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Sursis pour l’amour par Gérard Néry

Fiche de Sursis pour l’amour
Titre : Sursis pour l’amour (Tome 6 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1977
Editeur : J’ai lu
Première page de Sursis pour l’amour
« — Il est fou ! Ton mari est fou ! Qu’il ait tué en duel à Berlin un petit lieutenant prussien qui te faisait les yeux un peu trop doux, passe encore ! Cela s’inscrit, dirons-nous, dans une tradition bien française. Qu’il dévoile dans le journal qui l’employait jusqu’à ces dernières semaines une négociation ultra-secrète et ultra-délicate menée avec Bismarck par notre ambassadeur en Prusse et que cela fasse à Paris l’effet d’une bombe, c’est de bonne guerre ! Après tout, Raoul est journaliste et, de surcroît, journaliste d’opposition. Mais qu’il se permette d’écrire ce qu’il écrit dans ce torchon qu’il vient de lancer, c’est… c’est tout simplement inqualifiable.
Jamais Julie Crèvecœur n’avait vu son père dans un tel état. David-Axel, le calme personnifié, était hors de lui. Il arpentait la bibliothèque à grandes enjambées, un cigare éteint entre les dents.
— Veux-tu que je te dise, Julie ? La Valette aura sa peau et je n’y pourrai rien… Ecoute ça… »
Extrait de : G. Néry. « Sursis pour l’amour. »
A l’amour comme à la guerre par Gérard Néry
Fiche de A l’amour comme à la guerre
Titre : A l’amour comme à la guerre (Tome 5 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1973
Editeur : J’ai lu
Première page de A l’amour comme à la guerre
« Notre vie… Réussir notre vie, notre mariage… Vivre heureux côte à côte, dans le calme, dans la paix… La sérénité. Oui, c’est là peut-être le secret du bonheur… »
Julie Crèvecœur se parlait de la sorte à elle-même, au beau milieu de la forêt de Fontainebleau. Et elle avait conscience que ce n’était pas la sérénité qui l’habitait, mais l’inquiétude. Les pensées se bousculaient dans sa tête, fiévreusement. Elle n’était pas dans son état normal, mais comment aurait-elle pu l’être, à la veille du jour où se décidait l’avenir de son mari ? Comment ne pas se poser mille questions ?
« Il faut que mon plan réussisse ! se dit-elle. Il le faut absolument si je ne veux pas perdre Raoul. Mais lui ? Entrera-t-il dans le jeu jusqu’au bout ? Ne se doute-t-il pas que je suis à la base du projet qui doit faire de lui le plus jeune directeur de journal de Paris ? Et s’il apprenait que c’est mon père qui a convaincu le groupe financier de confier ce nouveau quotidien à Raoul de Saint-Cerre ? »
Extrait de : G. Néry. « A l’amour comme à la guerre. »
Les amants de Palerme 2 par Gérard Néry

Fiche de Les amants de Palerme 2
Titre : Les amants de Palerme 2 (Tome 4 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1972
Editeur : J’ai lu
Première page de Les amants de Palerme 2
« — Seule ? s’exclama Raoul, (et il baissa la voix pour ajouter 🙂 vous voulez entreprendre cela… seule ?
— Mon cher, dit Patrice Kergoat, si Mlle Crèvecœur vous demandait de l’accompagner, elle risquerait de ne pas aller plus loin que le coin du boulevard Saint-Germain où l’on ne manquera pas de vous mettre la main au collet… Vous semblez oublier les soupçons qui pèsent sur votre personne !
Il était assis sur l’unique chaise de la mansarde, alors que Raoul se tenait debout, près de la porte, un peu courbé, tant le plafond était bas. Pendant ce temps, Julie préparait son maigre bagage. Après une brève hésitation, elle avait glissé le Smith & Wesson de Blanche d’Antigny dans la poche de son waterproof hâtivement réparé.
— Mes amis, dit-elle, ayez la gentillesse de m’attendre dans le couloir. Il y a là un vasistas d’où l’on peut voir la cour. Si jamais il s’y passait quelque chose d’insolite, nous pourrions toujours essayer de nous sauver par les toits…
Elle avait dit cela sur un ton un peu badin, mais les deux jeunes gens savaient qu’elle ne reculerait devant rien pour échapper à ceux qui la recherchaient pour le compte de son tuteur. »
Extrait de : G. Néry. « Les amants de Palerme T2. »
Les amants de Palerme 1 par Gérard Néry

Fiche de Les amants de Palerme 1
Titre : Les amants de Palerme 1 (Tome 3 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1972
Editeur : J’ai lu
Première page de Les amants de Palerme 1
« La population du petit port de Corpus Christi, dans le golfe au Mexique, s’était portée en masse sur le quai où mouillait un magnifique steamer, le Tennessee, construit cinq ans plus tôt, pendant l’hiver de 1861, en Angleterre, aux chantiers de Birkenhead, pour le compte de l’empereur de Chine. Or, ce souverain ne prit jamais possession de son navire. Il le revendit, alors qu’il se trouvait encore en cale sèche à un certain James Morgan, lequel s’empressa d’en faire barder solidement la coque et d’en masquer les sabords d’une bonne dizaine de canons. Le gouvernement de la reine Victoria, alerté par le ministre américain à Londres, ordonna une enquête, car il était probable que le steamer n’était ni plus ni moins qu’un corsaire confédéré destiné à forcer le blocus que la flotte fédérale exerçait sur les côtes de la Confédération depuis qu’avait éclaté en, Amérique la guerre de Sécession.
La remarquable vitesse du Tennessee l’aida à échapper aux deux croiseurs fédéraux embusqués dans la Manche et à commencer aussitôt la campagne. Par la suite, et pendant quatre ans, le vapeur, arborant pavillon confédéré, devait se couvrir de gloire. »
Extrait de : G. Néry. « Les amants de Palerme – Tome 1. »
Julie Crèvecoeur 2 par Gérard Néry

Fiche de Julie Crèvecoeur 2
Titre : Julie Crèvecoeur 2 (Tome 2 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1970
Editeur : J’ai lu
Première page de Julie Crèvecoeur 2
« Lorsqu’elle revint à elle, elle ne se rappela rien. Sa tête était vide. Il lui semblait avoir dormi pendant des années. Elle se trouvait allongée sur un lit étroit dans ce qu’elle prit d’abord pour une cellule. Une cellule toute blanche qui tanguait imperceptiblement. Le soleil entrait à profusion par un hublot, la mer était un miroir d’argent, il n’y avait pas un nuage au ciel. En face du lit, sur le mur blanc, se détachait la photographie d’une dame au port de tête autoritaire. Julie la reconnut, mais ne réalisa pas tout d’abord qu’il s’agissait de la reine Victoria, dont l’image était pourtant aussi populaire en France qu’en Angleterre. Elle voulut se lever, mais elle en fut incapable, car elle était roulée, empaquetée, dans une couverture. Elle retomba dans ses oreillers et se sentit faible et nue comme un enfant qui vient de naître. Ses yeux, sa bouche, brûlés par le sel de mer, la faisaient souffrir. Ses membres lui pesaient d’un poids infini. Elle avait l’impression d’avoir été battue à mort. Il flottait dans la petite cabine une vague odeur pharmaceutique qui l’écœurait. Julie dut faire un effort pour réaliser qu’elle était vivante, qu’elle
se trouvait à bord de quelque navire sur une mer calme, en plein jour, en plein soleil. »
Extrait de : G. Néry. « Julie Crèvecoeur 2. »
Julie Crèvecoeur 1 par Gérard Néry

Fiche de Julie Crèvecoeur 1
Titre : Julie Crèvecoeur 1 (Tome 1 sur 6 – Julie Crèvecoeur)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1970
Editeur : J’ai lu
Première page de Julie Crèvecoeur 1
« Julie Crèvecœur attendait. Une attente qui la torturait. Elle était debout près de la cheminée, essayant de s’absorber dans le feu de bois qui crépitait, car les bûches étaient humides. Elle guettait le moindre bruit de l’extérieur. Mais rien ne troublait le calme champêtre d’Auteuil. Elle avait tout essayé pour distraire son attente. Et elle s’était mise à détester le temps qui passait toujours trop vite lorsque son amant était auprès d’elle et qui lui paraissait interminable lorsqu’Alain était absent.
Mais ce soir-là, Julie en avait conscience, c’était bien davantage que l’attente du plaisir, de la joie indescriptible qu’elle connaissait entre les bras d’Alain. C’était autre chose que la simple attente de ce moment où le monde quotidien allait sombrer pour n’être plus qu’un univers de passion et de folie. Ce soir-là devait se jouer le destin de Julie Crèvecœur. Ce qu’elle attendait de son amant, c’était une réponse définitive à une question qui la torturait depuis des jours et des jours : allait-il partir pour aller rejoindre le corps expéditionnaire français au Mexique ? Et dans l’affirmative, quand partirait-il ? »
Extrait de : G. Néry. « Julie Crèvecoeur 1. »
Les nuits de Deauville par Gérard Néry
Fiche de Les nuits de Deauville
Titre : Les nuits de Deauville (Tome 1 sur 1 – Norma Désir)
Auteur : Gérard Néry
Date de parution : 1975
Editeur : J’ai lu
Première page de Les nuits de Deauville
« Christine aurait voulu rester ainsi allongée tout habillée sur son lit, attendant que passe la nuit. Il devait être 1 heure du matin. Elle se leva et se planta devant la glace de l’armoire, meuble en loupe de l’armoire incrustée de corbeilles de fleurs, savante mosaïque en coquilles d’œufs. Christine arborait encore sa tenue de tennis, tolérée au dîner familial : jupe plissée blanche qui s’arrêtait un peu au-dessous du genou, haut de jersey souple, bandeau assorti autour de la tête et foulard noué sur une épaule.
« Je n’irai pas là-bas cette nuit… Il m’attendra, jusqu’au matin. Il se posera des questions, il ne comprendra pas et moi, j’aurai eu la force de ne pas aller le rejoindre… »
Christine était convaincue qu’en agissant de la sorte elle était en mesure de rompre le sortilège, de s’évader du cercle magique où elle était prisonnière. Mais, en même temps, comme fascinée par sa propre image, elle défaisait sa jupe qui glissa sur le sol et se débarrassa du jersey. En
combinaison de soie naturelle, Christine ressemblait aux petites femmes licencieuses du « Rire ». Elle enleva ses dessous. Elle avait le ventre plat, la poitrine un peu basse, mais très ferme, émouvante comme la rondeur encore enfantine du genou, Christine Decruze, dix-neuf ans. »
Extrait de : G. Néry. « Les nuits de Deauville. »
La muraille sainte d’Omale par Laurent Genefort

Fiche de La muraille sainte d’Omale
Titre : La muraille sainte d’Omale (Tome 3 sur 6 – Omale)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2004
Editeur : J’ai lu
Première page de La muraille sainte d’Omale
« L’orage avait éclaté sans crier gare, prenant de court l’Oreithyyer Miroir-du-Vent. Depuis un quart d’heure, la « petite » nef – du moins selon les critères chiles – secouait ses passagers.
Haka se tenait dans le poste de commandement du dirigeable, aux côtés du capitaine Teríselaïr et des deux représentants humain et hodgqin de l’expédition. L’orage faisait tanguer le plancher, et le vacarme des éléments déchaînés emplissait le poste. Tous se cramponnaient aux barres d’appui coudées saillant des parois. Derrière les hublots, d’épais rideaux de pluie occultaient le paysage. Sans les instruments, il aurait été impossible de savoir à quelle altitude ils évoluaient, car plus rien n’était visible au-delà de ce mur gris-noir zébré d’éclairs. Le capitaine hurlait des ordres dans le jargon des aérostiers, par l’intermédiaire des lignes radio, aux postes de manœuvre. »
Extrait de : L. Genefort. « La muraille sainte d’Omale. »
Les conquérants d’Omale par Laurent Genefort
Fiche de Les conquérants d’Omale
Titre : Les conquérants d’Omale (Tome 2sur 6 – Omale)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2002
Editeur : J’ai lu
Première page de Les conquérants d’Omale
« La vingt-troisième escouade progressait sur la lande morte.
Sous les ordres de Faniraïrm avançaient onze vétérans des campagnes de pacification du Seden. Un barrage d’artillerie avait séparé son escouade de la septième Loge, mais, plutôt que de retourner en arrière, Faniraïrm avait décidé de continuer, se fiant à la carte qu’on lui avait imprimée le matin même.
La veille, ils avaient conquis une tranchée de première ligne presque sans tirer un coup de mousquet : les Humains avaient fui et ceux qui se trouvaient dans la tranchée et les boyaux de communication s’étaient tous rendus – près de neuf cents. Faniraïrm ignorait ce qu’ils étaient devenus. Sans doute avaient-ils été gazés dans un fourgon-prison, à l’arrière. »
Extrait de : L. Genefort. « Les conquérants d’Omale. »
Omale par Laurent Genefort

Fiche de Omale
Titre : Omale (Tome 1 sur 6 – Omale)
Auteur : Laurent Genefort
Date de parution : 2001
Editeur : J’ai lu
Première page de Omale
« La présence de huit nefs à quai expliquait l’effervescence qui régnait dans le train, les cris d’enfants, les exclamations bruyantes des voyageurs. De la fenêtre de son compartiment, Amees’SixtedeVorsal apercevait le dos arrondi des nefs bosselant la ligne de fuite vers l’horizon. Chacune d’elles mesurait un jal au bas mot, soit plus de mille deux cents mètres de long.
Le train roulait au pas, longeant Grand’Havre depuis la veille. La gare de Platformjunction approchait et, déjà, une brise charriait de discrets relents de vase. Il avait fallu une journée à la locomotive pour faire ralentir les cent vingt wagons qu’elle tractait. Celui d’Amees s’insérait entre un wagon-serre et une cantine à trois étages. Au cours des cent cinquante dernières années, le port de Grand’Havre avait absorbé toutes les villes édifiées le long de la falaise, sur deux cents jals en direction de l’estuaire du Qe : Tiercelieu, Hestern, Janosq, Platformjunction, Hawlerlupillar, Saint-Coqimbo, et pour finir Point-Extrême – sans cesse grossies par les migrants. »
Extrait de : L. Genefort. « Omale. »