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La loi du monde par Christian Léourier

Fiche de La loi du monde
Titre : La loi du monde (Tome 5 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1990
Editeur : J’ai lu
Première page de La loi du monde
« C’est un pays d’ocre et de grisaille. L’herbe y est drue, mais blanche ; le vent la couchant y dessine des moires. L’hiver, la neige émousse l’arête des rochers fendus par le gel. L’été, les orages emportent la terre que la chaleur effrite.
Chez les hommes des plaines, le premier gradin de l’escalier titanesque qui monte à l’assaut de la chaîne perdue là-bas, dans les brumes du nord, passe pour le moins rude. Cela ne signifie pas qu’il soit hospitalier.
Ce n’est pas tout à fait un désert. Des épineux s’accrochent de toute la force de leurs racines noueuses à un sol poudreux. Des oiseaux attendent, saisis de torpeur, que mûrissent les baies rouges du gleis dont ils s’enivrent. »
Extrait de : C. Léourier. « La loi du monde – Le cycle de Lanmeur. »
Les racines de l’oubli par Christian Léourier

Fiche de Les racines de l’oubli
Titre : Les racines de l’oubli (Tome 4 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1988
Editeur : J’ai lu
Première page de Les racines de l’oubli
« Quand je regarde en arrière, je ne peux me défendre d’un sentiment de surprise, qui confine au malaise. Quoi ? Tant d’années ont passé ? Il est donc bien vrai que je suis un vieillard ? Je parle d’un monde heureusement révolu, aussi mort que les cités enfouies sous la forêt. Pourtant, il me semble que c’était hier. Que c’est aujourd’hui. Peut-être parce que je recule chaque soir l’heure du sommeil, de crainte que mon cauchemar ne me projette à nouveau dans la peau d’un forçat. Et la peur n’y fait rien. Je m’éveille la nuit en criant, le front ruisselant ; malgré la lumière en permanence allumée, je mets plusieurs secondes à comprendre où je suis. Je vois les tentures, le plafond. »
Extrait de : C. Léourier. « Les racines de l’oubli – Le cycle de Lanmeur. »
Mille fois mille fleuves… par Christian Léourier

Fiche de Mille fois mille fleuves…
Titre : Mille fois mille fleuves… (Tome 3 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1987
Editeur : J’ai lu
Première page de Mille fois mille fleuves…
« L’homme qui revient après deux ans d’absence a mûri. Ses traits se sont affermis. Je me rappelais avec précision la chaleur de ses yeux. Mais pas la blondeur de ses boucles. Il a laissé pousser ses cheveux. Ils tombent sur ses épaules ; une lanière de cuir les retient sur son front. Il parle haut, et rit trop fort. Il ne ressemble plus au jeune homme un peu gauche de mes souvenirs. Je ne sais pas si je dois m’en réjouir.
Dans ses bagages, il y avait des cadeaux pour les enfants. Et aussi un bracelet de jais. Il l’avait rapporté pour moi, j’en jurerais. Mais son regard s’est posé sur Brenn. Quand il a quitté le village, elle avait douze ans. Tout d’abord, il ne l’a pas reconnue. Dans sa mémoire, elle était une gamine osseuse, un peu braillarde. Elle a bien changé. De ces changements qui attirent le regard des hommes. Et il lui a donné le bracelet. »
Extrait de : C. Léourier. « Mille fois mille fleuves… – Le cycle de Lanmeur. »
L’homme qui tua l’hiver par Christian Léourier

Fiche de L’homme qui tua l’hiver
Titre : L’homme qui tua l’hiver (Tome 2 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1986
Editeur : J’ai lu
Première page de L’homme qui tua l’hiver
« Fort et puissant était le dieu Bléoc, le dieu du feu. Il parut ; devant son front flamboyant, Héloc connut la peur et s’enfuit.
Alors Nédim aima Bléoc. Elle lui donna de nombreux enfants car fécond est son flanc. Et de tous ses enfants l’homme est le préféré.
Mais se sachant tout-puissant, Bléoc crût en arrogance. Il prit ombrage de l’amour que Nédim portait à sa progéniture, et se mit en devoir de dévorer ses propres enfants.
Or, un homme, un fils d’Héloc, le défia, le combattit, le blessa. Les forces de Bléoc déclinèrent. Des profondeurs surgit la longue plainte d’Héloc. Nédim eut pitié. Elle rappela près d’elle son premier époux, et, à nouveau, s’ouvrit à sa semence.
Las, Héloc redevint le dieu cruel d’autrefois. Dans un puits creusé au fond du ciel, il enchaîna son rival affaibli. Son épouse, notre mère, il la couvrit d’une chape de glace pour que ses flancs ne s’alourdissent plus. »
Extrait de : C. Léourier. « L’homme qui tua l’hiver – Le cycle de Lanmeur. »
Ti-Harnog par Christian Léourier

Fiche de Ti-Harnog
Titre : Ti-Harnog (Tome 1 sur 7 – Le cycle de Lanmeur)
Auteur : Christian Léourier
Date de parution : 1984
Editeur : J’ai lu
Première page de Ti-Harnog
« Sur le chemin de la falaise, Talhael le Conteur savait déjà qu’on l’attendait. L’air était vif. Très haut dans le ciel, des nuages enflammés par le coucher d’Héol s’effilochaient.
Le visiteur devait être un familier : même le membre d’une caste supérieure n’aurait pas osé franchir le seuil d’un ermitage. Sans doute une de ses filles ou un ami d’autrefois. La dernière visite remontait à… Voyons, c’était ce fameux été où il faisait si chaud que les premières vagues de la marée montante s’évaporaient sur le sable brûlant de la plage.
Le vieil homme ne pressa pas l’allure pour autant.
Il n’était pas fatigué. Il connaissait le rivage et allait droit au but quand il s’agissait de déterrer les larves de rezlogodir. »
Extrait de : C. Léourier. « Ti-Harnog – Le cycle de Lanmeur. »
Nos armes sont de miel par Pierre Pelot

Fiche de Nos armes sont de miel
Titre : Nos armes sont de miel
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1982
Editeur : J’ai lu
Première page de Nos armes sont de miel
« Cette période de l’histoire que les hommes, plus tard, appelleraient « l’Âge des Conflits », s’acheva dans le milieu du mois de juillet 2250. Le 16 juillet 2250, très exactement, et très officiellement.
Pendant un siècle, ou peut-être même davantage (c’était difficile de se souvenir et les mémoires-documents stockés dans les archives de différentes nations avaient été partiellement détruits), les incendies les plus abominables qui se puissent imaginer avaient embrasé la planète Terre. Les incendies, et tout le reste : l’enfer, gueule ouverte, s’était graduellement installé à la surface de la planète, les démons avaient surgi des abysses et n’avaient guère eu de peine à contaminer l’humanité tout entière. »
Extrait de : P. Pelot. « Nos armes sont de miel. »
La foudre au ralenti par Pierre Pelot

Fiche de La foudre au ralenti
Titre : La foudre au ralenti
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1983
Editeur : J’ai lu
Première page de La foudre au ralenti
« Son dos lui faisait mal. C’était cyclique et ne guérirait jamais, au moins il était prévenu, trois ou quatre docs, des types qui savaient de quoi ils parlaient, le lui avaient confirmé et répété – des vrais chanteurs de chorale. Il avait passé un examen radiographique. Non : deux. Conclusion, ils appelaient ça « une discrète ostéophytose antérieure débutante en D9-D10 ». Pas de quoi s’alarmer ; un jour, quand la douleur ne serait plus cyclique mais permanente et que les doses massives d’analgésiques n’auraient plus d’effet, bon, il se ferait peut-être bricoler la colonne vertébrale du côté de ces fameuses D9-D10. Un jour prochain. S’il vivait suffisamment longtemps pour souffrir le martyre. »
Extrait de : P. Pelot. « La foudre au ralenti. »
Kid Jésus par Pierre Pelot

Fiche de Kid Jésus
Titre : Kid Jésus
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1980
Editeur : J’ai lu
Première page de Kid Jésus
« Kid se redressa, les reins douloureux. Il souffla lentement, longuement ; un gros nuage de condensation filtra entre les mailles lâches de son vieux passe-montagne. La laine de la cagoule déformée était blanchie, durcie par le gel au niveau de la bouche. Kid tira sur le passe-montagne pour en agrandir l’ouverture et découvrir son visage. La sueur qui coulait sur sa peau fraîchit immédiatement ; il l’essuya avec son gant, effaçant du même coup les cristaux de glace qui s’étaient formés dans les poils roux de sa moustache, sous les narines, et dans sa barbe. Il soupira.
Cela faisait une bonne heure, sinon plus, que Kid-le-maigrichon (ou encore Kid-le-coup-de-vent, comme certains fouilleurs de l’équipe le surnommaient parfois) se bagarrait avec ce bloc de béton gelé, au milieu du carré de ruines délimité par quatre pieux de fer entre lesquels se balançait une ficelle roidie. »
Extrait de : P. Pelot. « Kid Jésus. »
Delirium circus par Pierre Pelot

Fiche de Delirium circus
Titre : Delirium circus
Auteur : Pierre Pelot
Date de parution : 1977
Editeur : J’ai lu
Première page de Delirium circus
« S. 236. Int.
Tout allait bien pour Zorro Nap.
Une bonne intégration. Il le savait même s’il n’en avait pas réellement conscience.
Tout va bien, Zorro Nap… La poudrière…
Une vague somnolence s’était emparée de lui, à un moment donné, alors qu’il s’était affalé dans le siège de cuir défoncé, les jambes croisées jetées sur le plateau du bureau. Il avait écouté, un certain temps, les bruits divers qui s’entrecroisaient au-dehors, et les émanations sonores de ce réseau vibrant avaient contribué à son endormissement. Coupure noire, tranchée dans le fil du temps. Réveil.
Zorro Nap se redressa sur le siège ; il décroisa les jambes et posa ses pieds au sol. Sa bouche était pâteuse, il avait les reins douloureux. Tout cela très normal. La fatigue. »
Extrait de : P. Pelot. « Delirium circus. »