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Une année de collège à Paris par André Laurie
Fiche de Une année de collège à Paris
Titre : Une année de collège à Paris
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1883
Editeur : BnF
Première page de Une année de collège à Paris
« Ce livre pourra donner aux collégiens à leurs débuts un avant-goût de la vie des grands, au sens scolaire, et leur faire apprécier la distance qui sépare un gamin de sixième de cet immense personnage, un élève-bachelier.
Nous sommes, au moment où s’ouvre ce récit, dans un salon assez élégamment meublé, au premier étage d’une villa parisienne, alors isolée au bord d’une pelouse et d’une corbeille de fleurs, sur le quai de Billancourt.
A cent pas de la façade, la Seine fuit sous les embarcations entre deux rangées de peupliers bruissants et le long de l’île Séguin. Sur la gauche et un peu en arrière, trois corps de bâtiments à cinq étages surmontés d’une haute cheminée fumante. Tout au ras du chemin de halage, des montagnes de betteraves blanches à collet rose, qu’une file continue de porteurs marchant à pas comptés sur les talons l’un de l’autre, comme une procession de fourmis humaines, décharge à pleines hottes d’une barque amarrée au quai.
Plus loin, des charrettes attelées de chevaux géants, un train de wagons sur une ligne de rails, des équipes affairées, des sifflements de vapeur, tout le remue-ménage et l’activité d’une fabrique de sucre. »
Extrait de : A. Laurie. « Une année de collège à Paris. »
Spiridon le muet par André Laurie

Fiche de Spiridon le muet
Titre : Spiridon le muet
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1906
Editeur : Bibliothèque Numérique Romande
Première page de Spiridon le muet
« LA crémaillère du docteur Aristide Cordat est restée célèbre dans les fastes du Paris artiste et savant. De mémoire de mondain, on n’avait rien vu de pareil comme entrée de jeu d’un débutant, frais émoulu des bancs de l’école. Jamais chirurgien illustre, arrivant au terme d’une fructueuse carrière ; jamais peintre à la mode ; jamais héritier soudain d’une fortune princière, décidé à la croquer à belles dents en sept ou huit semestres, n’avaient déployé un luxe aussi effréné, une entente aussi complète des raffinements de l’art, une observation aussi rigoureuse de toutes les conditions imposées au médecin pour assurer le bien-être et la sécurité de ses patients.
C’était dans un merveilleux hôtel de l’avenue du Bois-de-Boulogne, naguère occupé par un dramaturge fastueux, et que les architectes avaient remanié, rebâti, décoré de fond en comble, au milieu d’un parc immense, en gens qui ont reçu le mandat positif de ne pas regarder aux frais et qui réalisent sans compter le mandat le plus large et plus exigeant, pour ne pas dire le plus extravagant. »
Extrait de : A. Laurie. « Spiridon le Muet. »
Mémoires d’un collégien russe par André Laurie
Fiche de Mémoires d’un collégien russe
Titre : Mémoires d’un collégien russe
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1889
Editeur : BnF
Première page de Mémoires d’un collégien russe
« Je m’appelle Dmitri Fédorovitch Térentieff. Je viens d’avoir seize ans. Depuis la rentrée de Pâques, je suis élève de Prima au gymnase Saint-Vladimir à Moscou. Il y a deux ans que je fréquente, comme externe, les cours de ce lycée.
En ce moment, la plus épouvantable et aussi la plus injuste accusation pèse sur ma tête. C’est au fond d’un sombre cachot que j’écris ces lignes. J’y vois à peine, tant la lucarne qui m’éclaire est étroite ; mais je n’en persiste pas moins dans mon projet : écrire ma justification, me prouver à moi-même, par le récit fidèle et sincère de toute ma vie, que je suis innocent du crime affreux dont on m’accuse…
Je crois connaître le coupable ; c’est un de mes camarades du collège. Un mot de moi suffirait peut-être à le faire enfermer à ma place dans cette noire prison, où l’on m’a amené il y a deux jours… Il habiterait ce réduit humide, peuplé de rats et de cafards… Je les entends courir sous la paille pourrie qui me sert de couche… Il prendrait de la main du geôlier le pain noir et la cruche d’eau qui sont ma ration quotidienne. »
Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien russe. »
Mémoires d’un collégien par André Laurie

Fiche de Mémoires d’un collégien
Titre : Mémoires d’un collégien
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1881
Editeur : Bibebook
Première page de Mémoires d’un collégien
« Le 4 octobre de cette année-là fut un grand jour pour moi. Quand je vivrais aussi vieux que le patriarche Mathusalem, cette date resterait à mes yeux plus mémorable que celle d’aucun fait historique.
N’avez-vous pas ainsi dans vos souvenirs, ami lecteur, des points de repère personnels auprès desquels pâliraient pour vous Austerlitz et Waterloo ?
C’est ce jour-là que je fis mon entrée solennelle dans la société française en qualité d’élève interne au lycée de Châtillon !
À la vérité, j’allais partager les honneurs de cette dignité avec deux cent trente de mes jeunes concitoyens. Environ trois cents externes avaient bien aussi quelques droits à se considérer comme appartenant à cet illustre établissement. Mais telle est la part léonine que tout être humain, petit ou grand, fait généreusement à son individu, qu’il me semblait, – et, ma foi, il me semble presque encore, – que le rôle principal était mon lot dans ce drame émouvant.
Quand je parle d’entrée solennelle, je me laisse d’ailleurs entraîner quelque peu par mon imagination, et je traduis plus exactement mon impression d’alors que celle des témoins de cet événement. En réalité, notre équipage, j’en ai bien peur, était plus ridicule qu’imposant. »
Extrait de : A. Laurie. « Mémoires d’un collégien. »
Les exilés de la Terre par André Laurie
Fiche de Les exilés de la Terre
Titre : Les exilés de la Terre
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1888
Editeur : BnF
Première page de Les exilés de la Terre
« Le dîner avait pris fin ; on venait de passer au salon, largement ouvert de toute l’ampleur de sa baie vitrée sur la nappe immobile de la mer Rouge, qu’un beau crépuscule de janvier envahissait lentement.
M. Kersain, consul de France à Souakim, recevait ce soir-là M. Norbert Mauny, un jeune astronome qui lui avait été tout particulièrement recommandé par le ministre des affaires étrangères.
La lettre officielle invitait le consul à se mettre à l’entière disposition de M. Mauny, en l’aidant de son mieux dans l’accomplissement de sa mission scientifique. Un postscriptum confidentiel ajoutait que cette mission avait un caractère secret. Aussi M. Kersain n’avait-il prié à dîner, avec le jeune savant, que le lieutenant de vaisseau Guyon, commandant l’aviso français le Lévrier, dans les eaux de Souakim.
Le consul était veuf. Les honneurs de la table avaient été faits par sa fille Gertrude, qui venait de s’acquitter avec beaucoup de bonne grâce de ses devoirs de maîtresse de maison, et maintenant, assise au piano, entamait en sourdine un nocturne de Chopin. »
Extrait de : A. Laurie. « Les Exilés de la terre. »
Le géant de l’azur par André Laurie

Fiche de Le géant de l’azur
Titre : Le géant de l’azur
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1904
Editeur : BnF
Première page de Le géant de l’azur
« Eh bien, que pensez-vous de mon jouet ?
– Un jouet ?… Dites le point de départ de quelque chose d’énorme et de prodigieux, – le résultat le plus important peut-être qui ait été atteint depuis cinquante ans en physique !… Une dynamo activée par un simple mouvement d’horlogerie et développant par des oscillations isochrones la force qu’on obtenait jusqu’à ce jour de la seule rotation… C’est tout uniment la force gratuite ou quasi gratuite, – la solution des solutions, la découverte des découvertes. J’en reste ébloui, confondu et muet.
– C’est pourtant très simple et le hasard seul m’a fait rencontrer ce que vous voulez bien qualifier avec tant de bienveillance.
– Oh ! oh ! le hasard !… Il a bon dos, et vous êtes trop modeste. Est-ce le hasard, aussi, qui vous a amené à isoler l’irkon, ce métal si rare et si précieux dont vous faites vos bobines ? »
Extrait de : A. Laurie. « Le Géant de l’azur. »
Le filon de Gérard par André Laurie
Fiche de Le filon de Gérard
Titre : Le filon de Gérard
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1901
Editeur : BnF
Première page de Le filon de Gérard
« Nous sommes au Transvaal, près Kleindorp, dans la villa Massey, — une villa de bois, entourée d’un grand jardin ombreux. Toute la famille vient de s’asseoir sous un berceau de jasmin, pour le repas de midi.
Il serait difficile d’imaginer plus aimable tableau ; M. Massey, le chef de la famille, entouré de ses trois enfants, Henri, Colette et Gérard ; auprès de Mme Massey, toujours belle sous sa couronne de cheveux blancs, se niche une fillette de quatorze ans, Lina Weber, aux grands yeux bleus myopes, aux lourdes nattes blondes. Le père de Lina, M. Weber, est assis à la droite de la maîtresse de la maison, et, conformément à son incurable habitude, absorbé dans quelque rêve scientifique, il oublie la côtelette qui se figo devant lui. Le docteur Lhomond l’interpelle gaiement :
« Hé !… Weber !… Toujours dans les nuages ! Songez donc à la bête, de grâce !… Vous savez bien que, si quelqu’un tombe malade dans la colonie, c’est moi qui suis responsable !… »
Extrait de : A. Laurie. « Le Filon de Gérard. »
Le chef au bracelet d’or par André Laurie et Thomas Mayne Reid
Fiche de Le chef au bracelet d’or
Titre : Le chef au bracelet d’or
Auteur : André Laurie et Thomas Mayne Reid
Date de parution : 1882
Editeur : BnF
Première page de Le chef au bracelet d’or
« C’est l’heure de la garde montante à l’École militaire de West-Point, par une belle matinée de juin.
Les élèves ou cadets, en uniforme gris, rangés en ligne et silencieux, regardent droit devant eux, à la distance réglementaire de quinze pas, tandis qu’un officier à la taille de guêpe les passe en revue.
L’un après l’autre, ils présentent leur fusil à l’inspecteur, à mesure qu’il avance sur la ligne, et celui ci, saisissant l’arme d’un mouvement brusque, l’examine avec des yeux furibonds. Quand il la rend à l’élève, on pourrait croire, à sa mine féroce, qu’il a quelque envie de la lui jeter à la tête.
A première vue, toutes ces tailles élancées et ces boutons étincelants au soleil semblent appartenir à un type unique.
Immobiles et impassibles, ces figures imberbes paraissent n’avoir pour but que d’effacer leur individualité. Pourtant, en les examinant plus attentivement, on remarque des différences parmi ces officiers de demain.
Les uns ont des cheveux foncés, les autres des cheveux blonds. Celui-ci est petit, celui-là est grand. Les yeux de l’un rayonnent d’intelligence, ceux de l’autre sont ternes et sans expression. »
Extrait de : A. Laurie et T.M Reid. « Le Chef au bracelet d’or. »
La vie de collège par André Laurie

Fiche de La vie de collège
Titre : La vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – l’écolier d’Athènes
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1896
Editeur : BnF
Première page de La vie de collège
« Nous sommes à la troisième année de la 112e Olympiade1. Deux jeunes garçons de onze à treize ans suivent les rues tortueuses de Pella, en Macédoine, accompagnés de leur précepteur ou « pédagogue » ; celui-ci chargé de manuscrits, d’instruments de musique et boitant visiblement ; ceux-là gambadant à ses côtés.
« Par ici, Proas ! dit Perdiccas, l’aîné, d’une voix impérieuse en tirant le maître par sa tunique ou chiton. Tu sais bien que nous voulons suivre la grande route !…
– La grande route ! objecta le précepteur. Nous nous éloignons de la maison ! Cela nous fait une demi-heure de chemin supplémentaire. À quoi bon, mes enfants ?
– Nous voudrions aller voir le portrait d’Alexandre, expliqua Amyntas, le plus jeune des deux élèves.
– Oui, nous voulons entrer au palais et voir le portrait, comme tout le monde, » dit péremptoirement le frère aîné. »
Extrait de : A. Laurie. « La Vie de collège dans tous les temps et dans tous les pays – L’Écolier d’Athènes. »
L’héritier de Robinson par André Laurie

Fiche de L’héritier de Robinson
Titre : L’héritier de Robinson
Auteur : André Laurie
Date de parution : 1884
Editeur : BnF
Première page de L’héritier de Robinson
« Une lettre, Monsieur… Je ne sais pas d’où elle vient… »
Le valet de chambre présentait la lettre sur un plateau, ou, pour mieux dire, il tenait un plateau de la main gauche, et tournait, retournait, soupesait de la main droite une missive volumineuse chargée de timbres et d’aspect exotique.
Mais son maître était bien trop engagé dans sa discussion pour remarquer l’incident.
« Il vaut mieux aller en Angleterre et visiter Birmingham, Manchester, Leeds, tous les grands ateliers que tu désires connaître, disait-il à son fils.
– Bon ! je trouverai toujours le temps de faire ce voyage, répliquait celui-ci. Et vous, mon père, vous serez si content de voir Naples, Florence, les nouvelles fouilles de Rome !… Allons plutôt en Italie… »
On était en juillet, et il s’agissait de décider la grosse question du voyage de vacances. M. Benjamin Gloaguen et son fils Paul-Louis déjeunaient tête à tête. C’était leur habitude constante, depuis que l’un avait commencé ses études à l’École centrale des arts et manufactures, et que l’autre, pour ne pas se séparer de lui, avait transporté ses pénates de Nantes à Paris, dans un spacieux appartement de la place des Vosges. »
Extrait de : A. Laurie. « L’Héritier de Robinson. »