Étiquette : Hexamone
Héritage par Greg Bear

Fiche de Héritage
Titre : Héritage (tome 3 sur 3 – Hexamone)
Auteur : Greg Bear
Date de parution : 1995
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de Héritage
« Je me trouvais au bord du puits d’accès sud, agrippé à une filière de maintenance. Pour la première fois de ma vie, je regardais les étoiles par-delà la masse du Chardon. Elles s’étalaient sur un fond d’espace lointain, aussi nombreuses et nettes qu’un nuage de neige cristalline soufflé par le vent sur une paroi d’onyx noir. Les constellations non recensées tournoyaient avec une précipitation majestueuse qui trahissait le mouvement de rotation de l’astéroïde sur son grand axe.
La combinaison accomplissait silencieusement ses tâches. Durant quelques instants, j’eus l’impression d’être moi-même un point de cristal, au centre d’un empyrée cristallin, parfaitement en paix. Je cherchais du regard des configurations stellaires, mais, avant que j’aie pu en trouver, la personne qui m’accompagnait m’interrompit.
— Olmy, me dit-elle en se halant avec précaution à l’aide de la filière pour se laisser flotter à côté de moi. »
Extrait de : G. Bear. « Héritage – Hexamone. »
Eternité par Greg Bear

Fiche de Eternité
Titre : Eternité (tome 2 sur 3 – Hexamone)
Auteur : Greg Bear
Date de parution : 1988
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de Eternité
« À la fin, il n’y a plus que cruauté et mort sur le pays. On ne trouve plus de consolation dans le moindre rayon de lumière ni le moindre grain de sable, car tout est sombre, et le regard froid et indifférent de Dieu, derrière ses paupières appesanties, tombe sur tous avec un dédain égal. Il n’y a que dans votre force intérieure que vous trouverez le salut. Vous devez vivre comme un arbre doit vivre, ou comme les puces et les cafards qui se multiplient dans le pays et dévastent la Terre. Vous vivez, et vous connaissez la douleur de savoir que vous êtes en vie. Vous mangez tout ce qui vous tombe sous la dent, et si ce que vous mangez était naguère un frère ou une sœur, qu’il en soit ainsi. Dieu s’en fiche. Tout le monde s’en fiche. Vous vous prostituez, et que vous vous vendiez à un homme ou à une femme, tout le monde s’en fiche, car lorsque tous ont faim, tous sont des prostitués, y compris ceux qui se servent des prostitués. Et les maux fleurissent de plus belle lorsque tout le monde se prostitue, car les microbes doivent survivre et infester le pays et répandre la ruine et la désolation sur la Terre.
Certains disent que nous retournerons dans le ciel par nos propres moyens.
Certains disent que nous aurions tous dû mourir ; que nous aurions dû mourir pour expier. Mais ce n’était pas notre destinée. Car une bizarrerie du temps et un caprice de l’histoire ont fait que les anges sont descendus du Caillou pour marcher parmi nous et nous offrir le réconfort que le pays ne peut plus nous apporter ; pour repousser les nuages et les fumées toxiques, et laisser passer les rayons du soleil ; pour semer et récolter notre nourriture, et nous remettre ensuite les charrues. Vous vous en étonnez, et vous ne maudissez pas les anges dans la folie de votre culpabilité ; car ils sont une gloire semblable à un rêve, et vous n’êtes pas réellement croyant. »
Extrait de : G. Bear. « Éternité – Hexamone. »
Eon par Greg Bear

Fiche de Eon
Titre : Eon (tome 1 sur 3 – Hexamone)
Auteur : Greg Bear
Date de parution : 1985
Traduction : G. Abadia
Editeur : Le livre de poche
Première page de Eon
« — Il décrit une orbite elliptique large autour de la Terre, déclara Judith Hoffman. Périgée, environ dix mille kilomètres. Apogée, environ cinq cent mille. Il fera une boucle autour de la Lune toutes les trois révolutions.
Elle s’écarta de l’écran vidéo pour que Garry Lanier puisse regarder à son tour. Pour le moment, le Caillou ressemblait toujours à une pomme de terre rôtie, avec très peu de détails significatifs visibles à sa surface.
Derrière la porte du bureau où ils se trouvaient, les bruits de la réception leur parvenaient comme un rappel lointain de leurs obligations sociales négligées.
— Cela a dû être un coup de veine extraordinaire, lui dit Lanier.
— La veine n’a rien à voir avec la question, répondit Judith Hoffman.
Elle l’avait amené ici à peine quelques minutes plus tôt. Assis sur le bord du bureau, il ressemblait, avec ses cheveux drus, coupés court, d’un noir de jais, à un Amérindien à la peau un peu pâle. Il n’avait pas de sang indien, cependant, et elle aimait son regard qu’elle trouvait particulièrement rassurant. »
Extrait de : G. Bear. « Éon – Hexamone. »