord prospère, il tomba dans la pauvreté à la suite de nombreux mécomptes. Cet homme, qui s’appelait Beaufort, était d’une nature fière et roide ; il ne pouvait accepter de vivre dans la pauvreté et dans l’oubli en un pays où son rang et sa magnificence l’avaient naguère rendu si éminent. »

Extrait de : M. Shelley. « Frankenstein ou Le Prométhée moderne. »

Les masques de sang par Fabrice Colin

Fiche de Les masques de sang

Titre : Les masques de sang (Tome 3 sur 3 – Les étranges soeurs Wilcox)
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2011
Editeur : Gallimard

Première page de Les masques de sang

« C’était un soir de neige comme on n’en avait pas vu depuis longtemps. Londres frissonnait, étourdie par la tempête, et les traces des passants, à peine dessinées sur les trottoirs, s’effaçaient tels les mots d’un poème d’enfant. Jamais l’hiver n’avait paru aussi cruel, et jamais aussi délectable, pour le jeune garçon, la perspective de demeurer cette nuit dans sa chambre sous les toits avec une histoire pour seule compagnie.

« Le fantôme étendit un moment sa sombre robe devant lui comme une aile, puis, la repliant, lui fit voir une chambre éclairée par la lumière du jour, où se trouvaient une mère et ses enfants. »

Heureux, le jeune garçon referma son livre : Un chant de Noël, Charles Dickens. Ailleurs, loin sur l’océan, celle à qui son destin serait un jour lié aurait pu découvrir ces lignes elle aussi, et frémir d’un même plaisir, si des larmes ne l’avaient empêchée de poursuivre sa lecture ; mais cela, évidemment, Wilfred Garrison l’ignorait – tout comme il ignorait encore, en cet instant, l’existence de ladite jeune fille. »

Extrait de : F. Colin. « Les étranges soeurs Wilcox – Les masques de sang. »

L’ombre de Dracula par Fabrice Colin

Fiche de L’ombre de Dracula

Titre : L’ombre de Dracula (Tome 2 sur 3 – Les étranges soeurs Wilcox)
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2010
Editeur : Gallimard

Première page de L’ombre de Dracula

« Telle une ancre sondant les ténèbres, la nacelle du dirigeable se balançait au-dessus des champs, fauchant le blé d’hiver plus sûrement que la mort elle-même.

Une lune rongée de nuages trônait, clouée à la nuit cendreuse. Engoncé dans son pardessus à col de fourrure, Lord Ciceley ne sentait pas le froid mais frissonnait chaque fois qu’il levait les yeux au ciel. Rajustant le bandeau qui masquait son œil gauche, il se tourna vers la forêt et, d’un geste, invita ses acolytes à le rejoindre au centre de la plaine. Trois hommes émergèrent des sous-bois. Vêtus de noir, ils avançaient à pas rapides en levant haut leurs lanternes. L’un d’eux, qui s’était approché de la nacelle du Béhémoth, l’attrapa au vol et la stabilisa. Le deuxième en ouvrit le portail.

– Aidez-moi à grimper, souffla le lord au troisième. »

Extrait de : F. Colin. « Les étranges soeurs Wilcox – L’ombre de Dracula. »

Les vampires de Londres par Fabrice Colin

Fiche de Les vampires de Londres

Titre : Les vampires de Londres (Tome 1 sur 3 – Les étranges soeurs Wilcox)
Auteur : Fabrice Colin
Date de parution : 2009
Editeur : Gallimard

Première page de Les vampires de Londres

« A l’ombre de son pilier, il l’observait intensément, seule et perdue au milieu de la cohue, et son sourire brillait telle une lame. Qui pouvait dire quelles sombres pensées agitaient son esprit ? Soudain, il rajusta son haut-de-forme et, dans un froissement de cape, fendit la foule pour la rejoindre. Dix heures, indiquait l’immense horloge cuivrée de la gare de Saint-Pancras. Inquiète, la jeune femme balayait le grand hall du regard, se laissant docilement bousculer par les voyageurs pressés. Elle ne le sentit pas approcher.

-Je suis ici.

Il venait de surgir dans son dos. Elle ne put retenir une exclamation de surprise.

-Dieu soit loué : j’ai cru un moment que vous m’aviez abandonnée.

Il lui caressa la joue. « Ne prononce pas le nom de Dieu. » Elle avait revêtu l’une des longues robes de soie noire qu’il lui avait offertes et un manteau de daim cintré, noir lui aussi, serrait sa taille de guêpe.
Souriant, il passa ses doigts bagués d’argent dans le flot ondoyant de sa chevelure. »

Extrait de : F. Colin. « Les étranges soeurs Wilcox – Les vampires de Londres. »

Solaris de Stanislas Lem

Fiche de Solaris

Titre : Solaris
Auteur : Stanislas Lem
Date de parution : 1961
Traduction : J.-M. Jasienko
Editeur : Gallimard

Première page de Solaris

« À dix-neuf heures, temps du bord, je me dirigeai vers l’aire de lancement. Autour du puits, les hommes se rangèrent pour me laisser passer ; je descendis l’échelle et pénétrai à l’intérieur de la capsule.

Dans l’habitacle étroit, je pouvais difficilement écarter les coudes. Je fixai le tuyau de la pompe à la valve de mon scaphandre, qui se gonfla rapidement. Désormais, il m’était impossible de faire le moindre mouvement ; j’étais là, debout, ou plutôt suspendu, enveloppé de mon survêtement pneumatique et incorporé à la carapace métallique.

Je levai les yeux ; au-dessus du globe transparent, je vis une paroi lisse et, tout en haut, la tête de Moddard, penchée sur l’ouverture du puits. Moddard disparu, ce fut brusquement la nuit ; le lourd cône protecteur avait été mis en place. J’entendis, huit fois répété, le bourdonnement des moteurs électriques qui tournaient les écrous, puis le sifflement de l’air comprimé dans les amortisseurs. »

Extrait de : S. Lem. « Solaris. »

Congo Pantin par P. Curval

Fiche de Congo Pantin

Titre : Congo Pantin
Auteur : P. Curval
Date de parution : 1995
Editeur : Gallimard

Première page de Congo Pantin

« Souvenirs de Congo

Au loin, Paris en alerte brillait de ses faisceaux laser. Ils balayaient le ciel, prêts à détecter toute approche suspecte. Congo Pantin sourit à la lune qui se levait aux confins lugubres de la zone. Ses dents se détachaient en jaune sur son visage de plâtre. Au ciel, dans un contre-jour d’orage, les derniers rayons du soleil foraient les nuages bistre d’une lumière d’apocalypse.

La chute du jour rappelait à l’albinos cette éclipse qui avait assombri l’horizon, brutale, quand l’Aile noire s’y était écrasée. Il n’oublierait jamais son sifflement rageur ; plaque de colère sombre virevoltant dans l’espace, fauchant les immeubles à chacun de ses balancements mortels. Soudain repoussé par les forces contraires qu’il avait déchaînées, l’appareil vibrant de toutes ses membrures s’était aplati sur la banlieue. »

Extrait de : P. Curval. « Congo Pantin. »

La guerre du feu par J.-H. Rosny aîné

Fiche de La guerre du feu

Titre : La guerre du feu
Auteur : J.-H. Rosny aîné
Date de parution : 1909
Editeur : Gallimard

Première page de La guerre du feu

« Les Oulhamr fuyaient dans la nuit épouvantable. Fous de souffrance et de fatigue, tout leur semblait vain devant la calamité suprême : le Feu était mort. Ils l’élevaient dans trois cages, depuis l’origine de la horde ; quatre femmes et deux guerriers le nourrissaient nuit et jour.

Dans les temps les plus noirs, il recevait la substance qui le fait vivre ; à l’abri de la pluie, des tempêtes, de l’inondation, il avait franchi les fleuves et les marécages, sans cesser de bleuir au matin et de s’ensanglanter le soir. Sa face puissante éloignait le lion noir et le lion jaune, l’ours des cavernes et l’ours gris, le mammouth, le tigre et le léopard ; ses dents rouges protégeaient l’homme contre le vaste monde. Toute joie habitait près de lui. Il tirait des viandes une odeur savoureuse, durcissait la pointe des épieux, faisait éclater la pierre dure ; les membres lui soutiraient une »

Extrait de : J.-H. Rosny aîné. « La Guerre Du Feu. »

Une étoile m’a dit par F. Brown

Fiche de Une étoile m’a dit

Titre : Une étoile m’a dit
Auteur : F. Brown
Date de parution : 1951
Traduction : J. Papy
Editeur : Gallimard

Sommaire de Une étoile m’a dit

  • Quelque chose de vert …
  • Anarchie dans le ciel
  • Tu n’as point tué
  • Les Myeups
  • Un coup à la porte
  • Cauchemar
  • Mitkey
  • Tu seras fou

Première page de Quelque chose de vert …

« L’énorme soleil cramoisi flamboyait dans un ciel violet. À la lisière de la plaine brune, parsemée de buissons bruns, s’étendait la jungle rouge.

Mac Garry se dirigeait vers elle à grandes enjambées. Fouiller ces jungles rouges était un travail pénible et dangereux, mais absolument nécessaire. Mac Garry en avait déjà exploré plusieurs centaines : ça n’en ferait qu’une de plus…

— On y va, Dorothy, dit-il. Est-ce que tu es prête ?

La petite créature à cinq membres placée sur son épaule ne répondit pas, selon son habitude. Elle était incapable de parler, mais c’était un être à qui parler, une agréable compagnie. Par sa taille et son poids, elle donnait à Mac Garry l’étrange impression d’une main appuyée sur son épaule.

Dorothy était avec lui depuis… Au fait, depuis combien de temps ? Au moins quatre ans. Il y avait bien cinq ans qu’il était là, dans la mesure où il pouvait s’en rendre compte, et il avait trouvé Dorothy quatre ans auparavant. »

Extrait de : F. Brown. « Une étoile m’a dit. »