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Orgasmachine par Ian Watson

Fiche de Orgasmachine

Titre : Orgasmachine
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1976
Traduction : M. Pétris
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Orgasmachine

« À un mille au large des dernières franges de la Grande Ville, une plate-forme de béton d’un quart de mille de large s’étale dans la mer paresseuse. Elle porte une douzaine de bâtiments bas peints de couleurs vives – orange, jaune, rouge… Comme la plate-forme se relève vers son centre, les bâtiments s’accrochent, caressants, aux flancs d’une grande courbe féminine…

C’est peu après l’aube, alors que l’île n’est pas encore éveillée, qu’une fille à deux seins et aux yeux bleus anormalement grands émerge d’un des édifices et descend vers la mer. Ses yeux, d’un étonnant bleu céruléen, sont presque deux fois plus grands que la normale. Des yeux vraiment remarquables.

Par-dessus la surface inerte de l’eau, son regard se tourne vers la Grande Ville. »

Extrait de : I. Watson. « Orgasmachine. »

Chronomachine lente par Ian Watson

Fiche de Chronomachine lente

Titre : Chronomachine lente
Auteur : Ian Watson
Date de parution : 1979
Traduction : E. Vonaburg
Editeur : Editions J. C. Lattès

Sommaire de Chronomachine lente

  • Ton sang, tel du lait
  • Sur un tabouret en bois d’étoile
  • Agoraphobie, an 2000
  • Une histoire d’amour programmée
  • La fille qui était de l’art
  • La belle convergence de nos amours géodésiques
  • Rêves d’immunité
  • Mon âme à la nage dans un bocal à poisson rouge
  • Les réfugiés de Roentgen
  • Nos rêves renversés
  • De la cuisson du héros-prime au printemps
  • L’horizon événementiel
  • La machine à voyager très lentement dans le temps

Première page de Ton sang, tel du lait

« Avez-vous déjà hurlé à votre infirmière de s’en aller, de vous laisser tranquille – l’avez-vous haïe comme vous n’avez jamais haï quelqu’un ? Et l’avez-vous suppliée, comme vous n’avez jamais supplié personne de toute votre fière existence ?
Nous étions dix dans la salle, emprisonnés dans nos réseaux de plastique, mais il n’y en avait que trois qui comptaient vraiment, Shanahan, Grocholski et moi, parce que nous étions trois chefs. Mais c’était un grand coup pour eux, en vérité, trois chefs à la fois ! Avec quelle habileté l’hôpital ne faisait-il pas des distinctions entre les braves ordinaires et nous : la dose supplémentaire de sensibilisateurs neurologiques dans la seringue, l’absence de tout narcotique. Nous étions là, suspendus au bord à vif de la douleur, grinçant des dents tandis qu’on ouvrait les robinets, et parfois, quand nos vaisseaux sanguins brûlaient comme un second système nerveux en flammes dans notre corps, et que nous avions l’impression d’être rôtis sur un gril, de l’intérieur vers l’extérieur – alors nous cédions, nous nous mettions à hurler, alors que les braves, lorsqu’ils se faisaient traire, gémissaient, mais sans aller jusqu’au cri. »

Extrait de : I. Watson. « Chronomachine lente. »

Les chiens par André Ruellan

Fiche de Les chiens

Titre : De flamme et d’ombre
Auteur : André Ruellan
Date de parution : 1979
Editeur : J. C. Lattès

Première page de Les chiens

« Canines, petits poignards blancs. Rouge, la gueule béante. Grondements, grognements, aboiements de rage. Claquements de mâchoires sur le vide. Cinquante kilos de muscles contre la clôture. Clameurs de dépit. Oreilles dressées, griffes dans la terre du jardin. Yeux flamboyants.
Et l’obstacle impavide, élastique, incompréhensible, insupportable. Fureur multipliée.
Exaspération attisée par un homme, de l’autre côté du treillis.
Le soleil disparaît derrière le sommet des collines boisées. Une lumière grise s’étend sur l’agglomération qu’elles cernent, une clarté malade, qui se marie avec les chantiers boueux, les rues inachevées. Comme si une ville nouvelle devait nécessairement franchir un stade où ses communications se font par des impasses. Morne présage des relations futures entre les habitants. »

Extrait de : A. Ruellan. « Les chiens. »

Plein gaz par S. King et J. Hill

Fiche de Plein gaz

Titre : Plein gaz
Auteur : Stephen King et Joe Hill
Date de parution : 2009
Traduction : A. Chainas
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Plein gaz

« Ils fuirent le lieu du massacre en direction de l’ouest, à travers le désert coloré, et ne s’arrêtèrent qu’après avoir parcouru plus de cent cinquante kilomètres. En début d’après-midi, ils obliquèrent vers un restauroute en stuc blanc. Des pompes à essence trônaient sur des îlots de béton à l’avant du bâtiment. Les grondements conjugués de leurs engins firent trembler les vitres de l’édifice lorsqu’ils passèrent devant. Ils roulèrent jusqu’au parking réservé aux camions, du côté ouest de l’établissement. Ensuite, ils abaissèrent leur béquille et coupèrent le contact.
Race Adamson était resté à leur tête pendant tout le voyage. Sa Harley les devançait parfois de plusieurs centaines de mètres. Le jeune homme avait l’habitude de conduire devant depuis qu’il était revenu parmi eux, après deux ans dans les sables du désert. Il prenait tant d’avance qu’il semblait souvent les défier de le rattraper. À moins qu’il ait juste eu l’intention de les semer. »

Extrait de : S. King et J. Hill. « Plein gaz. »

Le fléau par S. King

Fiche de Le fléau

Titre : Le fléau (l’intégrale)
Auteur : Stephen King
Date de parution : 1990
Traduction : J.-P. Quijano
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Le fléau

« Sally.

Un murmure.

— Réveille-toi, Sally.

Un murmure, plus fort : Laisse-moi tranquille.

Il la secoua encore.

— Réveille-toi. Tout de suite !

Charlie.

La voix de Charlie qui l’appelle. Depuis combien de temps ?

Sally remonta des profondeurs de son sommeil.

Elle regarda le réveil sur la table de nuit. Il était deux heures et quart du matin. Charlie aurait dû être à son travail. Elle le vit. Et quelque chose bondit en elle, une intuition de mort.

Son mari était d’une pâleur mortelle. Les yeux lui sortaient de la tête. Il tenait les clés de la voiture dans une main. Et il continuait à la secouer de l’autre, même si elle avait déjà ouvert les yeux. Comme s’il était incapable de comprendre qu’elle était réveillée. »

Extrait de : S. King. « Le fléau. »

Une bourrée pastorale par J. F. Farmer

Fiche de Une bourrée pastorale

Titre : Une bourrée pastorale
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1968
Traduction : M. Pétris
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Une bourrée pastorale

« La foule massée devant la Maison-Blanche parlait, criait, riait. Les femmes poussaient des cris stridents. Les hommes faisaient entendre leur voix de basse. Ne manquait que le timbre fluet des voix des enfants, confiés à la garde de leurs aînés encore impubères – frères, sœurs, cousins et cousines. Il n’était pas convenable pour eux d’assister à ce qui allait se passer ce soir, incapables qu’ils étaient de comprendre la signification de la très sainte liturgie en l’honneur de la Grande Mère Blanche.

Et ce n’était pas non plus une place indiquée pour eux. Bien des siècles avant la date du jour présent (2860 dans l’ancien calendrier), alors que se célébraient les premières cérémonies, les enfants avaient été admis à y assister. Nombre d’entre eux avaient trouvé la mort, littéralement déchiquetés, au cours des délires. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Une bourrée pastorale. »

Un martien nommé Jésus par P. J. Farmer

Fiche de Un martien nommé Jésus

Titre : Un martien nommé Jésus
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1979
Traduction : E. Bakhadzé
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Un martien nommé Jésus

« Orme allait émerger, et comme il flottait encore juste au bord de l’éveil, il retrouva cette impression familière, presque rassurante, que quelqu’un se tenait au pied de son lit. Il ouvrit les yeux. Un homme était debout devant lui, un homme dont émanait une brillante lumière. Il portait une robe noire, sa barbe et sa chevelure jetaient des reflets de feu. Il avait les traits aquilins et resplendissait de beauté, bien que le regard fût celui de quelqu’un qui avait souffert.

Orme ne chercha pas à se relever. Il demeura allongé sur le dos, le visage tourné vers l’homme, le cœur battant, les poings serrés. Cet homme ressemblait à Jésus tel qu’il se l’était toujours imaginé ; et en dépit de sa frayeur, les images conventionnelles suspendues aux murs de la maison de ses parents lui revinrent en mémoire. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Un martien nommé Jésus. »

Le tigre africain par P. J. Farmer

Fiche de Le tigre africain

Titre : Le tigre africain
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1970
Traduction : J.-P. Wautier
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Le tigre africain

«  Ma mère est un singe. Mon père est Dieu. »

Ras Tyger était assis sur une branche, adossé au tronc. Il avait pour tout vêtement une ceinture en peau de léopard, à laquelle était attachée un fourreau de cuir, d’où dépassait le manche d’ivoire d’un poignard. Dans sa main gauche il tenait une flûte en bois.

Je suis le seul homme blanc au monde.
Je viens du Pays des Fantômes.

Il chantait dans la langue des Wantso. Tout en chantant, il tournait la tête sans arrêt, afin de repérer un agresseur éventuel. Il était à dix mètres de la rivière et deux autres arbres seulement le séparaient du village. »

Extrait de : P. J. Farmer. «  Le tigre africain. »

Le privé du cosmos par P. J. Farmer (Kilgore Trout)

Fiche de Le privé du cosmos

Titre : Le privé du cosmos
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1974
Traduction : I. Tate
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Le privé du cosmos

« L’univers, voyageur…

Cite-moi une chose, une seule, qui soit aussi vaste. Non, ne cherche pas. Parcours-le en tous sens. À chaque escale, dans chaque port que tu toucheras, la légende de Simon Wagstaff, le Pèlerin de l’Espace, sera au rendez-vous.

Même sur les sols lointains qu’il n’a jamais foulés, on célèbre sa mémoire, et, dans l’ombre des tavernes, on fredonne sa ballade. Tradition et folklore ont enflé ce mythe aux dimensions des dix milliards de mondes habitables. Au dernier recensement, les feuilletons télévisés colportaient ses aventures dans les chaumières d’un million de planètes, et peut-être davantage… »

Extrait de : P. J. Farmer. « Le privé du cosmos. »

Chacun son tour par P. J. Farmer

Fiche de Chacun son tour

Titre : Chacun son tour
Auteur : Philip José Farmer
Date de parution : 1973
Traduction : J. Lacor
Editeur : Jean-Claude Lattès

Première page de Chacun son tour

« Verne a décrit Phileas Fogg comme un Byron barbu, un Byron si serein, qu’il aurait pu vivre mille ans sans vieillir. Cette remarque à propos de son éventuelle longévité fut-elle une simple coïncidence ou une idée en l’air que le hasard aurait revêtue des ailes de la vérité ?

Une vie longue d’un millénaire, voilà exactement ce qui avait été promis à Fogg. On pensait, en 1872, qu’il avait environ quarante ans, et c’était effectivement son âge. Car l’élixir d’Éridan ne produit pas d’effet avant la quarantaine ; c’est à ce moment-là seulement qu’il se met (rapidement) à agir. S’il est toujours de ce monde, Fogg doit sembler aujourd’hui à peine plus vieux d’un an ou deux. Or il y a de grandes chances qu’il soit encore vivant, et fort bien portant au demeurant, quelque part en Angleterre. Qui pourrait montrer une pierre tombale où soient gravés son nom et sa date de naissance, 1832, suivie de celle de sa mort ? Personne. »

Extrait de : P. J. Farmer. « Chacun son tour. »